• Les moulins du Caillon....

     

     Les moulins du Caillon…

     

    En novembre 2015, paraissait sur le blog d’une association vendéenne un article sur les cartes postales anciennes dans lequel il était question des Moulins du Caillon à la Gaubretière. Comme souvent, son auteur s’est pris une fois de plus les pieds dans le tapis avec une explication hasardeuse concernant le combat qui eut lieu en cet endroit. Essayons d’y voir un peu plus clair dans cette histoire de cartes postales.

    On trouve aux AD85, deux cartes postales censées représenter les moulins du Caillon au début du XX° siècle.

    L’une en cote 1 Num 59 3/97, présente également en 1 Num 20 4/12 , identique à celle présentée dans l’article précédemment cité :

    Les moulins du Caillon....

     

    L’autre en cote 1 Num 1/89-50 :

    Les moulins du Caillon....

     

    Cette dernière ne représente probablement pas les moulins du Caillon mais ceux de la Fauconnière, au nombre de 6 sur le cadastre de 1839 et de 7 sur la photographie.

     

    Les moulins du Caillon....

     

    La légende des deux cartes postales indique pour la première :

    « En 1793 un combat acharné eut lieu aux moulins du Caillon ; c’est là qu’au nombre de 6 à 7 000 l’armée républicaine fut battue par les Vendéens commandés par Charette et Sapinaud ; un bon nombre de soldats républicains s’étant enfermé dans les moulins y périrent tous jusqu’au dernier sous le fer des Vendéens. »

    La seconde :

    « En 1793 un combat acharné eut lieu aux moulins du Caillon ; c’est là qu’au nombre de 6 à 7 000 l’armée républicaine fut battue par les Vendéens commandés par Charette et Sapinaud ; un bon nombre de soldats républicains s’étant enfermé  dans trois de ces moulins y périrent tous jusqu’au dernier sous le fer des Vendéens. »

    Les moulins du Caillon étant à cette époque au nombre de deux, il est impossible que les républicains se soient enfermés dans trois d’entre eux.

    Revenons à présent à l’article cité plus haut et aux explications de son auteur :

    « La commune de la Gaubretière ayant été particulièrement riche en combats, escarmouches, faits d’armes ou massacres, l’identification n’était pas d’emblée une évidence. Il s’agit très vraisemblablement du combat du samedi 7 février 1795. Ce jour là, Sapinaud de la Rairie, général en chef de l’armée du centre, surprit une colonne républicaine partie de Mortagne et se dirigeant vers La Gaubretière, sans doute pour finir de dévaster le bourg déjà martyrisé l’année précédente le jeudi 17 février 1794. Un combat sans merci s’engagea ; la fusillade dura cinq heures et aboutit à la totale déroute des Bleus. »

    Il est permis de se demander comment les bleus arrivant de Mortagne pour attaquer la Gaubretière, se seraient retrouvés aux moulins du Caillon, au Sud du bourg…

    Notre auteur, qui se réfère probablement à Philbert Doré-Graslin, aurait pu reprendre au minimum les Souvenirs de Marie Lourdais, incontournables pour l’histoire de la Gaubretière, mais aussi et surtout les « Notes historiques sur la paroisse de la Gaubretière » de Paul Legrand, en 1907 (également l’abbé Deniau, tome IV, p. 402 qui se contente de citer l’affaire) :

     « Le 28 avril [1794], les deux généraux battent les Républicains à Pouzauges ; "tous les hommes de La Gaubretière suivaient le général de Sapinaud à cette affaire". Parmi les morts, la division de La Gaubretière comptait : Pierre Roy-Gaboriau, de la Touche-au-Roux ; Jubard, de la Samillière, etc.

    De Pouzauges, les deux généraux reviennent sur Beaurepaire ; à La Gaubretière, ils battent un corps de cinq à six mille Bleus ; dans la déroute, quelques fugitifs, au nombre de trois cents, se réfugient dans les moulins de Caillon qui dominent le bourg de La Gaubretière. Les Vendéens les cernent et les Républicains se défendirent avec la plus grande énergie, se laissant tuer un à un jusqu'au dernier.

    A cette affaire des moulins du Caillon, les Gaubretiérois perdent : Félicité Brunet, Henri Boudaud, Louis Guitton, Jean Loiseau, Jean Pauleau, Merlet, de l'Aubretière, François Soulard » (ces noms sont confirmés par la consultation de la Semaine Catholique du diocèse de Luçon).

     

     On comprend tout de suite mieux après ceci, car les bleus arrivaient de la Gaubretière et sont tombés sur les Vendéens qui arrivaient par le Sud. Une consultation des fonds de correspondance du SHD, (archives du Fort de Vincennes), ne nous apprend rien de plus sur l’affaire des moulins du Caillon.

    Pour le reste, et à mon humble avis, les associations de mémoire vendéenne gagneraient à s’entourer de collaborateurs un peu plus sérieux et habitués à la recherche plutôt que de gens, certes très imbus d’eux-mêmes, mais n’hésitant pas à affirmer que le point culminant de la Vendée serait au Puy-Crapaud à 296 mètres d’altitude ! Passons sur les diverses cocasseries géographiques et autres erreurs à pleine louche dont la finalité de ce blog n’est pas de recenser. Pour avoir fréquenté longtemps le milieu associatif, je pense savoir trier aujourd’hui le bon grain de l’ivraie.

     

     Il n’y a plus de vestiges des moulins du Caillon à la Gaubretière, c’est pourquoi je n’ai pas jugé utile de me déplacer sur site.

     RL

    Avril 2016


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :