• Le Mont des Alouettes....

     

    Mais que s'est-il passé au Mont des Alouettes ?

     

     

      Il est apparu récemment une bien singulière idée concernant l'inhumation des ossements du Mans, que certains voudraient voir s'effectuer sous la chapelle du Mont des Alouettes. Nous passons sur les difficultés techniques d'enfouir en cet endroit 154 cercueils (soit un peu plus de 100 mètres cubes, le tout en plein granit) et nous interrogeons sur le choix de ce lieu qui n'est pas, quoiqu'on en dise, "un haut-lieu des Guerres de Vendée". Si les moulins ont bien servi de point de rassemblement, notamment pour la seconde bataille de Fontenay, s'ils ont été brûlés par les républicains en raison des signaux qu'ils fournissaient aux armées vendéennes, aucune grande bataille ni même de combats n'y ont eu lieu. On se demande par ailleurs ce que feraient des dépouilles d'habitants des Mauges (en grande majorité) ayant traversé la Loire en octobre 1793 et de probables ossements de chouans en cet endroit.

     Ne désirant pas entrer dans une polémique que l'on sent essentiellement destinée à flatter quelques égos, nous nous contentons ici de présenter un extrait des Mémoires de Boutillier de Saint-André qui raconte son passage au Mont des Alouettes, durant les dévastations des colonnes infernales à la mi-février 1794.

     

      RL

     Mars 2016

     

        " Tout en causant et en regardant autour de nous en marchant, nous remarquons que plusieurs branches d'arbustes avaient été dépouillées de leur peau à dessein et portaient des coches faites au couteau. "Quelques gens ont passé par là en se donnant des rendez-vous, me dit mon père ; ces signes sont ceux dont se servaient autrefois les voleurs et les contrebandiers pour s'indiquer réciproquement leur marche." Cette remarque m'effraya beaucoup, elle me semblait d'un mauvais augure ; mais je dissimulai mes appréhensions, et nous continuâmes notre route en nous entretenant de choses et d'autres.

     A quelques pas de là, nous fûmes arrêtés par des paysans vendéens qui montaient la garde derrière les haies. Ils nous demandèrent où nous allions. Mon père leur dit que nous nous sauvions des républicains qui avaient emprisonné sa femme et l'avaient, lui, proscrit à cause de son royalisme. Ils nous observèrent que nous étions bien imprudents de voyager ainsi ; que nous trouverions sur toute la route des hommes embusqués qui finiraient par nous faire un mauvais parti, comme à tous ceux qu'ils rencontraient. Nous répliquâmes que nous avions tant de fois été exposés à la mort que nous étions habitués à la braver ; que, d'ailleurs, nous étions connus de tous les royalistes des environs, et que nous ne craignions rien d'eux. "Sans doute, répartirent les paysans ; mais s'ils vous donnent un coup de fusil de loin, avant que vous les approchiez, vous serez morts sans vous faire reconnaître."

     Ce raisonnement était juste, mais il ne persuada point mon père, et, loin de retourner sur nos pas, nous nous mîmes à continuer notre route.

     Les hommes avec lesquels nous causions nous connaissaient tous et nous laissèrent passer, en nous conseillant de nous cacher et de ne point aller ainsi nous exposer à une mort presque certaine.

     Nous cheminâmes, après les avoir quittés, jusqu'au moulin des Alouettes, trouvant toujours des postes à diverses distances, qui nous tenaient et auxquels nous tenions les mêmes discours, et qui nous laissaient avancer en nous prédisant le plus triste sort.

     A la butte des Alouettes, nous courûmes plus de dangers ; nous trouvâmes un poste de douze hommes qui nous mirent en joue. Mon père fit signe de ne pas tirer, se nomma, et on nous laissa approcher ; mais on refusa de nous laisser continuer notre chemin en nous disant que nous rencontrerions infailliblement la mort à quelques pas. Nous montrâmes une rare intrépidité, qui n'était réellement qu'une excessive imprudence, et, après bien des difficultés, on nous permit enfin de continuer notre route.

     En arrivant aux Herbiers, nous trouvâmes tout le bourg dévoré par les flammes. Les républicains y avaient passé le jour d'avant et y avaient mis tout à feu et à sang. Les maisons brûlaient encore ; les charpentes, les couvertures s'écroulaient de toutes parts avec un fracas épouvantable. Des tourbillons d'étincelles et de fumée s'élevaient des ruines comme des trombes de poussière. Des cadavres gisaient dans les rues. Nous ne vîmes d'êtres vivants dans ces lieux désolés que quelques chats qui n'avaient pas encore abandonné leurs demeures détruites. Nous ne trouvâmes pour reposer nos membres fatigués qu'une chambre qui avait échappé aux flammes dans la maison de M. Pahan. Nous y entrâmes aussitôt et nous prîmes un peu de nourriture. C'était la Providence qui nous y conduisait pour nous sauver, comme vous l'allez voir bientôt..."

      

     Le Mont des Alouettes sur le cadastre de 1838 :

     

    Le Mont des Alouettes....

     

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :