• La Goubaudière....

     

    La Goubaudière…

     

     

    Cette ancienne ferme de Cholet a bien changé et aujourd’hui entourée par la base de loisirs du lac de Ribou, on a peine à s’imaginer la vie ici du temps des colonnes infernales. Louis Barbier nous parle de ce lieu dans ses mémoires, ici.

     

          « J'allais une fois à la messe, à la ferme de la Goubaudière. C'était le mariage de Viaud, l'hôtelier de la Croix-Blanche, un de nos amis. Rien n'était si triste que ces cérémonies lugubres. L'autel était dressé sur une table éclairée par deux lumières qui laissaient le reste de la pièce dans l'obscurité, Les prières étaient dites à voix basses et toujours avec la crainte d'être surpris.  

    « Puis, nous nous en revenions tous, les uns après les autres par des chemins détournés, avant le jour.  

    « Beaucoup de personnes y furent enterrées. Le cimetière existe toujours ; le fermier n'a pas voulu y toucher et le laisse inculte. »

     

    Le docteur Coubard, dans son ouvrage « La Guerre de Vendée, Cholet 1793-1794 » nous en parle en ces termes :

     

    « …Le dernier acte régulier d'état-civil inscrit aux Registres paroissiaux de St-Pierre de Cholet en l'année 1793 est daté du 15 octobre. C'est un acte de baptême signé de l'abbé Guitton, vicaire, baptême tragiquement carillonné par la rude voix de "Marie-Jeanne" qui grondait à cette heure du côté de la Tremblaye ...

    Deux jours plus tard, l'abbé Guitton, avec beaucoup de ses paroissiens, passait la Loire à la suite de l'armée vendéenne.

    Le curé Boinaud, lui, ne passa pas la Loire. Il reprit simplement la vie errante qu'il menait un an plus tôt, avant l'occupation de Cholet par les Vendéens, retrouvant dans quelques métairies de sa paroisse les cachettes habituelles : le grenier à foin, le pailler, le coin d'étable et même, en cas d'alerte, la maie du pain.

    Suivant des traditions certaines, un de ses principaux ports d'attache était la métairie de la Goubaudière. Posée sur un de ces coteaux escarpés qui dominent le Trézon, à l'écart des lieux de passage, n'ayant pour voies d'accès que de profonds chemins creux, où les colonnes républicaines n'osaient guère s'aventurer, la Goubaudière paraissait un asile à peu près sûr.

    Ce fut là et dans quelques autres refuges de même genre que, pendant une dizaine de mois, le curé de Saint-Pierre, proscrit et traqué, prodigua comme il put les consolations de son ministère à la poignée de paroissiens, proscrits et traqués comme lui, qui restaient encore à Cholet.

    Dans quelque salle de ferme soigneusement close, en pleine nuit, cependant que quelques paysans demeuraient "à la guette", à la virée des chemins, M. Boinaud célébrait la messe, baptisait les nouveau-nés, administrait des mourants ... Et l'on montre encore, dans un pré de la Goubaudière, le cimetière improvisé où le curé de Saint-Pierre faisait inhumer en terre bénite les morts qu'on lui apportait.

    Quand la menace des Bleus se faisait plus pressante autour des métairies de Cholet, M. Boinaud se rendait alors à la Gaubretière qui, jusqu'à la fin de février 1794, demeura à peu près à l'abri de toute incursion révolutionnaire et où l'on comptait jusqu'à trente-deux prêtres, réfugiés dans les fermes de la paroisse… »

     

    La Goubaudière sur le cadastre de 1811 non loin des rives du Trézon, aujourd’hui transformé en lac de barrage :

     

    La Goubaudière....

     

    Sur place aujourd’hui : 

    La Goubaudière....

    La Goubaudière....

     

     

    La Goubaudière....

    La Goubaudière....

     

    Un vieux chêne qui aurait été témoin de plusieurs exécutions

    La Goubaudière....

     

    RL

    Mars 2017

     

     


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