• Palluau-sur-Indre, 1796 (2ème partie)....

     

    Palluau-sur-Indre, 1796 (2ème partie)…

     

     

    Archives militaires de Vincennes : SHD B 5/36-50.

     

     

    « Extrait du registre des délibérations de l’administration municipale du canton de St Aignan.

    Séance du 21 ventôse l’an 4 de la République française une et indivisible.

    L’administration assemblée et composée des citoyens Pioche, président, Martineau, Beau, Rupert, Guitton, Maréchal agents, Clivot, Péan, Bouchet, Delorme, adjoints, Péan commissaire du pouvoir exécutif et Juchereau secrétaire.

    Le commissaire du pouvoir exécutif a annoncé à l’administration que depuis plusieurs jours il est informé qu’il existe dans les environs de Palluau département de l’Indre, des rassemblements soit de jeunes gens de première réquisition, soit d’autres malveillans ayant à leur tête des hommes qui ne cherchent qu’à porter le trouble et le ravage dans ces contrées, que d’après les renseignements qu’il est procuré, il y auroit tout lieu de craindre que ce ne soit le principe d’une grande incendie et qu’il est de la prudence et du devoir d’une administration sage de prévenir dès l’origine des malheurs qu’une trop grande sécurité pourroit rendre irréparable. Après avoir rapporté plusieurs faits et circonstances dont il a acquis la connoissance par le témoigne (sic) digne de foy, il a fait part à l’administration de la correspondance active et soutenue qu’il a à entretenir à ce sujet tant avec le ministre de la police général, qu’avec le commissaire du pouvoir exécutif près le département de Loir et Cher et celuy près le département d’Indre et Loire. Enfin il a requi que l’administration qui avoit déjà précédemment des notions sur les faits dont il s’agit, animé du même esprit que le commissaire du pouvoir exécutif et ne désirant rien tant que de seconder ses vuës.

    Considérant qu’on ne peut apporter de trop promptes et de trop grandes précautions pour réprimer l’espèce de fermentation qui se manifeste dans les contrées de Palluau et des environs et pour empêcher qu’elles ne fasse des progrès funestes.

    Considérant que l’esprit public et le patriotisme sont presque inconnus dans ces pays, où la constitution a été rejetté à la presque unanimité, que conséquemment on ne peut guère douter des mauvaises dispositions de la majorité des habitans de ces contrés.

    Considérant que le peu de distance qui nous sépare rend le danger plus imminent, nécessite de plus grandes précautions.

    Estime qu’il y a lieu de demander au département, 1°. Qu’il mette à la disposition de cette administration cinquante fusils au moins, de la poudre et des bales. La quantité nécessaire pour utiliser le service de la garde nationale, 2°. Qu’il autorise une garde soldée suffisante pour faire un service soutenu autant de tems que les circonstances l’exigeront, et attendu l’urgence, l’administration arrête provisoirement, 1°. Que la garde sera montée la nuit en cette commune par les jeunes gens non sujets à la première réquisition, qu’ils seront présidés, dirigés et commandés par les citoyens plus expérimentés d’un patriotisme reconnu, sauf à la faire monter de jour par les autres citoyens et surtout par les plus aisés.

    2° Que la gendarmerie nationale faire tous les jours des patrouilles soutenues sur les routes et dans les communes environnantes ; que les gendarmes fairont exhiber à tous les individus ayant leur domicile hors de ce canton, leurs passeports, et amèneront au commissaire ceux qui seront arrêtés sans en être munis. ; et enfin qu’ils fourniront chaque décade au commissaire du pouvoir exécutif, une feuille du service qu’ils auront fait dans les communes confirmées ( ?) laquelle sera certifiée par les agents ou adjoints respectifs. Cette dernière mesure est mise sous la responsabilité du sous-lieutenant de la gendarmerie, des infractions de la quelle le départment sera instruit. Pour copie conforme, Juchereau secrétaire. »

     

    ***

     

     

    « Comme agent municipal de la commune d’Ecueillé je dépose qu’ayant été obligé de se sauver des dangers occasionnés par un attroupement détaché de l’armée de Pallau, un nombre de cinq cents contre quarante deux hommes de troupes, et vingt hommes des habitans d’Ecueillé mal armés, nous voyant hors d’état de pouvoir leur résister, nous avons fait feu sur eux et battù en retraitte, et la troupe ainsy qu’une partie des citoyens d’Ecueillé se sont retirés au canton de mon trézor (Montrésor), A Nouan le 24 ventose l’an 4e de la république. Signé Olissard agent municipal.

    La gen-darmerie de Saint Aignan a passé dans cette commune, et à pris les renseignements concernant les troubles faits par les insurgés à Ecueillé. Fait à Nouan le 24 ventose an 4 de la république française. Signé Durand agent municipal.

    Vû passer à Montrézor, les quatre gendarmes pour se rendre à l’insurrection qui se passe dans la commune d’Ecueillé. Montrézor ce 24 ventose l’an 4e. Signé Chevalier agent. Pour copie certifiée conforme.

    Signé Juchereau secrétaire. »

     

    ***

     

    « Extrait du registre des délibérations de l’administration municipale du canton de Selles-sur-Cher.

     

    Séance du 24 ventôse 4e année républicaine

     

    L’administration extraordinairement assemblée et composée des citoyens Dubuisson président, Dauvorgne agent municipal de la commune de Selles, Guréinet commissaire du directoire exécutif et Blouet secrétaire en chef.

    Délibérant en présence des commandant et officier de la garde nationale de la commune et Péan commandant, Bozard commandant en second, Gaullier porte drapeau, Bigot Dulac sergent major, Bigot Jouanneau et Bigot Belleros capitaine, Jacques Dulac Souchet lieutenant.

    L’agent municipal de Selles a déposé sur le bureau une lettre qui lui a été adressée sous la date de ce jour par l’agent municipal de la commune de Valancay.

    Lecture faire de ladite lettre il en résulte qu’une députation de la commune de Lucay a prévenu l’administration du canton de Vallancay, qu’une troupe d’insurgés s étoit portée sur la commune d’Ecueillay dont les habitans s’étoient rendus qu’ils peuvent se porter aujourd’huy à Vallancay qui étant sans secours et sans armes, engage l’administration à l’aide de ses forces.

    Sure ce l’administration considérant que dans un moment où la malveillance de concert avec les amis des Rois s’agite en tous sens pour séduire et corrompre les citoyens des administrateurs zélés et patriotes doivent adopter tous les moyens propres à arrêter le succès de leurs entreprises et repousser leur marche.

    Oüi, le commissaire du directoire exécutif a arrêté les dispositions suivantes :

     

    Art. 1er

    L’administration municipale du canton de Valancay sera prévenue sur le champ, qu’il sera établi avec elle, une correspondance active à partir de cejourd’huy, dont le point de réunion sera au lieu de… commune de… chez le citoyen Pierre Cholet, cultivateur afin que de son côté l’administration de Valancay adopte les mêmes mesures, que le soir à quatre heures et tous les jours à dix heures et à quatre seront les heures de départ de la correspondance de cette administration, avec elle, provisoirement l’administration lui faira passer les forces qui sont à sa disposition.

     

    Art. 2e

    La poudre, le plomb et les bales qui sont à la disposition des marchands de cette commune seront constatées sur le champ, ses propriétaires les conserveront avec défense d’en disposer jusqu’à ce qu’il en soit autrement ordonné. L’administration nomme à cet effet les citoyens Giens, Borteau, Trotillon père et Brisson fils.

     

    Art 3e

    Les fusils, pistolets, sabres, piques et généralement toutes les armes à la disposition des citoyens de cette commune seront constatées par le même commissaire dénommé cy dessus

     

    Art 4e

    Les canons à la disposition de l’administration seront amenés sur la place d’arme et netoyés par les citoyens Benoît Raboteau et Chabault que l’administration nomma a cet effet, pour arpès ce netoyement opéré, être gardés par les gardes nationales.

     

    Art 5e 

    Il sera écri au commandant de la garde nationale de faire monter la garde jour et nuit à partir de ce moment qu’à cet effet, le corps de garde sera vidé de tous matérieaux qui pourroient l’obstacler.

     

    Art 6e

    Le commandant de la garde nationale de cette commune tiendra prêt à partir au premier ordre de cette administration vingt hommes armés, et équippés pour secourir la commune de Valncay.

     

    Art 7e

    Le brigadier de gendarmerie nationale tiendra également ses gendarmes prêts à partir au premier ordre que l’administration lui donnera.

     

    Art 8e

    L’administration municipale du canton de Romorantin sera invitée à secourir la commune de Valancay par l’envoy d’une force de cinquante hommes au moins, la quelle passera dans cette commune où elle recevra le logement et les vivres.

     

    Art 9e

    L’administration départementale sera instruite sue le champ des dipositions qui viennent d’être prises, elle sera invitée de faire passer au canton de Selles des armes et munitions nécessaires en pareil cas et dont elle est absolument dégarnie.

     

    Art 10e

    L’administration déclare qu’elle prent l’engagement de vaincre les insurgés et de ne poser les armes que lorsqu’elle aura anéanti les hordes des ennemis communs de la France.

    Certifié conforme, signé Bleré.

    Pour copie conforme

    Illisible »

    ***

     

    « Selles sur Cher 24 ventose 4e année républicaine.

    L’administration municipale du canton de Selles sur Cher à celle départementale de Loir et Cher.

    Citoyens,

    Des secours prompts en hommes, armes, et munitions, tel est l’objet de notre demande, tels sont nos besoins.

    Dans ce moment les rebelles triomphent dans Ecueillay et la mort les attend à Valancay si cette dernière commune est secourue de tous les besoins que nous réclamons auprès de vous.

    La lecture de la délibération que nous venons de prendre, vous convaincra de la situation mal-heureuse dans laquelle se trouvent Valencay et communes environnantes. Salut et fraternité. Signé Dubuisson, D’auvergnes, Guérinet. »

     

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    Carismont 24 ventose l’an 4e de la république française une et indivisible.

    Les administrations municipales du canton de St Aignan aux administrateurs du département de Loir et Cher, Salut et fraternité.

    Citoyens

    Les renseignements les plus précis donnés par des témoins occulaires, nous confirment les rassemblements contre révolutionnaires qui menacent d’envahir notre canton. Nous ne sommes pas en état de faire la moindre résistance faute d’armes, de munitions et de bras. Nous avons le besoin le plus urgent des trois objets. Expédiez-nous sur le champ des armes, des munitions, des hommes, envoyez nous de la force. Nous sommes absolument dépourvûs. Nous faisons toutes nos dispositions pour enballer les papiers de l’administration et les envoyer à Blois. Nous y joignons d’autres objets.

    Encore une fois, des armes, des munitions, des hommes. Nous les attendons avec le plus vif empressement. Signé Pioche président, Pean commissaire, Bertreau agent, Clivot agent et Juchereau secrétaire. »

    ***

     

     

    « Valencay 24 ventose an 4e

    L’administration municipale du canton de Valencay à l’administration du département de Loir et Cher.

    Citoyens

    Nous vous prévenons qu’il circule dans ce pays-cy une horde de sélérats dont une partie s’est déjà emparée le 23 de ce mois du bourg d’Ecueillay. En ce moment nous sommes menacés de leur insurrection.

    Prenez sur ce les mesures que votre prudence vous dictera. Salut et fraternité ./. signé Le Gendre et Du Chalais. »

     

    Palluau-sur-Indre, 1796 (2ème partie)....

     

     


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