• La Maison du Calvaire....

    La maison du Calvaire à Angers…

     

    Les descriptions par des témoins oculaires des prisons angevines ne manquent pas et nous ne publions ici que le courrier des chirurgiens de la prison du Calvaire, le 18 février 1794, au comité révolutionnaire d’Angers (1). On y retrouve sans surprise les mêmes scènes qu’à Nantes :

     

    Les descriptions ne sont évidemment pas sans rappeler les abominations subies par d’autres peuples, un peu partout dans le monde, pour des questions d’idéologies bâtardes, construites sur la pseudo-émergence d’un « homme nouveau »…

    RL

    Mars 2013

     

    "Parcourons rapidement les appartements (du Calvaire), nous verrons que les individus sont plongés dans la fange, rongés par la vermine et entassés les uns sur les autres dans de petites chambres qui sont tellement infectées par les miasmes putrides qui s'exhalent des morts et des mourants, qu'en y entrant on est sur le point de se trouver suffoqué…Interrogeons les administrateurs, l'apothicaire, demandons à tous ceux qui sont employés en cette maison. Tous vous diront que les détenus sont on ne peut plus mal nourris, qu'ils n'ont de bouillon que celui qui est fait avec des graisses ou des rebuts de viande et encore n'en ont-il qu'en petite quantité. Ils vous diront qu'ils n'ont que peu ou point de vin, qu'ils manquent de linge pour se changer et de feu pour se chauffer, qu'ils couchent sur de la paille en partie pourrie par les matières stercorales des malades. Ils vous diront enfin que les femmes enceintes et les mères nourrices sont exposées à de semblables misères, que leurs enfants meurent en naissant ou languissent perclus entre les bras décharnés de celles qui leur ont donné le jour (...). Le croiriez-vous, citoyens, des petits enfants qui ont perdu leurs mères sont sans secours, abandonnés à eux-mêmes ; ils demandent à hauts cris à boire et l'on est sourd à leur faible voix, excepté quelques femmes qui vont leur chercher de l'eau froide ; aussi les moins robustes ont succombé et un grand nombre d'autres sont maintenant livrés aux douleurs, ou aux prises avec la mort, sans pouvoir leur administrer les remèdes convenables, n'ayant que de mauvais bouillons et une tisane commune à leur offrir, manquant même de personnes pour les distribuer ; aussi lorsque l'officier de santé fait ses visites, il ne peut prescrire aux malades que des palliatifs et des potions calmantes, craignant de leur porter le coup de la mort en leur donnant des médicaments actifs qui ne produisent de bons résultats que lorsqu'ils sont accompagnés de secours accessoires. Le croiriez-vous enfin, des enfants ont vu expirer à leurs côtés celle dont ils avaient reçu l'existence, et des mères ont vu périr de misère entre leurs bras cinq à six de leurs enfants sans pouvoir leur procurer le moindre soulagement". Les grands froids de l'hiver 1793-1794 rendirent plus horrible encore la situation des prisonniers. En effet, le thermomètre descendit cet hiver-là jusqu'à 17° au-dessous de zéro ... La mortalité est effroyable. Ecoutons encore les chirurgiens du Calvaire : "Voyez les morts, les malades et les agonisants couchés à côté de ceux qui jouissent encore de la santé ; je dis encore, car tous ceux qui sont détenus au Calvaire seront la proie des douleurs et bientôt au nombre des morts ; calculez et vous verrez que le terme n'en est pas fort éloigné, car il y a peu de jours qu'il n'en meure six ou huit ; je puis même prouver que les malades de cette maison se montaient hier, 30 pluviôse, au nombre de deux cent cinquante à trois cents. Si l'on ne remédie pas un peu à tous ces abus, l'on verra les maladies se propager de proche en proche et se répandre jusque dans le sein même de la ville ..."

     

    Note :

    (1) Dominique Lambert de la Douasnerie avait fait une étude sur le sujet dans le N° 71 de SAVOIR (Bulletin de l’association Vendée Militaire) de décembre 2004.

    Les photographies qui suivent ont été faites avec notre ami Guy Wingel en juillet 2004. Guy Wingel qui connaît Angers comme sa poche, spécialiste des villages des bords de Loire et de la chouannerie  du Nord de la Loire.

     

    Prison du Calvaire, essentiellement destinée aux femmes et enfants. Des fenêtres des étages, étaient jetés les cadavres en état de décomposition qui infectaient les vivants. Le lieu a repris depuis sa vocation religieuse première et les sœurs qui y prient chaque jour, ont bien du mérite de le faire en pareil lieu, même si après tout, cette maison porte rudement bien son nom.

     

    La Maison du Calvaire....

     

     

    Ci-dessous, l'hôtel de la Maquillé où siégeait le tristement célèbre « représentant » Francastel, celui qui ordonnait au général de colonne infernale Grignon : « Tu feras trembler les brigands, auxquels il ne faut faire aucun quartier; nos prisons regorgent des prisonniers de la Vendée!... Il faut achever la transformation de ce pays en désert. Point de mollesse ni de grâce... Ce sont les vues de la Convention... Je le jure: la Vendée sera dépeuplée… » (Essai sur la terreur en Anjou, Camille Boursier, op.cit.).

     

    La Maison du Calvaire....

     

     


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