• La Baïonnette royale N° 3, François Rivereau, de Chaudron-en-Mauges....

     

    La Baïonnette Royale n° 3.

     

     

    La Baïonnette royale N° 3, François Rivereau, de Chaudron-en-Mauges....La famille Rivereau est originaire de la paroisse de Chaudron en Mauges et exploite la métairie de la « Grande Châtaigneraie ».

     

    François Rivereau : est né le 24 mai 1752 à la métairie de la « Grande Châtaigneraie » à Chaudron en Mauges, sa mère, Jacquine Poupelard, décède cinq jours après sa naissance. Son père, François Rivereau, se remarie le 19 juin 1753 à Chaudron avec Jacquine Bigeard. Par ce remariage, François devient l'aîné de huit enfants. En 1776, âgé de 24 ans, il « tire un mauvais numéro » et fait partie de la levée de 1776 comme soldat provincial (la Milice) et effectue un congé de six ans sous le règne de Louis XVI.

     

    Ce laboureur qui a reçu une instruction militaire prend les armes en Vendée dès le mois de mars 1793 et fait partie de ceux qui vont chercher Monsieur d'Elbée à « la Loge » à Beaupréau, il participe pratiquement à toutes les batailles en Vendée dans l'Armée Catholique et Royale en 1793 et 1794. Cet aïeul est blessé le 22 avril 1793 à la bataille de Beaupréau d'une balle dans la jambe droite.

     

    Voici ce que nous dit Monsieur l'Abbé Deniau sur cette bataille :

     

    «  Les colonnes de d'Elbée, de Cathelineau, de Stofflet et de la Rochejaquelein, qui avaient suivi le chemin de Cholet à Beaupréau, arrivaient en vue de cette ville, vers les deux heures de l'après midi, et se développaient dans les chemins creux et derrière les haies épaisses qui bordaient les grandes prairies ; ces prairies les séparaient de l'ennemi, Leur artillerie se composait de dix pièces qu'ils rangèrent sur les talus des fossés des prairies précitées. 

    La Baïonnette royale N° 3, François Rivereau, de Chaudron-en-Mauges.... 

     

     

    La Loge, ancienne demeure de d'Ebée, ci-contre

     

     

    Les Républicains avaient massé leur troupes dans les rues de la ville, où ils occupaient partout de fortes positions.

    Beaupréau est bâti en amphithéâtre sur une pente asse rapide qui regarde le midi. A ses pieds coule la petite rivière de l'Evre,que l'on traverse sur un pont étroit. En aval, s'échelonnent les chaussées de Bel Ebat, du Petit Moulin, de Chevreau et de Bossoreil, et à une demi-lieue en amont, se trouve la chaussée du moulin à foulon. A l'Est et sur le flanc même de la ville, s'élève le château avec ses vieilles tourelles et son magnifique parc, qui dominent la rivière, un bois taillis, et les immenses prairies dont nous avons parlé plus haut, Enfin à l'Ouest apparaissent un petit vallon et les bâtiments du collège. Les Républicains gardaient tous les abords de la place, et avaient mis leurs canons en batterie sur le pont et sur la place du château, en avant du chapitre. Un petit bastion qu'ils avaient élevé à l'entrée du parc, commandait la campagne, Bientôt, de ce bastion, ils aperçoivent les quinze cent Vendéens d'avant garde qui, à travers champs, se précipitent vers la Planche de la Gobinière pour traverser la rivière ; ils leur lancent un boulet, mais ce boulet passe par-dessus leur têtes. Marie Jeanne ne tarde pas à répondre à leur feu, De son deuxième coup, elle démonte une pièce républicaine Les canons républicains ripostent et la bataille se trouve engagée. Stofflet électrisé par l'éclat des détonations de Marie- Jeanne, qui surpasse celui de toutes les autres pièces, s'élance suivi seulement de deux cavaliers, dans l'espace qui sépare les deux artilleries, et arrive au galop jusque sur les rives de l'Evre, en criant à l'ennemi, avec un accent lorrain très prononcé : L'entends-tu Marie-Jeanne, l'entends-tu ? Puis il revient vers les siens sans être atteint.

     

    La bravade de Stofflet a surexcité le courage des paysans ; ils se battent avec furie, Leur aile gauche se rapproche insensiblement de l'Evre. Cathelineau passe cette rivière sur des échelles et des planches, dans les prairies qui avoisinent le collège. De leur côté, les soldats de d'Elbée franchissent la chaussée de Bel-Ebat. Plus loin, les troupes de Bonchamps, descendent des hauteurs de la Chapelle du Genêt, traversent la rivière au petit Moulin,s'unissent à ceux qui ont gravi les coteaux opposés, et attaquent par le flanc droit, l'armée républicaine.

     

    La Baïonnette royale N° 3, François Rivereau, de Chaudron-en-Mauges....Au même instant, La Rochejaquelein, blotti dans le bois taillis, ouvre une vive fusillade contre les défenseurs du château et du parc, Stofflet le seconde. Cinq cent hommes, sous les ordres de Richaudeau, sont envoyés par le moulin à foulon, pour grossir le nombre de ceux qui doivent tourner les défenseurs du parc.

     

    Quoique menacés, les Républicains ne fléchissent pas, ils se battent même sur tous les points avec le plus grand courage ; avertis cependant que les Vendéens vont les envelopper, ils se replient hors de la ville, et le désordre se met dans leurs rangs, Stofflet et la Rochejaquelein profitent de leur mouvement rétrograde pour s'approcher du pont. Mais, comme il est toujours défendu, leurs soldats hésitent à le franchir, La Rochejaquelein, pour les entraîner, arrache le fusil des mains de l'un d'eux, fait feu sur les Républicains et s'élance sur le pont au galop ; Stofflet et quelques cavaliers l'imitent ; les Poitevins, émerveillés de tant de courage, les suivent en foule et s'introduisent dans la ville ; réunis aux Angevins de d'Elbée, de Cathelineau et de Bonchamps ; ils se battent à l'arme blanche contre tous ceux qui leur résistent encore. La mêlée devient affreuse au milieu de la ville, Une compagnie de la Garde Nationale de Luynes refuse de se rendre et meurt sous les armes ; les canonniers d'Eure et Loir, plutôt que de fuir se font tuer sur leurs pièces ; plusieurs aiment mieux se laisser massacrer que de crier : vive le Roi ! Et jusqu'à leur dernier soupir, ils répètent : vive la République ! Plus loin, les paysans cernent et acculent, dans un lieu où il ne peut se mouvoir, un escadron de dragons, et le font prisonnier, Alors une panique générale s'empare de toute l'armée républicaine, elle se sauve à toutes jambes vers Montrevault, le Pin et Saint-Laurent-de-la-Plaine. La cavalerie vendéenne sabre tous les retardataires, Les plus courageux, cependant, se retranchent de temps en temps derrière les plis de terrain et dans les champs de genêts, mais ils sont culbutés par les vainqueurs, malgré leur vive résistance, Près l'étang de l'Ecluse, un gros peloton s'embusque dans un bois, il perd beaucoup de monde et deux canons ; le reste est dispersé ou fait prisonniers. La colonne de paysans qui a tourné le bourg de Saint-Martin, et qui arrive par le moulin de Trudet, tue ou arrête ceux qui ont pris la direction de Jallais. Si son mouvement tournant eût été plus rapide, elle anéantissait tous les Républicains, La Rochejaquelein, à la tête de ses plus ardents volontaires, lancé à la poursuite des fuyards, et aidé de M Oger, chirurgien à Saint-Florent, les attaquent à Montrevault. Les paysans les épouvantent de leurs cris retentissants de vive le Roi !, les culbutent, les pressent sans relâche jusqu'au soir, et ne les abandonnent que lorsqu'ils les ont rejetés sur l'autre rive de la Loire...... »

     

     

    Magnifique victoire Vendéenne !

     

    François Rivereau se marie le 14 juin 1785 à Andrezé avec Jeanne-Catherine Gourdon, née le 12 septembre1754 à Andrezé. Elle est la fille de Pierre Gourdon et de Marie Chupin, métayers à Andrezé. Le couple s'installe à la métairie de la Bouchetière, paroisse de la Chapelle Aubry près de Beaupréau.

     

    Le 30 mai 1825 François Rivereau est métayer laboureur à la Blinière, paroisse de Saint Pierre Montlimart et fait une demande de pension au Roi, Il précise que dès le mois de mars 1793 il a pris les armes pour la cause des Bourbons et le rétablissement de leur trône et qu'après sa blessure, il a servi comme Commissaire des Vivres de l'Armée Royale Vendéenne dans une des compagnies de la Salle-Aubry. En 1793, 1794 et 1799 il a assisté à la majeure partie des batailles qui ont eu lieu dans la Vendée entre l'armée royale dont il faisait partie et celle des républicains. Il signale qu'il a été blessé dans la jambe droite au combat de Beaupréau et que cette blessure le gêne beaucoup pour marcher. En 1815, il n'a pas pris les armes à cause de son grand âge, par faiblesse et par fatigue qu'il a éprouvées dans les combats. Il signale en outre qu'il a fourni en 1793 deux bœufs gras à l'Armée Royale estimés 660 livres ; pour d'autres fourniments il a reçu des bons signés du général Stofflet (2 bons de 100L, 1 bon de 50L, 2 bons de 25L, 1 bon de 10L, 2 bons de 15 sous). Il est âgé de 73 ans, veuf, hors d'état de gagner sa vie, il a tout perdu dans la guerre de la Vendée, il est dans un extrême besoin.

    Il est visité par un médecin et un chirurgien le 30 mai 1825 à Beaupréau :

    «  Nous soussignés Brouillet Charles, Jean, docteur en médecine et René, François Oger maître en chirurgie à la résidence de Beaupréau 4ème arrondissement département de Maine et Loire. Certifions que le nommé François Rivereau, âgé de 73 ans, laboureur, demeurant à la Blinière de Saint-Pierre-Montlimart, même arrondissement, Commissaire aux Vivres est porteur d'une cicatrice située à la partie postérieure de la jambe droite, dans le jarret, causée par une arme à feu. La balle s'est arrêtée sur l'os du tibia, d'où elle a été extraite par la même ouverture, Il y a maintenant une petite tumeur environnée de veines variqueuses, ce qui gêne beaucoup la marche et rend le travail difficile ; est également atteint d'une hernie inguinale droite. Toutes ces infirmités ont été gagnées au service dans les armées royales Vendéennes ». Fait à Beaupréau le 30 may 1825. signé Brouillet et Oger et légalisé par J. d'Armaillé.

     

     

    Nota : Un beau-frère de l'intéressé , Pierre Michel Gourdon, né le 29.9.1751 à Andrezé, métayer au Cerisier, fait également une demande de pension, et signale qu'il a été grièvement blessé au pouce droit au combat de Chantonnay le 5 septembre 1793.

    Cinq frères d'une belle soeur, Marie Gallard épouse de Pierre Rivereau de Chaudron en Mauges, prendront les armes dans l'Armée Catholique et Royale.

    Un de ses frères, Charles Rivereau, né le 29 janvier 1764 à Chaudron-en-Mauges, métayer-domestique à la Largère à Chaudron passe la Loire en Octobre 1793 avec une partie de l' Armée Royale et est tué outre Loire pendant l'hiver 1793-1794. Les archives départementales du Maine et Loire signalent en l'an X de la République : «  Charles Rivereau décédé en l'an 2, a passé la Loire à la suite de l'Armée des royalistes Vendéens – une partie a été noyée et fusillée, les autres ont péris par d'autres accidents ; pas un seul n'a reparu à l'époque où l'on a fait les relevés - »

     

     

    So urces : Archives Départementales du Maine et Loire– Archives familiales – crédit photo : La Mémoire du Centre Mauges, Histoire de la Guerre de la Vendée- Abbé Deniau éd 1879 – J Siraudeau éditeur.

     

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets.

     

     


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