• La Roche de Mûrs....

                                                            

    La Roche-de-Mûrs, 

    un monument élevé à la mémoire de ''vils poltrons''…

     

                       

    C'est ainsi que le représentant du peuple Philippeaux nomme les soldats des 6e et 8e bataillons de Paris chargés de la défense d'Erigné et de la Roche-de-Mûrs. Ces bataillons de la deuxième formation furent constitués en mai 1793, le 6e dit du Luxembourg et le 8e dit des Lombards ; composés de poivrots, de criminels et de pillards, purs produits que seule la lie du peuple ''révolutionnaire'' de Paris puisse offrir comme soldats. Ces gens-là ne sont pas venus pour se battre, mais pour toucher la solde...

    En ce vendredi 26 juillet 1793, le 8e bataillon, commandé par le lieutenant-colonel Bourgeois tentera de résister à la Roche-de-Mûrs, mais ses soldats se jetteront volontairement dans les eaux du Louet au lieu de combattre. C'est pour ce haut fait d'armes que la république élèvera en 1889, à la mémoire de ces déserteurs (on a le centenaire que l'on mérite), ce pompeux monument que nous pouvons encore admirer aujourd'hui. Cet ouvrage est  le symbole vivant du mensonge permanent dont se nourri la république.

     

    Le 29 juillet 1793, les Affiches d'Angers se feront l'écho de cette magistrale raclée de la Roche-de-Murs.

     

      N° 114 – Affiches d'Angers ou Moniteur du Département de Maine-et-Loire du Lundi 29 juillet 1793, l'an deuxième de la République Française. Département de Maine-et-Loire.

     

     

    « Proclamation du citoyen PHILIPPEAUX, représentant du peuple, commissaire national dans les départements du Centre et de l'Ouest, aux administrateurs, fonctionnaires publics, civils, militaires et à tous les citoyens des districts et départements qui environnent la ville d'Angers.

     

    Citoyens, je viens d'arriver dans la ville d'Angers, à la barbe d'une colonne de brigands qui savent faire trembler les lâches, mais qui ne font jamais reculer de francs républicains  ; hier vers midi, le poste important des Ponts-de-Cé qu'il étoit si aisé de défendre a été abandonné lâchement à l'armée anti-chrétienne ; les parjures qui ont ainsi compromis la gloire et le salut de la république ont achevé de se couvrir d' opprobre, en faisant dans leur fuite des rapports fabuleux, capables d'inspirer la terreur et décourager les braves citoyens qui veulent effacer leur honte. Le mal est grand, puisque la république n'a pas été victorieuse, mais il est réparable, si on s'empresse de venir à son secours, ce sera pour les brigands un foible avantage, que d'avoir envahi les Ponts-de-Cé, si la ville d'Angers tient ferme contre leurs efforts ; trois ou quatre mille républicains, fidèles à leur poste, sont dans ses murs, résolus d'établir, au pied des remparts, le sépulcre des brigands qui oseroient en approcher ; mais pour rendre la victoire plus prompte et plus décisive, la patrie vous conjure, citoyens, de réunir vos forces à celles de vos frères les Angevins qui vous attendent avec impatience  ; leur ville est capable de consumer toutes les ressources de l'ennemi, venez la secourir en vous sauvant vous-même. Cette cité est la seule digne qui puisse préserver vos contrées de la scélératesse des brigands ; une fois rompue, ils se précipiteroient chez vous et y commettant mille horreurs. La Sarthe fait avancer trois mille hommes ; que les autres contrées voisines imitent son exemple ! Citoyens, vous seriez écrasés en détail, l'un après l'autre, si votre retard à secourir Angers permettoit aux rebelles de subjuguer cette ville. Empressez-vous de réparer la perfidie et la lâcheté des misérables qui ont trahi leurs serments ; que ceux là ne trouvent aucun asyle chez vous ; qu'ils soient désarmés et conduits en prison comme déserteurs ; que ceux qui opposeroient la violence ou commettroient quelques brigandages soient repoussés par la force comme ennemis publics. Les brigands sentiront la différence d'avoir à combattre des braves gens, ou de mettre en fuite de vils poltrons ; vous aurez sauvé votre patrie ; et couvert de gloire, vous jouirez du bonheur qu'elle réserve aux hommes libres.  »

     

    Angers, 27 juillet 1793 ; l'an second de la république française.

     

                                                                                       

    Signé : PHILIPPEAUX

     

        Sources: Archives Départementales du département du Maine et Loire tous droits réservés, les Affiches d'Angers n°114 du 29 juillet 1793, vue N° 34. Photo : " Vendéens et Chouans", article du 25 juin 2017.

     

     

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 

     

    La Roche de Mûrs....


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :