• Les charognards de Clefs....

     

    Sur les Chemins de Galerne… 

    Les charognards de Clefs vont à la curée. 

     

       

     

    Les charognards de Clefs....En musardant, ce mois ci, sur les chemins de Galerne, du côté de Clefs, un de mes billets m’est revenu à la mémoire et j’ai voulu en savoir plus sur l’Officier Public du village, un certain Joseph-Marie Drouyneau, d’où ce petit additif.

    Il y a des noms qu’il faut retenir, des républicains qui doivent rester dans toutes les mémoires.

    Voici les actes de décès de trois patriotes qui chassaient les Vendéens, des femmes, des enfants, à Clefs, au Nord de Baugé. Ils ont récolté ce qu’ils méritaient : une balle, sauf un (le n°4), le pire (Trois, sur combien de restés vivants dans cette commune?). La commune de Clefs est éclaboussée par le sang Vendéen. N’oublions pas qu’à Clefs : « Les républicains rencontrèrent à chaque pas des femmes et des enfants morts de besoin et de froid ; ils trouvèrent autour des feux de bivouac, des traînards que la maladie, la faiblesse, l’épuisement avaient empêchés de suivre le gros de leur armée. Quelquefois, ils surprirent ceux que la faim avaient obligés de s’écarter dans les fermes. Sans pitié pour ces infortunés, ils les passèrent tous par les armes, et n’épargnèrent même pas les enfant de l’âge le plus tendre. A Clefs, un enfant de quatorze ans fut surpris et tué en plein sommeil. »

    « Tout à coup apparaissent les hussards qui poursuivent les fuyards et ne leur font aucun quartier ; des habitants se joignent à eux et, armés de fourches et d’autres instruments de ce genre, se mettent à la recherche de ceux qu’ils appellent des brigands, les tuent partout où ils les trouvent. C’est un carnage effroyable… On ne voit que des cadavres ! » 

     

    Cela se passait à Clefs le vendredi 7 décembre 1793 (17 Frimaire an 2).

     

    Le n°1 : Pierre Coudret. 

     

    « Le quatorze décembre mille sept cent quatre vingt treize, l’an second de la république française à cinq heures du soir, par devant moi Joseph Marie Drouyneau membre du conseil général de la commune de Clefs élu le dix sept février dernier pour recevoir les actes destiné a constater la naissance les mariages et le décès des citoyens, sont comparus en la maison commune, Jean Anjard, closier, âgé de soixante ans, Urbain Chalumeau, journalier âgé de soixante ans domiciliés dans cette municipalité, lesquels m’ont déclaré que Pierre Coudret, veuf de………… âgé de quarante six ans, domestique du citoyen Louis Dry, aubergiste demeurant dans cette municipalité à été tué le sept du courant à onze heures du matin à la porte du domicile du dit Louis Dry, à la Croix Blanche du dit Clefs, par les Brigands ; d’après ces déclarations je me suis transporté sur le champ au lieu de ce domicile, je me suis assuré du décès dudit Pierre Coudret et j’en ai dressé le présent acte, Jean Anjard et Urbain Chalumeau ont déclaré ne savoir signer, fait en la maison commune de la municipalité de Clefs les mêmes jour, mois et an que dessus  

    Signé J.M Drouyneau* officier public. » 

     

    * Drouyneau est le curé de Clefs et Officier Public... 

     

    Le n°2 : Julien Chauvelier. 

     

    « Le quatorze décembre mille sept cent quatre vingt treize l’an second de la république française à cinq heures du soir, par devant moi Joseph marie Drouyneau membre du conseil général de la commune de Clefs, élu le dix sept février dernier pour recevoir les actes destinés à constater la naissance les mariages et le décès des citoyens, sont comparus en la maison commune, Jean Anjard, closier, âgé de soixante ans, Julien Lusson, âgé de soixante trois ans  closiers, domiciliés dans cette municipalité, lesquels m’ont déclarés que Julien Chauvelier époux de Marie Freslon, âgé de cinquante ans demeurant dans cette municipalité a été tué le sept du courant à une heure du soir à la porte de son domicile* au Puits Neuf du dit département, d’après cette déclaration je me suis transporté sur le champ au lieu de ce domicile, je me suis assuré du décès du dit Julien Chauvelier et j’en ai dressé le présent acte Jean Anjard et Julien Lusson ont déclaré ne savoir signer fait en la maison commune de la municipalité de Clefs les mêmes jour mois et an susdits.  

    Signé : J.M Drouyneau Officier Public » 

     

    Les charognards de Clefs....

    * Mention marginale : « Dans la poursuite des Brigands » 

      Julien Chauvelier était maçon et avait épousé le 15 novembre 1768 à Saint-Quentin-lès-Beaurepaire Marie Freslon.

     

    Le n°3 : René Coureau-Courault. 

     

    « Le quatorze décembre mille sept cent quatre vingt treize l’an second de la république française à trois heures du soir, par devant moi Joseph marie Drouyneau membre du conseil général de la commune de Clefs, élu le dix sept février dernier pour recevoir les actes destinés à constater la naissance les mariages et le décès des citoyens, sont comparus en la maison commune, Julien Lusson, closier, âgé de soixante trois ans, et Urbain Chalumeau, journalier âgé de soixante ans domiciliés dans cette municipalité, lesquels m’ont déclaré que René Courau époux de Toussainte Sanceau, âgé de trente ans, demeurant dans cette municipalité, a été tué le sept du courant à deux heures du soir sur les terres de Challoux (métairie de Chalou) dans cette commune dudit Clefs,dans la poursuite des Brigands ; d’après ces déclarations je me suis transporté sur le champ au lieu de Challoux, je me suis assuré du décès dudit René Courau et j’en ai dressé le présent acte ; Julien Lusson et Urbain Chalumeau ont déclaré ne savoir signer fait en la maison commune de la municipalité de Clefs les mêmes jour mois et an susdits.  

    Signé : J.M Drouyneau, Officier Public. »

     

    René Coureau était closier, né à Clefs le 9 août 1762 et avait épousé en ce lieu, le 26 juin 1787, Toussainte Sanceau, née le 11 avril 1759 à Fougeré. Veuve le 9 décembre 1793, elle épousera dès le 26 février 1794 à Clefs, Pierre Brault.

     

    Le n°4 : Joseph Marie Drouyneau, curé de la paroisse, devenu Officier Public.

    L’Officier Public nous dit  que ces gens là ont été tués « à la porte de leur domicile » et dans la marge de l’acte de décès nous lisons : « Dans la poursuite des Brigands »

    Vous voyez déjà le mensonge de Joseph-Marie Drouyneau, curé de la paroisse, il laisse sous entendre que les Vendéens tuaient des gens sans défense à la porte de leurs maisons… Le maire de Clefs ne valait pas plus cher que les vautours de sa commune.

    Encore un curé renégat et soumis aux horreurs de la république ; ce qui est plus grave, c’est qu’il est devenu le complice des massacres de Catholiques commis sur sa paroisse. Il n’a pas choisi la voie de la sainteté et du martyr, mais celle de la lâcheté et de la compromission. Ce nom doit être immortalisé.

     

    « Le curé Joseph-Marie Drouyneau, en charge depuis 1776, prêta le serment, déposa ses lettres de prêtrises le 18 ventôse an 2. (8 mars 1794). 

    Il se rétracta en 1800 ( et pour cause, le danger était passé), et fut rétabli dans sa cure, qu’il ne paraît pas avoir quittée au Concordat. » (Célestin Port – Clefs - page 774 Tome I). Voilà pour le courageux curé.

     

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire, tous droits réservés- décès de la commune de Clefs. Vues n° 246/384. Copie de l’acte de décès de Julien Chauvelier et de la mention marginale.

    . Histoire de la Guerre de la Vendée – Abbé Deniau - Tome III – pages 317 -329. 

    . Photo : Les charniers du Mans de Vendéens et Chouans. 

     

                                                                   

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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