• Pierre Audureau....

     

     

             Pierre Audureau de Jallais, proposé pour un sabre de récompense.

                        

     

     

      Pierre Audureau....   « L'état nominatif des officiers, sous-officiers et soldats de l'Armée Royale de l'Ouest, 2ème corps, commandée successivement par M.M Cathelineau, d'Elbée, Bonchamp, Stofflet et le Cte Charles d'Autichamp, proposés pour recevoir des armes au nom du Roi, en récompense de leurs services et de leur dévouement » ; en date du 18 juin 1817, fait apparaître sous le n°14 le nom de Pierre Audureau, domicilié à Jallais (Maine et Loire), charpentier, ayant obtenu le grade de sous- lieutenant et proposé pour recevoir un sabre de récompense.

     

    Pierre Audureau....

     

     

     

      Bien des soldats blessés de la Vendée n'ont rien reçu en récompense de leurs services de la part de Louis XVIII, ni lettres de remerciements, ni pensions, ni armes de récompense, RIEN !  Les armes de récompense promises en 1817 arriveront péniblement à leurs destinataires à partir de 1820-1821.... A contrario, les officiers de l'Empire sont comblés d'honneurs.... même Thurreau est apparu sur la liste des récipiendaires de l'Ordre de Saint-Louis, affront suprême fait aux Vendéens. Le roi Charles X, dans sa bonté, essaiera d'effacer ces injustices, mais ces deux derniers rois se contenteront de promesses... Devant cette ingratitude, l'épopée Vendéenne de 1832 fut un fiasco ! C'est dans ce contexte que Pierre Audureau est obligé de reformuler une demande de pension en 1826 ...

    La première s'étant égarée  ???

     

      Pierre Audureau est né à Jallais le 27 mai 1779, et a été baptisé le 28 ; il est le fils de Jean Audureau, charpentier et de Jacquine Marchand, son parrain est Pierre Marchand également charpentier et sa marraine Perrine Audureau, de Saint-Laurent-sur-Sèvre.

      En 1793 il rejoint l'Armée Catholique et Royale de la Vendée et sert comme soldat en 1793, 1794,1795, 1796, 1797, 1798, 1799, 1800, 1814 et 1815 ; sergent en 1799 et sous-lieutenant en 1815. Il est blessé d'un coup de baïonnette à la jambe gauche à la bataille de Chanteloup en 1794 de la même année, à celle de Beaupréau d'une balle au genou de la jambe droite...

      Ce fut un véritable ''parcours du combattant'' pour ce vieux soldat, afin de se faire entendre en haut lieu.

      « Le 20 novembre 1826 , A son Excellence Monseigneur le Secrétaire d'Etat du Département de la Guerre ;

    Monseigneur, A l'honneur d'exposer à votre Excellence, Pierre Audureau, charpentier demeurant à Jallais arrondissement de Beaupréau, département de Maine et Loire ; qu'il y a un an et plus, il eut l'honneur de vous adresser son état de services pendant le cours de la guerre royale dans l' Armée d'Anjou et Haut-Poitou ; conformément à l'ordonnance de sa Majesté. Cet état était revêtu des signatures des chefs éxistans sous lesquels il a constamment combattu en qualité de sous-lieutenant : à cette pièce était joint une copie conforme du brevet qui le constituait sous-lieutenant de la 3ème compagnie de Jallais ainsi qu'un certificat des médecins constatant qu'il a reçu plusieurs blessures, plus un certificat du maire de sa commune.

      L'exposant n'ayant eu aucune certitude que toutes ces pièces soient parvenues à la connaissance de votre Excellence, et craignant qu'elles soient restées dans les bureaux, et fondé à concevoir cette crainte par le lapse de temps qui s'est écoulé sans qu'il ait reçu aucune réponse à sa juste réclamation, il se prend la liberté de rappeler à votre Excellence les services qu'il a été assez heureux de rendre à la cause sacrée du trône et de l'autel, comme vous pouvez, Monseigneur, vous en convaincre en jettant les yeux sur les pièces et supplier votre Excellence de prononcer que justice sera rendue à son dévouement et récompenser ses blessures.

      Plein de confiance dans vos favorables intentions pour les fidèles Serviteurs de notre Auguste Monarque dans l'Armée Catholique d'Anjou et Haut-Poitou, il attend le résultat avantageux et prochain de son humble réclamation.

      Le suppliant à l'honneur d'être de votre Excellence, Monseigneur, le très humble et très obéissant serviteur de sa Majesté et le fidèle sujet ».

    Signé : P  Audureau  ; - A Jallais le 23 octobre 1826.

     

      Réponse du Ministère de la Guerre  : Direction Générale de l'Administration. Bureau des Pensions – traitement de réforme et secours -1ère Section – Nota  : Les réponses doivent être adressées au Ministre et porte en marge l'indication ci-dessus. Secours annuels aux armées Royales de l'Ouest -renvoi de 4 demandes au sous-Préfet de Beaupréau le 17 janvier 1827.

    Paris le 30 décembre 1826 -n°1er du 2 Janvier 1827. «   Monsieur, par mes lettres des 13 novembre et 30 décembre courant, j'ai l'honneur de vous indiquer la marche à suivre pour le remploi des sommes devenues disponibles sur le crédit de 500 000 francs de secours viagers aux Armées Royales de l'Ouest, par l'effet des extinctions survenues en 1825, et de celles qui auront lieu par la suite. J'ai l'honneur de vous adresser pour que vous les fassiez concourir s'il y a lieu à cette nouvelle distribution, les demandes que m'ont envoyées plusieurs habitants de votre département dont les noms suivent    :

    1° Brevet Louis, de Chaudron.

    2° La Vve Caillard née Alliot, de Saint-Pierre de Chemillé.

    3° Godineau René, de Jallais.

    4° Audureau Pierre, idem.

      Je vous prie de vouloir bien informer les pétitionnaires de renvoi que je vous fait. J'ai l'honneur d'être avec considération très distinguées, Monsieur, Votre très humble et très obéissant serviteur.

      Pour le Ministre Secrétaire d'Etat de la Guerre, le Conseiller d'Etat Directeur Général. Signé    : illisible. A Monsieur le Préfet du Département de Maine et Loire à Angers ».

     

      Lettre de Mr le sous-Préfet de Beaupréau... Beaupréau le 1er février 1827... Le temps passe...

     

      « Monsieur le Préfet, Par votre lettre du 17 janvier dernier, vous me faites l'honneur de m'informer du renvoi qui vous a été fait par son Excel.. le ministre de la Guerre de quatre demandes de pensions adressées à son ministère par des militaires des Armées Royales. J'en ai prévenu les pétitionnaires.

      Le Sieur Audureau Pierre de Jallais assure que l'une de ses demandes le concerne. Celle où l'on a lu Audineau Pierre, ainsi que le porte la lettre que vous m'avez adressée. Il est venu m'observer qu'il n'existait à Jallais aucun individu du nom d'Audineau, que lui Audureau avait adressé une pétition au Ministre de la Guerre en même temps que la nommé Godineau René, compris sur votre lettre du 27 janvier que les deux pétitions sont de la même écriture. Je vous prie, Monsieur le Préfet de revoir la demande du Sieur Audureau Pierre et de rectifier s'il y a lieu l'erreur commise à son égard. Je joins ici la lettre que m'a écrite le maire de Chemillé en faveur de Madame Caillard, elle fait bien connaître le position de cette veuve qui a non seulement droit au secours qui lui a été accordé ; mais dont les besoins et la position dans la société supérieure à celle de ces pauvres femmes de la campagne qu'une somme de 50 francs rend fort heureuses ; réclament réellement que le secours soit augmenté et porté au taux du grade de son mari. Je suis avec respect Monsieur le Préfet, votre très humble et très obéissant serviteur.

     Signé : Le sous-Préfet de Beaupréau : de Chantreau*

     

      Voici le dossier initial de Pierre Audureau enregistré à la mairie de Jallais le 28 mai 1824.

     

      « Jallais, le 28 mai 1824 – A son Excellence Monseigneur le Ministre Secrétaire d'Etat au département de la Guerre, Monseigneur, Le nommé Pierre Audureau, de profession de charpentier, née commune de Jallais le vingt sept mai mil sept cent soixante dix neuf et y demeurant, canton et arrondissement de Beaupréau, département de Maine et Loire ; vient respectivement, Monseigneur, mettre sous les yeux de votre Excellence, qu'il a servi avec honneur, probité, et distinction dans les armées Royales Vendéennes, division de Beaupréau, troisième compagnie de Jallais à toute prise et reprise d'armes depuis 1793 jusqu'à 1815. Promu aux grades de simple soldat depuis 1793 jusqu'à 1799, époque où il fut nommé et reconnu pour sergent, et sous-lieutenant en 1815 ; et ce pour coopérer à la Restauration de l'auguste famille des Bourbons....

      Qu'il a été grièvement blessé d'un coup de baÿonnette à la jambe gauche (tendon d'Achille coupé), en 1794 à la bataille de Chanteloup et pareillement à celle de Beaupréau, le même année d'une balle, à la partie interne de l'articulation du genoux droit ; ainsi qu'il en résulte du certificat ci-joint signé de ce jour 28 mai 1824 des Sieur Ardré et Daviers Officier de Santé reçus à la résidence de Jallais, et légalisé le même jour par l'adjoint de la dite commune ; qui déclarent que ses blessures, et les fatigues qu'il a éprouvées dans cette malheureuse guerre, lui occasionnent une affection de rumatismes et l'empêchent absolument de travailler et de pourvoir à sa subsistance....

      Ce considéré, Monseigneur, il plaise à votre Excellence venir au secours d'un fidèle Vendéen, en le faisant jouir des bienfaits accordés par l'ordonnance de sa Majesté Royale du 3 décembre 1823, à tous ceux qui ont servi avec dévoûment la cause sacrée du Trône et de l'Autel, et particulièrement aux blessés et indigents ; vous remplirez infiniment les intentions de votre Auguste Souverain et délivrerez de la misère un sujet qui se glorifie d'avoir versé son sang dans les rangs des vrais Français ; guidés par l'amour de leur Roi, et de son auguste FAMILLE....

      Daignez, Monseigneur, agréer les hommages respectueux de votre très humble et très obéissant serviteur et fidèle Vendéen  ». Signé   : Audureau.

     

    Pierre Audureau....

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

      Depuis mai 1824, la situation de Pierre Audureau n'était toujours pas réglée en février 1827. On ne saura donc pas s'il reçu son sabre de récompense...

     

      Pierre Audureau s'est marié à Jallais le 27 Brumaire an 12 (19 novembre 1803) avec Perrine Tijou, née le 22 novembre 1780 à Jallais, fille de Jean Tijou Métayer et de Marie Guinehut. Elle est décédée le 21 août 1814 dans cette même commune. De cette union naîtront quatre enfants   :

    1° Perrine,Jacquine, le 15 brumaire an 13 (6 novembre 1804) à Jallais.

    2° Pierre Mathurin, le 27 juin 1810, idem

    3° Augustin Antoine, le 27 février 1812, idem

    4° Athanase, le 31 mai 1814, idem

      Veuf, il se remarie le 10 septembre 1821 à Jallais avec Jeanne Dubillot née le 28 mai 1796 dans cette commune, fille de Jacques Dubillot, marchand et de Renée Réthoré.

      De ce second mariage sont issus   :

    1° Elie Constant Audureau, 1822-1825.

    2° Jeanne Audureau, 1824-1825.

    3° Henry Esprit Audureau, 1826-1899.

    4° Elie Constant Audureau, 1828-1899.

    5° Jacques Alexis Audureau, 1830-1855.

    6° Eugène Audureau, 1834-1912.

    7° Benjamin Edouard Audureau, 1837-1897.

      Pierre Audureau est décédé à Jallais le 23 septembre 1859.

     

      * Charles de Chantreau a été sous-Préfet de Beaupréau -21 juillet/30 septembre 1821 au 2 septembre 1829, nommé à Vire, il fut destitué en 1830...

     

    Sources: Archives Départementales de la Vendée - état nominatif des combattants proposés pour recevoir une arme d'honneur SHD XU 16.21, vue n°4/13- 18 juin 1817 – Archives Départementales de Maine et Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens 1M9/28 - Registres d'état civil de Jallais. - photo de l'auteur.

     

                          X. Paquereau pour Chemins Secrets.

     

     

    Pierre Audureau....

      


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