• Prévignaud....

     

                             

    Etienne, François-Xavier Coudert de Prévignaud, 

    chef d'une ''Colonne Infernale'' en janvier-février 1794 ?

     

     

     

    Prévignaud....Etienne-François-Xavier Coudert de Prévignaud est né le 14 novembre 1750 à Ruffec (Vue n°175/515 baptêmes années 1737-1769 - archives de Ruffec). Il est le fils de Etienne Coudert sieur du Prévignaud, notaire et procureur au siège de Ruffec, marié le 10 janvier 1735 à Londigny et de Marie-Anne Rateau-Rataud.

      Il épouse le 10 mai 1774 à Civray, Marguerite Guény de la Braudière, veuve de Louis Serph avocat au Parlement ; fille de Pierre sieur de la Braudière, notaire royal et procureur fiscal du marquisat de Crugy-Marcillac et de Marguerite Joly. (avec dispense de parenté au troisième degré). (vue n°45/58 BMS 1773-1774 archives départementales de la Vienne, paroisse de Civray). De cette union sont issus :

     

    1° Magdeleine, Agathe, née le 20 avril 1773 à Civray.

    2° Charles, né le 15 février 1775 à Civray.

    3° Anne, née le 31 mai 1776 à Civray.

    4° Louis, Alexis, né le 19 octobre 1777 à Civray.

    5° Jean, François, né le 12 juillet 1779 à Civray.

    6° Jacques, Edouard, né le 24 décembre 1780 à Civray.

     

             Marguerite Guény de la Braudière décède le 27 avril 1787 à                Civray.

     

    Au moment de la Révolution Etienne, François-Xavier Coudert-Prévignaud est qualifié de propriétaire, chef de Légion, commandant de la Place de la Ville de Niort et maire de la commune de Dampierre-sur-Boutonne, où il meurt le 5 octobre 1840, à l'âge de 90 ans.

      Il exerce donc une carrière militaire locale, il est adjudant-général, ce qui est l'équivalent d'un commandant ou colonel. (Le S.H.A.T de Vincennes ne détient aucun dossier militaire le concernant). A priori, c'est un authentique révolutionnaire, on le dit franc-maçon, il aurait appartenu sous l'Empire à la loge ''l'Intimité'' de Niort ; et..... en janvier et février 1794... aurait-il commandé une ''Colonne Infernale'' composée de voleurs, de violeurs, d'assassins et d'incendiaires ? Et de ce fait, ce ''bon père de famille'' serait devenu l'un des responsables, par son commandement, de toutes les horreurs commises en Vendée ? Le nom de Prévignaud est cité par Monsieur l'Abbé Deniau lorsqu'il évoque la marche de la deuxième colonne de la première division ; mais s'agit-il d' Etienne, François, Xavier Coudert de Prévignaud ?

     

      « L'armée de Turreau La colonne n°1 commandée par Duval se divise en deux colonnes d'environ 8000 hommes chacune (blessé, Duval remet son commandement à Prévignaud) :

    - La colonne de Daillac (St Maixent, Mazières, Secondigny, la Chapelle-St-Etienne, la Châtaigneraie, Vouvant, La Caillère – on sait par ailleurs qu’il existe un fort doute sur l’identité de ce Daillac).

    - La colonne de Prévignaud (Parthenay, St-Germain, la Chapelle-St-Laurent, Moncoutant, Montournais, le Tallud) » (Les 12 colonnes de Turreau, p26).

      

    « 1° Marche de la Première Division – La première colonne de la première division, aux ordres de Daillac, partait de Saint-Maixent en même temps que la seconde, conduite par Prévignaud quittait Parthenay. Cette dernière devait être commandée par Duval, mais il était retiré à Niort à cause d'une blessure qu'il avait reçue ; ''Blessé au Moulins-aux-Chèvres, écrivait-il de cette ville, le 22 janvier, à Turreau, je regrette bien sincèrement que l'infirmité où m'ont conduit les scélérats, me prive de commander ma colonne en personne : ayant vu commencer cette guerre, je serais jaloux de la voir terminer promptement ; sa colonne promena la dévastation à Moncoutant et à Montournais. Dans ce dernier lieu, trois officiers forcèrent le sacristain à déclarer où était l'argenterie de l'église, et l'emportèrent. Quatre soldats exigèrent cinquante francs pour ne pas incendier deux métairies voisines, et n'ayant pu en obtenir davantage ils y mirent le feu, volèrent une forte somme d'argent et s'y livrèrent aux actes les plus ignobles. » (Abbé Deniau , page 156, Tome IV).

    Le 25 janvier 1794, la Colonne Prévignaud arrive à la Chapelle-Saint-Etienne, qu'il n'incendie pas. 

    Le 26 janvier 1794, la Colonne Prévignaud incendie le bourg de Vouvant et celui de la Châtaigneraie. 

    Le 27 janvier 1794, la Caillère: quinze Vendéens sont fusillés par les 1ère et 2ème colonnes de Daillac et Prévignaud. 

    Le 28 janvier 1794 à Saint-Sulpice-en-Pareds, dix huit Vendéens sont fusillés par Daillac et Prévignaud, puis c'est l'incendie du château et ces ''Messieurs nettoient les environs''. 

    Le 30 janvier ils sont à Bazoges-en-Pareds et reçoivent l'ordre de Turreau de regagner Pouzauges afin de renforcer la colonne de Grignon. 

    Daillac et Prévignaud, participent donc à toutes les exactions de Grignon... un cortège d'horreurs !

     

      Laissons parler Monsieur l'Abbé Deniau : « De la Caillère, Daillac parcourt les paroisses de Sainte-Hermine, de Saint-Simon-la-Vineuse et de la Réorthe, et laisse des monceaux de ruines. Le 28 janvier, il fait cerner le bourg de Bazoges-en-Pareds où il compte prendre quelques habitants qui viennent de l'armée de Charette. Enfin le 30, il écrivait à Turreau, qui lui ordonnait de se rendre à Pouzauges : « L'ordre que tu me donnes..... va m'empêcher de purger totalement de pays. Si tu pouvais me laisser quelques jours à la Caillère, j'aurais le temps de tout brûler... » Le jour où Daillac cernait Bazoges, Grignon faisait à la Flocelière des patrouilles et brûlait les métairies où il n'y avait pas de subsistances. Il y fusilla une vingtaine de paysans. Sa troupe pillait et saccageait « à tort et à travers », outrageait les femmes, leur faisait subir les plus ignobles violences et les fusillaient ensuite. Il se rendit en même temps à Pouzauges rejoindre sa colonne de gauche, et lui recommanda de détruire tous les moulins à eau et à vent. « C'est le moyen dit-il, d'ôter les subsistances à ceux qui peuvent nous échapper. » Au Boupère il désarma une garde nationale qui avait une soixantaine de bons fusils... ».

      La promenade militaire terminée, veuf, Etienne, François-Xavier Coudert de Prévignaud, Commandant de la Place de Niort, trente neuf ans, envisage de convoler à nouveau en justes noces. Il épouse à Niort, le 28 Brumaire an III (18 novembre 1794) (vue n°24/149 archives de Niort), Mélanie, Ursule, Catherine, Antoinette Avice de Mougon, née le 19 novembre 1772 paroisse Saint- André de Niort (vue 45/56 archives de Niort, année 1772 et qui a peut-être été sauvée d'une longue liste que l'on peut consulter ici), fille de Thibault, Amateur Avice de Mougon et de Catherine Avice de la Motte ; jeune femme qu'il aurait connu lorsqu'il était commandant de la place de Brouage*. Etaient présents au mariage : « Etienne, François, Pierre Perrier âgé de cinquante deux ans, secrétaire commis de la Convention Nationalle et présentement de la Commission de l'Armée de l'Ouest. Paul, Nicolas Bazire, âgé de vingt neuf ans, secrétaire de la Commission des Représentants du Peuple près de l'Armée de l'Ouest, amis de l'époux , tous deux de la commune de Paris. Jacques Briault, âgé de cinquante quatre ans, Président du Tribunal Criminel du Département des Deux-Sèvres. Charles Delaroy, âgé de cinquante deux ans, Agent National près le District, ami de la future épouse. »

    Prévignaud....

    Prévignaud....

     

     

    Sa nouvelle épouse meurt le 17 Floréal en X (7 mai 1802), à l'âge de 29 ans (vue n° 88/138  archives de Niort).

     

    * En 1794, Brouage et ses murailles deviennent prison pour les prêtres réfractaires, religieuses et suspects...

     

      Nous voici en l'an XII (vue n°21 archives municipales de Chef-Boutonne -Deux-Sèvres) ; le 11 prairial de l'an XII, Etienne, François, Xavier Coudert, âgé de cinquante trois ans, propriétaire, demeurant à Niort épouse Julie, Victoire Robert, âgée de vingt deux ans née à Javarzay, le 10 août 1782, fille de Jean-François Robert, ancien « cavallier de Maréchaussée », (Archives des Deux-Sèvres, Javarzay – vue 158/163 BMS 1773-1782). propriétaire et de Marguerite Bineau. Etait présent au mariage : « Michel, Joseph Leblois, demeurant à Niort, Commissaire du Gouvernement près le Tribunal Criminel du département des Deux-Sèvres.

     Voici donc la vie d'un petit bourgeois de province, maire de son village, n'ayant pas ébruité son passé révolutionnaire et qui s'est éteint le 5 octobre 1840 à l'âge de 90 ans à Dampierre-sur-Boutonne... (vue n°160/172, décès année 1840 commune de Dampierre-sur-Boutonne).

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    Sources:  Les 12 Colonnes Infernales de Turreau de Pierre-Marie Gaborit et de Nicolas Delahaye – Collection découverte de l'Histoire - Editions Pays et Terroirs, 65 place de Rougé Cholet-1995, page 26. - Histoire de la Guerre de la Vendée  TOME IV par le chanoine Deniau, curé de Saint-Macaire-en-Mauges et Dom Chamard, Prieur de l'Abbaye de Ligugé et l'abbé Uzureau, Directeur de l'Anjou Historique- Siraudeau éditeur Angers, pages 149, 156, 184 - Généanet : famille Coudert et origines  - Archives Départementales des Deux-Sèvres, tous droits réservés : communes de Niort, Javarzay, Chef-Boutonne mariages an XII vue n°21- Archives Départementales de la Vienne, tous droits réservés, commune de Civray, Archives départementales de Charente-Maritime, commune de Dampierre-sur-Boutonne. Les noms du Poitou (de la Pissarderie), les Coudert du Prévignaud. 

                                                             

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets. 


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