• Les Aubiers, meurtre de Louis Cousin par les philippistes....

           

    Le 4 avril 1832 – Une balle dans le dos, pour le plaisir... 

     

     

    Les Aubiers, meurtre de Louis Cousin par les philippistes...Quand je vous disais qu'en 1794 la peau d'un Vendéen ne valait RIEN, en 1832 c'était exactement la même chose.

    Un petit sondage au sujet de l'état d'esprit du ''gendarme'' dans la Vendée Militaire de l'époque :

    « Un lieutenant de gendarmerie, nommé Lavêne, s'écriait devant un jury, qui tout jury de l'Ouest qu'il était, venait d'acquitter des insoumis : ''Ah ! Quand nous les avons pris vous ne les condamnez pas ! Eh bien, nous ne vous les enverrons plus que morts''. » 

    Ce n'était pas assez de ces meurtres que les Français n'épargnaient pas à d'autres Français, il vînt des jours de sang où la Révolution dressa une meute de chiens pour aller à la chasse des réfractaires. On apprit à ces dogues à se jeter sur les paysans, à les terrasser et à les dévorer au besoin. On contraignit leur naturel déjà enclin à la cruauté à devenir féroce par calcul politique, on leur fit subir de longs jours de diète, puis on les envoya battre les campagnes. Proust, réfractaire du canton de Machecoul, fuyait sans armes devant les fantassins. Le chien est lâché, il se jette sur ce malheureux, l'atteint, le renverse, le couvre de blessures et l'abandonne à ses maîtres qui l'achèvent.   

    Celui qui avait tiré le premier reçu une prime de vingt cinq francs et un grade ; telle était la récompense accordée. » 

     

    Curieusement, ça me fait penser aux primes accordées aux policiers, les pauvres chéris, ils sont fatigués... contre les gilets jaunes, aux mains arrachées, aux yeux crevés, aux gueules cassées par les tirs de flash-ball tirés à bout portant et par l'explosion des grenades offensives. Nous en sommes quand même à 10 morts et 2891 blessés... Une femme a reçu une grenade en pleine tête et a été tuée sur le coup.

    Le Roi Maçon (Je n'ai pas dit Macron), fils de la Gueuse, employait des méthodes similaires, mais en 1848 ce fut le retour de flamme et l'exil.

     

    « Cette chasse se renouvela souvent et, à la honte de l'humanité, il ne s'éleva pas dans les pouvoirs de l'Etat une voix pour protester contre ces attentats. » Comme aujourd'hui, la Révolution prend un bain dans le sang des gilets-jaunes, « La Révolution prenait un bain dans le sang de la Vendée Militaire ; le Gouvernement, les Chambres et la presse la laissèrent faire. » 

     

    Cette introduction, c'était pour l'ambiance générale, maintenant venons-en à l'affaire qui nous intéresse :

     

    « Le 4 avril 1832, deux soldats du 44e venaient d'escorter, de Maulévrier aux Herbiers, la femme d'un de leurs chefs; ils regagnaient le soir même leur cantonnement, lorsque le voltigeur Hequely annonce de sang froid qu'il veut tuer un Chouan. Ils s'égarent dans les sentiers du bocage. Le hasard les amène à la ferme de Cousin* qui, auprès du feu avec sa femme, récitait le chapelet. Les paysans entendent frapper à la porte. Des coups de crosse l'ébranlaient déjà quand Cousin ouvrit. Hequely rudoya, il battit même ce fermier, tout en lui enjoignant de le suivre pour leur indiquer la route de Maulévrier. Cousin se mit en marche, et quand les culottes rouges furent arrivées avec lui au véritable chemin il demanda à retourner à sa ferme. Il laisse ces deux hommes : bientôt une détonation se fait entendre ; Cousin frappé d'une balle dans le dos, rendait le dernier soupir. Hequely avait tenu parole ; il avait assassiné. Pour effacer les traces du crime, ou du moins pour lui prêter une couleur politique le voltigeur recharge son fusil. Son camarade, honnête homme, qu'un pareil forfait épouvante, et qui craint peut-être de devenir une seconde victime, son camarade suit son exemple, et tous deux font plusieurs décharges pour persuader qu'ils ont eu un engagement avec les Chouans. Ils arrivent à Maulévrier. Le lendemain le camarade d'Hequely va révéler à ses chefs le crime dont il a été le témoin. Hequely est arrêté. Le commandant du bataillon auquel il appartient, le dénonce à l'état-major de la 12e division. Un conseil de guerre est assemblé à Nantes, et, le 2 mai 1832, Hequely est jugé à mort à l'unanimité. Il se pourvoit devant le conseil de révision. Le jugement est maintenu ; alors Barthe, ministre de la justice, intervient. Le régiment demandait que l'assassin fut fusillé en face même de la demeure de Cousin. C'était d'un salutaire exemple à la veille des évènements qui se préparaient. Barthe sollicite aurprès de Louis-Philippe grâce pour la vie de cet homme qui n'a tué qu'un Vendéen  : la grâce est accordée. » 

     

    Mais qui est Cousin* ?

     

    Je me suis ''transporté'' à Châtillon-sur-Sévre et la vue n°42/170 – de la Table des Successions de 1824 à 1841 (classement 3Q8/190) m'a livré le nom de Louis Cousin, cultivateur, décédé le 4 avril 1832 aux Aubiers, à l'âge de 35 ans.

    Voici son acte de décès, le N°7 (vue n°167/218 Nueil-les-Aubiers class 2MI 160 décès 1818-1835).

    « L'an mil huit cent trente deux, le six avril à midi, par devant nous maire de la commune des Aubiers, canton de Châtillon, arrondissement de Bressuire, département des Deux-Sèvres, est comparu Jean Cousin, âgé de soixante six ans, journalier, demeurant aux Magiraudières commune de Saint-Aubin-de-Baubigné, lequel nous a déclaré que Louis Cousin son fils, âgé de trente quatre ans ; époux de Marie-Anne Roux, bordier, demeurant au Buron, commune des Aubiers est décédé le quatre avril à neuf heures du soir, sur quoi nous officier de l'état civil nous sommes transporté au domicile du défunt pour nous assurer de son décès et en avons dressé acte en présence de Louis Dubillot, âgé de trente quatre ans demeurant à la Continière commune de Saint-Aubin-de-Baubigné et de Jacques Cousin, âgé de trente deux ans, demeurant aussi à la Continière, commune de Saint-Aubin-de-Baubigné beau-frère et frère du défunt, lesquels, après qu'il leur en a été donné lecture on déclaré ne savoir signer. 

    signé : illisible, le Maire. »

     

    Louis Cousin est bien décédé le 4 avril 1832 dans la soirée alors que les soldats regagnaient leur cantonnement. Bien entendu, le maire reste très discret sur les causes du décès. Il a été assasiné sur le chemin de Maulévrier aux Aubiers, proche de sa borderie ''le Buron''.

    Les Aubiers, meurtre de Louis Cousin par les philippistes...

    Louis Cousin est né le 26 septembre 1798 aux Cerqueux de Maulévrier, il est le fils de Jean Cousin qui a épousé le 14 juin 1790 à St Aubin-de-Baubigné Marthe-Françoise Racault, née le 4 juin 1768 à Belleville à Treize-Vents.

    Son mariage, le 23 janvier 1822 à Saint-Aubin avec Marie-Anne Roux, fille de Jean Roux et de Marie Morin est resté sans postérité.

     

    Sources 

     

    . Abbé Deniau -Histoire de la Guerre de la Vendée -Tome VI – pages 568,569, Insurrection de 1832 - Siraudeau éditeur – Angers. 

    . Archives Départementales des Deux-Sèvres. Registres état civil de Nueil-les Aubiers et de Saint-Aubin-de-Baubigné. 

    . Cadastre de Nueil-les-Aubiers 3 P 156/1, SD - le Buron. 

    . Photo: Louis-Philippe d'Orléeans- Extraite du Domaine Royal de Randan. 

     

                                                          

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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