• Les colonnes infernales....

     

     

    Anecdotes sur les colonnes infernales...

     

     Ce qui va suivre est tiré de documents officiels bien entendu :

     

     

     

    Mémoires de Lucas de la Championnière, ancien officier du général Vendéen Charette. Il parle ici de Châtillon-sur-Sèvre (aujourd’hui Mauléon) :

     « On continua la route sans incident jusqu’à Maulévrier : nous trouvâmes à Châtillon les traces encore récentes du combat qui y avait eu lieu ; la ville était entièrement incendiée, quelques petites maisons encore debout étaient remplies de femmes ; pas un homme dans tout le pays. Outre les fosses immenses qu’on voyait à l’entour de la ville, des cadavres à demi-rongés couvraient encore le grand chemin de Bressuire ; le carnage d’après ces indices avait dû être affreux. »

     

    Mémoires de Louis Monnier, ancien officier du général Vendéen Stofflet. Il nous parle du village de Gesté dans le Maine-et-Loire.

     

    «  Il fallait passer le bourg de Gesté qui était en feu. Il faisait noir ; nous nous arrêtâmes un instant à l’entrée du bourg pour voir s’il n’était point resté de bleus (les républicains). Comment passer ? Les maisons en feu tombaient dans les rues. Heureusement que nos chevaux n’étaient pas peureux. Nous passions sur ces chevrons qui brûlaient. Nous voyions dans les portes des femmes égorgées que le feu brûlait et des enfants massacrés que l’on avait jetés dans les rues. Tel fut le spectacle que nous eûmes en traversant le bourg à dix heures du soir. Ce qui m’effraya le plus, fut une maison qui était tout en feu. Nous aperçûmes dans les chambres du bas une quantité  de victimes qui brûlaient, et dont l’odeur, qui sortait par les croisées, nous infectait. A peine étions-nous passés de quinze pas, que la maison s’écroula. La charpente tomba dans la rue, ce qui fit un feu épouvantable. »

     

    Toujours le même, cette fois-ci à la Jumellière, en Maine-et-Loire :

     

    « A un quart de lieu de la Jumellière, j’aperçois, dans un coin de chemin, un monceau de victimes, amoncelées comme une corde de bois, entre un chêne et un grand piquet. Il y en avait à la hauteur d’un homme et plus de quinze de long, tête à pied. Ce spectacle m’effraya. Mais c’était comme rien. A cinquante pas plus loin, j’aperçois un homme, dans le coin d’un champ de genêts, qui baissait la tête et la relevait ; je crus que c’était l’ennemi qui était dans le champ de genêts. Je fais filer mes deux cavaliers derrière moi, au bout du champ, pour bien regarder s’ils ne voyaient rien. Ce malheureux m’aperçut et se sauva. Je lui criai : « Arrête ! ou tu es mort »  Il vint à moi ; je lui dit : « Que fais-tu-là ? » Il avait une pelle sur l’épaule ; il me dit : « Ah ! j’ai eu grand’peur. » Il se mit à pleurer. « Voyez, me dit-il, dans le milieu du chemin, ma femme égorgée, mes cinq enfants avec, et je suis à faire une fosse pour les mettre.»  Je fis dix pas : j’aperçus une femme étendue dans la boue, un enfant sur le bras gauche, un sur le bras droit, un autre sur la jambe gauche, un autre sur la droite, et le cinquième au sein de sa mère ; tous avaient la tête ouverte, le cerveau ôté et mis dans la poche du tablier de la mère. Jamais aucun homme ne pourra croire une barbarie pareille. »

     

    Mémoires de Boutillier de Saint-André, habitant de Mortagne-sur-Sèvre, qui fuit l’horreur en direction des Herbiers.

     

    « En arrivant aux Herbiers, nous trouvâmes tout le bourg dévoré par les flammes. Les républicains y avaient passé le jour d’avant et y avaient mis tout à feu et à sang. Les maisons brûlaient encore ; les charpentes, les couvertures s’écroulaient de toutes parts avec un fracas épouvantable. Des tourbillons d’étincelles et de fumée s’élevaient des ruines comme des trombes de poussière.

    Des cadavres gisaient dans les rues. Nous ne vîmes dans ces lieux désolés que quelques chats qui n’avaient pas encore abandonné leurs demeures détruites. »

     

    Dénonciation devant les membres du comité de surveillance de la société populaire de Fontenay-le-Peuple (redevenu aujourd’hui Fontenay-le-Comte). La femme qui se plaint ici est une républicaine, son seul défaut est d’habiter la Vendée ; nous respectons l’orthographe du temps :

     

    «  A comparu la citoyenne Marianne Rustand, de la commune du Petit Bourg des Herbiers, qui a déclaré que, lorsque les volontaires de la division de Grignon sont arrivés chez elle, elle fut au-devant d’eux pour leur faire voir un certificat qu’elle avoit  du général Bard, et leur offrit à se rafraîchir, mais que ceux-ci, plus furieux que des tygres, lui avoient répondu qu’ils en vouloient à sa bourse et à sa vie ; lui ôtèrent environ quarante-deux livres, seul argent qu’elle avoit. Non contens de cela, ils l’obligèrent, en la menaçant, à rentrer chez elle  pour leur montrer l’endroit où elle pourroit en avoir caché. Dès qu’elle fut entrée, quatre d’entr’eux la prirent et la tinrent, tandis qu’au moins vingt de leurs camarades assouvirent leur brutale passion pour elle, et la laissèrent presque nue. Après quoi, ils furent mettre le feu dans les granges ; ce que voyant la déclarante, elle ramassa toutes ses forces pour aller faire échapper ses bestiaux : ce que trois d’eux voyant, ils coururent après elle pour la faire brûler avec ses bœufs. Et étant enfin parvenue à s’en échapper, elle se rendit auprès de sa mère, âgée d’environ soixante-dix ans, lui trouvant un bras et la tête coupés, après lui avoir pris environ neuf cents livres, seul produit de ses gages et de leur travail ; enfin elle fut obligée de l’enterrer elle-même. Après quoi, elle se couvrit des hardes qu’on avoit laissées chez sa mère, et parvint enfin à se rendre chez le citoyen Graffard des Herbiers, où elle fut en sûreté, et a déclaré ne savoir signer.

     

    Signé Bossin, Guilet, Belliard, Massé. »

     

     

     

    Registres clandestins de l’abbé Robin, prêtre caché à la Chapelle-Basse-Mer, en Loire-Atlantique.

     

    « Là c’étaient de pauvres jeunes filles toutes nues suspendues à des branches d’arbres, les mains attachées  derrière le dos, après avoir été violées. Heureux encore quand, en l’absence des Bleus, quelques passants charitables venaient les délivrer de ce honteux supplice. Ici, par un raffinement de barbarie, peut-être sans exemple, des femmes enceintes étaient étendues et écrasées sous des pressoirs. Une pauvre femme, qui se trouvait dans ce cas, fut ouverte vivante au Bois-Chapelet, près le Maillon. Le nommé Jean Laîné, de la Croix-de-Beauchêne, fut brûlé vif dans son lit où il était retenu pour cause de maladie. La femme Sanson, du Pré-Bardou, eut le même sort, après avoir été à moitié massacrée. Des membres sanglants et des enfants à la mamelle étaient portés en triomphe au bout des baïonnettes.

    Une jeune fille de la Chapelle fut prise par des bourreaux, qui après l’avoir violée la suspendirent à un chêne, les pieds en haut. Chaque jambe était attachée séparément à une branche de l’arbre et écartée le plus loin possible l’une de l’autre. C’est dans cette position qu’ils lui fendirent le corps avec leur sabre jusqu’à la tête et la séparèrent en deux. »

     

    Lettre de Morel et Carpanty, deux républicains qui se plaignent au Comité de Salut Public qu’eux-mêmes ne sont pas à l’abri des Colonnes Infernales. Cette lettre est datée du 24 mars 1794 :

     

    «  A Montournais, aux Epesses, et dans plusieurs autres lieux, Amey fait allumer des fours et lorsqu’ils sont bien chauffés, il y jette les femmes et les enfants. Nous lui avons fait des représentations ; il nous a répondu que c’était ainsi que la République voulait faire cuire son pain. D’abord on a condamné à ce genre de mort les femmes brigandes (les Vendéennes), et nous n’avons trop rien dit ; mais aujourd’hui les cris de ces misérables ont tant diverti les soldats et Turreau qu’ils ont voulu continuer ces plaisirs. Les femelles des royalistes manquant, ils s’adressent aux épouses des vrais patriotes. Déjà à notre connaissance, vingt-trois ont subi cet horrible supplice et elles n’étaient coupables que d’adorer la nation. Nous avons voulu interposer notre autorité, les soldats nous ont menacé du même sort ».

     

     

     

    Ces détails qui ne représentent qu’un infime partie des horreurs révolutionnaires vous donneront une petite idée de ce que vous auriez vécu 200 ans plus tôt dans notre région…

     

    RL

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  • Commentaires

    2
    lasseu
    Mercredi 14 Septembre 2016 à 09:18
    merci de m'aider
    1
    lasseu
    Mardi 23 Août 2016 à 09:23
    r,je recherche un chateau ou demeure d'un général vendéen incendié par les colonnes infernales aprés avoir été occupé par un général républicain sur une des routes entre Beaucouzé menant à Cholet.J'ai vu des photos sur le net avec des commentaires,notifiant qu'il était en triste état et dangereux à visiter et je suis allé voir en prenant une ou deux routes pour le retrouver mais incapable de le situer malgré se trouvant en bordure de route.Si vous pouvez m'aider,svp.Passionné des guerres de vendée
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