• La Digrelière, paroisse disparue....

     

    La Digrelière, paroisse disparue...

     

     

     Nous voici donc une nouvelle fois à Antigny et plus précisément au village de la Digrelière. Voici ce qu'en dit le bulletin paroissial de 1901 :

     

     "Nous aurons occasion de parler plus longuement de ce village, dont le nom vient sans conteste de Digregare, qui signifie, d'après Du Cange, disjungere, dividere quasi a grege separare, "c'est-à-dire séparer du troupeau." Nous verrons en effet qu'à l'arrivée des moines à Antigny, la paroisse fut comme divisée en deux parties. L'une devint florissante aux alentours du monastère bénédictin. C'est le bourg actuel. L'autre partie, "séparée de la portion principale du troupeau", se fixa à la Digrelière, où quelques vestiges indiquent la place de l'église. C'est du moins ce que rapporte la tradition locale.

     La paroisse d'Antigny fut donnée aux religieux bénédictins de Maillezais, au commencement du XIe siècle. On sait que les moines s'établirent d'abord dans l'endroit désigné aujourd'hui sous le nom de Saint-Pierre-le-Vieux ... Quand les moines, vinrent occuper l'Église d'Antigny, que devint le Curé qui déjà habitait le presbytère et desservait la paroisse ? Nous n'avons trouvé aucun document, pour nous permettre de répondre à la question et nous en sommes réduits à interroger la tradition locale. Celle-ci nous apprend que le pauvre curé, chassé de sa maison et de son église, se réfugia dans un village voisin, où il fit construire un sanctuaire et une habitation. Ce village s'appelle la Digrelière. Or ce mot, d'après Du Cange, vient de Digregare et signifie Separare a Grege, séparer du troupeau. Il s'ensuit que le pasteur, obligé de "se séparer de son troupeau spirituel", semble avoir voulu protester contre la spoliation dont il était victime et le laisser, dans le nom de cet humble village, qui lui servit d'asile, le souvenir d'une douloureuse séparation. L'église et le modeste presbytère, ainsi élevés dans la campagne, ne restèrent pas longtemps debout : ils avaient presque complètement disparu dès les guerres de religion. Aujourd'hui c'est à peine si l'on en rencontre quelques pierres dans les buissons d'alentour ; l'emplacement de l'édifice sacré est occupé par une prairie, dont les vallonnements réguliers paraissent marquer les fondations du vieux sanctuaire. Le puits, ou mieux la citerne qui servait à la cure, existe toujours. Il paraît que les deux colonnes torses qui ornent l'entrée du cimetière proviennent de l'Église de la Digrelière. ...

     

    Pendant que le curé végétait à la Digrelière, dans une église fréquentée par quelques pauvres laboureurs, les moines établis dans le bourg d'Antigny, voyaient se grouper de nombreux habitants autour de leur riche monastère et ils aidaient, avec le plus complet dévouement, la population laborieuse du pays, non-seulement dans l'oeuvre importante du salut, mais encore dans le défrichement d'un sol couvert de landes et de forêts. Ils établirent même une "Maladrerie", au revenu de 800 livres, c'est-à-dire un hôpital où les malades étaient soignés gratuitement. ..."

     

    Les colonnes torses ornant le portail du cimetière et qui proviendraient de l'église disparue de la Digrelière :

     

    La Digrelière, paroisse disparue....

     

    La Digrelière, paroisse disparue....

    La Digrelière, paroisse disparue....

     

     La Digrelière en vue aérienne Géoportail...

    La Digrelière, paroisse disparue....

      

    ... Et sur le cadastre de 1835 :

    La Digrelière, paroisse disparue....

     

      Sur place :

    La Digrelière, paroisse disparue....

    La Digrelière, paroisse disparue....

     

    A suivre, peut-être...

     

     RL

    Toussaint 2015


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