• Pillage autorisé....

     

    Vendée 1793

     

    Le pillage par la troupe est autorisé et encouragé par les généraux

     

     

     

    Pillage autorisé....Voici un jugement rendu au Nom de la République Française, par la Commission Militaire séante au Château de Nantes en Septembre 1793.

    Les lois de la République « considérant que le pillage est expressément défendu sous les peines les plus rigoureuses ; considérant que si ceux qui pillent à l'armée n'étaient pas punis avec sévérité, les armées de la République seraient sans vigueur, et les propriétés ne seraient jamais respectées... ». Comme aujourd'hui, rien n'a changé, que des mots...

     

    En effet, le citoyen Gaëtan Louvel, Chasseur à cheval du 15eme régiment, accusé d'avoir pillé au château de la Martinière est remis de suite en liberté et rejoint immédiatement son régiment après son jugement. Voici un bref résumé du jugement :

     

    « La COMMISSION MILITAIRE, séante à Nantes, vû un procès -verbal raporté par le citoyen Bouhon, Commissaire de police, du 29 août dernier, constatant que le citoyen Gaëtan Louvel, Chasseur au 15éme régiment de Chasseurs à cheval, a exposé en vente, dans la rue du Bois-tortu, trois draps de lit, trois torchons, dix sept échevaux de fil écru, deux traversins de lit, deux poëles à frire, deux paires de chenêts et une couverture de lit de laine verte, lesquels effets furent saisis, d'après la déclaration de Louvel, de les avoir enlevés d'une maison qui avait été brûlée, d'après la permission de l'Adjudant Général Cambrai* Commandant ce détachement; après avoir entendu l'accusé dans son interrogatoire, vu aussi la déclaration par écrit de l' Adjudant-général Cambrai, en date de ce jour et la lettre du Général Beysser, chargé de prendre la dite déclaration, aussi en date de ce jour,

     

    Considérant que le pillage est expressément défendu sous les peines les plus rigoureuses ; considérant que si ceux qui pillent à l'armée n'étaient pas punis avec sévérité, les armées de la République seraient sans vigueur, et les propriétés ne seraient jamais respectées ; considérant aussi que le citoyen Louvel n'a pas commis un pillage, puisque les effets dont il a été nanti avaient été enlevés à la maison de la Martinière qui avait été incendiée, et que le Général Cambrai lui avait permis, ainsi qu'à ses compagnons d'armes qui avaient pris cette maison de vive force, de prendre ce qu'ils pourraient dans cette maison qui brûlait; considérant enfin qu'un Général, en pareille circonstance, peut promettre et permettre le pillage à sa troupe, déclare que le citoyen Louvel n'est pas sous le coup de la loi, en conséquence le décharge de l'accusation intentée contre lui, ordonne que les effets saisis lui seront remis, qu'il sera mis de suite en liberté et qu'il rejoindra son régiment dans le jour ».

     

     

    « Ordonne que les présents jugements seront imprimés aux nombre de quatre cent exemplaires, publiés et affichés dans les vingt quatre heures, envoyés aux Généraux de l'Armée, et à tous les corps faisant partie de ladite Armée, pour être lu à la tête des Corps réunis ».

     

     signés : Goyau, Présid. Giraud, Secrét-Greffier.

     

    Pillage autorisé....

     

     

     

    *Cambrai – Cambray Alexis, Aimé, Pierre (1760-1799) chef de Brigade en Septembre 1793, général de Brigade en Novembre 1793 en Vendée et dans l'ouest de 1793 1796 – tué le 2.7.1799 à la bataille de Trebia – Italie. Général Jacobin, ami de Robespierre (belle référence)..... « Ma chasse a été très heureuse, cinq cent de ces gueux tous armés de piques et de fusils sont tombés sous les coups des républicains, je suis maintenant à Saint Fiacre dans la plus belle position possible »

     

    Lettre de Cambray à Merlin de Douai : «  Bourgneuf neuf heures du soir le 11 septembre de l'an 2 de la république : Mon cher concitoyen partout nous avons vaincu et fait fuir les brigands, nous avons pris Pellerin, Vue, Rohan Arton et Bourneuf, nous allons actuellement à Machecoul. Je commande l'avant-garde de l'armée commandée par Beysser. Je n'y vais point de main morte, L'avant-garde et l'armée est singulièrement bien disposée. Eugène est avec nous et nous en sommes content. Je vous embrasse ainsi que lui. Je suis tout à vous,. Votre concitoyen »

     

    signé Cambray

     

    Pillage autorisé....

     

     

    Jugement d'une étonnante actualité, vous ne trouvez pas? La République n'a toujours pas changé. Non seulement on rend un jugement inique, en outre, on en fait de la publicité devant toute la troupe : ce jugement sera publié, affiché et « lu devant tous les corps de ladite Armée ». Le pillage est autorisé, puisqu'on ne puni pas le pillard et de plus ce pillard est défendu par des généraux qui lui ont donné l'autorisation de piller, on croit rêver  !

     

    Comment s'étonner alors du comportement de cette Armée républicaine, des Colonnes Infernales, troupes composées dans leur immense majorité de pouilleux, une armée de voyous commandée par des chefs de bandes, de cliques , des petites crapules, des petits profiteurs malhonnêtes, tordus, vicieux, ce qu'on appelle : « la lie du peuple ».

    En parlant de généraux crapuleux : Le 22 février 1794, le Comité de surveillance d' Angers, transmet au Comité de salut public des dénonciations recueillies contre les généraux Danican, Crouzat, Rossignol et Haxo; témoignages de particuliers consignés et attestés à différentes dates contre le Général Danican, pour pillage d'une maison à Angers ; contre le général Crouzat, pour vol d'argenterie à Chemillé et contre le général Haxo pour vol d'un trésor à Beaupréau – 1794 – Archives Départementales de la Vendée class : SHD B5/8-58)

     

    Pillage autorisé....

     

     

    sources : Archives du Département de la Vendée. Lettre à Merlin de Douai de Cambray Alexis - Photo : Sabre Officier de chasseur à cheval an XI. Boutons d'uniformes républicains - 1793.

     

    Xavier Paquereau pour Chemins secrets


  • Commentaires

    1
    Vendredi 24 Juillet 2015 à 22:25

    Le pillage républicain continue toujours, à la différence qu'il est maintenant officialisé avec des papiers à en-tête.

    La différence entre la fiscalité et le pillage réside essentiellement dans une question de pourcentage.

    20%, c'est de la fiscalité, 40% et + c'est du pillage à mon sens.

    S'approprier 2 mois de salaire d'un ouvrier pour engraisser des profiteurs, ça n'a pas encore de nom...

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