• Pierre Perotteau, un Bleu aux Lucs....

     

    1804 : Pierre Perotteau, ancien du 14ème bataillon des 

    volontaires nationaux, maire des Lucs-sur-Boulogne... 

                

     

     

    Pierre Perotteau, un Bleu aux Lucs....Individu peu recommandable, il fera subir mille misères au curé des Lucs-sur-Boulogne, jusqu’à faire loger des gendarmes d’élite chez lui et le menacera de « foutre le feu chez lui ».

    Pierre Perotteau, libertin notoire, il aura au moins deux enfants naturels de Jeanne Bossis, fille de l’aubergiste des Lucs, est né le 22 avril 1759 à Dompierre. Il est le fils de Jean Perotteau, marié le 12 février 1748 à Renée Mercier, fille de Jacques Mercier, sieur de la Brételière, fermier général de Saint-Denis-la-Chevasse et de Marie Fort.

    Un petit tour d’horizon sur le personnage avant d’aborder la lettre que l’Abbé Gautier écrira au Préfet Merlet.

    Pierre Perroteau est le Bleu dans toute sa splendeur. Lorsque le soulèvement éclate en 93, il s’engage au 14ème bataillon des Volontaires Nationaux comme chirurgien-major. Il sert du côté du Bec d’Ambès (Gironde) puis exerce comme chirurgien dans l’Armée de l’Ouest en l’an quatre. En 1796 on le retrouve comme maître chirurgien au bourg des Lucs où il habite depuis 1786.

    Il devient maire des Lucs-sur-Boulogne le 20 juillet 1800 et cesse ses fonctions le 26 décembre 1805. Au moins deux enfants naturels sont issus de ses galops d’alcôve et parties fines avec Jeanne Bossis* et peut être un autre enfant avec sa sœur Rose, filles de Clément Bossis marchand-aubergiste aux Lucs et de Magdeleine Bériau.** Il décède au bourg des Lucs, le 27 octobre 1831.

    A son décès, il est qualifié de propriétaire et de maître en chirurgie, âgé de 72 ans, la déclaration du décès est actée par Victor Perotteau, docteur en médecine, âgé de 28 ans, domicilié au bourg des Lucs (Un de ses fils naturels).

     

    * Jeanne Bossis est née aux Lucs le 18 juin 1767, en 1816 elle est domestique chez Pierre Perotteau et y décède le 20 avril 1824, « célibataire », à 10 heures du matin, à l’âge de 56 ans. 

     

    ** Clément Bossis et Magdeleine Bériau ont été massacrés aux Lucs le 28 février 1794. 

     

    Un mot quand même sur les enfants naturels de Perotteau :

     

    1° Pierre Bossis-Perotteau, né le 19 pluviôse an 9 à Nantes, 9 et 10e section « fils naturel de Jeanne Boissi, journalière, non mariée, 30 ans » Reconnu le 21 juillet 1821 par Pierre Perotteau, chirurgien. Ce fils sera médecin et

       décédé aux Lucs le 22 mars 1828.

    2° Victor-Eliacin Bossis-Perotteau, enfant naturel, né le 1er pluviôse an 11 (21 janvier 1803) aux Lucs, qui sera également médecin. - reconnu le 11 octobre 1828.

    3° Victorine-Françoise Bossis, fille naturelle, née le 10 janvier 1809 aux Lucs « fille de Rose Bossis, (1) qui accouche dans la maison de Jeanne Bossis, sa sœur, d’un enfant de sexe féminin, de père inconnu.» : Pierre Perotteau ? (un fils Victor et une fille Victorine?)

     

    (1) Roze Bossis est née le 5 novembre 1779 aux Lucs. 

     

    La terreur qu’inspirait Perotteau à son entourage, les parents des deux jeunes femmes ayant été massacrés par ses copains républicains le 28 février 1794 , a-t-elle favorisé les entreprises débauchées de Monsieur le Maire ?

    A priori, NON, la famille Bossis est Bleue, les parents ayant été embarqués avec les autres habitants et massacrés, les Colonnes Infernales ne faisant aucune distinction entre Bleus et Blancs.

    Jeanne Bossis vivait en concubinage notoire avec Perotteau, sans aucune contrainte, en 1816 elle est domestique chez lui (recensement des Lucs-sur-Boulogne), et en 1809, Rose vivait dans la maison de sa sœur…

    Il faut savoir que les filles Bossis ont vécu à Fontenay en octobre 1794 et en 1795 comme réfugiées. (Magdeleine, Jeanne et Louise, et peut-être Roze, Clément et Marie). Que Louise, née le 28 janvier 1775 aux Lucs a épousé à Fontenay le 21 mai 1795, Augustin-Pierre-César Neyrod, un adjudant des charrois militaires de l’Armée de l’Ouest originaire de Paris. Qu’on la retrouve réfugiée à Nantes le 19 pluviôse de l’an 9, vivant avec Antoine Sabourdin, un menuisier de 24 ans. Que le premier fils de Perotteau et de Jeanne Bossis est aussi né à Nantes en l’an 9...

    Le 5 février 1804, l’abbé Gautier, desservant des Lucs depuis neuf mois se plaint du maire Perotteau, qui cherche par tout les moyens à le chasser, jusqu’à loger des gendarmes d’élite sous sa chambre. Voici ce qu’il nous dit :

     

    « Au Luc 15 pluviose an 12   (5 février 1804) 

     

    Citoyen,  

     

    J’ai eu l’honneur de vous écrire plusieurs fois, sans recevoir de réponse, ni la moindre satisfaction des justes plaintes que j’ai été obligé de vous communiquer. Le maire des Luc enhardi par l’impunité de ses procédés injustes et soutenu par le citoyen Clémenseau, n’a pas craint de répéter en pleine assemblée que s’il ne pouvait me faire sortir légalement de la maison que j’occupe il y metteroit le feu. Il a mis le corps de garde dans la maison que j’occupe et sous la chambre où je suis obligé de coucher ce qui ne peut être sans troubler mon repos et sans beaucoup d’incommodités ; procédé  d’autant plus injuste qu’il est contre l’esprit de la loi et qu’il y avoit une maison inhabitée plus commode que la mienne qu’il a fait habiter depuis pour couvrir son injustice ajoutez à cela le pillage de ma maison qu’il a ordonné antérieurement. Les comptes des auteurs marguilliers qu’il prolonge toujours. L’arrêté du Gouvernement touchant les réparations de l’église maison presbytérale et la desserte du culte dont il n’a pas encore donné connaissance au conseil municipal. La maison que j’occupe qu’il a deux fois afermée aux habitants et deux fois il s’est dédit ce qui n’est qu’un léger sacrifice pour lui, la terreur qu’il a imprimée à son conseil qui n’ose point le contredire. Les menaces injustes qu’il fait à ceux des membres du conseil qui ne suivent pas sa volonté, les discours injurieux tenus contre vous-même et contre le premier Consul . Un corps qu’il a fait mettre en terre en mon absence parceque j’étois à administrer des malades et que je ne pu me rendre chez moi qu’un heur aprais le tems marqué, des propos diffamatoires tenus contre moy et dont j’esper avoir justice. 

    Voilà citoyen les observations judicieuses que j’ai recueillies depuis a peu près neuf mois que je suis dans la commune des Luc et dont j’offre la preuve testimoniale pour le premier Consul je ne connois qu’un thémoin mais qui est en place puisqu’il est brigadier. 

      La maison que j’occupe appartient au citoyen Perrotteau deux fois il l’a afermée et deux fois il s’est dédit il me semble que le citoyen maire étant acquéreur de la cure et logé dedent il pourroit être obligé par vous à céder à la commune la maison que j’occupe moyennant la somme de…. pour loger le desservant vu qu’il n’y en a pas d’autre convenable dans le bourg ni de vacante. Je demande aussi de votre justice que le corps de garde ne soit plus chez moy, s’il y vient d’autres troupes au sortir de la gendarmerie d’élite qui est actuellement. 

      J’attends toute satisfaction de vous qui aimois la justice et vous prie de me croire avec respect, Citoyen, votre très humble et obéissant serviteur.  

     

    Gautier desservant des Luc. » 

     

    Comme vous pouvez le constater, ce maire, personnage méprisable, traîne dans son comportement comme une exhalaison de Colonne Infernale, un relent de vieux troupier vicelard. La supplique de l’abbé Gautier est datée du 5 février 1804… Je pense que le Préfet Merlet s’est occupé du cas Perotteau, puisque le 26 décembre 1805 il n’est plus maire.

    Quant à l’abbé Jacques Gautier, il est décédé le 19 avril 1815 aux Lucs-sur-Boulogne où il était desservant, à l’âge de 59 ans. Il était né à Lessay dans la Manche, fils de Michel Gautier, closier et de Catherine Guedon : prêtre réfractaire, insurgé Vendéen et considéré comme tel.

     

    Pierre Perotteau, un Bleu aux Lucs....

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de Vendée - tous droits réservés  – Correspondances du Préfet Merlet avec les ecclésiastiques – class 2NUM110/32-11 correspondances reçues de différents prêtres –  

    . Familles de Vendée de Christian Frappier – mise à jour le 17 avril 2017. - Famille Perotteau. 

    . Archives de la ville de Nantes tous droits réservés : vue n°66/149 – an 9 - 9ème et 10ème section. 

    . Registres d’état civil de Fontenay, mariages 1795 du 2 prairial an 3 - vue 129/334. 

    . Registres paroissiaux et d’état civil de la commune des Lucs-sur-Boulogne vue n°21/123 année 1767 – et décès le 20 avril 1824. - décès 27 octobre 1831- acte n°137 – vue 57/67. pour Perotteau-Bossis et famille Perotteau-Bossis. 

     vue 328/407 année 1809. Recensements de l’an V vue 26/28 des Lucs et de 1816 vue n°6/36. Acte de décès Abbé Gautier vue n°384/406 année 1815. 

                                              

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


  • Commentaires

    2
    DAVIAUD Joël
    Jeudi 23 Avril à 14:10
    Lu comme les autres bon travail
    1
    Guy
    Jeudi 23 Avril à 07:35
    Merci
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