• Louis XVIII et les demandes de pension....

     

                                                            

    Louis XVIII, pensions et secours accordés aux Vendéens...

     

     

     

                            

     Louis XVIII et les demandes de pension.... Lorsqu'on est descendant de combattants et de martyrs Vendéens, il est de mise de garder tout son calme lorsqu'on aborde ce sujet. Les familles ruinées ne reçurent aucun secours, RIEN !

      Il ne faudra pas s'étonner du fiasco de 1832 ! Afin de rendre cette question beaucoup plus agréable, il est préférable de laisser la parole à Monsieur l'Abbé Deniau avec des exemples assez savoureux. Des pensions annuelles de trente francs ou encore un seul canton qui comptait 6000 soldats, il n'y en eut que 46 à recevoir des récompenses (Eug.Loudun, ch.XIII).

      Dans la catégorie ''foutage de gueule'' : « Louis Rochard de Chanzeaux, qui, dans une lutte à mort avec le porte-drapeau d'un régiment républicain, avait réussi à s'emparer de l'étendard si longtemps disputé, et s'en était ensuite servi pour bander ses blessures, espérait, pour ce fait d'armes, obtenir au moins la croix de Saint-Louis. Il en fit la demande au ministère de la guerre et envoya, à l'appui de sa sollicitation, les lambeaux du drapeau portant les traces de son sang. On rejeta sa requête ; on ne lui rendit même pas l'étendard qui était sa propriété, prétextant qu'on n'avait pu le retrouver. »

      « Accoutumés à voir dans la Royauté l'image pour ainsi dire de la divinité, nos populations ne pouvaient se faire à l'idée que l'héritier du trône de Saint-Louis pût déroger aux nobles et religieuses traditions de sa famille. Ils ne furent pas longtemps à s'apercevoir de son ingratitude et de l'injustice qu'il affecta à leur égard. Louis XVIII ne voyait dans les Vendéens et dans les Chouans que des fanatiques qu'il méprisait au fond de son cœur, et sur le dévouement desquels cependant il savait qu'il pourrait toujours compter. »

      « Cependant le Gouvernement ne pouvait refuser de reconnaître les services que la Vendée et la chouannerie lui avaient rendus. Ils s'étaient dévoués pour lui et exposés aux représailles terribles de l'usurpateur, ils avaient contribué à sa chute. Le Roi céda un instant au devoir de la reconnaissance. Il ordonna de les secourir afin de ne point paraître ingrat aux yeux du public. Les princes du sang, animés des vrais sentiments de leur race désiraient les voir traités en amis, et les Royalistes de la cour cherchaient à les favoriser. Ils réussirent à faire nommer une Commission pour leur distribuer des récompenses. Mais cette commission composée d'anciens officiers de l'armée de Condé, bien qu'ils leur fussent généralement sympathiques, se rendre compte de tous leurs besoins, et le lieutenant général comte de Beurnonville, ancien ministre de la Convention, qui fut nommé président de cette commission, leur fit appréhender que cet ancien révolutionnaire ne leur rendit justice que dans une mesure fort restreinte. Heureusement il n'en fut rien.

      Ce général quoique leur ancien ennemi, admirait le courage qu'ils avaient déployé en défendant leurs principes religieux et monarchiques. ''Puisque leurs vœux étaient accomplis, disaient-ils, ils méritent de recevoir du Roi des marques de son estime et de sa bienveillance''. En conséquence, il s'enquit avec une équitable loyauté des droits qu'avaient à des secours sérieux ces vrais serviteurs de la Monarchie. A cet effet, il se fit renseigner par M. de Romain, major général de l'armée de d'Autichamp et par MM. De Sapinaud et Auguste de la Rochejaquelein, et les principaux officiers de la basse Vendée, de telle sorte qu'il pût connaître les justes revendications du pays. Si les subsides qu'il accorda ne furent pas plus abondants, s'ils furent presque illusoires pour le grand nombre des ayants droit, ce ne fut pas du moins à lui qu'il faut en faire remonter le responsabilité, mais aux ministres qui, prétextant les lourdes charges du trésor n'accordaient que d'une main avare, à la Vendée et à la Bretagne, des fonds qu'ils savaient prodiguer aux officiers et aux blessés de la Révolution et de l'Empire. Napoléon avait accordé douze mille francs de pension à la veuve de Bonchamps, le Gouvernement la réduisit de moitié. Il ne concédait que quatre cent francs à la veuve de Guerry de Beauregard, tué à Aizenay, laissait dans l'indigence cinq enfants du généralissime Cathelineau, et oubliait la famille de Stofflet et bien d'autres qui s'étaient si courageusement battus pour le trône et l'autel.

      Ce ne sont pas les Bourbons qui firent élever des monuments aux généraux vendéens, mais les nobles de la Vendée : la colonne de Torfou fut érigée par le marquis de la Bretesche : l'obélisque de Stofflet par le comte de Colbert ; la statue de Bonchamps par ses compagnons d'armes et celle de Cathelineau sur la place du Pin-en-Mauges par les soins et le zèle du Chevalier de Lostange. Et ce qui est vraiment odieux, Louis XVIII accordait six mille francs de rente avec le titre de baron au farouche Turreau, qui avait couvert la Vendée de sang et de ruines , et des pensions fort importantes à la sœur de Robespierre, à de nombreux régicides, à d'anciens clubistes ou à des favorites. Francastel fut nommé directeur d'une bergerie de l'Etat aux environs de Tours ; Grignon reçut le brevet de général de division et une pension de retraite. « J'ai vu, dit Eug. Loudun, «  un vainqueur du 14 juillet, que j'ai rencontré dans le Poitou, qui portait sur sa poitrine, comme une sanglante ironie, la croix de la Bastille, à côté de la Croix de Saint-Louis. »

      La Commission ne pouvant disposer pour les Vendéens que de fonds fort restreints, les divisa en portion infime, afin de satisfaire le plus grand nombre de nécessiteux. La plupart des solliciteurs, reçurent cent francs, cinquante francs, et même trente francs.... »

      « Quelques vieillards, des veuves, des orphelins et des blessés obtinrent aussi de faibles pensions. Les autres valétudinaires n'eurent que des secours temporaires. Les paysans qui avaient perdu maison, mobilier, vêtements, jusqu'à leur dernier écu, n'obtinrent aucune indemnités, et pourtant les misères étaient profondes en Vendée. D'après le relevé des administrations locales, on y comptait en 1816, trente mille veuves, quarante mille blessés et orphelins. Dans la seule paroisse d'Yzernay, d'une population de 1300 âmes, il s'y trouvait cent dix neuf veuves réduites à la mendicité. La plupart des soldats qui avaient porté tout le poids de la guerre de 1793 à 1799, ne reçurent pas une obole. ''En vérité, s'écrie avec un accent indigné Auguste Johanet, en vérité, il ne fut pas donné un sou par maison brûlée, et après d'énormes amas de ruines, chaque héros n'eut pas de quoi manger un morceau de pain''.

      « Quand Napoléon parcouru la basse Vendée, (il s'y est déplacé, lui!) il ne fut pas aussi parcimonieux avec les soldats de Charette. Emu au récit de leurs brillants faits d'armes, il prodigua l'or, releva leurs chaumières, reconstruisit leurs églises et donna du pain aux nécessiteux. Louis XVIII ne sut jamais s'inspirer de sentiments aussi généreux et aussi politiques. »

      « Indigné de tant de dénis de justice, Auguste de la Rochejaquelein s'emporte. Il se rend à Paris, pénètre dans les bureaux du ministre de la Guerre et réclame prompte satisfaction pour ses vieux frères d'armes. On repousse toutes ses revendications. Dans sa colère, le général Vendéen ne se possède plus : il brise en sortant les vitres du cabinet du ministre.... »

      Autre exemple : « Quand Louis XVIII se décida à placer dans ses galeries les portraits des généraux vendéens, ceux de Cathelineau et de Stofflet en furent exclus parce qu'ils n'étaient pas gentilshommes. » La Révolution et l'émigration n'avaient rien appris à ce pauvre Louis XVIII.

      Pour conclure, le résultat de tant d'affronts entraîna une désaffection et beaucoup de murmures envers ce Roi. « Quelques vieux soldats même regrettèrent d'avoir versé leur sang pour un Roi si indigne de leur dévouement. A son lit de mort, un des plus braves disait à ses enfants : « Je vous recommande de ne jamais reprendre les armes. »

     

     

    Sources: Histoire de la Guerre de la Vendée par le chanoine Deniau, curé de Saint-Macaire-en-Mauges Dom Chamard, Prieur de l'abbaye de Ligugé et l'abbé Uzureau, Directeur de l'Anjou Historique. TOME VI. pages 426,427,428,467.– Siraudeau éditeur Angers.                                               

                                                      

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets. 


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