• La Meilleraie-Tillay, Montournais, lieux de massacres (1)....

     

    La Meilleraie-Tillay, Montournais :

    lieux de massacres (1ère partie)…

     

     

    Il y a déjà bien longtemps que je ne vous avais pas parlé de la Meilleraie-Tillay. La dernière fois remonte à cet article publié sur le blog en 2011 et dans la revue d’une association en 2006. Si j’y reviens, c’est d’une part pour un clin d’œil à Marie-Odile, amie et habitante du village, tout autant que pour tenter de vous en apprendre davantage sur des lieux de massacre qui ne sont bien entendu jamais mentionnés par les « grands » historiens qui les ignorent, pensant qu’il est plus rapide de singer l’historien-romancier du siècle précédent.

    L’histoire du massacre de l’église de la Meilleraie a souvent été contée et nous allons en reparler dans les lignes qui vont suivre.  Sur le territoire de la Meilleraie-Tillay se trouve un gros rocher nommé la « Pierre-qui-va-boire ». On ne sait trop comment ce mastodonte peut aller se promener à travers les taillis qui l’entourent pour aller se désaltérer dans le Grand Lay, à plus forte raison en bravant le passage des TER qui foncent sur la voie ferrée toute proche, mais la légende est là. On notera toutefois que ce rocher se situe au cœur d’un bois nommé « Bois de la Folie » à ne bien entendu pas confondre avec le lieu éponyme de Pouzauges. J’avais déjà évoqué brièvement ce lieu ici.

    Lors du passage de la colonne infernale de Lachenay, le 29 janvier 1794 plusieurs personnes de la Petite et de la Grande Vinatière (cette dernière dépendant de Pouzauges) se pensent bien cachées près de ce rocher. Hélas, elles sont dénoncées par un certain monsieur de la Villette, habitant de Tillay, et massacrées par les soldats républicains. Plus tard, au cours de l’année 1796, quelques survivants de la tuerie s’emparèrent du traître et l’égorgèrent à l’endroit même du crime, en compagnie de son domestique. C’est ainsi que la « Pierre qui va boire » porte depuis ce temps le nom de « Rocher de la Villette » et que le  fantôme sans tête du dénonciateur rôderait dans le bois.

    Le rocher de la Villette aujourd'hui, par un chemin d'accès plutôt sinistre :

    La Meilleraie-Tillay, Montournais, lieux de massacres (1ère partie)....

    La Meilleraie-Tillay, Montournais, lieux de massacres (1ère partie)....

    La Meilleraie-Tillay, Montournais, lieux de massacres (1ère partie)....

    La Meilleraie-Tillay, Montournais, lieux de massacres (1ère partie)....

    La Meilleraie-Tillay, Montournais, lieux de massacres (1ère partie)....

    La Meilleraie-Tillay, Montournais, lieux de massacres (1ère partie)....

    La Meilleraie-Tillay, Montournais, lieux de massacres (1ère partie)....

     

    Ma femme a publié ici une biographie de Claude-Philippe Guesdon de la Villette, l’initiateur du massacre.

    Voyons à présent ce que dit l’abbé Dubin (1) qui commence par raconter l’épisode du massacre de l’église (2) :

    « Et la troupe de faire son entrée. Et nos gens d’ouvrir aux arrivants leurs maisons, leurs tables. et leurs cœurs ! Lachenay en profite : « Que tous, ordonne-t-il, se rendent à l’église… Qu’en toute confiance, ils y emportent avec eux leur argent ! Par contre malheur aux autres ! L’ensemble obéit. M. Rhabiller, le premier, suivi de sa bonne et de son chien. Hélas ! A peine sont-ils entrés, que, brusquement, l’on sépare brutalement les hommes des femmes, qu’on les fouille, qu’on leur enlève leur argent et leurs effets, et que, les faisant passer par une petite porte latérale, située près de l’autel et ouvrant sur le cimetière, on les juge sommairement et on les fusille, les uns après les autres, en commençant par le curé. Ah ! S’ils avaient su les propos tenus à Pouzauges, la veille, par Grignon, ils auraient été moins sûrs d’eux-mêmes. « L’on est bien bêtes, avait dit le général, l’on tue et, ensuite, l’on pille : il vaut mieux piller d’abord, et ensuite, tuer quand même ! «  On le voit, la consigne était suivie !

    Combien périrent ? M. Léon Audé, dans l’Annuaire, parle de 34, mais les chiffres varient suivant les sources et atteignent parfois le double. Un seul, de l’avis de tous, échappa, comme dans toutes les grandes catastrophes ! Promettant aux soldats un supplément de bonne chère, il réussit à se faufiler. La peur lui donnant du jarret, il était, parait-il, le soir à Saint-Michel-Mont-Mercure ! La Revue du Bas-Poitou et l’abbé Billaud nomment ce rescapé : Pain. La tradition locale assure que ce serait plutôt un Souchet. Pain, lui se serait caché sous les vergnes, du côté de la Godinière (3) et aurait eu, lui aussi, la vie sauve. Ailleurs, une femme se serait dissimulée dans le tronc creux d’un chêne, d’où elle aurait aperçu passer la colonne des massacreurs. Les cloches, dit-on, descendues à temps, auraient été dissimulées dans le lit de la rivière. A l’église, la troupe pilla, incendia. La chaire et les bancs furent la proie des flammes. Puis, ce fut le tour des ornements sacerdotaux.

    Les Bleus se répandirent alors dans la bourgade en y prolongeant et en y renouvelant les scènes barbares de l’église. Tandis qu’une sentinelle veillait à l’endroit de la bascule actuelle, dans une demeure voisine, une femme était tuée à coups de baïonnette sous les yeux éplorés de sa petite fille : une bambine de 5 ans qui ne fut épargnée que parce que l’un des soldats, ayant une enfant du même âge, fut, quand même, pris d’un mouvement de pitié à son égard. (Communication orale de M. Louis Bourasseau de Bourneuf. Il s’agit de son aïeule)

    La Meilleraie-Tillay, Montournais, lieux de massacres (1ère partie)....

    A Bourneuf, ainsi que le déblaiement des maisons ruinées l’a prouvé, plusieurs infirmes furent brûlés dans leurs lits (4). On a retrouvé des os calcinés et la maison de l’Hommeau fut pillée.

    La Revue de la Société Emulation de la Vendée (Annuaire 1856-1857, 3ème année, p. 273) note qu’il est inexact de dire, avec Champion-Bretonnière, que « toutes les maisons du bourg furent brûlées » car, plusieurs échappèrent (mémoire adressé aux représentants du peuple, le 23 germinal an III. Communication de M. des Nouhes de Saint-Fulgent). « Seize maisons de patriotes flambent, écrit l’abbé Billaud, et ce qui fait enrager ceux-ci, c’est de voir que les maisons des royalistes échappent à l’incendie. Mais, comme à Saint-Mesmin, Lachenay fait la sourde oreille. »

    En réalité, l’abbé Dubin fait allusion ici à la dénonciation des citoyens Souchet, Durand, Pouzin et Champion, contenue dans l’ouvrage de Lequinio : « Guerre de la Vendée et des Chouans », paru en octobre 1794 et bien connu des spécialistes des colonnes infernales. Je vous invite à reprendre cet ouvrage (disponible en ligne) et à consulter les pages 93 à 95 pour avoir tous les détails.

    Venons-en à présent à des choses beaucoup plus mystérieuses aussi bien sur la commune de la Meilleraie-Tillay et que chez les voisins de Montournais…

    A suivre ici.

    RL

    Septembre 2019

     

     

    Notes :

    (1)  « Notes historiques sur la Meilleraie-Tillay », Jean-Marie Dubin, texte imprimé, 1977, p. 126 et 127, bibliothèque du diocèse de Luçon.

    (2)  Ma femme et moi-même avons déjà publié des articles sur le massacre de l’église, ici et ici.

    (3)  Située au Sud-Est de la Meilleraie-Tillay, la Godinière appartient à la commune de Montournais.

    (4)  Sans doute faut-il rapprocher ce récit de celui contenu dans les dénonciations contre Grignon et Lachenay, qui parle d’un certain Souchet, âgé d’environ 80 ans qui fut brûlé dans son lit.

     

     

     

     


  • Commentaires

    1
    jacques chauvet
    Mercredi 2 Octobre 2019 à 20:01

    Le Pain rescapé du massacre  de la Meilleraie serait un certain Louis-marie Pain , frère de notre ancêtre  Pierre Pain. Louis-Marie  vivait à la Godinière lors de ces événements.
    PAIN Charles Pierre bordier  N 1775 La Meilleraie – la Lunelière D 1848 La Meilleraie – la Patrie

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