• Le martyrologe d'Etusson....

     

    Le martyrologe d'Etusson...

     

     (A Manon Richard, qui m'avait contacté sur le sujet).

     

     

     

    Nous avions déjà évoqué Etusson à plusieurs reprises,

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     Victimes de la Croix-Noire :

     

     1) Angélique Brandy, veuve de Louis Richard, 56 ans.

     

    2) Marie Richard, 34 ans, fille de la précédente.

     

    3) Angélique Richard, 31 ans, idem.

     

    4) Renée Richard, 27 ans, idem.

     

    5) Pétronille Richard, 22 ans, idem.

     

    6) Marie-Rose Richard, dite "Marie-Madeleine", 15 ans (née en 1778 d'après le registre), petite-fille d'Angélique Brandy et fille de Louis Richard, veuf par deux fois et décédé à l'âge de 30 ans. Marie-Rose habitait le village de La Vau.

     Son acte de baptême du 19 avril 1778. Née le même jour.

    La martyrologe d'Etusson....

    La martyrologe d'Etusson....

     

    7) Jacques Chiron, 50 ans.

     

    8) Jean Chiron, 18 ans, fils du précédent.

     

    9) Jean Goria, domestique, 25 ans.

     

    10) Pierre Grolleau, 40 ans.

     

    11) Jeanne Goria, veuve, 50 ans. Habitant le village de la Charbonnière.

     

    12) Jean Mouchard, époux de Jeanne Sauvestre, du village de Breillet (Breuillet).

     

    13) François Laumail, 50 ans.

     

    14) Jean Parenteau, 36 ans.

     

    15) Pierre Violleau, 50 ans.

     

    16) Marie Prisset, 50 ans, épouse du précédent.

     

    17) Louis Renard, 17 ans.

     

    18)François Braud, 50 ans.

     

    19) Braud, fils du précédent, âgé de 30 ans.

     

    20) Bouet, veuve, 50 ans.

     

    21) Marie Lambalaye, 48 ans.

     

    Tous du village de Longueville.

     

     Ces victimes furent emmenées au "Champ des Prises", dépendant de La Charbonnière où il y avait une tranchée pour l'extraction du chaple. C'est ici la première fosse de la "Croix-Noire".

     La première "Croix-Noire" était une croix de bois, bénite le 21 octobre 1858 à la suite d'une mission. Elle fut détruite par une tempête et les morceaux récupérés par la famille Brémond qui les fit élever au carrefour des routes de la Planche de la Poupardière à Brochemerle. Elle est disparue depuis très longtemps.

     La nouvelle "Croix-Noire" fut une croix de granit, bénite le 6 juin 1876.

     La première fosse étant probablement insuffisante, on creusa la fosse de la "Croix du Pré" où se dresse encore aujourd'hui la petite croix de granit et la stèle que nous connaissons.

     

     Au bourg d'Etusson :

     

     22) François Bordier, journalier, 50 ans, tué à la Croix-Bonneau et enterré dans le jardin, au pied d'un poirier.

     

    23) Prunier (prénom inconnu), enterré dans un jardin du bourg.

     

    24) Mathurin Gachet, époux de la suivante.

     

    25) Marie Banchereau, 45 ans,

     

    26) Louis Gachet, 18 ans, fils des précédents.

     Les trois derniers avaient caché l'abbé Maury, chanoine du May-sur-Evre. Ils furent enterrés dans leur village de Civy, au pied d'un poirier.

     

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     27) Louise Renard. Seulement blessée, elle s'était traînée dans une haie où elle survécut durant trois jours. A des voisins venus la secourir, et qui lui demandaient si elle n'avait pas peur de rester cachée là, elle répondit : "Oh ! non, j'entends chanter autour de moi les oiseaux du Bon Dieu."

     

    28) Une compagne de Louise Renard (dont le nom demeure inconnu) blessée au même moment qu'elle, eut le malheur de bouger. Les bleus s'en aperçurent et l'achevèrent d'un coup de baïonnette dans le dos.

     

     Au village de la Pommeraye :

     

     29) Marie Fabien, veuve Royer, 76 ans.

     

    30) Jean Royer, son fils, 32 ans.

     

     Mars 1794, au village de Brochemerle :

     

     31) Veuve Rigaleau, 72 ans.

     

    32) Louis Violeau, 40 ans,

     

    33) Madeleine Violeau, 36 ans, les deux derniers enfants du premier mariage de la veuve Rigaleau.

     

    34) Madeleine Baudry, femme Maillet, 65 ans.

     

    35) Louis Augeard, 70 ans.

     

    36) Pierre Jouiteau, 40 ans.

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     Mai 1794, au bourg :

     

     37) Renée Prisset, femme de François Gabilly, sabotier, 60 ans.

     

    38) Pierre Poudret, 50 ans.

     

    39) François Thubault, 50 ans.

     

    40) Veuve Massicot, 50 ans.

     

    41) Le fils de la veuve Massicot.

     

    42) La fille de la veuve Massicot.

     

    43) Marie Grellier, 55 ans.

     

     Mai 1794, au village de Brochemerle :

     

     44) René Maillet, époux de Marie Brandy, 60 ans.

     

     D'après les notes des abbés Deniau et Michaud et de Henri Bourgeois, nous résumons :

     

     Les femmes Menais, du Plessis-Naud couraient se réfugier dans la forêt d'Etusson, mais arrivées au Petit-Chêne, les républicains leur tirèrent dessus. Elles se jetèrent à terre et les soldats les laissèrent, pensant les avoir tuées et n'osant pas s'aventurer dans la forêt.

     

     A La Forestrie, la femme Richard, couchait dans un énorme chêne sur le chemin de Ligner. L'un de ses enfants montait la garde dans un poirier. Les bleus passèrent et lui demandèrent : " que fais-tu là mon gars ?". Il répondit qu'il regardait si les brigands arrivaient. Les bleus lui dirent "c'est bien" et s'en allèrent.

    La martyrologe d'Etusson....

     

     Une pauvre veuve, dont la mari était mort dans la campagne d'Outre-Loire s'enfuyait avec ses cinq enfants dont le plus âgé n'avait pas dix ans et le plus jeune encore à la mamelle. Les bleus les rattrapèrent à l'entrée du bourg. Les enfants furent pris un à un et eurent la tête écrasée à coups de talon de botte sous les yeux de leur mère, puis furent jetés dans l'Ouère. La mère fut violée à plusieurs reprises, puis découpée en morceaux.

     

     Des représailles eurent lieu contre les bleus, on s'en doute :

    " Grolleau, grand-père de la femme Chaillou, surpris un bleu au bois de Beugnon, sur la route des Aubiers et le tua avec un mauvais couteau de six liards, pour venger la mort de son fils lâchement assassiné. Dans une autre circonstance, le même Grolleau et deux de ses camarades rencontrent 7 hussards qui allaient en correspondance ; les deux paysans veulent fuir, mais Grolleau les arrête, ils font feu sur le groupe, tuent un cavalier et un cheval et obligèrent les autres à rebrousser chemin. Les jeunes Richard, de La Vau, apprennent que leur mère et quatre de leurs soeurs viennent d'être massacrées ; ils jurent de les venger, tombent sur des fuyards républicains et les massacrent : l'un des fugitifs implore sa grâce, il est haché en morceaux."

     

     Lors du dernier soulèvement de 1832, un jeune homme d'environ 23 ans, nommé Echard, de Saint-Hilaire-du-Bois fut tué par la gendarmerie orléaniste des Aubiers au village de La Vau le 20 septembre. Il avait été pris près du Breuillet et conduit de La Charbonnière à La Vau au bout d'une corde. Les gendarmes tirèrent sur lui par trois fois à bout portant. Les bourres de fusil mirent le feu aux brandes et on laissa le cadavre brûler dans l'incendie.

     

     A suivre...

     

     RL

    Novembre 2015

     

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