• La Pellerine....

                                                            

    ''Virée de Galerne'' la Pellerine, département de la Mayenne, 

    le 2 novembre 1793 

     

     

       

     

    La Pellerine....« Le 2 novembre 1793, les vendéens envahirent la ville d'Ernée dont ils s'emparèrent. 

    Le 3 novembre au matin, ils commencèrent à l'évacuer. 

    Ils se dirigèrent vers la Bretagne. Ils furent arrêtés sur la route d'Ernée à la Pellerine, près ce petit bourg, par les chasseurs du 19ème bataillon de Paris. Un détachement de gardes nationales séjournait depuis quelque temps à la Pellerine. Il venait de Mortain. 

    L'avant-garde alla pour porter secours aux chasseurs de Paris. C'était courir à une mort certaine. Toute résistance était impossible et les Bleus furent obligés de battre en retraite... On ignore combien d'hommes du bataillon des chasseurs de Paris furent mis hors de combat. Deux gardes nationaux de Mortain furent tués. L'un d'eux se nommait Aufray-Cotentinière* et était commissaire national près le tribunal du district de Mortain. Ses filles demandèrent que l'on fit une enquête sur les causes de sa mort. - C'est dans le procès-verbal de cette enquête faite le 28 nivôse an 2 par Jendry, assesseur du juge de paix d'Ernée que nous avons trouvé l'indication de cet engagement.»

     

      *André-Jean-Julien-Baptiste Aufray de la Cotentinière, maire de Mortain en 1792 – Avocat au Parlement, Conseiller du Roi, lieutenant des Eaux et Forêts du comté de Mortain ; marié le 23 avril 1765 à Mortain avec Anne-Vincente-Françoise de Lossandière, (vue n°285/319 mariages année 1765 Mortain),  décédée le 15 mai 1779 à Mortain. De cette union sont issus deux fils :

     

    1° Narcisse-Gilles- 1° André Aufray de la Cotentinière, né le 29 octobre 1765 à Mortain.. 

    2° Ferdinand-Eugène Anfray de la Cotentinière, né le 16 octobre 1778 à Mortain. 

    Et trois filles.

     

    Il est le fils de Gilles Anfray de la Cotentinière, ancien lieutenant de la Connétablie de France et de noble dame Elisabeth Tesson. 

      

    « Le général Vendéen Lescure, avait été grièvement blessé le 14 octobre 1793 à la bataille de la Tremblaye le 14 octobre 1793 entre Mortagne et Cholet. Depuis le passage de la Loire à Varades, on le portait à l'arrière garde de l'armée. La blessure était mortelle ; une balle lui avait fendu l'os du front jusqu'à la partie postérieure du crâne. 

    Dans les jours qui suivirent l'entrée des Vendéens à Laval, Lescure éprouva quelque soulagement, mais bientôt le mal empira et il ne se fit plus d'illusion sur sa fin prochaine. 

    Lors de son arrivée à Ernée, son état était désespéré. On dût néanmoins se décider à la transporter à Fougère. 

    Mme de Lescure, qui soignait son mari avec un grand dévouement, prit place avec un fidèle domestique, dans la voiture où l'on avait étendu le blessé sur un matelas. 

    Mais comme il était visible que l'infortuné général était près d'expirer, on voulut à tout pris arracher Mme de Lescure qui était en état de grossesse, au spectacle navrant qu'elle allait avoir sous les yeux. On parvînt à la décider à céder sa place dans l'intérêt même de son mari, à un chirurgien. Mme de Lescure plongée dans l'anéantissement se laissa placer sur un cheval. 

    C'est à trois kilomètres de la Pellerine que Lescure rendît le dernier soupir. 

    Mme de Lescure ayant entendu quelque bruit dans la voiture et des sanglots voulut s'y élancer. On la détourna de sa résolution, lui disant que l'état de Lescure n'avait pas empiré, et qu'il était nécessaire de ne pas ouvrir la portière à cause du froid qui pouvait saisir le blessé. C'est seulement en arrivant à Fougère qu'on lui apprit la fatale nouvelle. 

    Une croix de bois placée aux Bernardières sur le bord de la route d'Ernée à la Pellerine indique le lieux exact où mourut Lescure. 

    Son service funèbre fut célébré à Fougère. 

    Après l'échec sérieux que les Vendéens éprouvèrent sous les murs de Granville que ses habitants défendirent vaillamment (14,15,16 novembre), ils ne songèrent plus dès lors qu'à rentrer dans leur pays. 

    Ils repassèrent à la Pellerine le 24 novembre. 

    L'armée vendéenne était alors dans le plus triste état. On rapporte que les fossés des routes étaient remplis de cadavres de Vendéens, morts de fatigue et de la dysenterie. 

    Du fait de ces deux passages, la commune de la Pellerine éprouva de grandes pertes. »

     

    Ernée le 14 juillet – L'instituteur-adjoint d'Ernée chargé du travail

    signé J. Royer. 

     

    Il est très rare que les communes de ''Galerne'' enregistrent les décès des Vendéens. Les registres paroissiaux de  la Pellerine nous informent (décès 1793- vue n°30/96) du décès de cinq Vendéens à la ''Bicherie''. Cinq cadavres de l'armée Vendéenne sont découverts le 4 novembre 1793, au bord de la route près du bourg. (Cadastre de 1809, page 1/1- 3P2768/6 bourg (le). 

    La Pellerine....

     

    « Aujourd'hui quatrième jour du mois de novembre 1793 à huit heures du matin par devant nous Alexis Fauvel, membre du conseil général de la commune de la Pélerinne département des la Mayenne ; élu pour recevoir les actes destinez à constater les naissances, les mariages et décès. Sont comparus en la maison commune, Pierre Jugan journallier âgé virons quarante deux ans et domicilié dans la dite municipalité de la Pélerinne au village de la Bicherie et François Robichon native de la paroisse du May (Mée), âgé virons cinquante sept ans, lesquels Pierre Jugan et François Robichon déclaré que les dits corps sont morts, sans vie, une fille de dix huit ans viron et une autre de sept ans viron et deux hommes âgés viron vingt trois à cingt ans et un enfant âgé viron douze ans, lesquels ses cinq personnes sont morts de l'armée qui a passé par notre bourg en date ci-dessus marqué, d'après cette déclaration je me suis assuré du décès desdit personnes et ont été inhumé en ce cimetière de cette paroisse et jen ay dressé le présent acte que Pierre Jugan et François Robichon ont déclaré ne scavoir signé, fait en la maison commune de la Pélerinne le quatrième jour du mois de novembre mil sept cent quatre vingt treize ; »

     

    Signé Fauvel. 

     

    La Pellerine....

     

    Sources: Archives Départementales de la Mayenne et de la Manche tous droits réservés ; registres des baptêmes, mariages de Mortain, années 1765, 1767, 1778  - Bases monographiques communales de la Pellerine vue n° 18,19,20 – Registres de l'Etat-Civil de la commune de la Pellerine  décès 1793, vue n°30/96 - (Cadastre de 1809, la Pellerine, page 1/1- 3P2768/6 bourg (le). Photo : Marquis de Lescure, la Maraîchine Normande. 

                                                                      

                                                            

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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