• La délation en 1796....

     

                                                            

    Vendée Militaire, 1796 – La désinformation et la délation utilisées 

    comme arme de guerre... 

     

     

     La délation en 1796.... Citoyens ! Dormez tranquilles, vos voisins veillent sur vous et vous surveillent  !

      Eh oui !  Déjà en 1796 on utilise ces procédés, sous forme d'avis public, pour désinformer et ''balancer'' sa famille, ses amis, ses voisins mal pensants.

     

                                                          

    AVIS 

     

    « Qui doit exciter la surveillance des fonctionnaires publics 

    et de tous les bons citoyens. 

     

     

      Extrait des confidences de Vasselot, condamné à mort, au citoyen Monnet, commandant le bataillon le Vengeur.

     

      A dit que le 12 floréal, il avait communiqué dans la forêt de Vezins, avec les nommés d'Autichamp, Bernès, ancien page du roi, et Bernier. Qu'il a prit lecture d'une lettre de lord Grenville, ministre anglais, qui assure au parti vendéen, au nom du gouvernement anglais, que, comme il est possible que, sous peu, on traitât avec la France, ce parti ne doit plus compter à l'avenir sur aucun secours de l'Angleterre ; ainsi, que les chefs de ce parti eussent à prendre le parti le plus convenable pour leur salut...

     

      Qu'on ne pouvait prendre de trop grandes précautions pour garder les côtes, pour éviter les débarquements partiels d'émigrés propriétaires dans les départements voisins de la côte.

     

      Que la guerre de Vendée était finie, qu'il n'y avait plus à craindre que les émigrés dans le désespoir, qui pourraient se former quelque parti.

     

      Occupez toujours le pays par de petits cantonnements ; ne changez pas aussi souvent la troupe, le paysan n'aimant point les nouvelles figures. Organisez les autorités constituées, les juges de paix sur-tout. Point de gardes territoriales, les réfugiés qui en composeraient la plus grande partie, donneraient lieu à de nouveaux troubles, mais gardez le pays avec des troupes réglées de la république, commandées par de bons chefs intelligens, amis de la paix et du pays. Vous consoliderez la paix infailliblement, et la république aura triomphé de ses ennemis...

     

      Il faut faire arrêter toutes les femmes d'émigrés qui sont constamment dans le pays et qu'elles habitent encore, comme servant d'appui, de soutien à ces scélérats...

     

      La guerre des chouans doit être finie sous trois mois. Les chefs de cette armée, composée de débris, sont sans moyens pour la soutenir. Il en est quelques-uns de très courageux, entr'autres celui qui commande dans la partie de Fougères, qui est un héros dans son genre ; c'est un petit homme, rempli de moyens militaires. Les chouans n'ont aucun ensemble, ne se communiquent point, et leur désunion rendra leur destruction plus facile.

     

      Les côtes de Bretagne et de Normandie doivent être bien gardées.

     

      Le passage de la Loire est très facile aux royalistes ; il est des commandans de barques canonnières très infidèles à la république ; tous les petits bateaux, répandus ça et là sur la Loire, devraient être enlevés. Il est des malheureux qui font un trafic de passer alternativement les chouans et les brigands pendant la nuit.

     

      Nantes et Angers sont les villes qui approvisionnent en besoins de tout genre, les chouans et les brigands. Les émigrés et les chouans y entrent, en sortent, vont dans les cafés et autres lieux publics, y voir et y entendre tout ce qui s'y passe. »

     Signé à l'original : Monnet, chef du bataillon le Vengeur ; pour extrait conforme,                                                          

    Le général en chef : L. Hoche.

     La délation en 1796....

     

      Sources : Archives Départementales de Maine-et-Loire, tous droits réservés. Les Affiches d'Angers ou Moniteur du Département de Maine-et-Loire – numéro 119  du 26 floréal de l'an 4e de la République Française une et indivisible et l'ère vulgaire le dimanche 15 mai 1796, vue n°27 - Photo de l'auteur. 

                                                               

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets. 


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