• La mort de M. de Royrand....

     

    Le 15 Frimaire de l’an 2, 

    où se trouve l’Armée Catholique et Royale ? 

           

       

    « Les Républicains arrivèrent à Suette (près de Seiches-sur-le-Loir) au moment où les Vendéens venaient d’en sortir. Partis au matin de ce même jour, 5 décembre (15 Frimaire), les fugitifs, empêchés par la coupure du pont, de se diriger vers Durtal, envahissaient Jarzé, sur les dix heures du matin, et pénétraient à midi dans Baugé. Ils eurent la douleur, pendant le trajet, de perdre Royrand*. Traîné dans une voiture à la suite de l’armée, depuis sa blessure qu’il avait reçue à la bataille d’Entrammes, il avait été en butte à toutes les misères qu’une vie errante, depuis six semaines, pouvait lui faire éprouver. Il expira entre les bras de son fidèle ami Vaugirard : « Mon ami, lui dit-il, avant de rendre le dernier soupir, je meurs content de ne pas survivre à nos désastres, je demande pardon à Dieu de mes péchés, et j’espère tout de sa grande Miséricorde. » Ainsi mourait en vrai chrétien, comme Cathelineau, Bonchamps et Lescure, ce brave général du centre du Poitou. Il fut enterré à Baugé. »

     

    * Royrand est mort entre Suette et Baugé.

     

    « Les Poitevins furent vivement affectés de la perte de cet homme recommandable. Ils voulurent mettre à sa place M. Amédée de Béjarry, mais ce vaillant officier refusa par modestie de prendre le titre de général ; il consentit seulement à en remplir les fonctions. » 

    « Aussitôt qu’ils furent arrivés à Baugé, les généraux Vendéens s’assemblèrent en conseil chez Monsieur Georges du Chêne, pour arrêter leur plan de retraite. Ils avaient pu rallier autour d’eux vingt cinq mille hommes...» 

    « Le 6 décembre,(16 Frimaire) les Vendéens marchent à la rencontre de Westermann, l’affaire fut assez chaude entre Baugé et Echemiré. »

    (Certainement entre Petite Sainte Catherine et le ruisseau du Moulin d’Echigné.)

    L’artillerie volante des Républicains s’est postée dans un petit bois au bout d’une plaine qui entoure la ville. Poursuivi, Westermann se réfugie dans le château de Jarzé, y met le feu et se rejette sur Suette*.

     

    L’armée vendéenne passe la journée du 6 décembre à Baugé et le vendredi 7 décembre (17 Frimaire), elle quitte Baugé de grand matin et prend la route de la Flèche, par Montpollin et Clefs. 

     

    * Un mot sur le relais de poste de Suette :

     

    « En ce qui concerne la route qui relie le Mans à Angers, il faudra attendre la mise en oeuvre, en France, à partir de 1738, d’un plan général de remise à neuf des routes existantes et d’ouverture de voies nouvelles. Grâce à ces travaux, cette route deviendra ainsi « route royale », « route de poste », « route de messagerie », « route impériale », « route nationale ». 

     

     Dans ce carrefour de Suette, le deuxième axe important correspond à la route qui, par Jarzé et Baugé, permet d’atteindre Tours. Pendant bien longtemps, elle ne fut qu’un simple chemin de terre, empierré seulement par endroits.

    En 1790, sur une longueur de 26 282 toises (52km) 27 % étaient encore à l’état naturel. Et pourtant, comme l’écrivait, en 1802, le même préfet : d’abord elle évite aux voyageurs la vallée de la Loire. Ensuite elle vivifie un territoire immense qui contient de nombreuses forêts. Elle est encore très utile pour le commerce du bétail. Les travaux entrepris peu après 1800 en feront une route permettant le désenclavement du Baugeois, pour le plus grand profit de Suette. » 

     

    La mort de M. de Royrand....

    Voici ce que nous dit Amédée de Béjarry sur ces journées funestes.

     

    « Dol avait vu tomber le dernier des généraux de la première Vendée (1). Le brave Royrand avait été blessé. Il ne succomba pas. Il continua sur la paille de sa charrette, à conduire ses Poitevins qui l’aimaient et qui ne l’abandonnaient pas. Mais son commandement devint plus lointain ; son lieutenant, son aide de camp favori, en fut l’interprète. Peu à peu, ce commandement passa au lieutenant, et mon père finit par l’exercer complètement sous le nom du général, dont les forces s’épuisaient. Tant qu’il conserva la vie, il en fut ainsi dans son corps d’armée. Lorsque le pauvre général mourut à Baugé, officiers et soldats voulurent donner à mon père le titre qu’il exerçait de fait : il refusa etc... » 

     

    (1) D’après Ussault, ce ne fut pas à la grande bataille de Dol que Royrand fut blessé, mais à une affaire de nuit qui avait eu lieu avant l’autre. 

     

    Au cours de ces vacances, j’ai suivi l’itinéraire de « la charrette de Royrand » entre Suette et Baugé, sous forme d’un petit reportage photos.

    Il manquera la tombe du général au cimetière de Baugé, puisque personne n’a gardé le souvenir de son emplacement, et aucune tradition orale ne nous est parvenue… Le cimetière, lui aussi ayant peut-être changé d’emplacement.

     

    La mort de M. de Royrand....

    Un itinéraire bis ? Suette et son relais de Poste, L’Abbaye de Chaloché, les Grands Bois de Jarzé au Nord de Chaumont d’Anjou, Jarzé, Sermaise (Les Vendéens brûlent les papiers de la mairie), de Sermaise vers Baugé pour arriver à Baugé par Petite Sainte Catherine ou par le Vieil-Baugé, pour un total de 26 km environ, par de mauvais chemins. Pour une colonne qui serait passée par Sermaise ? Ce n’est qu’une supposition, la colonne principale ayant certainement emprunté le grand chemin, du relais de poste de Suette à Baugé par Jarzé et Echemiré, le nombre de kilomètres étant pratiquement identique.

    En ce qui concerne Sermaise, : peut-être aussi une incursion de la cavalerie de la Grande Armée Vendéenne, en éclairage sur son flanc droit ? Il faut savoir que la cavalerie Vendéenne, lors de ses deux passages à Baugé, a fait des reconnaissances jusqu’à Beaufort, Longué, et la Ronde, afin d’essayer de passer la Loire à Saumur. J’ai donc musardé sur l’itinéraire bis.

    Les Vendéens ont dû quitter Suette vers 7 heures du matin, il fait encore nuit en décembre, pour arriver à Baugé à midi, ce qui nous fait du 5km/h.

    Nous savons que des « Vendéens passèrent par Sermaise après l’échec d’Angers, le 12 décembre 1793, et brûlèrent les papiers de la mairie... » (Célestin Port page 392 Tome IV).

    L’emplacement de ce village, à peu près à la moitié du trajet, nous donne un aperçu de la zone de passage de la Grande Armée.

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de Maine-et-Loire, tous droits réservés – cadastre Baugé - tableau d’assemblage plan Napoléonien de 1836 cl 3P4/18/1. Emplacement du cimetière près Petite Sainte Catherine.

    . Lexilogos – carte de Cassini – carte générale de France 1744. Le Chemin de Suette à Baugé.

    . Histoire de la Guerre de la Vendée de l’Abbé Deniau, Tome III, pages 322 et suivantes. Siraudeau, éditeur.

    . Amédée de Béjarry – Souvenirs Vendéens d’Yves Salmon éditeur -Janzé 1981. pages 141,142.

    . Et Fouett’ Cocher ! La poste aux chevaux de Suette près Seiches-sur-leLoir de Jacques Béguin – Cheminements 2006 – pages 16 et 17.

    . Dictionnaire Historique, Géographique et Biographique de Maine et Loire Célestin Port.Page 392.

    . Photos : de l’auteur. 

     

           Le relais de Suette, construit en 1779, au carrefour Angers-La Flèche et Suette-Baugé : 

    La mort de M. de Royrand....

         L'église de Jarzé : 

    La mort de M. de Royrand....

            Echemiré : la tombe de Jean Châtelain dit "Tranquille" :

    La mort de M. de Royrand....

         Chaumont d'Anjou, au Sud de Jarzé :

    La mort de M. de Royrand....

          Sermaise :   

    La mort de M. de Royrand.... 

    La mort de M. de Royrand....

    La mort de M. de Royrand....

          La plaine entre Sermaise et Baugé :

    La mort de M. de Royrand....

    La mort de M. de Royrand....

         Baugé : 

    La mort de M. de Royrand....

    La mort de M. de Royrand....

     

    Xavier Paquereau pour Chemins secrets


  • Commentaires

    3
    lasseu49
    Jeudi 27 Août à 17:57

    Bonjour, à l'heure d'aujourd'hui concernant Charles Aymé de Royrand serait enterré à Sermaise petite commune non loin de Baugé sur une propriété privée, affirme l'ancien maire de cette bourgade. Je dois retourner voir les propriétaires de cette belle demeure. Espèrant trouver l'endroit exact afin de donner une sépulture digne de ce nom , à ce général vendéen qu'était Charles Aymé de Royrand. Cordialement didier.

      • Jeudi 27 Août à 18:46

        Bonjour monsieur Lasseu,

        Cette histoire de dépouille de Royrand au château de la Porte traîne depuis 2015 ! Elle a été propagée par le maire de la commune de Sermaise qui à chaque fois qu'on veut le contacter se montre injoignable. C'est dommage car c'est tout à fait crédible mais hélas les personnes qui donnent cette information sont bien peu sérieuses. Je vous souhaite bien du courage pour retrouver Royrand.

        RL

    2
    Guy jacob
    Mardi 28 Juillet à 21:44
    Avec Pierre P , nous avions eté reçuà la mairie de Sermaise
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :