• La Renusière de Maulévrier....

     

    La Renusière de Maulévrier…

     

     

    Extraits des notes de Louis-Abel Loiseau (1896-1958) sur la famille Loiseau. Documentation fournie par madame Christelle Blanchet-Dixneuf et publiée avec son aimable autorisation.

     

    RL

    Août 2017

     

     

    « Avant la révolution, mon arrière-grand-père Pierre Loiseau exploitait la ferme de la Renusière, commune de Maulévrier. Quel âge avait-il au moment des guerres de Vendée ? Était-il marié depuis longtemps ? Je l’ignore. Tout ce que je sais, c’est qu’au moment où les colonnes infernales ravageaient la Vendée, mes arrière-grands-parents avaient un bébé de quelques jours. On a beaucoup parlé à la fin de la guerre 39-45 des atrocités commises par les Boches surtout à Oradour où toute la population de la petite ville fut anéantie sauvagement. Hélas, les Boches n’avaient pas inventé la cruauté et la Vendée avait connu cela avant Oradour. Les colonnes infernales de la République française avaient beaucoup de ressemblance avec les S.S. d’Hitler avec cette aggravation qu’elles s’attaquaient à des Français qui défendaient surtout leurs croyances religieuses.

    Un jour de 1794, à la Renusière, les colonnes infernales sont signalées. « Allez-vous cacher ! » dit mon arrière-grand-mère Rose Gouin aux autres habitants de la ferme, « moi je reste car mon bébé, par ses cris, nous trahirait tous. » Elle reste, les Bleus arrivent ; ils sont deux qui se dirigent vers la pièce où mon arrière-grand-mère debout derrière la table, son bébé dans les bras, crânement les attend. Le premier soldat qui rentre met la Vendéenne en joue mais le deuxième se précipite en disant : « Fais pas ça malheureux ! » Au même moment, il pose la main sur le canon du fusil. Le coup part et foudroie le chien couché sous la table. Mon arrière-grand-père avait la vie sauve et la ferme ne fut même pas brûlée. Ils fouillèrent partout et ne trouvant rien, repartirent. Il existe encore chez mon frère aîné, à la Brarderie, une vieille armoire à une porte, qui porte encore les traces de deux coups de sabre donnés par les bleus. Le bébé qui était mon grand-oncle grandit et en 1830, étant resté vieux garçon, il suivit la duchesse de Berry dans sa tentative de soulèvement de la Vendée et fut tué dans les marais vendéens par les soldats de Louis-Philippe.

    Les habitants de la Renusière vécurent sans doute d’autres aventures pendant la grande guerre comme on disait, mais mon grand-père ne connaissait que cet épisode tragique d’ailleurs… »

     

    La Renusière sur le cadastre de 1810 :

     

    La Renusière de Maulévrier....

     


  • Commentaires

    1
    Lhériau Marie Thérès
    Mardi 15 Août à 09:08

    cet écrit est celui de mon grand père maternel, très heureuse qu'il soit repris dans ce blog et encore merci pour tous ses écrits

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