• La cavalerie vendéenne....

     

     

    La cavalerie vendéenne.

     

     

     

     

    La cavalerie vendéenne....«Leur cavalerie, à l'origine de sa formation, était plus surprenante encore que l'infanterie. Elle montait des chevaux de meuniers, de colporteurs, de poissonniers avec des brides et des étriers de corde. Aussi n'a-t-elle guère été employée que dans les déroutes pour la poursuite de l'ennemi ». Il faut avouer que le Bocage avec ses chemins creux et ses épais fourrés ne lui était pas favorable. Les cavaliers comme les fantassins, avaient des habits de toutes façons, des pistolets à la ceinture, des fusils et des sabres attachés avec des ficelles ; les uns avaient des cocardes blanches, d'autre en avaient des noires ou des vertes. Quand ils prenaient des cocardes tricolores et des épaulettes aux Bleus, ils les attachaient par dérision à la queue de leurs chevaux ; une trompe sonnée par un piqueur servait de trompette. Les divers airs de chasse donnaient les signaux. « L'appel, le boute-selle, la charge, le ralliement étaient parfaitement entendu. Quand la déroute était dans les rangs ennemis, le cor sonnait l'hallali ; les cavaliers fonçaient alors. Quand la victoire était remportée, ils sonnaient la fanfare, alors les paysans revenaient au train normand sur leur chevaux reprendre leurs files sans ordre, et leurs rangs mal alignés... »

     

    Les officiers n'étaient guère mieux équipés que les soldats. Ils n'avaient aucune marque distinctive pour faire remarquer leur grade. Quelques uns cependant avaient des plumets blancs et des mouchoirs sur leur tête. Voici comment ils prirent cet usage : A la bataille de Fontenay, Henri de Larochejaquelein s'était obstiné à se ceindre la tête et les reins de mouchoirs rouges de Cholet ; or, ayant attiré par cet accoutrement, l'attention des Bleus qui dirigeaient constamment leurs coups sur lui, les autres chefs l'imitèrent pour empêcher  qu'il ne fut le point de mire des projectiles ennemis. Les soldats, à leur tour, firent comme les officiers, de sorte que les mouchoirs rouges devinrent à la mode dans l'armée vendéenne. Cet accoutrement leur donnait tout à fait la tournure de brigands, ce qui ne contribua pas peu à les faire appeler de ce nom par les Républicains. Pendant l'expédition d'Outre-Loire, les officiers n'étant pas connus de leurs nouveaux soldats du Maine et de la Normandie, reconnurent la nécessité de se distinguer par quelques signes. Ils se mirent au bras gauche et autour du corps  des écharpes blanches de différentes formes et de diverses grandeurs pour désigner leurs grades respectifs. L'écharpe des généraux était large et flottante ; celle des commandants n'était qu'une simple ceinture, celle des officiers était attachée au bras. »

     

    En juin 1794, le Général Stofflet organise les débris de l'armée Catholique et Royale. Le Titre XI du Règlement du Conseil Militaire porte sur la cavalerie.

     

    « Article premier – Les officiers de cavalerie porteront les épaulettes, chacun suivant son grade, comme les portaient les troupes du Roi avant 1789.

    « Article II – Chaque Division aura douze dragons qui formeront une escouade ; ils seront soldés à raison de dix sous par jour.

    « Article III – Il faudra, pour être reçu dragon, avoir la qualité de brave et être bien monté.

    « Article IV – Tous les dragons porteront sur le bras gauche un chevron brisé de galon blanc.

    « Article V – Il sera fourni un cheval au dragon qui n'en aura pas ; celui qui en aura un le fera estimer et le prix lui en sera remboursé par le trésor royal.

    « Article VI – A tout rassemblement, soit qu'il soit entier, soit qu'il ne le soit pas, les douze dragons de chaque division seront tenus de se rendre au lieu de rassemblement avec l'infanterie de leur division.

    « Article VII – Arrivés au lieu du rassemblement, les dragons de chaque division y prendront rang, suivant le numéro de leur division.

    « Article VIII – Le corps de cavalerie formera huit escouades de douze hommes, avec chacune un brigadier ; quatre divisions de chacune vingt quatre hommes, avec chacune un maréchal-des-logis, et deux compagnies de quarante huit hommes avec chacune un capitaine, un lieutenant, un sous-lieutenant, un porte guidon et un grenadier.

    « Article IX – Chaque escouade aura pour officiers et sous-officiers, savoir   :

    « Celle de Montfaucon, un lieutenant, un maréchal-des-logis et un brigadier.

    « Celle de Cerizais, un capitaine et un brigadier.

    « Celle du Loroux, un sous-lieutenant un maréchal des logis et un brigadier.

    « Celle de Chollet, un porte-guidon, un maréchal-des-logis et un brigadier.

    « Celle d'Argenton-Château, un porte-guidon et un brigadier.

    « Celle de Châtillon, un capitaine et un brigadier.

    « Celle de Beaupréau, un sous-lieutenant, un maréchal-des-logis et un brigadier.

    « Celle de Chemillé, un lieutenant et un brigadier.

    « Article X – Chaque division aura en outre douze cavaliers qui porteront une fleur de lis sur le bras droit et qui ne seront pas au compte du roi, mais qui seront également tenus de se rendre à l'armée, lorsque le rassemblement sera général.

    « Article XI – Lorsque le rassemblement ne sera que de la moitié de la paroisse, il ne viendra que la moitié des cavaliers.

    « Article XII – Chaque commandant de division sera tenu d'envoyer auprès du général, tous les quatre jours, un dragon et un cavalier. Les dragons et cavaliers ne pourront s'en retourner sans qu'ils n'aient été remplacés par leurs camarades, dragons ou cavaliers, à peine de punition.

    « Article XIII – Tout autre personne ne pourra se présenter à cheval à l'armée à peine d'être démontée sur le champ.

    « Article XIV – Sont exemptés de l'article précédent :

     

    les Aumôniers,

    Chirurgiens,

    Commissaires aux poudres et salpêtre,

    Secrétaires,

    Trésoriers,

    Commissaires aux vivres,

    Bouchers,

    Boulangers,

    Marchands, Commissaires de paroisses,

    Vaguemestre,

    courriers,

    Domestiques d'officiers.

    Et ceux qui auront par écrit la permission des généraux.

    « Article XV – Pourront cependant MM les commandants de division des bords de la Loire et des frontières du pays conquis, avoir un plus grand nombre de cavaliers et de dragons pour faire le service de différentes gardes : alors les cavaliers excédans auront une permission par écrit ; mais en aucun cas, il ne pourra s'en rendre plus de douze à l'armée.

    Toutes les corvées seront faites par les cavaliers.

    « Article XVII – Les cavaliers qui seront organisés prendront place à l'armée et auront leurs officiers, comme il est dit aux articles six, sept, huit et neuf du titre neuf du présent règlement concernant les dragons.

    « Article XVIII – Tous les dragons et cavaliers ne pourront avoir chez eux plus de deux chevaux chacun.

    « Article XIX – Tout habitant du pays conquis sur la rive droite de la Sèvre exceptés les dragons et cavaliers inscrits, qui gardera chez lui un ou plusieurs chevaux propres à monter un cavalier, sera puni de la confiscation du cheval et de plus à une amende égale à la valeur de icelui, s'il n'a fait sa déclaration au chef de sa division dans les quinze jours de la publication du présent règlement.

    « Sont exceptés ceux qui ont par écrit une permission des généraux.

    « Article XX – Les commandants de division, leurs lieutenants, les inspecteurs généraux, les commissaires des paroisses tiendront la main à l'exécution du présent article.

     

     

    Sources: Histoire de la Guerre de la Vendée par l'Abbé Deniau, curé de Saint-Macaire-en -Mauges sous la direction de Dom Chamard Prieur de l'Abbaye de Saint-Martin de Ligugé TOME I - Siraudeau Editeur à ANGERS, pages 705 à 707. - TOME IV, pages 654 à 656. - Photo de l'auteur. 

     

     

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets. 


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