• Lettre de Garnier de Saintes....

     

    Lettre de Garnier de Saintes...

     

     

     

    Le document que nous produisons ce soir n'est pas une nouveauté mais il peut aider le lecteur non initié aux subtilités du génocide vendéen et à se faire une idée par lui-même. Nous sommes le 9 prairial de l'an II, soit le mercredi 28 mai 1794. Le système des colonnes infernales est en principe abandonné et Vimeux a succédé à Turreau pour exterminer les vendéens. On pense souvent à tort que cette période représente une accalmie dans le système de mort et de terre brûlée adopté par la république. Il n'en est rien et si quelques généraux pensent que l'on devrait cesser les horreurs afin de pacifier le pays, le gouvernement ne l'entend pas de cette oreille.

     

     Voici la lettre écrite par le représentant Garnier de Saintes au comité de salut public (1):

     

     "Je vous fais passer, mes chers collègues, quatre passeports expédiés par les brigands, qui vous justifieront quelle est la ruse et, je présume aussi, l'état de détresse dans laquelle se trouvent les révoltés. Ils forcent les femmes, sous peine de mort, à évacuer la Vendée, à se retirer sur les terres de la République. Par là, ils trouvent le moyen de se débarrasser de bouches inutiles et, dans le cas où nous punirions ces femmes de mort, celui de s'attacher encore plus leurs maris par le sentiment de la vengeance.

     Il paraît que ces réfugiées sont transférées à Brouage. Mais, si le nombre vient à s'accroître d'une manière sensible, cette petite ville ne sera pas dans le cas de les contenir toutes et, quelque part qu'on les mette, elles seront dangereuses, car elles portent avec elles un esprit plus pervers encore que fanatique. Leur fureur est telle que, dernièrement, un de mes volontaires, ayant tué deux brigands près de Parthenay, trouva, en les dépouillant, deux femmes couvertes d'habits d'hommes. Tout est exécrable dans ce malheureux pays, et cette race doit être anéantie jusqu'au dernier.

     C'est à vous mes chers collègues à régler la mesure que vous croyez convenable d'adopter pour arrêter cette nouvelle manœuvre des brigands, car il est étrange que ces scélérats après avoir épuisé tous les moyens pour déchirer le sein de la patrie (2) trouvent encore les moyens de nous faire nourrir des monstres, qui souillés de notre sang ne se réfugient au milieu de nous que pour se ménager de nouveaux moyens de nous trahir.

     

     Salut et fraternité

     Garnier "

     

    Lettre de Garnier de Saintes....

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    Notes :

     

     

    (1) On retrouve cette lettre aux archives du Service Historique de la Défense, anciennement Service Historique de l'Armée de Terre du Fort de Vincennes en cote SHD B5/9-26. Alain Gérard, dans son "Vendée, les archives de l'extermination", CVRH, 2013, la mentionne par erreur en cote B5/8.

    (2) Bien entendu, ceux qui ont déclaré la guerre à l'Europe et généralisé la guerre civile n'ont pas, eux "déchiré le sein de la patrie" faut-il croire...

     

     RL

     Septembre 2015

     

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