• La Baïonnette Royale N° 7, François Morinière...

     

    La Baïonnette Royale n° 7

     

     

      La Baïonnette Royale N° 7, François Morinière... La famille Morinière est originaire de la paroisse de Saint-André-de-la-Marche dans les Mauges et exploite la métairie des Quatre Etalons dans cette paroisse. Cette métairie sera incendiée par les républicains en 1794.

     

       François Morinière est né le 1 avril 1777 au Quatre Etalons à Saint André de la marche. Il est le fils de François Morinière, métayer-laboureur, né le 15 janvier 1749 à Saint André et de Marguerite Gibouin née le 19 juillet 1749 à Saint André.

     

         En 1793, Pierre François Morinière est âgé de 16 ans et prend les armes contre la République. Il participe à 25 batailles. Il est accompagné par deux de ses oncles : Jean Baron, sabotier à Saint André, né le 25.4.1759 à la Romagne époux de Jeanne Morinière née le 10.2.1752 à Saint André et René Ménard, métayer à la Chalouère à Saint Macaire, né le 10.2.1758 à Saint Macaire époux de Marguerite Morinière, née le 31.12.1762 à Saint André.

     

        Voici ce que nous dit le Chanoine Louis Tricoire dans son ouvrage « Cinq Siècles de Vie Paroissiale – Saint-André-de-la-Marche. » :

     

        « Honneur d'abord aux chefs ! Deux sont natifs de Saint-André même : Mathurin Bretaudeau, tisserand, nommé capitaine de la paroisse en 1793, à 45 ans, qui fit toute la campagne jusqu'au passage de la Loire et reprit du service en 1815 ; Pierre Ripoche, métayer à l'Orbrie ;, capitaine également dès 1793, à l'âge de 28 ans. Un troisième, originaire de la Séguinière, Etienne Tisseau, tisserand à Saint-André, fut également nommé capitaine d'une compagnie de la paroisse par Stofflet en 1793 . Il avait 35 ans à cette date.

        Il y eut aussi, parmi les partants de Saint-André, de très jeunes gens. Si Jacques Birot du Vivier et Pierre Blouin ont respectivement 7 et 18 ans, trois de leurs camarades ne sont pas encore dans leur seizième année : François Chalet qui, aux côtés de son père, participera aux batailles de Luçon, Saumur, Cholet et Beaupréau ; François Morinière des Quatre Etalons, qui assistera à vingt cinq batailles ; Pierre Tinguy, originaire de la Renaudière, tisserand à Saint-André, qui après le passage de la Loire se joindra à l'armée de Charette. Deux garçons viennent tout juste d'entrer dans l'adolescence : René Leroux, un indigent de 15 ans, qui part en 1793 pour ne revenir qu'après 1815 ; René Tournery, baptisé à Bouzillé, qui prendra ses 15 ans en août 1793, alors qu'il est affecté dans l'artillerie à la conduite d'un canon dont le maniement lui est interdit. Les autres sont des enfants qui, âgés de onze ou 12 ans en 1793, se contenteront d'abord d'accompagner l'armée avant de pouvoir se battre en 1795, 1799 et 1815. Tels : Jacques Barraud, établi vers 1824 marchand tisserand à Saint-André ; André Rullier ; Jean Barré dont le père fut tué à la déroute de Cholet ; Jean Bizon, qui a 12 ans, était à l'affaire de Jallais ; François Dabin, orphelin, qui vit les combats de Luçon, Fontenay, Saumur, Nantes, Cholet et Beaupréau (son frère fut tué dans la Virée de Galerne) ; Julien Humeau, originaire de Saint-Macaire tisserand à Saint-André en 1824 après avoir été caporal à la première compagnie de Saint André dans l'armée d'Autichamps ; René Libault, qui perdit son père à la bataille de Luçon ; René Naud, tisserand au bourg après vingt et un ans de campagne, de 1794 à 1815............... »

     

     

        Les états de services de François Morinière :

     

        Le 24 mai 1825, François Morinière fait une demande de pension au Roi à Saint-André-de-la Marche dans le Maine et Loire et déclare :

     

        «  A Messieurs,

     

    Les Commissaires pour la distribution des fonds accordés en vertu de l'ordonnance de sa Majesté du 29 décembre1824.

     

    Messieurs,

     

    C'est un brave Vendéen qui veut avoir l'honneur, vous exposer quoique étant jeune, les services qu'il a rendu pendant la durée de la guerre de Vendée. La position dans laquelle il se trouve, les pertes qu'il a éprouvées.

     

    Je commenceré par vous aparait que je me suis trouvé à vingt cinq batailles données dans le païs, a toutes je me suis montré avec le plus grand courage et la plus grande intrépidité guidé par l'amour de mon Dieu et de mon Roi. Je n'ai jamais craint ni redoutté l'ennemy . Je suis à la tête de huit enfants, le plus aîné à peine peut-il me servir, je suis sans fortune ni secours. Je n'ai qu'une petite portion de métairie que je tiens à ferme ou je viens d'éprouver les plus grands malheurs occasionnés depuis trop longtemps par la gelée qui a perdu en partie toutes mes récoltes ; à la tête de huit enfants je me trouve dans une position bien inquiéttante pour faire droit à tous cela.

    Les pertes que nous avons supportées tant de la part de mon défunt père que celles que j'ai supportées de mon cotté sont si grandes quelles dépassent mes moyens d'y faire droit. Mon défunt père avait fourni aux armées Vendéennes trois bœufs gras estimés onze cent cinquante francs 1150 frs. Je ne puis pas pour dépeindre les autres fourniments en grains, moutons et autres choses ayant perdu les reconnaissances, je suis aparé quelles étoient de plus de quatre cents francs.........400 frs.

     

    Nous avons été incendiés, on a fait brûler toute la métairie que nous jouissions, on a donc perdu par ce moyen tout notre pauvre mobillier, une grande partie de nos bestiaux emmenés par les armées républicaines.

     

    Moi, resté seul à la métairie après tant de désastres, venant de me sacrifier dans les armées de la Vendée avec le plus grand courage qu'on ne peut s'imaginer, Vous ne devez pas vous étonner de la hardiesse que j'ai l'honneur de me permettre à m'adressez à vous solliciter à jetter un coup d'oeil sur un brave soldat, un homme qui a tout perdu, à la tête de huit enfants en bas âge, sans fortune, ni secours, ayant même la charge de deux enfants mineurs d'un brave Royaliste, le frère de ma femme qui avait été brave soldat Vendéen, mort il y a deux ans.

    A toutes ces occasions j'espère que vous les prendrés en considération, me signalant à son excellence Monseigneur le Ministre de la Guerre, afin de participer dans les bienfaits de sa Majesté, C'est ce que j'ai l'honneur vous prier et me croire sincère et véritable, votre serviteur ne sait signer. »

     

    Signé : Fournier Maire.

     

     

        Un certificat de service est délivré à François Morinière le 21 mai 1825.

     

         «  Nous soussignés anciens chefs des armées Royales de la Vendée, certifions que nous avons parfaite connaissance que François Morinière, cultivateur dans la commune de Saint André de la Marche marcha sous notre commandement dès le commencement de la guerre ; qu'il a assisté presque à toutes les affaires et qu'il a toujours servi avec honneur et distinction. En foi de quoi nous lui avons délivré le présant certificat pour lui servir et valoir ce que de raison.

    À Saint André ce 21 mai 1825 »

     

    signé : Pierre Hulin chef de bataillon – Jean Tinguy, ancien capitaine – Lhuillier - Le Marquis de la Bretesche, Chef de Division.

     

    Nota : Il a huit enfants et deux neveux orphelins.

     

     

         Situation de l'intéressé en 1825 :

     

    François Morinière est métayer aux Quatre Etalons à Saint-André-de-la-Marche, père de huit enfants et deux neveux orphelins à charge (Enfants d'un frère de son épouse).

     

    Il s'est marié le 20 août 1810 à Saint André avec Michelle Humeau née le 24 juillet 1778 à Saint Macaire, décédée le 4 février 1853 aux Quatre Etalons.

     

    François Morinière décède le 26 décembre 1840 aux Quatre Etalons.

     

     

    Sources : Archives familiales - Archives Départementales du Maine et Loire . Chanoine Louis Tricoire « Cinq Siècles de Vie Paroissiale – Saint-André-de-la-Marche. 

     

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets.

     

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