• Quelques écrits d'André Collinet....

    Extraits des cahiers d’André Collinet…

     

    Nous publions ici quelques extraits des cahiers d’André Collinet (1729-1806), célèbre armateur sablais. Ces cahiers sont consultables en ligne sur le site des AD85 à la cote 144 J.

    http://recherche-archives.vendee.fr/archives/fonds/FRAD085_144J/view:fonds

    Le contenu suivant provient des 13° et 14° carnets et nous donne une vision particulièrement atroce de la  campagne vendéenne aux alentours des Sables-d’Olonne au printemps 1794. Nous avons respecté l’orthographe originale.

    RL et la Maraichine Normande

    Mai 2013

     

     

    Mémoires pour servir à l'histoire

    des Sables d'Olonne par André Collinet

    négociant et citoyen dudit lieu

     

     

     5 septembre 1793

     

    Hier, on a proclamé par ordre des commissaires des guerres que tous les malades logé chez l'habitant eusse a se tenir prêt pour êmbarquer pour la Rochelle, sans quois il n'aurois plus de prest ni secours des médecin ny chirurgien, quelle Barbarie, tandis que on les renvois de la Rochelle, avec la fièvre, par terre ; ces pauvres malheureux sont ainsi trété, aussi on n'en voit expirer sur les quais de cette ville pret d'ambarquer, les autres a bord des batiments, les autres en débarquant, il sont sans soulliers, sans bas, sans chemise, dans le plus triste états. Les femmes de cette ville on jetté en plus haut cris sur les indignes trètement que l'on fait au deffanseur de la Patrie, ô France ou a tu donc enffanté (?) de tel monstres ; les chemins sont jonché de cadavres, que l'on quitte sans sépulture, qui sont la proie des chiens et des loups. Amis comme Ennemis, rien ne tire à compation ; l'air en est inffecté, les eaux corrompue et l'on ne voit de toutes part, que des traces de carnage d'horreur et de mort, entre-t-on en ville, on n'aperçoit que des figures tristes, palle et livides, des melheureux réffugié qui se sont soustrait au poignard des Brigand, mallades, mal vêtu, manquant de tout, reffugié en les granges, les écuries, les églises et les Galtas, couché sur la paille et le fouin, et même dans les rues ; d'un autre parti, une quantité de volontaires de l'armé sont entassé en les hopitaux, et par 10 à 12 en les maisons des Bourgeois, presque à demi-mort, manquant de tout, par la raretté et la cherté des subsistances. Les campagnes sont dévastées, les métairies abandonnée, les boeuf, les vaches et les brebis errant à l'aventure sans bergers, ce que le fer ne peut détruire, le feu le réduit en poudre, et d'un païs si charment ne sera plus sous peu qu'un vaste dézert ou le voyageur tremblera d'y porter ses pas.

     

     

    15 floréal l'an 2

     

    Le général Dutruy a surpris le Perrier. Comme les Brigands étois en l'église et chantois la Grande messe, en grand pompe, attendu le Dimanche, ils étois au grand Crédo, comme il a fait forcer leurs postes, les ennemis se sont enfui, après avoir quitté 5 à 600 des leurs, nous avons perdu beaucoup de monde, et ils arrive ici par mer beaucoup de blessés. Les brigands ont tous été égorgé, ainsi que 22 prêtres, les femmes, les vieillards et les enfants, au rapports des volontaires. L'église regorget de sang, ces malheureux ainsi immolés jettois des cris et hurlements épouvantables, qui faisoit frémir les patriotes.

     

    Le rapport sur la paroisse du Perrier a été exagéré, le poste avancé des brigands a été forcé pensant que l'on y disoit la Grande messe, tous ceux qui y assistois se sont enfui ainsi que les prêtres, les patriotes qui se sont avancé les premiers ont trouvé en l'Eglise quelques vieille femme, et les cierge allumé à l'hôtel et les habits sacerdotaux épars en le sanctuaire, les ennmis ont eu environ 200 hommes tué que blessé et nous environ 40.

     

    Un officier arivé d'une tournée en le Boccage rapporte que tout annonce en ce malheureux païs, la désolation et la mort ; des bestiaux à l'abandon, des bourgs des villages et des maitairies brullée, des ustensiles de ménages, linge & jetté ça et là sur les routes, et dans les champs, des maitairie à l'abandon, ou souvent l'on aperçoit soit en dedans ou en dehors, des femmes, des hommes, des enfants, de toute age étandu mort bégnant en leurs sangs, égorgés ou mort de fin ademi consommé, le même spectacle s'offrent à la vüe des voyageurs en les champs, et sur les routes ; les uns mutillé, les autres a demi brulé, ou pendu a des arbres, enfin de toutes espèces de genre de mort, que les hommes les plus sauvages et les plus cruels puissent invanter et les deux partis invante les plus effrayant suplisse pour s'entre détruire.

     

    Le 2 prairial, il est parti 600 fantassins de cette ville avec 40 chasseurs et 40 laboureurs dont 25 de la Chaume et 15 des Sables, sous les ordres du Général Carpentier pour Avrillé, les habitants de Jard, St Vincent, la Tranche les ont joint, et ont formé le nombre de 400 pioniers - destiné à abattre les haies et buissons depuis Avrillé jusqu'à Tallemont, à 50 toises de par et d'autre du Grand Chemin ; vue Divisions de 600 volontaires, et de 600 travailleurs venû de Luçon, se sont aussi rendû à Avrillé à la même heure, pour éclairer aussi le chemin dudit Avrillé à St Cyr, ce qui a étté exécuté sans être inquiété des brigands, les troupes sont rentrée, ainsi que les travailleurs hier en leurs quartiers, et communs. Les Chaloupes qui ont été chercher le grain, sont aussi rentrée de même, sans nul inconvénient.

    Les chasseurs qui marchois sur les ailles de notre détachement allant à Avrillé, âperçurent à cinq quart de lieu de cette ville, deux femmes qui traversois une lande, avec un petit garçon de 7 à 8 ans, les chasseurs les ayant areté, et demandé où elles alois, elle leur répondirent qu'elle allois garder leurs boeufs, en effet, à quelque distance, ils aperçurent quelques boeufs et vache au paccage, avec une femme qui paroissoit les garder ; l'un des chasseurs va chercher cette troisième femme qui étoit une fille de 18 ans, et lui demanda si elle connoissoit les deux autres, elle répondit que non. Les chasseurs les conduisirent au Général qui les fit fouiller, l'on trouva sur elle 2100 en assignats, un pistolet chargé, une cravate et des boutons d'hommes et un passe port de Jolly, général des Brigands. Dans leur interrogatoires, elles se coupèrent, ce qui les fit regarder comme espion. Le Général pour loi les fit fusiller à la tête de sa troupe sur le chans, et a ramené leur enfant en cette ville ...

     

    Prairial - La nuit dernière les meteyers et autres habitants de la paroisse du Chateau d'Olonne se sont en partie tous émigré et été joindre les Brigands, êmmenant avec eux Père, mère, femme, enfants, bestiaux, meubles, & quelqu'un ont quitté quelques vaches et brebis. Le bruit se répand que dans la soirée du 2 courant, les volontaires avois fusillé plusieurs Païsents et pillé leurs maison, entre autres 2 jeunes hommes qui étois à faucher en un pré, sans rien leur dire. Quelques païsents ont apporté au District de cette ville la Proclamation suivante : "Tous les hommes, femmes, enfants, qui ne se rendront pas en les 24 h de la présente proclamation, de tous les bourgs, ville, villages, maiterie, borderie, fermes qui avoisine les Sables, à l'Armée Catholique et Royalle, campée à Grosbreuil, seront traité en républicains, eux, leurs femmes, enfants tués, leurs bétails enlevé, et leurs maisons brûlée, à Grobreuil, le 10 may 1794 ; (et signé) Duchaffaud, pour le Général Joly".

     

    Le 12 prairial

     

    ... Il est de fait que tout le temps que le Général Carpentier, ex-prêtre, a commandé en cette ville, qu'il a permis aux soldats la plus grande lisance, sur-tout aux chasseurs, gendarmes et dragons, qui fusillois et sabrois tout les laboureurs occupés à leurs traveaux, et ceux qui cherchois à les êvitter, sans épargner les femmes, les enfants, et les vieillards, ce qui a répendu la terreur parmis les campagne ; d'autant qu'il se mermetois en sus le pillages des malheureux qu'il venois impitoablement d'égorger ; le païsent êffréyé désarmé fûyet sa demeure, mouret de fin en les bois, les bestiaux errans dans les chams, dévorois les moissons, qui offre la plus abondante récolte ; les cadavres par tout jusque même en les maisons, sans sépultures, à moitié consommé et dévoré en partie par les chiens et les loups, présante de toutes parts, le tableau le plus êffrayant. Le peuple des campagne Patriote ou Aristocrate, ne trouvent de tout cotté que des meurtriers et des boureaux, se livrent au premier qui lui promettoit la vie ; si il se rendois de bon pieds au patriotes, il étois de suite êmbarqué sur des vaisseaux, et expatrié à 40 et 50 lieues de leur patrie, la peur de la mer, la douleur d'i abandonner leurs foyers, et leurs parent, les ont engagé la plus part de suivre les Brigands, qui leurs prometois les plus baux avantages, et ces pauvres innocent en croyant êvitter une paine se sont précipité avec leurs femmes et leurs enfants en un malheur inévitable, parce que tout présume qu'ils seront détruit sous peu, ainsi que les malheureux qui cherche à les séduire ; le fanatisme y est encore pour beaucoup. Une femme de St Martin de Brun dit la nuit dernière à l'une de ses amies, qui se décidoit avec son mari et sa famille, a suivre les brigands, celle-cy lui répondit, s'il faut mourir, je mouriré en l'Armée de Joli, mûnie de Sacrement parce qu'il y â beaucoups de Saint Prêtres pour les administrer, ou si je périe avec les patriotes je mouriré comme eux comme un chien, et je iré pour une éternité en Enfert, qui preffererois-tu ma bonne amie, je part, et demain je assisteré à la Ste Messe - ah quel bonheur.

     

    Le 17 prairial

     

    ... Hier matin sur les 2 heures, les chasseurs ont surpris le poste de Beaulieu ou l'ennemi avet quitté 30 hommes, qui ont été tué, ces malheureux n'avois que de mauvais fusils et 2 cartouches chaque. L'adjudant général Guérin qui commendoit le se détachement auquel s'étoit joint 300 fantassins et 25 cavaliers de la garnison de Tallemont a parcourû tout le jour les baucages des allantour de Beaulieu, qui n'avet (...) retranchements, pour chercher Joli et sa suitte, qui ont à son approche pris la fuitte. Tous les paisants qui ont été surpris en leurs demeures des communes de Véré, la Motte, Beaulieu, St Jullien, Couex, et Martinet au dessus de l'âge de 10 à 12 ans ont été tué, les dragons avois ramassé 130 femmes que filles, que le Général a renvoyé à l'exception de 3 qui ont été tué pour s'obstiner a ne pas crier vive la Rêpublique, un prêtre qui avet dit sa messe la veille à la chapelle de Gareau près de Martinet, découvert par un enfant de 10 ans a été tué, il s'étoit caché dans des genéts voisin avec un Criste en argent de 15 pouces, que les vollontaires ont pris, et se sont permis le pillage par tout. ... Le bruit se répends que Joly et son armée est cantonné à la Gendronière près Girouard, sans doute il n'est pas bien à craindre manquant de canons, de fusils, de poudres et de grains. Quelqu'un rapporte qu'une collonne venant de Luçon par la Roche Surion, avec quelques cavaliers au nombre en tout de 600 hommes, se sont mis à fouiller les forêts d'Aizenais, et qu'ayant trouvé au centre plusieurs baraques, entre autre une très grande servant d'hôpital, avec 80 ou 100 moribons, des prêtres et environ 400 femmes qu'enfants qu'il les ont tous tué. ...

     

    Le 28 prairial l'an II

     

    Sur les 6 heures du soir, le détachement parti hier au soir est rentré en ville, après avoir parcouru les commune de Véré, St Jullien, la Motte Achart, St Gorge, Ste Flève et les Clouzeaux, les volontaires après avoir fusillés 40 à 50 brigands, qu'ils ont surpris êparts, et 7 femmes, ils ont mis le feu à un moulins que ces mêmes brigands, avois racomodé et qu'il faisois tourner quoi que sans couverture, les patriotes l'ayant ruiné il y a un an. ...

    Les Brigands périssent de fin en les bois, nos armées brullans tout les moulins à eau et à vent, 7 femmes sont venu joindre l'armée des patriotes près de Palluyeau, en demandant à parler au général ; ayant été conduite devant ce commandant il leurs a demandé ce qu'elle dézirois, elle lui ont répondu que tu nous fasse fusiller sur l'heure, afin de finir nos funestes jours, nous sommes des brigandes ont-elle ajouté, et nous ne te demandons point de grâce, le Général ayant vu que le désespoir étoit à son comble en le coeur de ces malheureuses, a voulu leurs faire des questions ; elles ont resté un moment sans lui rien répondre, revenu à elle, elles lui ont dit la mort ou la vie, fais nous au plus vite fusiller ou donne nous du pain, il y a plus de huit jours que nous n'en avons mangé ; leur ayant fait donner ce qu'elle demandoit, elles ont déclaré que les rebelles assemblés près Rocheservière au millieux d'un bois étois au plus 2000 h. que le surplus sans armes, et sans munitions, ny vivres, s'étois dispersé après leur attaque à Challans, qu'ils étois réduits à ne manger que de la viande avec des herbages, que chaque jour la mort enlevet 50 à 60 personnes, et que pour elle, elles avois perdu leurs père, mère, marits, enfant, frère et soeur, ce qui les avait décidé après tant de malheurs de venir trouver les patriotes pour mourir par la fusillade cent fois plus douce que celle qui les attandois au millieux des bois, et pour terminer les horreurs d'une fin qui les dévoret. Le Général sensible à leurs plaintes, les a fait conduire à Luçon et de la (à) Niort ou se trouve le général en chef de l'Armée de l'Ouest. ...

     

    Le 8 messidor

     

    Hier nous avons appris que deux collonnes ayant marché près St Jean de mont, le 6 au matin, ont attaqué les brigands les ont mis en déroute, et leurs ont tué 3 à 400 hommes, ce qui a forcé ces derniers de venir desser leur camps près de Rié au Clouzi ; la Convention Nationnalle leur a fait proposer une amnistie, si il voulois rentrer sous un mois en leur maitairies, qu'il ne leur seret fais aucun tort, trois Patriotes de Rié se sont chargé de leur porter la parolle, les hommes en général étois disposé à se rendre, mais les fammes fanatisés et plus oppiniatre ont demandé si elle aurois leurs Relligion et leurs bon Prêtres ; ces derniers ainsi que les chefs, et les plus entêté du parti qui ne sont point compris en l'amnistie, ayant su par ces femmes que deux des brigands persuadais aux autres de se rendre et de mettre bas les armes, sur les représentation de Guillon prieur de Soulans, qui présidoit, ce monstre a fait condamner ces deux malheureux a être enterré tout vivant. Et Duclouzi, chef des brigands a fait proclamer que cet amnistie n'étoit qu'une fainte pour les perdre et les envoyer tous à noirmoutier pour les noyer ; quoi que tous ces scélérats se voient perdû, ils emplois tous les moien possible par de fosse promesse de perdre tous ce peuple avec eux, et Guillon l'Apôtre et le chef de leurs église de son cotté fait tous ces êfforts pour séduire de plus en plus ces malheureux. Ce jourdui leur dernier moulin fut pris par les patriotes, les femmes, les enfants, et les vieillards poussois des cris douloureux, ils sont réduits à broyer leurs grains dans des pillons de bois, ce qui suffit à peine pour leurs nourriture et cause parmi eux beaucoup de mortalité, suivant les rapport de quelqu'un qui viennent se rendre au Patriotes, on estime qu'il peuve être environs 5 à 6000 ames touts compris. ...

    Il est parti de cette ville à 10 heures, 30 chariots de pain, vin et eaudevie (...) pour l'armée de mayance aux ordres du Général Delage, forte de 9 à 10 milles hommes, campés près la Motte Achart, les Brigands, le 5 et le 6, au Poiré ayant attaqué l'avent garde deux fois, ont été repoussé avec perte de 30 hommes. L'amnistie qui engagent les Païsants de rentrer chacun chez eux, avec leurs femmes, leurs enfants, et bétails, est affichée par tout les lieux par l'Armée de Mayance, ces malheureux ont un moi, c'est à dire tout le courant de Messidor, ou du 20 juin au 20 juillet pour se rendre ; ce temps écoulé tous sera mis à feu et à sang en les campagnes de la Vendée à ce que l'on assure. ...

     

     

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