• Problèmes de souliers en 1799....

     

    En septembre 1799, 

    les soldats républicains n’ont toujours pas de souliers... 

     

     

     

    Problèmes de souliers en 1799....Système merveilleux ! En sept ans la république maçonnique a totalement ruiné et mis à sac, dans un bain de sang, un des royaumes les plus prospère au monde.

    Le 19 septembre  1799 (le 3 complémentaire de l’an 7) à Angers, la troupe se mutine, les soldats sont pieds nus et le font savoir… Les buveurs de sang commencent à en avoir marre, leur république n’a pas le sou pour leur offrir des godillots, c’est encore le citoyen de base qui se dévoue et met la main à la poche...

     

    « Hier 3 complémentaire, la 2e compagnie du 1er bataillon de la 28e demi-brigade d’infanterie légère, arrivée la veille à Angers, rassemblée sur la place, après avoir passé la revue du commissaire des guerres, refusa de se mettre en marche au commandement des officiers, sous le prétexte de réclamations auxquelles il était impossible de faire droit. Disséminé dans les auberges à la suite de sa désobéissance, le soldat, insubordonné, instigué par les chefs de la révolte, et dans l’état d’ivresse, n’écouta aucune représentation, et persista avec obstination dans son refus. 

    Le général Siscé, sorti à cheval, dès le matin, de retour à une heure après midi, apprit avec étonnement que cette compagnie était en pleine insurrection ; de suite il se transporte sur le lieu du rassemblement, où se trouvaient 3 escadrons du 4e régiment de dragons ; il se présente devant le front de la troupe mutinée, demande aux officiers les motifs d’une semblable insubordination ; et après avoir représenté au soldat, que les réclamations les plus justes devenaient criminelles, lorsqu’elles étaient faites collectivement et en armes, ordonna, au nom de la loi, à cette compagnie d’exécuter l’ordre de son départ ; sa voix fut couverte par les cris des factieux qui méconnurent son autorité ; le général les somma de nouveau, et ne leur donna qu’un délai de 6 minutes pour se décider. 

    Des mesures vigoureuses allaient être prises ; déjà des ordres étaient donnés pour en assurer le succès, lorsque des citoyens de cette commune, mus par des sentiments qui décèlent les belles âmes, vinrent offrir de faire délivrer des souliers à la troupe, pour lui ôter le prétexte de sa désobéissance, et dans la vue d’ éviter les malheurs qui seraient indubitablement arrivés. Le soldat, satisfait dans ses besoins, promit dès lors de se mettre en marche. Les souliers furent distribués, et la compagnie partit aux cris de vive la république. 

    Quoique l’opinion du général ne fût pas qu’on livrât des souliers à ses soldats indisciplinés, il ne peut qu’applaudir à l’élan généreux des citoyens qui les ont offerts, et il s’acquitte avec plaisir, en leur témoignant publiquement sa satisfaction. Il s’est opposé à la distribution de l’argent que réclamaient aussi le soldat ; il se réserve de faire connaître les auteurs de l’insurrection, dont un fut arrêté après le départ, et qui va être traduit au conseil de guerre qui en fera justice. » 

     

    Et si nous parlions du suivant, le nain de un mètre soixante huit à la redingote grise : Bonaparte.

     

    « L’armée consulaire ne sera guère mieux pourvue, car depuis plusieurs années les manufactures de drap sont arrêtées, et les ateliers de confection fermés faute de matières premières. 

    Nul ne se souciait d’ailleurs de travailler pour un gouvernement démuni de toutes finances et dont l’insolvabilité est trop connue... » Déjà ? 

     

    Le militaire français vu par un Berlinois en 1806  :  ça ressemble à un pouilleux, le bel uniforme, juste pour une minorité, pour la façade, c’est un peu le village Potemkine en quelque sorte…

     

    « Le premier qui passa sous la porte de Brandebourg fut un fantassin. C’était un homme grand et maigre, avec un visage pâle, couvert d’une chevelure en broussaille, qui fut notre étonnement, habitués que nous étions aux perruques poudrées et aux queues bien tressées de nos soldats. Une capote courte couvrait son corps, sur sa tête un petit chapeau tout décati, plus rouge que noir et d’une forme indescriptible, mais ajusté si insolemment que cette tête et ce chapeau était pour nous un sujet d’étonnement. Les pantalons étaient de toile sale et déchirée, les pieds nus dans des souliers troués, une mauvaise pipe brillait à sa bouche, tandis qu’en même temps il arrachait tout en fumant, des bouchées d’un gros morceau de pain. 

    Qu’on s’imagine un soldat, avec chien en laisse, un demi pain enfilé sur sa baïonnette ; à son briquet pendait une oie, et sur le chapeau, fixée à la ganse du pompon, brillait une cuillère étamée. » 

     

    Et les godasses dans tout ça ? :

    Une paire de chaussure s’use de Fontainebleau à Poitiers, où il faut la remplacer, voilà qui pose le problème qui ne sera jamais résolu, il dure depuis 1792, date à laquelle l’armée du peuple s’est mise en marche.

    Cette armée de greloteux, qui va infester toute l’Europe avec son mauvais état sanitaire, ses maladies, ses vices et ses idées subversives... Elle disparaîtra en Russie, en Espagne, Waterloo l’achèvera.

      

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de Maine et Loire, tous droits réservés- Les Affiches d’Angers n°182 an 7 de la République – vue n°4/5 - Quartidi 4e jour complémentaire. 

      

    . La vie quotidienne dans les Armées de Napoléon de Marcel Baldet – pages 36 et 37. Hachette 1964. 

     

    . Photo de l’auteur. 

     

                                                                   

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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