• La Gaubretière et le pont du Grand-Ry....

    La Gaubretière et le Pont du Grand-Ry…

     

     

     

    Si tout le monde connaît l’histoire du siège du clocher de Chanzeaux, que nous avons d’ailleurs évoquée lors de la sortie des « Amis du Pont-Paillat » du 8 octobre dernier, il n’en va pas forcément de même pour La Gaubretière qui a connu non pas un mais deux sièges du clocher de son église. Ces deux combats se termineront d’ailleurs d’une manière tragique, ajoutant ainsi aux terribles horreurs que le village à dû subir au cours des incursions républicaines et du passage des colonnes infernales.

    Revenons si vous le voulez bien sur ces deux épisodes.

    Le 3 février 1794, Boucret écrit à Turreau :

    « Les brigands étaient à la Gaubretière au nombre de quatre mille, les trois quarts armés de fusils, ils en sont partis le 31 janvier, dirigeant leur marche sur Saint-Fulgent ; ils n’ont laissé que cinquante à soixante hommes avec quantité de femmes à la Gaubretière. Je te préviens que j’irai demain matin avec ma colonne brûler ce bourg, tuer tout ce que je rencontrerai sans considération, comme le repaire de tous les brigands. Je n’avais pas encore occupé un pays où je pusse rencontrer autant de mauvaises gens, tant d’hommes que femmes ; aussi tout y passera par le fer et le feu.

    Je n’ai point reçu de pain depuis deux jours qu’il est dû à la troupe, heureusement que l’on en a trouvé dans les métairies, j’en attends ce soir de Chollet.

    Les trois quarts de ma colonne sont sans souliers ; quant      aux habits, je ne t’en parle pas, cependant les soldats sont nus. »

    (Savary, tome III, p. 158). 

    Le lendemain 4 février, 80 personnes, dont 20 femmes s’enferment dans le clocher de l’église tandis que le reste des autres habitants, non-combattants se disperse dans la campagne. Boucret fait assiéger le clocher pendant 8 heures sans succès. Malgré les monceaux de cadavres de républicains décimés par les résistants du clocher, les « infernaux » parviennent à se frayer un passage et incendient les portes de l’église. Une fois les portes brûlées, ils se précipitent dans le clocher et massacrent les vendéens sur les échelles du clocher. Les 45 hommes et 8 femmes restant se rendent et sont évidemment fusillés.

    Un deuxième siège du clocher aura lieu le 2 mars 1795. Un petit groupe de vendéens commandés par Bizoin, attirés par les vivres entreposés dans l’église y pénètre mais se fait surprendre par l’arrivée d’une troupe républicaine. La « Grande Terreur » est officiellement terminée mais les terroristes sont toujours au pouvoir. Ils sont 52 à se réfugier une nouvelle fois dans le clocher. Le siège durera à nouveau 8 heures avant que les munitions ne s’épuisent. 23 personnes, dont 8 femmes, encore une fois, si l’on en croit Paul Legrand, l’historien de la Gaubretière, se rendent. On les fera marcher pendant plus de 4 kms et ils seront tous fusillés au pont du Grand-Ry ( et non du "Grand-Henry" comme on l'a vu sur certains documents) à la limite de la commune des herbiers, tout près du village de la Belletière. C’est ce dernier endroit que nous présentons à présent. Les victimes connues se nomment : Bizoin, Mathurin Landry, Mathurin Micheau, Lucas, de la Soudelache, François Jobard, Jean-Baptiste Durand, Jean Drapeau, Pierre Laurent, Louis et Philippe Rondard, Boudaud, de la Sauvagère.

     

    On voudra bien me pardonner la qualité des photos ci-dessous, faites sous la pluie, d’un lieu difficile d’accès, avec le risque de tomber dans la rivière, et d’où nous sommes revenus les pieds trempés…

     

    RL

    Novembre 2016

     

    Situation sur l’IGN, marqué d'une croix violette :

    La Gaubretière et le pont du Grand-Ry....

     

    Sur le cadastre de la Gaubretière en 1839 :

    La Gaubretière et le pont du Grand-Ry....

    La Gaubretière et le pont du Grand-Ry....

     

    Sur place :

     

    La Gaubretière et le pont du Grand-Ry....

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