• Quand la peau d'un Vendéen ne valait rien....

     

    1794, quand la peau d'un Vendéen ne valait RIEN !

     

     

     

    Quand la peau d'un Vendéen ne valait rien....Le récit d'un Républicain de l'an V (1797), occulté jusqu'à présent est un document exceptionnel.*

     

    « L'ouvrage dont nous extrayons ce témoignage a en effet été saisi par la police du Directoire au lendemain de sa sortie des presses. Seuls quelques exemplaires distribués dans l'intervalle ont pu échapper à la disparition  ». 

     

    Voici un exemple du comportement de ''militaires'' en maraude, du côté des Moutiers-sur-le Lay, tiré de cet ouvrage.

     

    « Trois soldats de la même armée entrèrent un jour dans la cour du château de la Bridurière (Bredurière) (1), commune de Moutiers sur le Lay. Ils demandèrent des chevaux. On leur répondit qu'il n'y en avait pas. Ils veulent de l'argent ; même réponse. Ils se mettaient en devoir de massacrer, lorsque le jardinier les invite à passer à la métairie, en assurant qu'il en emprunterait pour les satisfaire. A peine y sont-ils arrivés qu'un des volontaires propose de mettre le feu à la maison, et déjà on commençait à incendier un lit où était couchée une vieille femme. On les appaisa à force d'assignats ; et sur leur invitation, trois domestiques s'offrent de les conduire à Moutiers. Chemin faisant, un volontaire lâche un coup de fusil dans le dos de l'un de ses guides, et le renverse roide mort ; les autres ne durent leur salut qu'aux fusils qui manquèrent. 

    Quatre de ces soldats se transportent dans une autre métairie, où ils forcent les propriétaires à leur donner de l'argent pour se préserver de l'incendie : cependant cette maison est livrée aux flammes. Ils n'épargnent pas les femmes après les avoir indignement violées. 

    Le citoyen Loyau (2), étant à la caille au passage de l'armée révolutionnaire, fut couché en joue par un cavalier, qui brûla sur lui deux amorces. Sa femme et sa nièce, qui étaient dans la cour, sont apperçues par quelques uns de ces pillards ; aussitôt ils se précipitent sur elles le pistolet à la main, et leur demande leur porte-feuille. Un deux arrache aussitôt à Loyau sa montre et ses assignats, et le reste de la maison est livrée au pillage. Les détachements de cette armée, qui avaient saisis dans les environs plusieurs habitants, les fusillèrent. Vingt sept subirent ce supplice dans la cour du citoyen Loyau. » 

     

    Voilà la belle Armée de la République, ces Volontaires de l'an II, sur lesquels on n'arrête pas de magnifier l'élan patriotique...

    Pour la curiosité : Les laboureurs de la métairie de la Brédurière, qui sont-ils ? L'auteur du récit n'a livré aucun nom et aucune date concernant ces événements. Nous pourrions les dater de fin 1793 et non pas de 1794 par la Colonne de Grignon, comme le suggère l'auteur.

    Le citoyen Loyau (2) aurait été exécuté comme ''Blanc'' à la Rochelle le 31 octobre 1793.

     

    (1) Jean Crespeau est laboureur à la métairie de la Bredurière, il décède en ce lieu, « le 31 décembre 1789 à l'âge de 39 ans, » (en réalité 43 ans) sont présents à la sépulture : Joseph Crespeau son frère et Pierre Crespeau son fils (vue n°156/166 décès 1775-1791- Moutier/Lay). Il est l'époux de Jeanne Martin, qu'il a épousé à Thorigny le 25 juin 1771.

    Jeanne-Martin décède à la Bredurière le 6 Ventôse de l'an 2 (24 février 1794).

    C'est peut-être la femme malade, que les Bleus voulaient faire brûler dans son lit ; à cette époque, à 48 ans on faisait déjà âgé. Nous ne saurons rien sur le domestique qui s'est fait abattre d'une balle dans le dos, je n'ai pas retrouvé d'acte de décès faisant état de ce crime.

     

    (2) Quant à Monsieur Loyau, « Sieur de l'Anjouière qui chasse la caille au passage de l'armée républicaine, il est né le 6 octobre 1737 à Bournezeau à l'Anjouière, il est avocat au Parlement, Sénéchal de la Pouzaire. Il fut exécuté comme ''Blanc'' à la Rochelle, le 31 octobre 1793. Il avait épousé à Moutiers/Lay le 16 octobre 1766, Marie-Anne-Jeanne-Thérèse Aulneau Dame de l'Oucherie, née à Bournezeau le 18 décembre 1739 et décédée en cette commune le 28 décembre 1818. »

     

    Je ne suis pas persuadé que ce personnage soit royaliste car deux de ses fils, sont des ''Bleus''.

    Jean-Baptiste Loyau, né le 14 juin 1768 à Bournezeau est Commissaire du Pouvoir Exécutif, puis chef de la Division de la Préfecture en 1811.

    Jérôme-Guillaume, son aîné « s'est engagé dans les armées de la république à l'âge de 17 ans. Les actes de bravoure et de sang froid dont il fit preuve pendant les tristes guerres qui désolèrent notre sol vendéen, sont passés depuis longtemps à l'état légendaire dans le pays qui l'a vu naître ».

     

    Quand la peau d'un Vendéen ne valait rien....

     

    Sources:   

     

    * Louis-Marie Prudhomme, "Histoire générale et impartiale des Erreurs, des Fautes et des Crimes commis pendant la Révolution Française" – Convention Nationales- Tome 2 à Paris – rue des Marais, n°20, Faubourg Germain An V de la République Française. FAC Editions – 30 rue Madame – 75006 Paris.- pages 58,59,60. 

     

    . Archives Départementales de La Vendée tous droits réservés. Registres détat civil de Bournezeau, Moutiers/Lay.

    . Familles de Vendée – la famille Loyau.

    . Photos : Le château de la Bredurière (extrait de Chambres d'Hôtes) -Peau de Vendéen tannée du blogue ''Vendéens et Chouans''. 

     

                                                                  

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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