• La famille Arouet....

     

    Année 1797 à Précigné, département de la Sarthe. 

    Cacher un prêtre réfractaire peut coûter très cher... 

                   

               

     

    La famille Arouet....Dans ce blog nous parlons très peu de la chouannerie étant, pour la plupart, descendants de Vendéens, nous faisons une ''fixette'' sur le Sud Loire. La chouannerie en Sarthe et en Mayenne n'est pas animée, non plus, par beaucoup de passionnés du clavier, il faut bien le dire.

     

    L'histoire de la famille Arouet-Harrouët exploitant la closerie de Monplaisir, commune de Précigné dans le département de la Sarthe va nous donner une idée de ce qui se passait au Nord de la Loire en 1797. Pour avoir caché un prêtre réfractaire, la famille entière va être jetée en prison et la maison mise au pillage par la racaille républicaine locale.

    En effet, ces braves gens cachent Monsieur l'Abbé Glatier, vicaire de Précigné qui a refusé le serment, ils seront dénoncés par les collabos de l'époque... l'abbé Glatier sera guillotiné à Tours le 24 mars 1798.

    La famille Arouet....

    Nous laisserons donc la parole à Guillaume-François Arouet, âgé de 16 ans au moment des faits. Il fera lui-même une demande de pension comme ancien combattant royaliste pour la période de 1815 ; un certificat de service lui sera d'ailleurs délivré le 27 août 1815 par le chef de la Légion de Beaumont.

     

     

    Canton de Sablé, le 25 mai 1825 – acte de notoriété constatant les services militaires et les pertes de Arouet Guillaume-François.

     

    « L'an mil huit cent vingt cinq, le vingt cinq mai. 

     

    Devant nous Joseph-Louis Bouvet juge de paix du canton de Sablé, arrondissement de la Flèche, département de la Sarthe ; sont comparus les sieurs : 

     

    1°Julien Brichet, garde champêtre de la commune de Précigné, ancien capitaine de la compagnie de Précigné. 

    2° François Daillère, ancien capitaine cdt la compagnie de Notre-Dame-du-Pé. 

    3° Pierre Piou, maire de la commune de Notre Dame du Pé, ancien soldat royaliste. 

     

    Lesquels ont attesté comme chose de notoriété publique et qui est à leur connaissance particulière qu'en 1797, Monsieur Glattier prêtre non assermenté ayant été découvert dans une cache au lieu de Monplaisir commune de Précigné, tous les meubles, effets, bestiaux furent livrés au pillage et emmenés à Sablé ainsi que Guillaume Arouet et ses enfants qui faisaient valoir le dit lieu de Monplaisir ; conduit de prisons en prisons jusqu'à l'Ille de Rhé, ramené dans celles du Mans pour y être jugé militairement et enfin délivré au commencement de 1800 par le corps d'armée Royale commandé par Mr le comte de Bourmont  ; 

    Que Arouet Guillaume-François fils du dit « Julien », ici présent et qu'ils déclarent bien connaître né à la Chapelle-d'Aligné le vingt six août mil sept cent quatre vingt a lui-même servi la cause Royale dans les Cent-Jours de dix huit cent quinze ; qu'il était soldat dans la compagnie de Morannes, capitaine Le Brun et qu'enfin la perte résultant du pillage qui eut lieu à Monplaisir peut être évaluée sans exagération à mille francs ; les attestants ajoutant qu'à raison de l'éloignement des temps, ils ne peuvent faire le détail des meubles, effets et bestiaux perdus. 

    De quoi nous avons à la réquisition du dit Arouet Guillaume-François, rédigé le présent acte de notoriété conformément à l'Ordonnance du Roi du 29 décembre 1824, et ont les attestants signés avec nous. 

    Fait à notre domicile à Sablé les dits jour et an.   

    Ont signé : Julien Brichet, ancien capitaine – Daillère, ancien capitaine – Piou – Bouvet, juge de paix. » 

    La famille Arouet....

     

    Voici la composition de la famille Arouet jetée sans ménagement en prison en 1797 et délivrée par les armées Royales au Mans en 1800 :

    Guillaume Arouet, fils de Guillaume Arouet, closier et de Catherine Manceau épouse le 27 juin 1768 à Précigné, Renée Pontillon, fille de Michel Pontillon, closier et de Renée Berrué (vue n°95/462 – Précigné 1761-1791). De cette union sont issus :

     

    1° Catherine Arouet, née le 13 septembre 1769 à Précigné.

    2° Jeanne Arouet, née le 12 novembre 1771 à Précigné

    3° Marie-Perrine Arouet, née le 6 septembre 1775 à Précigné.

    4° Perrine-Marie Arouet, née le 12 mai 1777 à Précigné.

    5° Guillaume-François Arouet, né le 26 août 1780 à Précigné. 

     

    Guillaume-François Arouet épouse le 21 Brumaire de l'an 14 (16 novembre 1805) à Morannes dans le Maine-et-Loire, Anne Guilleux, née à Cheffes le 5 octobre 1772, fille de François Guilleux, laboureur et de Anne Touchet (vue n°172/334, Morannes).

     

             De cette union sont issus :

    1° François-Julien-René Arrouet, né le 30 septembre 1806 à Morannes.

    2° Jean Arrouet, né le 16 janvier 1809 à Morannes.

    3° Louis Arrouet, né le 4 janvier 1814 à Morannes.

     

    Guillaume Arouet père décède le 3 novembre 1805, à l'âge de 62 ans, au lieu-dit de la Villaine à Morannes.

     

    Sources:   

    Archives Départementales de la Sarthe et du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens : Arouet Guillaume - dossier 1M9/-26. - copie du certificat de services - pièce n°8/8. 

    Registres d'Etat civil de la commune de Précigné et de la Chapelle-d'Aligné. Signature de l'Abbé Glatier en 1791, vue n°276/279 Précigné. 

    Photo: de l'auteur. 

                                                         

     

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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