• Les souvenirs de Louise Barbier, 9° partie....

    Les souvenirs de Louise Barbier,

    9° partie…

     

     

     

    « J'avais douze à treize ans quand je revins à Cholet, en compagnie d'une de mes sœurs qui avait six ans de plus que moi et se nommait Rosalie. Elle avait suivie l'armée de la Loire avec M. Lambert, un de nos parents éloignés. C'était un des gros fabricants de toiles de Cholet, qui avait émigré jusqu'à Laval. C'était en hiver. Je fis la route à pied en trois jours* en leur compagnie et avec d'autres émigrés qui rentraient au pays. 

    « La maison de mon père était brûlée. Ma belle-mère était remariée avec un nommé Bibard. Ma grand'mère, Marie Moreau, qui demeurait au Puy-Gourdon, avait été tuée par les républicains au Pont-Joly. Mon oncle Blain (1) (son gendre) s'était emparé de son petit avoir pour aider à nous élever. Il avait vendu la maison. Il n'avait pas quitté le pays. Il nous dit qu'il s'était occupé de nos affaires et n'en avait presque rien retiré. Nous avons toujours pensé qu'il en avait été le meilleur héritier. Ce qu'il y a de sûr, c'est que nous n'avions plus rien. 

    « Je fus recueillie par une de mes sœurs aînées qui s'était mariée avec un nommé Airaut et qui n'avait pas d'enfant (2). Elle demeurait sur la place Saint-Pierre et s'était cachée dans les environs de Cholet pendant la tourmente révolutionnaire. Mes sœurs Jeanne et Rosalie se joignirent à nous ; cette dernière mourut dans l'année. 

    Je refis une seconde fois ma première communion ; celle que j'avais faite à Nantes par le prêtre assermenté, fut dite mauvaise. C'était le curé Boisnaud (sic) qui nous faisait le catéchisme. Je me souviens qu'il me demanda un jour si j'étais aussi démocrate que ma sœur Cherbonnier et qu'il me dit de ne plus revenir à la messe sans capot. 

      

    (1) Après le décès de Louis Barbier, Marie Moreau s'était remariée en mai 1754, à l'âge de 37 ans, avec Louis Martineau, âgé de 26 ans, dont elle avait une fille, Louise-Françoise. Cette dernière épousa Jean Blain, le 20 mai 1774, et eut cinq enfants dont le dernier, Alexis Blain, cité plus haut. 

    (2) Pierre Aireau, cordonnier et sacristain, avait environ 23 ans quand il passa la Loire. Il revint à Cholet et habitait la maison touchant l'église Saint-Pierre. Il avait les pieds tournés. Sa démarche difficile l'avait fait surnommé « le travoueil du purgatouère ». Il épousa Marie Barbier. (Note de M. J. Ghaillou.) 

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    « Nous étions bien tristes et découragés. Nous n'avions pas de pain. J'allais chez un M. Boffet (1) chercher un bon pour aller chez le boulanger. Un jour j'avais trois onces de riz et le lendemain douze onces de pain qu'il nous fallait cacher, car souvent les soldats nous l'arrachaient. On ne trouvait aucune chose à acheter. Il n'y avait que le père des messieurs R..., qui allait toutes les semaines à Saumur et à Angers. Il rapportait de l'épicerie et de la mercerie sur son dos, et la revendait au poids de l'or, en arrivant à Gholet (2). 

    « Cependant, nous n'étions pas encore rassurés ; chacun était dans la crainte ; on parlait encore de guerre. 

    Stofflet arrivait de temps en temps pour soulever les paysans ; mais ces malheureux battus, ruinés, sans asile, n'avaient plus ni énergie, ni courage. 

    « Peu de temps après, on apprit que Stofflet avait été fusillé à Angers (3). Dans la même semaine (4) on fit passer Charette prisonnier à travers Cholet. Conduit par le général Travot, le jour du vendredi saint 1796, (il vint) au milieu de rues désertes, d'un silence de mort, car personne n'osait sortir de chez soi. 

    « De ce moment on eut davantage d'espoir de paix ; la population fut plus rassurée. 

      

    (1) M, Roffay avait été nommé président de l'Administration cantonale de Cholet. Il exerça pendant un an dans notre ville des fonctions analogues à celles de maire. 

    (2) Le même fait est signalé dans l'Histoire de Cholet de M. A. Gelusseau (t. II, p. 335) : « Le dénûment était si grand, que nous savons un habitant jeune, intelligent et courageux qui, ruiné par la guerre, a gagné le noyau d'une fortune considérable à aller chercher à Saumur et à Angers des épiées et de la mégisserie qu'il rapportait sur son échine et qu'il vendait à bons deniers comptant ; chaque semaine, un de ces pèlerinages lui rapportait jusqu'à quinze et trente écus de gain. Quand sa bourse sera pleine, il achètera des mouchoirs de Cholet qu'il vendra sur les marchés de la ville métropolitaine du département. De colporteur il se fera artisan, puis fabricant ; bientôt il sera manufacturier. 

    (3) Le 25 février 1796. 

    (4) « Dans la même semaine » non, dans le mois suivant. Charette traversa Cholet le 24 mars. Il, fut fusillé à-Nantes, sur la place Viarmes, le 29 mars 1796. 

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    Quelques négociants organisèrent des métiers (1) ; chacun travaillait pour se faire quelques aunes de toile pour se couvrir, mais nous ne voyions guère d'argent ; chacun payait en assignats. 

    Cholet était bien pauvre. 

    « Les choses allèrent ainsi jusqu'en 1800, où reprirent les affaires sous le Premier Consul Napoléon, qu'on accueillit avec joie. Les églises furent rouvertes, les prêtres revinrent avec sécurité. 

    « C'est à Montfaucon que fut signée tout à fait la paix de la Vendée, le 28 janvier 1800. » 

      

    (1) Onze négociants réunis en Société empruntèrent au gouvernement, le 21 messidor an IV, une somme de six millions de mandats territoriaux, qui permirent à l'industrie choletaise de renaître de ses cendres. 

      

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    Louise Barbier vécut donc avec ses soeurs pendant quelques années ; elle était couturière. Lorsqu'elle parvint à l’âge de dix-neuf ans, son cousin Maillet lui proposa un jeune homme, orphelin comme elle, Alexandre Champeaux. 

    Il était né en 1776, à Tours, et s'était enrôlé en 1790 dans les armées de la République. Pris par les Anglais, il resta trois ans prisonnier sur leurs pontons. Avec une dizaine de compagnons, il tenta de s'évader et parvint avec deux seulement à se faire recueillir par un navire qui les débarqua à La Rochelle. Pour regagner sa ville natale, il passa par Cholet. Il se trouvait à l'Hôtel de la Croix Blanche, tenu par M. Viaud, à l'emplacement de l'Hôtel actuel du « Boeuf couronné », place Saint-Pierre, lorsqu'il apprit que le perruquier d'en face était grièvement malade, et que sa femme ne pouvait trouver personne pour lui faire sa besogne. Champeaux, qui avait fait bien des métiers, s'offrit à lui venir en aide et s'en acquitta très bien. Le mari mourut ; Champeaux continua à conduire la boutique que la veuve lui céda. 

      

    Louise Barbier, qui travaillait dans le voisinage plut au jeune Figaro. A la proposition du cousin Maillet, elle fit quelques difficultés... Le prétendu était borgne. Mais, elle-même était presque sans famille, chez des frères et sœurs trop heureux de s'en débarrasser. Elle l'épousa à la fin de 1802 (8 nivôse, an XI). Il ne semble donc pas que ce fut là un mariage d'amour ; mais, les affaires allant bien, le petit dieu eut, sans doute le loisir de s'insinuer, car Champeaux vécut jusqu'en 1834, et le ménage réinstallé dans la maison paternelle eut huit enfants. 

    Parmi les autres personnages qui figurent dans le récit, certains succombèrent aux coups de la grande tourmente ; ceux qui échappèrent eurent dans la monotonie d'une existence ordinaire un sort analogue à celui de notre mémorialiste. 

    Nous avons vu la grand' mère, Louise Moreau, massacrée au Pont-Joly, avec deux de ses sœurs, par les soldats républicains, le 26 mars 1794. 

    Le père, Louis Barbier, et la mère, Renée Auvinet, étaient morts avant les jours difficiles. La tante Brion, du May, Marie Auvinet (1762-1822), qui s'était mariée à quinze ans et qui, au dire de M. Joseph Chaillou, avait le jour de ses noces abandonné la table du banquet pour aller jouer à la poupée, veuve à trente-et-un ans, revint habiter Cholet avec cinq de ses enfants ; trois étaient morts de misère et de faim. C'était une femme charitable et dévouée ; elle exerçait modestement le métier de dévideuse et habitait dans la grande-rue, c'est-à-dire dans la rue Nationale. Elle mourut en 1822, demeurée attachée à la Petite Eglise. 

    Sa sœur, Mathurine Auvinet, la tante Coudrais (1754-1820), revint également à Cholet et habitait au Coin. « Femme héroïque », au dire de M. J. Chaillou, « elle a souffert toutes les peines et les misères de la Vendée. » Elle mourut en 1822, également dissidente. 

    La belle-mère de nos héroïnes, Marie Bréault, après avoir vu embrocher sa petite fille, avait réussi à se cacher. Elle se remaria très rapidement à un nommé Bibard. 

    Une demi-tante, Louise Martineau, fille de Louise Moreau, la grand' mère remariée, avait épousé Jean Blain, qui se fit l'homme d'affaire et peut-être le profiteur des biens des orphelins. 

    Parmi ceux-ci, l'aînée, Renée Barbier, née en 1768, était mariée à François Cherbonnier. Le ménage abandonna Mortagne et s'installa à Nantes, où Cherbonnier exerçait la profession d'armurier. Leur fils aîné, François, le bambin de quatre ans, qui apparaît dans le récit au moment de l'émigration vers Nantes, s'enrôla en 1808, devint sous-lieutenant et mourut à Moscou en 1812. 

    Le plus jeune, René, continua la descendance. François Cherbonnier, le père, mourut à Nantes, en 1806, et Renée Barbier, en1826. 

    Nous avons vu la seconde fille, Marie Barbier, née en 1769, épouser à son retour de Nantes, le sacristain Pierre Airaut. 

    Elle mourut sans enfant, en 1810. La troisième, Modeste, née en 1771, fut fusillée en 1794, sur la place Saint-Pierre. 

    Louis Barbier, l'aîné des fils, né en 1772, fut enrôlé dans les armées de la République, où il fit onze ans de service. 

    En garnison à Rouen, son attention fut attirée par le tic-tac d'un métier de tisserand. L'artisan était originaire des Gardes et réfugié dans la capitale normande. Il s'appelait François Dénécheau. Connaissance fut vite faite entre compatriotes. Le tisserand avait une fille, Marie, âgée de 17 ou 18 ans. Louis Barbier l'épousa et revint travailler à Nantes, chez son frère Eugène, installé fabricant de toiles de coton, rue Saint-Similien. Louis Barbier eut sept enfants et mourut en 1862, 

    Pierre Barbier, né en 1773, enrôlé militaire, fut tué, nous le savons, en Bohême. 

    Jeanne Barbier, née en 1775, s'était réfugiée, après la tourmente, chez sa sœur et son beau-frère Airaut. Elle se maria avec un Pierre Brion, tailleur à Coron, et mourut en 1815. Rosalie, née en 1776, réfugiée également avec ses sœurs, chez Pierre Airaut, mourut dès 1796. 

    Victoire Barbier, née en 1777, accompagna, ainsi que nous l'avons vu, sa tante Brion dans la tournée d'outre-Loire. 

    Elle la perdit entre Le Mans et Saumur et se réfugia dans cette dernière ville, où elle se maria avec un nommé Béliard, qui mourut l'année suivante. Son frère vint à passer à Saumur ; elle le suivit et se retira à Nantes chez sa sœur Cherbonnier. Au bout de quelques années, elle se maria à un certain M. Bru, qui de même que l'aîné des fils Barbier, Louis, trouva du travail, chez le plus jeune Eugène. Elle mourut en 1848. 

    Eugène Barbier, né en 1784, s'installa donc à Nantes, fabricant de toiles de coton. Ses affaires prospérèrent. Il se maria deux fois et mourut en 1867. 

    D'Alexis, né en 1782, et de Joseph, né en 1786, nous ne connaissons rien. 

    Quant à Cécile, née en 1780, que nous avons laissée, dans le récit, à l'entrée de Nantes, recherchant sa sœur Cherbonnier, elle fut arrêtée parce qu'elle venait de Cholet et fut sur le point d'aller en prison. Réclamée par un négociant de notre ville, M. Leroy, dont la famille l'emmena à Versailles, où elle s'installait, Cécile Barbier fut leur servante pendant quelques années, puis se plaça comme cuisinière à l'Hôtel du Grand Cerf et épousa, en 1810, un M. Vassard, qui, bientôt, s'établit grainetier. Vassard mourut en 1815, laissant trois enfants. Cécile Barbier se remaria en 1819, avec un certain M. Loudier, qui mourut en 1845. 

    Elle resta à Versailles jusqu'en 1870 et se réfugia à Paris, chez ses enfants. 

    Madame Loudier vécut jusqu'à l'âge de 101 ans et mourut le 10 janvier 1882. Elle n'avait, paraît-il, aucune des infirmités de son âge, et conserva presque jusqu'à la fin, l'usage de ses facultés. Chaque fois qu'elle revoyait sa famille, elle s'informait avec grand intérêt de ses amis de jeunesse et de ses compagnons d'infortune, s'étonnant beaucoup lorsqu'on lui disait qu'ils avaient disparu depuis longtemps. Sa sœur Louise, l'auteur de notre récit, mourut le 30 novembre 1871, à l'âge respectable de 89 ans. Lorsqu'on lui annonça ce décès.  

    Cécile répondit : « Ce n'est pas étonnant ! Cette pauvre Louise ! ... Elle était si peu forte. » 

      

    Charles ARNAULT 

    Conservateur du Musée de Cholet 

      

    Annexes 

     (1) Charles-Louis-Jean-Vincent de Beauvau, marquis, naquit en 1744. Avant la Révolution, il se rendit tristement célèbre par les scandales d'une jeunesse orageuse dont les multiples épisodes ont fourni à M. de Miramon-Fargues la matière d'un récit historique plus captivant qu'un roman : L'Héritage des Beauvau-Tigny. (Paris, Plon-Nourrit, 1907). 

    Enfermé, comme bigame, au Mont-Saint-Michel, Vincent de Beauvau parvint à s'évader, fut repris, interné à Vincennes, puis à la Bastille, où il demeura six ans : puis, il fut relégué dans ses terres de la Treille, près Cholet, où l'interdiction dont il était frappé ne fut levée qu'à la veille de la Révolution. 

    Rien d'étonnant à ce qu'il se montrât partisan enthousiaste du nouvel ordre des choses. Il prit la tête du mouvement révolutionnaire dans notre pays, et fut nommé procureur-syndic du District de Cholet, en 1790. 

    Un de ses descendants, M. A. de Launet, a publié, en 1935, dans le Bulletin de la Société des Sciences, Lettres et Beaux-Arts de Cholet, une attrayante élude sur le Marquis révolutionnaire, tendant à expliquer sa conduite par les déboires de sa vie privée. 

    Les Mémoires de Louise Barbier portent la trace des légendes effrayantes qui avaient cours, sur son compte, dans les conversations populaires. 

      

    (2) Marin-Jacques Boutillïer de Saint-André, naquit à Mortagne, le 1" septembre 1746, sénéchal de la baronnie de Mortagne, le 18 mars 1772. Il avait épousé, le 17 juillet 1780, sa cousine germaine, Marie-Renée Boutillier de la Chèze, dont il eut quatre enfants, deux fils et deux filles. 

    Il fut élu maire de Mortagne en 1790 et, bientôt après, président du tribunal du district de Cholet. 

    Il avait salué, avec enthousiasme, le mouvement de réformes de 1789, mais ses idées étaient sages et libérales. La violence l'ayant emporté sur la modération, il devint « suspect ». Mis en évidence par un acte de générosité courageuse, la défense de la garnison républicaine de Mortagne injustement accusée, et arrêté, il subit un simulacre de jugement et fut condamné à mort. 

      

    Il fut guillotiné sur la place du Bouffay, à Nantes, le 11 avril 1794. 

    Son fils, Marin-Jacques-Narcisse Boutillier de Saint-André, né à Mortagne, le 23 avril 1781, est l'auteur du récit que nous avons rapporté plus haut. 

      

    (3) Jean-Julien-Michel Savary, né à Vitré (Ille-et-Vilaine), le 13 novembre 1753, était fils d'un marchand-fabricant, mort vingt ans avant la Révolution. Reçu avocat au Parlement de Paris en Juillet 1870, il avait exercé cette profession à Rennes et à Nantes. 

    M. Baguenier-Désormeaux dit qu'il vint, avant la Révolution, comme précepteur dans un château des environs des Herbiers, où il connut d'Elbée et fut mêlé à diverses affaires d'intérêt du futur généralissime Vendéen. 

    Il se trouvait à Cholet, en 1790, et fut nommé Juge au Tribunal du District tandis que M. Boutillier de Saint-André en était élu président. Il prendra cette présidence à la fin de 1792. 

      

    Il faisait en même temps partie de la Garde Nationale et avait ouvert un cours public de Mathématiques, pour l'instruction des jeunes gens qui se destinaient à la Marine et à l'Artillerie. La Société Populaire des Amis de la Constitution, puis des Amis de la Liberté et de l'Egalité, en correspondance avec le Club des Jacobins, avait été fondée par lui. 

    Prisonnier des Vendéens insurgés le 14 mars 1793, il parvint à s'évader un mois après et à rejoindre, à Vezins, la colonne de Leygonnier. Il se réfugia à Saumur. Le Conseil général du département, dont il était membre, le nomma commissaire civil près de l'armée opérant contre l'insurrection. Canclaux, Kléber, Vimeux et Beaupuy utilisèrent ses connaissances de la topographie et de la mentalité du pays, son amour du travail, et sa grande probité de conscience et en firent un excellent chef d'Etat-Major. 

    Il fut nommé adjudant général chef de brigade, le 6 novembre 1793. 

      

    Député de Maine-et-Loire au Conseil des Cinq-Cents, le 15 octobre 1795, au Conseil des Anciens, le 14 avril 1799, il demeura représentant de Maine-et-Loire jusqu'au coup d'Etat des 18-19 brumaire, an VIII, qu'il n'approuva pas. Nommé sous-inspecteur aux Revues le 1er nivôse, an VIII (le 21 décembre 1799), grâce à l'appui des généraux Grouchy, Bernadotte et Moreau et aussi du Ministre de la Police, Joseph Fouché, il entra dans la Légion d'honneur le 17 janvier 1805, et passa inspecteur le 30 avril 1812. 

    il fut décoré du Lis le 1er juillet 1814 et fait Chevalier de Saint-Louis le 27 septembre suivant. Il prit sa retraite en 1815. 

    Son grand ouvrage est intitulé : Guerre des Vendéens et des Chouans contre la République Française, par un officier supérieur habitant la Vendée avant les troubles. (Paris, Beaudouin 1824-1825, 6 vol. in-8°). 

    Ce recueil de documents d'origine républicaine, est l'une des sources les plus précieuses d'informations que nous ayons sur l'histoire de l'insurrection vendéenne. On doit cependant regretter, avec M. Baguenier-Désormeaux, « la façon trop arbitraire, quoique de bonne foi, dont il a souvent tronqué, ou interpolé le texte des documents produits par lui ». 

    Savary mourut en 1839. David d'Angers, son ami, a fait de lui un médaillon.

     

    (4) D'une famille originaire du May, Guy-Jacques Chouteau, naquit à Cholet en 1736, au dire de Célestin Port. Son père était greffier au Grenier à Sel de Cholet et sa mère Anne Le Breton, appartenait à une riche famille de négociants choletais. Guy-Jacques fut reçu docteur-médecin en l'Université d'Angers vers 1766 ou 1767. Il se fixa à Cholet, ou il y épousa Marie-Anne Mesnard, fille d'un négociant. Il y acquit bientôt, par sa charité et son dévouement aux pauvres, une véritable vénération. 

    Partisan de la Révolution à ses débuts, il fut élu, en 1790, administrateur du District de Cholet, puis, en 1791, député à l'Assemblée Législative. Après le 10 août 1792, il revint à Cholet et reprit sa profession de médecin. 

    Pendant la guerre de Vendée, il ne s'occupa que du Service Médicalà l'hôpital militaire de Noirmouliers, en l'an II ; dans les ambulances de l'armée de l'Ouest, en l'an III. Il prit la direction de l'hôpital de Cholet le 27 germinal, an III, puis de nouveau fut envoyé à Noirmouliers le 23 frimaire, an IV et nommé médecin à l'armée de l'Océan, le 10 germinal, an IV. 

      

    Il rentra ensuite à Cholet et y continua l'exercice de la médecine. Le 7 ventôse, an X, il fut nommé un des administrateurs de l'Hôpital civil de Cholet. Des concitoyens ont gardé de son nom une mémoire reconnaissante. 

    Il serait mort aux environs de Doué, à une date inconnue. 

      

      

    (1) Pierre Boisnaud naquit à Château-Pensac, en Limousin, le 28 août 1741. Il fut nommé curé de Saint-Pierre de Cholet en 1778, refusa le serment à la Constitution Civile du Clergé, resta le seul prêtre catholique à Cholet, pendant l’« hiver rouge » de 1793-94 et fut obligé de se cacher. 

    Il ne quitta pas le pays et desservit les trois paroisses de Saint-Pierre, de Notre-Dame et de Saint-Melaine. A la prise de Cholet par les Vendéens, le 14 mars 1793, il rentra en possession de son église. Après le passage de la Loire (18 octobre 1793), il resta dans le pays et activement secondé par le vicaire de Notre-Dame, l'abbé Huet, continua d'exercer secrètement son ministère. A la pacification, en mai 1795, il essaya de reprendre l'exercice du culte et eut à ce propos un curieux échange de lettres avec l'adjudant-général Savary. 

    Son église Saint-Pierre avait été totalement brûlée ; il la reconstruisit et en reprit possession vers 1800. Il a laissé au registre de l'Etat-Civil des listes de victimes de la Révolution, très précieuses pour l'histoire de Cholet. 

    Il mourut le 22 août 1806 et fut enterré dans la chapelle du cimetière de Saint-Pierre. 

      

    (2) On trouve, à cet endroit du récit de Louise Barbier, trace des légendes qui firent du marquis de Beauveau une sorte de nouveau « Barbe-bleue », jusque dans son châtiment final. Nous ne trouvons aucune preuve, aucun témoignage sérieux des traitements cruels qu'aurait subis le procureur-syndic à ses derniers moments. Seuls les racontars de M. Thenaisie en font mention. 

    .M. de Beauveau succomba au pied du calvaire, vers le milieu de la nuit, après de vives souffrances. La femme Bonneau, qui demeurait à quelques pas de là, dans une des petites maisons basses, à l'entrée du cimetière, a rapporté à M. l'abbé Deniau la fin du révolutionnaire choletais. Effrayée par ses cris et par les coups de feu qui ne cessèrent de retentir durant presque toute la nuit, elle n'osa sortir de sa demeure pour lui porter secours. 

    Le lendemain, Jacques Bouchet, père d'un soldat vendéen, enterra le marquis dans le cimetière près duquel il était mort. 

      

    (extrait d’un bulletin du SLA de 1937 ; un grand merci à eux ! )

     

     

      

    FIN

      

     

    Les souvenirs de Louise barbier, 9° partie....

     


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