• Marguerite Dravigny, femme d'un chasseur à cheval....

     

    Marguerite Dravigny, épouse d’un Chasseur à cheval... 

     

     

     

    Marguerite Dravigny, femme d'un chasseur à cheval....« Les représentants en mission firent entendre des plaintes répétées, Carnot et Duquesnoy écrivirent, le 20 avril 1793, qu’il y avait presque autant de femmes que de soldats à l’armée de Belgique. Elles remplissaient les casernes et les cantonnements, « elles énervaient les troupes et détruisaient, par les maladies qu’elles y apportaient, dix fois plus de monde que le fer des ennemis » Delacroix, le 22 mars, leur reprochait de consommer beaucoup et d’occuper une quantité de chariots destinés aux bagages et provisions. Toutes ces plaintes furent groupées par le député Poultier dans un rapport qu’il lut à la Convention le 30 avril 1793. Le troupeau des femmes rendait les marches et les retraites pénibles et dangereuses. Elles étaient la source de querelles sans fin, elle semaient la terreur dans les camps, Poultier leur attribuait en partie les désastres du printemps de 1793 : « Dumouriez traînait à sa suite des maîtresses, des chanteuses, des comédiennes, et son quartier avait beaucoup de ressemblance au harem d’un vizir. Cette contagion avait gagné les officiers et les soldats et le général n’avait garde d’empêcher ce qu’il faisait lui-même.»  La Convention décréta que les généraux seraient tenus de faire congédier, sous huit jours, toutes les femmes inutiles au service des armées. On ne garderait plus dans chaque bataillon que quatre blanchisseuses munies d’une lettre du chef de corps et portant une marque distinctive. Toutes les femmes mariées indistinctement furent renvoyées, même les femmes d’officiers généraux. Les voituriers ne recevraient plus sur leurs voitures que les femmes dûment autorisées. Mais le mal était trop profond pour qu’il put être déraciné d’un seul coup. En pleine Terreur le décret était violé par ceux qui avaient la charge de l’appliquer. En frimaire an II, les représentants à l’armée de l’Ouest durent prendre un arrêté pour exclure les femmes qui étaient revenues en grand nombre à cette armée. Un débat s’engagea à la Convention, le 22 frimaire, Romme se plaignit que l’armée du Nord fourmillait de femmes, qui amollissaient les soldats et les rendaient « incapables de servir avec vigueur la République » Merlin de Thionville demanda que les femmes en contravention fussent emprisonnées pour trois mois. Bourdon de l’Oise dénonça les généraux qui donnaient l’exemple de la violation de la loi. « Rossignol est venue nous voir, Goupilleau et moi, accompagné d’une femme déguisée en aide de camp. Commençons par punir les généraux. » La Convention vota un nouveau décret. Les femmes qui se trouveraient dans les armées contre le vœu de la loi seraient livrées à la police correctionnelle. Les généraux et commandants de corps, qui seraient coupables de contravention ou seulement de défaut de surveillance, seraient destitués et regardés comme suspects. Enfin les Représentants du peuple eux-mêmes seraient rappelés de mission. »

    Marguerite Dravigny, femme d'un chasseur à cheval....

    En ce mois de frimaire de l’an deux, l’arrêté des représentants à l’armée de l’Ouest est resté lettre morte puisque Maguerite Dravigny, femme d’un maréchal des logis du deuxième régiment de chasseurs à cheval, en quartier à La Flèche a suivi son mari, elle décède en ce lieu, le 13 frimaire de l’an 2, (3 décembre 1793).

     

    « Aujourd’hui vingt trois frimaire de l’an second (13 décembre 1793) de la République une et indivisible sont comparus à la maison commune, Germain Estourneau, notaire public et Jean Herné perruquier demeurant en cette ville, lesquels ont déclaré que le treize du présent à dix heures du matin est décédée en cette commune Marguerite Dravigny femme de Nicolas Tisseran dit Laplainne maréchal des logis au deuxième régiment de Chasseurs à Cheval en quartier à La Flèche native de Verdun, paroisse Saint Sauveur, âgée de trente neuf ans, fille de défunt Michel Dravigny et de Marie-Anne Jacquot ses père et mère décédés à Verdun, de laquelle déclaration, nous officier public soussigné avons rédigé le présent acte pour servir ce que de raison, fait à la maison commune de La Flèche, les jour et an que dessus et ont signé avec nous.  

     

    signé : Herné père, Estourneau, Estourneau Officier Public. » 

     

    Marguerite Dravigny est la fille d’un « garde magasin du Roy, marchand bourgeois et marchand mercier » de la ville de Verdun. Elle est née le 23 mars 1749 à Verdun de Michel-Charles Dravigny et de Marie-Anne Jacquot, originaires de Reims. Elle épouse à l’âge de 25 ans, le 19 juillet 1774 à Verdun, un perruquier, Nicolas Tisserant-Tisseran.

    Nicolas Tisserant est né le 18 novembre 1751 à Metz, fils de Jean-Georges Tisserand, « pensionnaire de Roy » et de Jeanne Dubois de la paroisse de Saint-Médard de Verdun. (Je n’ai pas retrouvé son acte de naissance pour l’année 1751 en la paroisse Saint Victor de Metz - erreur de retranscription de son acte de mariage ? ) C’est un perruquier engagé au 2ème Régiment de Chasseurs à Cheval, dit régiment des Evêchés, maréchal des logis en 1794.

    Ce sous-officier traverse les guerres de l’Ouest sans dommage. Nous le retrouvons le 28 Pluviôse de l’an 5 à Verdun. Il est lieutenant au 2e Régiment de Chasseurs à Cheval en garnison à Dôle.

    A 44 ans, il épouse une divorcée de 59 ans : « Divorcée d’avec Alexis Langleman et veuve en première noce de Jean-Baptiste Coeuillet, domiciliée rue de la Commune à Verdun, assisté de Georges Tisserant dit La Plaine, vétéran, domicilié rue de l’ Egalité, père du futur. »

    Les témoins : « Jean-François Villantroye, chef d’Escadron au 11e Régiment de Chasseurs à Cheval, Jean-Nicolas Quintin quartier-maître (capitaine) du 11e Régiment de Chasseurs à Cheval ; Jean-Claude Boudouille, quartier-maître au 9e Régiment de Chasseurs à Cheval. »

     

    Un mot sur ses camarades Révolutionnaires :

     

    Jean-François de Villantroys sera fait Chevalier de la Légion d’Honneur par Napoléon (Dossier de 25 pièces). Il est né à Paris, le 15 février 1753. Il entre au service en qualité de dragon au 6e Régiment, le 12 novembre 1767. Il est capitaine le 3 juin 1779, puis chef d’escadron au 2e Régiment de Chasseurs, le 5 février 1792. Passé au 11e Régiment de Chasseurs le 8 mars 1793, il est nommé sous-inspecteur aux revues le 1er nivôse de l’an 10. Il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur le 27 nivôse an 13, mis à la retraite le 1 janvier 1816 et fait Officier de la Légion d’Honneur par Louis XVIII le 6 juin 1816.

    Jean-Claude Boudouille est capitaine quartier maître au 9e Régiment de Chasseurs à Cheval en garnison à Nomény. Il s’est marié avec Anne-Marguerite-Sophie Desbourbes. Il aurait reçu un sabre d’Honneur de la Convention Nationale et fut de la première promotion de la Légion d’Honneur.

     

    Le deuxième mariage de Nicolas Tisserant ne fut pas une réussite, le 18 Ventôse an 8 (9 mars 1800), alors qu’il a quitté l’armée et est devenu propriétaire à Verdun, il divorce d’avec Jeanne Miquet-Micquet pour incompatibilité d’humeur et de caractère… épouser une femme de 13 ans son aînée, déjà divorcée, n’est pas forcément une « bonne affaire ».

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de la Sarthe tous droits réservés. - Registre des décès 1793 – 1803  acte n°135, an deux de la République- commune de La Flèche - Acte de décès de Marguerite Dravigny. Acte de mariage du 19 juillet 1774 vue n°27/358. 

    . Les Femmes aux Armées par Albert Mathiez – Professeur d’Histoire moderne à la faculté des lettres de Besançon – La Victoire en l’ an II – Esquisse historique sur la défense nationale – Paris librairie Félix Alcan 108 Bd Saint-Germain 108 – 1916. 

    . Archives de la ville de Verdun tous droits réservés – mariage du 28 pluviôse de l’an 5 vue n°129,130/203. 

    . Généanet arbre de pdasilva 1723. 

    . Base Leonore dossier LH2716/126 - Officier de la Légion d’Honneur – Archives Nationales.Jean-François de Villantroys-Villantrois. 

    . Illustrations : Dessin de Déricourt 1793 – femmes et enfants dans un campement républicain durant les guerres de la Révolution – source Gallica. Bnf.  Les armées de ligne de la Révolution un projet de la SEHRI – les régiments de Chasseurs à Cheval 1791. 

                                                 

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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