• La sépulture de Jean-Nicolas Stofflet....

     

    La sépulture de Jean-Nicolas Stofflet...

     

     Nous savons tous comment Jean-Nicolas Stofflet termina sa brillante carrière de général vendéen, fusillé à Angers le 25 février 1796. Son crâne, aujourd'hui propriété d'une collection particulière, est exposée  au musée de Cholet et Dominique Lambert de la Douasnerie fut le premier à retracer le parcours de cette relique, il y a plus de quarante ans. Il a publié un passionnant cahier concernant cette histoire et les sépultures d'autres chefs vendéens et chouans dont nous donnons ici les références : "Autour du crâne de Jean-Nicolas Stofflet, des cadavres mutilés et décapités", novembre 1997. Ce petit ouvrage fait partie de la collection "Paroisses et Soldats de l'armée vendéenne", cahier N° 55. Il est peut-être encore disponible auprès de l'Association Vendée Militaire, 2 avenue de la gare, 49123 Ingrandes-sur-Loire.

     Nous n'allons pas, bien entendu, citer l'intégralité de cette œuvre de recherche et nous allons aller à l'essentiel, c'est-à-dire, l'énigme du reste du corps du général vendéen et surtout où ils se trouve aujourd'hui.

     Lieu où Jean-Nicolas Stofflet fut fusillé

     

    La sépulture de Jean-Nicolas Stofflet....

      

    Le crâne du général vendéen exposé au musée de Cholet. Photo tirée du blog de "La Maraîchine Normande".

     

    La sépulture de Jean-Nicolas Stofflet....

     

    Il ne fait aucun doute que dès la mort de Stofflet, son corps fut décapité et son bras droit amputé afin d'être montrés dans les rues d'Angers, notamment par un "citoyen Gauthier". Oui, d'accord, mais vous allez me dire : "c'est bien joli tout cela, mais où a-t-il été enterré ?" Nous y arrivons : si l'on en suit le travail de Dominique Lambert de la Douasnerie, Stofflet et ses compagnons d'armes, au nombre de quatre (Charles Lichtenheim, son aide de camp, 24 ans, Joseph Moreau, 20 ans, Pierre Pinot, 21 ans et Joseph-Philippe Erondelle Desvarannes, 30 ans), furent enterrés au cimetière du Clon d'Angers. Une explication géographique s'impose et nous suivons toujours le travail de Dominique Lambert de la Douasnerie, accompagné des références de localisation faites par nous-même. Le Clon, avant la révolution, était une closerie (petite exploitation agricole clôturée). Voici ce qu'en dit le site de la ville d'Angers :

     

     "Doit sa dénomination (Le Clon) à la présence d'une ancienne closerie, dont l'existence est attestée dès 1113 : "Locus que Clum vocatur" : lieu qui a pour nom le Clon. Elle apparaît encore dans le cartulaire de Saint-Aubin en 1293 : "Locus que dicitur le Clon". En 1332, le Clon devient la propriété des Cordeliers de Saint-Maurice et est clairement désignée sous le vocable de closerie. En 1492, les cordeliers la vendent au chapitre. A la Révolution, les bâtiments sont vendus comme bien national mais ne sont pas détruits car ils apparaissent bien sur le cadastre napoléonien en 1810, cependant qu'un embryon de cimetière s'installe à proximité dès 1776. La municipalité trouve dans ce cimetière un remplaçant naturel aux cimetières de la Madeleine, de Saint-Michel et de Saint-Laud, frappés de fermeture. Il porte le nom de cimetière du Clon et est utilisé jusqu'en 1841. La closerie du Clon disparaît quant à elle en 1877."

     

     On pourra ajouter qu'il était également prévu pour les paroisses Saint-Maurille, Saint-Pierre, Saint-Denis, Saint-Julien et Saint-Martin (D. Lambert de la Douasnerie, op.cit, qui précise 1847, comme date de la désaffectation de ce cimetière).

     

     Nous le voyons ici sur la matrice cadastrale d'Angers en 1809...

     Sur le tableau d'assemblage...

     

    La sépulture de Jean-Nicolas Stofflet....

     

     ... Et sur la feuille détaillée (C3 du Sud, AD49). La croix rouge indique l'emplacement du cimetière.

     

    La sépulture de Jean-Nicolas Stofflet....

     

     Ma belle-fille s'est amusée à faire un petit calque du plan cadastral et d'une vue aérienne afin de situer l'emplacement de nos jours.

    La sépulture de Jean-Nicolas Stofflet....

     

    Vous pensiez donc trouver les restes de Stofflet sous un amas de béton et de bitume, eh bien non ! En 1847, on recueille les ossements du cimetière du Clon et on les transfère dans le cimetière dit "de l'Est", fraîchement établi. Un caveau est construit à cette fin et on édifie une chapelle au-dessus de l'ossuaire, bénie par Mgr Freppel le 31 octobre 1870.

     C'est donc là, parmi des centaines de dépouilles, que reposent les restes de Jean-Nicolas Stofflet et de ses compagnons d'armes...

     Vue aérienne du cimetière de l'Est. La croix rouge indique le lieu de la chapelle sous laquelle les ossements de Stofflet reposent.

     

    La sépulture de Jean-Nicolas Stofflet....

     

         Nous avons le crâne de Stofflet et nous avons le lieu de sépulture de son corps, nous savons donc tout... Tout ? Pas si sûr... Mais qu'est donc devenu son bras droit amputé comme nous le disions au début de cet article ?

          La réponse peut-être un jour ou jamais...

     

     RL

    Février 2015

     

    PS :  le lecteur pourra découvrir un autre article traitant de la sépulture de Louis-Marie de Lescure ici.

     


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