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    « Creux d’histoires » de Jacques Chauvet...

     

    Jacques Chauvet n’est pas un novice en littérature du terroir et il faut bien avouer que son roman, désopilant à souhait, « La Révolte d’un Fermier Vendéen », paru en 2009, n’a pas manqué du sel de l’humour et de la désinvolture, parmi d’autres œuvres, sans doute moins connues.

    Bien loin des « historiens de restaurant » et de tous ceux qui voient dans l’histoire de la Vendée l’occasion de larmoiements de circonstance autant que de « flatuler au-dessus de leur fondement » une coupe de mousseux dans une main et l’autre sur le cœur, garnie de colifichets rutilants, Jacques est un « vrai », un « authentique », un « gars de chez nous ». Passionné par la culture et l’histoire locale, jamais avare en matière d’initiative de terrain, relevant tantôt une vieille croix tombée en ruine, prêt à mille facéties contre le conformisme républicain de bon ton, il a su mettre en scène bien des anecdotes du terroir qui furent diffusées sur RCF Vendée entre 2016 et 2017, et relayées sur « Chemins secrets ». Ce sont ces récits hauts en couleur que les éditions «Le Lys et le Lin » vous proposent de retrouver d’ici quelques jours sous forme d’un ouvrage particulièrement pimenté, où jamais l’auteur ne sera surpris en délit de sérieux ou d’autosatisfaction.

    Merci à toi Jacques pour tous les coups de main à la cause vendéenne !

    RL

    Mai 2020

     

    "Creux d'histoire" de Jacques Chauvet....

     

    Jacques à la Chabotterie en 2016, contant l’arrestation de Charette :

     


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    Dominique-Armand Panou de Faymoreau, 

    mort à l’armée de Charette ? 

                             

     

    S’il s’agit du même personnage, Jacques-Dominique-Armand Panou de Faymoreau n’est pas mort au fort de Penthiève lors de l’expédition de Quiberon, le 21 juillet 1795, mais dans l’armée de Monsieur de Charette dans le courant du mois de mai 1795, à Saint-Paul-en-Pareds. En effet, un acte de notoriété par lequel quatre témoins attestent que Dominique-Armand Panou de Faymoreau, beau-frère de Marc-Antoine Savary, de Fontenay le Comte, est mort de maladie à Saint-Paul-en-Pareds, dans le courant du mois de mai 1795 après avoir suivi l’armée insurgée commandée par Monsieur de Charette.

     

    « Du 1er Ventôse an V, notoriété de mort 

     

    Par devant nous les notaires publics du Département de la Vendée à la résidence des cantons de Pouzauges et la Flocelière soussignés duement patanté n°1er. 

    A comparu en personne le citoyen Marc Antoine Savary propriétaire demeurant en la ville de Fontenay le peuple. 

    Lequel nous a représenté que désirant constater d’une manière positive et sûre l’épocque de la mort du citoyen Dominique-Armand Panou Faimoraud son beau-frère lequel avait suivi l’armée insurgée commandée par Charette, il fait en conséquence comparaître les tésmoins cy-après par luy requis a cet effet. 

    Ont a linstant comparus en personne Louis Dubreuil, Pierre Bideau, Joseph Bordelais et Pierre Teillet demeurant tous les quatre séparément au village de la Proutière commune de Saint Paul en Parais. 

    Lesquels ont déclarés avoir une pleine et entière connaissance que le dit citoyen Dominique Armand Panou Faimoraud après avoir suivi l’armée insurgée commendée par Charette sétant retiré dans la commune de Saint Paul en Parais y mourut après quelque temps de maladie dans le courant du moi de may mil sept cent quatre vingt quinze (vieux setyle) corespondant au mois de frimaire an trois. La qu’elle déclaration ils ont affirmé sincère et véritable, et de la qu’elle le dit citoyen Savary a requis acte que nous dits notaires soussignés luy avons octroyé pour valloir et servir ce que de raison. 

    Fait et passé au bourg et commune du Boupère demeure de Brunet l’un de nous dits notaires. Ce jourd’huy premier ventôse l’an cinquième de la République française une et indivisible lû et se sont les dits témoins et le dit citoyen Savary soussignés.  

    signé : Bordelais, Bideau, Teillet, Dubreuïl, Savary, Barbot Greffier, Brunet notaire.  

    Enregistré à la Châtaigneraye, le le trois ventôse an 5, reçu 1 franc – signé Nepveu. » 

     

    Brève généalogie de famille Panou de Faymoreau au moment de la Révolution :

     

      Jacques-Louis Panou de Faymoreau, Maître ordinaire à la Chambre des Comptes de Bretagne avait épousé le 27 avril 1773, paroisse Sainte-Croix à Nantes, Marie-Anne-Adrienne Deurbroucq, de cette union sont issus :

     

    Jacques-Dominique Armand Panou de Faymoreau, né le 9 février 1774 à Nantes, paroisse Sainte Croix, Cadet gentilhomme au régiment de Rohan Soubise, officier, Armée des Princes, est dit tué au Fort Penthiève le 21 juillet 1795. D’après son beau-frère Marc-Antoine Savary, il serait mort à l’Armée de Monsieur de Charette en mai 1795.

     

    2° Marguerite -Sophie Panou de Faymoreau, née le 4 mai 1775 à Nantes.

     

    3° Jacques-Marie-Joseph Panou de Faymoreau, né le 10 mai 1776 à Nantes, paroisse Notre-Dame – sergent au régiment d’Hervilly - † le 21 juillet 1795,  champ des Martyrs à Auray

     

    4° Louise-Adélaïde Panou de Faymoreau, née le 12 décembre 1781 à Nantes, paroisse Notre-Dame, épouse le 21 novembre 1796, Marc-Antoine Savary sieur de L’espinnerays. Décédée le 14 avril 1840 à Poitiers.

     

    5° Jacques-Louis-Pierre Panou de Faymoreau, né le 25 novembre 1784 à Nantes, officier de marine, épouse le 16 juillet 1827 à la Nouvelle-Orléans (Louisiane), Rose-Virginie Ricord.

     

    Jacques-Dominique-Armand Panou de Faymoreau est donc mort de maladie à l’Armée de Charette en mai 1795.

     

    Dominique-Armand Panou de Faymoreau....

     

     Sources : 

     

    . Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés – Actes notariés ancien canton de Pouzauges, notaire Jean-Baptiste-Gabriel Brunet père, (an IV-1808) – class 3E66/2-2 an IV an IX (vues n°89/90). 

    . Famille de Faymoreau de la Maraîchine Normande du 15 novembre 2015. 

    . Généanet de Jacques Palyart. 

    . Photo : le château de Faymoreau de la Maraîchine Normande. 

                                             

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Le confinement, Chemins secrets et les Amis du Pont-Paillat...

     

    Il n’est pas évident de tenir un blog quand le thème principal de celui-ci est l’étude d’événements historiques sur le terrain et qu’il est interdit de sortir de chez soi ; et bien plus compliqué encore d’animer des journées dans cette campagne vendéenne que nous aimons tant. Je sais que ces sorties manquent à certains d’entre vous et nos veillées ont pâti de cette situation ubuesque, conséquence directe d’une mondialisation qui était soi-disant l’avenir et qui le sera encore malheureusement, car j’ai bien peur que cette crise ne change rien. Le monde de la finance ne réfléchit pas à long terme mais selon l’avidité de spéculateurs qui se moquent bien des conséquences d’une épidémie au nom de laquelle on euthanasie les vieux et on piétine les libertés fondamentales de millions de gens.

    J’aurais pu décider de cesser d’alimenter ce blog, le temps que passe la crise, mais je n’ai absolument aucune confiance en ceux qui gouvernent le pays et je suis presque certain que ce confinement n’est qu’un galop d’essai en vue de privations de libertés bien plus grandes encore à l’avenir et dont le coronavirus n’est qu’une vitrine de ce que le pouvoir nous réserve. Il faut donc s’habituer à la situation mais je vomis cette société et je m’y sens de moins en moins à ma place, ne me sentant plus concerné par quoique ce soit comme revendications ou annonces de tous bords. Fort heureusement, il reste un petit îlot préservé où l’on trouve encore un peu de convivialité et de franche amitié. Ce refuge, c’est vous, les « Amis du Pont-Paillat » et aussi les lecteurs de ce blog, dont la fréquentation se maintient toujours depuis dix ans. Nous avons pu nous rencontrer virtuellement en visioconférence vendredi soir pour certains d’entre vous et je vous incite à multiplier ce genre d’initiatives dans les jours qui viennent, ne sachant pas pour le moment quand nous pourrons ressortir sur le terrain, ni même si nous pourrons le faire sans avoir affaire à une quelconque « gestapo » orchestrée par nos clowns parisiens. Perte d’argent pour ceux qui travaillent (si, si ça existe encore, des gens doivent encore travailler pour vivre, je vous le confirme !), perte d’affection pour ceux qui sont seuls, et enfin perte des repères religieux pour les croyants qui ont besoin d’être en communion avec Dieu. Ce blog, disais-je, va donc continuer avec toute la matière que je trouverai dans les archives et les traditions orales, mais aussi avec les articles de ceux qui seront volontaires pour apporter leur pierre à l’édifice.

    En attendant de vous retrouver sous de meilleurs auspices, je vous souhaite à tous une bonne soirée et surtout un bon moral dans cette épreuve qui nous attriste tous.

     

    RL

    Mai 2020

     

     

    Le confinement, Chemins secrets et les Amis du Pont-Paillat....

     


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    Le confinement à La Chapelle-Largeau vu par Anne-Dauphine, membre des Amis du Pont-Paillat...

     

     


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    Les landes de Corprais...

     

     

    C'est ici, aux limites des communes des Brouzils et de Saint-Georges-de-Montaigu que Turreau fit établir un camp pour ses colonnes infernales, où l'on retrouve un certain adjudant-général Pierre Vidalot du Sirat, dit "Dusirat". Au 28 mai 1794, sous le généralat en chef de Vimeux les effectifs du camp sont de 1 400 hommes (SHD B 5/10-1, 2ème tableau, p. 8., v. 6/26).

     Plus aucune trace de camp, bien entendu, dans ce qui était à l'époque une morne étendue désolée comme en atteste le cadastre napoléonien des Brouzils...

     

    RL

    Février 2014

     

    Les landes de Corprais....

    Les landes de Corprais....

    Les landes de Corprais....

    Les landes de Corprais....

     

    Je complète cet article en livrant un article d’Henri Bourgeois paru dans la « Vendée Historique et Traditionniste » nouvelle série, numéro 4, avril 1909, AD85, 4 num 499 13, v. 100 à 104/354.

    « Récits de la « Grand’Guerre »

    Aventures de deux petits orphelins de l’Herbergement

    Le bon curé Hillairet avait puisé à plus d’une source et j’aurai encore à écouter bien des « histoires » du temps de la « Grand’Guerre », si je voulais reproduire toutes celles pieusement recueillies par lui, d’après le témoignage des anciens de sa paroisse. Mais, comme cela me cantonnerait un peu trop dans la même région, je dois faire un choix et me borner, sauf à revenir plus tard à cette précieuse mine. Toutefois, avant de passer à un autre coin de la Vendée Militaire, je ne puis résister à la tentation d’emprunter encore aux notes inédites de mon vieil ami le dramatique récit qui va suivre. Je le reproduis textuellement, dans sa rédaction naïve, tel qu’il fut dicté à l’abbé Hillairet par une ancienne de la Rabatelière, Hortense Guillemaind :

    « Dans le temps de la Grand’Guerre, mon grand-père Sauvaget demeurait, avec sa femme, à l’Herbergement. Ils avaient deux petits enfants : la petite fille, qui se nommait Madeleine, avait neuf ans, et le petit garçon, trois ans seulement. Les landes de Corprais entre les Brouzils et Saint-Georges-de-Montaigu, leur servaient de refuge. C’est là qu’ils se sauvaient quand ils apercevaient les Bleus.

    Un jour, la mère et les deux petits enfants, qui s’y trouvaient cachés, furent surpris par un détachement. Quelques coups de sabre et de baïonnette jetèrent la pauvre femme mourante entre ses deux petits orphelins. La frayeur les avait empêchés de fuir, et longtemps ils restèrent à pleurer auprès du cadavre de leur mère.

    D’autres soldats vinrent à passer et, plus humains que les premiers, leur dirent : « Que faites-vous là ? Votre mère est morte ; vous voyez bien qu’elle baigne dans son sang. Allez-vous-en ! sauvez-vous ; ne restez pas ici ! »

    Et les deux enfants s’en furent, mais sans savoir où ils allaient.

    La petite fille portait son petit frère à son cou. Ils rencontrèrent une femme qui les reconnut et qui leur dit :

    - Te voilà, ma petite Madeleine ?

    - Oui.

    - Où es ta mère ?

    - Elle est morte. Les Bleus l’ont tuée et nous on dit de nous sauver.

    - Ah ! ma pauvre petite, qu’allez-vous devenir ? Je ne puis pas vous emmener avec moi ; vous n’iriez pas assez vite et vous me feriez prendre. Allez-vous-en comme vous pourrez ! (Hélas ! le malheur rend quelquefois égoïste !)

    A la nuit, les deux pauvres petits arrivèrent au village de la Boralière : ils étaient si fatigués qu’ils n’en pouvaient plus. Les gens du village les reçurent avec charité, leur donnèrent à manger et les couchèrent.

    Au milieu de la nuit, ils entendirent du tapage. On criait partout : « Les voilà ! les voilà ! voilà les Bleus ! sauvons-nous ! »

    Et chacun de se sauver comme il pouvait !

    Les deux enfants furent oubliés et restèrent dans leur lit. Ils n’eurent aucun mal.

    Le lendemain, la petite Madeleine, après avoir fait sa prière et fait faire le signe de la croix à son petit frère, se remit en route avec lui, et ils s’en allèrent bien loin.

    Ils trouvèrent quelqu’un qui était boulanger et qui leur donna à manger. Après il leur dit : « Sauvez-vous maintenant comme vous pourrez ! »

    En chemin, ils rencontrèrent leur père :

    - Ah ! vous voilà, mes deux petits enfants ! Où est votre mère ?

    - Les Bleus l’ont tuée quand vous nous avez quittés.

    - Ah ! mes chers petits, qu’allez-vous devenir ? Moi, je ne puis rester avec vous.

    Le camp de Bleus était à Montaigu, à peu de distance. Ils se quittèrent et s’en allèrent chacun de leur côté.

    Ils rencontrèrent une femme qui les reconnut :

    - Ah ! mes pauvres petits, vous devez être bien fatigués ! Ma petite Madeleine, où est-elle, ta mère ?

    - Elle est morte, les Bleus l’on tuée !

    - Eh bien ! vous allez venir avec moi ; nous ferons comme nous pourrons !

    Elle avait du pain qu’elle leur donna à manger, et tous trois s’en allèrent dans les landes de Corprais.

    Les Bleus les y trouvèrent. Il y en eu un qui donna un grand coup de sabre sur l’épaule de la femme. Elle tomba dans une rigole de fossé. Les Bleus s’en allèrent.

    Il y en avait un pourtant qui voulait retourner pour voir si elle était bien morte. Il voulait la tuer tout à fait, et les deux petits enfants, qui étaient à côté d’elle, les entendaient parler. Un de ses camarades lui dit : « Ne vois-tu pas qu’elle est morte ? Elle ne bouge plus ; laisse donc ces deux petits ! »

    Quand ils furent plus loin, la femme leur demanda :

    - S’en vont-ils ?

    - Oui.

    - Sont-ils rendus loin ?

    - Non.

    Un moment après, elle leur demanda encore :

    - Sont-ils rendus loin ?

    - Oui.

    Elle commença à relever sa pauvre tête. Elle aperçut qu’ils étaient rendus bien loin. Elle se releva et se mit à marcher, malgré les grandes souffrances qu’elle devait endurer.

    Ils arrivèrent au village de la Boralière, où ils se reposèrent pendant quelques jours. Une fois qu’on y était à boulanger, on crie tout à coup : « Les Bleus ! les Bleus ! » On laissa le pain dans le four et on se mit à se sauver !

    Et la naïve narration d’Hortense Guillemaind se termine ainsi :

    Et penser que cette vie a été menée pendant des années et des années ! »

    Article publié également sur le Blog de ma femme ici.

    Il n’y a aucun village du nom de La Boralière sur le territoire cité mais je pense qu’il s’agit de celui de « La Baraillère » dépendant des Brouzils. Voici sa situation par rapport aux Landes de Corprais sur la carte IGN de Géoportail :

     

    Les landes de Corprais....

      

    Article connexe ici.

     

    RL

    Mai 2020

     


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