• Monsieur Deligron....

     

    Monsieur Deligron, percepteur à Vivy, 

    demande la Légion-d'Honneur...

     

     

                

    « La Légion d'Honneur? A partir d'un certain âge, il faut disposer d'un sacré piston pour ne pas l'avoir. »  Frédéric Dard (1921-2000) 

     

     

    Monsieur Deligron....Est-ce sous l'effet de la canicule ou par maladresse, que ce 20 août 1825, Monsieur Deligron, percepteur à Vivy, près de Saumur, entreprend une telle démarche auprès du Préfet de Maine-et-Loire ?

    Il demande tout simplement que pour les services qu'il a rendus dans la première guerre de Vendée, en tant que capitaine, il envisagerait comme récompense la Légion d'Honneur. Il profite même de l'occasion pour prier Monsieur le Préfet d'aller rendre visite à ses enfants au collège pour leur dire de vive voix s'il a l'espoir de recevoir cette décoration qu'il estime avoir méritée...  ''Il faut en avoir'' pour donner des ordres à Monsieur Le Préfet !

     

    A priori, Monsieur Deligron n'a pas reçu cette récompense tant convoitée... et pour cause...

    En effet, je n'ai pas trouvé son dossier dans la base LEONORE aux archives de la Légion d'Honneur.

    Voici la demande dans son intégralité :

     

    « Monsieur le Préfet,

     

    Il y a environ trois mois j'ai eu l'honneur de vous présenter une pétition consernant les services que j'ai fait pour le Roi en qualité de capitaine dans la première guerre de Vendée. 

    La demande que j'ai fait à sa M. pour récompenser mes services des pertes et malheurs que j'ai éprouvé serait la décoration de la Légion d'Honneur ; je profite de l'occasion de mes deux enfants qui se trouvent au collège pour vous prier, Monsieur le Préfet de leurs dire de vive voix si j'ai un peu d'espoir à cette récompense que j'ai mérité d'après les titres que j'ai joins à la pétition. 

    Agréez le respect avec lequel j'ai l'honneur d'être, Monsieur le Préfet, votre très humble et très obéissant serviteur. 

    Le percepteur de Vivy – A Vivy le 20 août 1825. signé : Deligron. » 

     

    Monsieur Deligron....

     

    J'ignore la réaction de Monsieur le Préfet à la lecture de cette demande... il a certainement dû s'étrangler... Pourquoi la Légion d'Honneur ? Pourquoi pas l'Ordre Royal et Militaire de Saint Louis ? Il a dû penser, comme Jules Renard (1864-1910) :

     

    « Qu'en France, le deuil de ses convictions se portait en rouge et à la boutonnière ».

     

    Après un sondage dans les registres d'état civil de Vivy, je n'ai pas découvert de Monsieur Deligron. Opérant un ''carottage'' dans ceux de la ville de Saumur, j'ai trouvé l'acte de naissance de Henri Ogeron-Deligron, né le 27 messidor de l'an 13 à Saumur, fils de Henri-Joseph Ogeron Deligron de la commune de VIVI. (Vivy), et de Adélaïde Cordier. (vue n°44/130). En mention marginale de cet acte :

     

    « Par jugement rendu par le tribunal civil de Saumur le 23 août mil huit cent soixante ; l'acte de naissance ci-contre a été certifié en ce sens que le nom de Ligron doit être écrit en deux mots avec la particule de séparée du nom Ligron. À Saumur le 23 août 1860. » 

     

    Henry-Joseph Ogeron de Ligron est né le 7 avril 1771 en la paroisse de Saint Médard de Thouars (vue n°34/131). Il est le fils de Henry-Michel-Christophe Ogeron, bourgeois, dit aussi Seigneur de Ligron, et de Dame Suzanne Lamoureux, fille d'un receveur des Tailles.

    Il se marie à Saumur le 24 Floréal de l'an 12 (14 mai 1804), propriétaire à Sainte Radegonde canton de Ligron ; il épouse Adélaïde Cordier, née à Saumur le 1er novembre1771 en la paroisse Saint Pierre, fille de François Cordier et de Anne Gasnier (mariage : vue n°65/180).

     

    De cette union sont issus :

     

    1° Henri Ogeron de Ligron, né le 16 juillet 1805 à Saumur, qui sera magistrat à Conlie, dans la Sarthe, et qui obtiendra la Légion d'Honneur. Il épousera à Poitiers Marie-Victorine-Caroline Girard de Pindray. (vue n°15/132 - mariages Poitiers- année 1845).

    2° Joseph Ogeron de Ligron, né le 17 août 1807 à Saumur. (Chanoine).

    3° Adélaïde Ogeron de Ligron, née le 5 juillet 1810 à Saumur (vue n°83/106),décédée à Loudun le 23 novembre 1871 (vue n°78/116 – décès Loudun), qui épousera René Frédéric de Béchillon, Receveur entreposeur des contributions indirectes à Loudun, domicilié porte de Mirebeau.

     

    En ce qui concerne les faits d'armes de Henry-Joseph Ogeron de Ligron en Vendée, nous savons qu'il a servi dans l'Armée Vendéenne de l'Ouest dans la Division de Cerizay. Qu'il a été sous les armes de 1793 jusqu'en 1795, seulement trois ans, et enregistré sous les prénoms de Henry-Jacques au lieu de Henry-Joseph (Archives Départementales de la Vendée -SHD XU 16-23 – tableau de 742 officiers – vue n°36/137).

       

     

    Sources :   

     

    Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens : Deligron - dossier 1M9/139. Copie de la demande. Archives de la ville de Saumur. 

    Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés. 

    Archives départementales des Deux-Sèvres tous droits réservés. Communes de Thouars et Saint Radegonde. 

    Archives départementales de la Vienne, tous droits réservés – villes de Poitiers et Loudun. 

    Photo : Légion d'Honneur de la Restauration extraite de : "Noblesse et Royautés du 15 octobre 2015.

     

                                                          

     

     X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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