• Lettre d'un chouan....

    Lettre d’un chouan aux autorités républicaines…

     

    On retrouve cette lettre dans le tome II de « Histoire de la Vendée Militaire » de Crétineau-Joly, p 316 et 317. Il s’agit d’un chouan qui écrit à Bancelin président du district de Segré en Maine-et-Loire.

    Voilà un homme qui sait parler à la république…

    RL

    Octobre 2012

    « Il est donc décidé monsieur Bancelin, que nos parents doivent périr en prison ? Eh bien ! Comme vous, Messieurs du district et municipalités, qui les avez mis injustement en arrestation, c’est à vous aussi que nous nous en prendrons ! Nous ne couperons pas la gorge à vos parents, comme nous le pourrions par le droit des représailles : des monstres tels que les républicains français n’ont aucune tendresse pour leurs familles ; au contraire, ils ne seraient pas fâchés de voir morts tous leurs proches, afin d’engloutir leurs héritages. Mais comme l’insatiable avidité est l’idole à laquelle vous sacrifiez tous les jours, c’est justement par cet endroit sensible que nous comptons vous prendre. Nous saurons incendier vos maisons de campagne, vos métairies et piller vos propriétés. Nos parents ne sont point cause que nous sommes armés pour défendre notre honneur et notre liberté contre la tyrannie de vos affreuses persécutions ; ce n’est point eux qui nous nourrissent. Vous devez le savoir aujourd’hui par expérience, notre vie est au bout de notre fusil ; et je vous assure que les patriotes, vos disciples d’erreur et de mensonge, y contribuent plus que personne : encore n’osent-ils s’en plaindre à vous ni à vos pareils, car nous leur casserions la tête s’ils avaient seulement le malheur de dire qu’ils nous ont vus. Déjà vous ne devez pas ignorer ce qu’il en est ; nous connaissons, tout aussi bien  que vous et mieux que vous, le droit des gens et les lois de la guerre. Vous aurez beau nous traiter de « brigands et d’assassins », aucun homme équitable et instruit n’y sera trompé. En fait de guerre, tout ce qui est nécessaire est permis ; d’ailleurs nous ne faisons que vous rendre une partie des vexations et du mal que vous nous faites souffrir depuis longtemps….. Si dans quinze jours nous n’avons satisfaction à l’égard de nos parents, loin de retenir notre monde, nous serons les premiers à leur donner l’exemple.

    Adieu ; profitez de l’avis, vous messieurs Bancelin, Maisonneuve et autres, tous administrateurs de Segré. Quant au sieur Cholet, on m’a dit qu’il avait je ne sais quel petit bien dans le district de Château-Neuf ; j’aurais soin de le recommander à l’ami Coquereau, si vous n’avez soin vous-mêmes, de le dénoncer comme fomenteur de troubles publics.

    Votre serviteur,

    LOUP-GAROU, chef des tintamarres et des fourrés.

     

    Fait en conseil partiel, le 20 octobre 1794, l’an V de la tyrannie française. »

     

     

    Lettre d'un chouan....


     


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