• Le camp de Nesmy....

     

    Le camp de Nesmy…

     

     

    Le 25 août 1794, Vimeux annonçait depuis Fontenay à la neuvième commission de la guerre son plan de quatorze camps retranchés qui devaient succéder au système des colonnes mobiles de Turreau (1). La mise en place de ces camps est assez nébuleuse et mérite d’être étudiée. Je vous en indique ci-dessous la liste officielle avec un lien hypertexte en bleu lorsque ceux-ci ont déjà fait l’objet d’une étude complète ou partielle sur ce blog ou sur celui de Nicolas Delahaye :

    1° En avant de Nantes. « La Plée » (La Louée ?), sur la route de Nantes à Valet. La Roullière ou Les Sorinières route de Nantes aux Sables et à La Rochelle. 

    Fréligné près de Touvois. 

    Apremont.

    Saint-Georges (de Pointindoux) près de la Mothe-Achard. Attention à ne pas le confondre avec le camp de Saint-Georges-de-Montaigu (en réalité aux Brouzils) qui était placé aux Landes des Corprais.

    Nesmy.

    6° Creil Bournezeau, en fait Saint-Ouen-des-Gâts.

    Le Pont-Charron près de Chantonnay, route de Nantes à La Rochelle.

    8° La Châtaigneraie, en fait Antigny.

    9° Moncoutant, en fait Largeasse.

    10° Chiché.

    11° Thouars ou le Pont de Vrines.

    12° Concourson, route de Doué à Vihiers et Cholet.

    13° Thouarcé sur la rive droite du Layon.

    14° Beaulieu-sur-Layon, au dessus du Pont-Barré, rive droite du Layon, route des Ponts-de-Cé à Chemillé.

    Vimeux indique que ces quatorze camps enferment 400 lieues carrées (2) de superficie, Montaigu se trouvant « en flèche » dans le pays. Les camps ont vocation à se resserrer petit à petit vers le centre du pays en fonction « lorsque l’organisation de l’armée le permettra. » Les rives de la Loire demeurent sans camps, des chaloupes canonières gardant le passage du fleuve.

    Je vous disais plus haut que les informations sur ces camps sont très parcellaires car pour certains d’entre eux, on ne trouve ni correspondance, ni état de situation que ce soit en effectifs ou en armes. Il est curieux que les historiens toujours prêts à parler de « génocide » en veux-tu en voilà n’aient jamais songé à étudier de plus près ce système, car les massacres, les pillages et la volonté d’affamer les populations n’ont pas disparu avec Turreau. Nesmy fait partie de ces camps républicains à la destinée obscure dont on n’entend jamais parler. A-t-il bien existé ? A priori oui puisque le général Dutruy annonce depuis Les Sables au général en chef Vimeux le 2 thermidor an II (20 juillet 1794) que : « Le camp de Nesmy est tracé et qu’il n’attend plus que des troupes. » (3) Il note en outre qu’il aurait préféré que le camp « fut placé à la Roche ». Cette note est intéressante car Dutruy avait peut-être raison d’un point de vue stratégique, la véritable ceinture sud de la Vendée insurgée s’arrêtant à la Roche-sur-Yon, le territoire plus au Sud étant acquis aux idées révolutionnaires dans son écrasante majorité. La Roche-sur-Yon n’est qu’un petit village détruit par la colonne infernale de Duquesnoy mais il a davantage de chances de pouvoir s’attaquer aux combattants vendéens. Oui, mais il y a un hic. Et ce hic se nomme Saint-Pal…

    En effet, le 14 juillet, le général Guillaume prévient Vimeux qu’un rassemblement a été vu en train « d’entasser des grains près du Tablier et de Nesmy » (4). Les Vendéens sont donc actifs dans ce secteur et il serait sans doute imprudent d’avoir un camp qui leur tourne le dos. Les choses vont encore se vérifier le 29 juillet car Saint-Pal sera repoussé à Nesmy, qu’il occupait. Ainsi la lettre de Dutruy à Vimeux (5) :

    « Onze cents hommes, divisés en deux colonnes, se sont portés la nuit dernière sur Nesmy où se tenait Saint-Pal, qui s’est retiré avec perte de soixante hommes, quelques bons fusils et deux pistolets. Il avait avec lui sept cents fantassins et une soixantaine de cavaliers. On a trouvé dans leur camp deux bœufs tués et beaucoup de pain. Les métayers, qui étaient occupés à travailler dans leurs champs, se sont prêtés de bonne grâce à transporter les farines... »

    C’est en effet Valentin, qui est chargé de cette opération depuis Luçon, comme on peut le voir avec la pièce ci-dessous (6) :

    Le camp de Nesmy....

    Au vu de ce qui précède, on peut donc douter que le camp républicain de Nesmy ait été mis en place à la date du 29 juillet, sinon comment expliquer que Saint-Pal y ait tenu lui-même un cantonnement ? De plus, Valentin, n’est visiblement pas encore installé dans son camp de Saint-Ouen-des-Gâts, probablement car celui-ci n’est pas encore formé.

    A partir de cette date, plus de nouvelles du camp de Nesmy. Où pouvait-il, ou plutôt où aurait-il pu être ? Car je vous avoue franchement que j’ai des doutes sur sa création effective. A mon sens, il devait nécessairement se trouver sur une hauteur et donc pobablement entre Le Chaillot et le bourg de Nesmy.

    Le camp de Nesmy....

    A suivre…

    RL

    Mars 2020

     

    Notes :

    (1)  Savary, Tome IV, p 99 et 100. On retrouve cette organisation dans le « Tableau des opérations de l’Armée de l’Ouest » au SHD en B 5/10-1, p. 24 du registre, v. 15/26 des AD85.

    (2)  Soit environ  8 100 km².

    (3)  SHD, B 5/9-90, v. 4/5, bulletin analytique renvoyant au « Tableau des opérations de l’Armée de l’Ouest »,  en B 5/10-1, 1er tableau, p. 2, v. 4/26 des AD85.

    (4)  SHD, B 5/9-83, v. 13/14, bulletin analytique renvoyant au « Tableau des opérations de l’Ouest », SHD B 5/10-1, ibid.

    (5)  SHD, B 5/9-100, v. 17/20, bulletin analytique renvoyant au « Tableau des opérations de l’Armée de l’Ouest », en B 5/10-1, ibid. Correspondance reprise par Savary, tome IV, p. 47.

    (6)  Ibid.

     

     

     


  • Commentaires

    5
    M. Grossin
    Mercredi 1er Avril à 23:39

    Je vous suggère d'envisager la commune de Chaillé (sous-les ormeaux) plutôt que le lieu-dit Le Chaillot.
    Chaillé-sous-les ormeaux étant situé près de Nesmy.

     

      • Jeudi 2 Avril à 07:06

        Si vous avez bien lu l'article je ne fais aucune confusion entre la commune de Chaillé et le lieu-dit le Chaillot : je note simplement un point en altitude sur lequel la logique aurait voulu qu'on y place un camp militaire.

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    4
    G. Jacob
    Mercredi 1er Avril à 16:07
    Ok
    Reçu et lu.... Merci
    3
    G. Jacob
    Mercredi 1er Avril à 10:37
    8100. Km2
    Ça parait enorme... j ak du mal a me representer cette surface
      • Mercredi 1er Avril à 11:59

        Une lieue fait 4,5 km. L'espace occupé entre les camps est de 400 lieues carrées soit environ 90/90km. Fait le calcul. Le département de la Vendée occupe 6 700 km² et là on est sur 4 départements, ce n'est donc pas si énorme que cela.

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