• La Baïonnette royale N° 20....

     

     Baïonnette Royale n°20

     

     

       La Baïonnette royale N° 20....Avant d'aborder le dossier de Charles Guillocheau (B.R n°21), je ne peux résister à vous faire partager un article de la semaine religieuse du diocèse d'Angers en date du 30 août 1896 concernant le ''Bon père Guillocheau'', Charles Guillocheau, meunier au moulin de ''la Colle'' de la Renaudière dont je suis l'un des nombreux descendants.

     

       Une fête de famille à la Poitevinière

     

      « Le mardi 11 août, on voyait arriver des prêtres sur toutes les routes qui mènent à la Poitevinière, et les habitants de cette bonne paroisse Vendéenne disaient en les voyant passer : « Voici encore les cousins de M. le Curé ».

     

    Et en effet, M. le Curé de la Poitevinière avait eu la délicate et heureuse pensée de réunir ce jour là autour de lui tous les prêtres issus comme lui de « ce bon père Guillocheau, meunier à la Colle de Roussay*, qui cachait chez lui les prêtres pendant la Révolution. » Ce héros vendéen a été béni dans sa postérité, puisque dix-neuf de ses arrières-petits-enfants ont été honorés du sacerdoce. Quatorze avaient pu répondre à l'aimable invitation de M. le chanoine Brin ; les cinq autres étaient retenus par les exigences de la maladie et du saint ministère.

     

      A dix heures, les cloches de la Poitevinière sonnent à toute volée ; l'église, très bien décorée par les soins du vicaire de la paroisse, M. l'abbé Bois, a pris des airs de fête. M. le chanoine Brin monte à l'autel, assisté de M. l'abbé Subileau, curé de Saint-Augustin-de-la-Nouvelle-Orléans, et du R.P Stéphane, capucin ; la longue barbe blanche du diacre et du sous-diacre n'est pas pour les bons habitants de la Poitevinière un léger sujet d'admiration. Mais ils ont plus encore admiré les chants que nous ont fait entendre tour à tour deux vrais virtuoses, M. l'abbé Bétin, directeur du Patronage de Saint-Vincent-de-Paul, et M. l'abbé Audureau, vicaire au May, connus pour leur belle voix de ténor et leur talent musical. La cérémonie se termina par le cantique que l'on a coutume de chanter dans les réunion de prêtres, l'Ecce quam bonum ; et jamais peut-être ce cantique n'a trouvé une application plus vraie et plus touchante, car ceux qui éprouvaient un si grand plaisir à se trouver réunis étaient des frères, non seulement par le sacerdoce, mais par le sang.

     

      Un banquet fraternel suivit la cérémonie, et l'on y rappela les vieux souvenirs de famille, le dévouement des ancêtres vendéens pour la cause de Dieu pendant la Révolution. On évoqua aussi le souvenir des nombreuses religieuses issues de la même race, qui s'étaient associées de cœur à la célébration de cette fête. Le calcul de leur nombre ayant été fait, on trouva qu'elles étaient une trentaine, dispersées dans les diverses communautés contemplatives, hospitalières et enseignantes de la contrée.

     

    Puis, au dessert, M. l'abbé Bouyer, curé de Bouzillé, nous lu une charmante pièce de vers, ou chacun des prêtres de la famille retrouvait son portrait tracé d'une main délicate, un peu malicieuse parfois, mais de cette bonne malice qui est une des formes les plus aimable de l'amabilité.

      Puis, après quelques heures charmantes passées ensemble, il fallut se séparer pour aller continuer à creuser chacun son sillon dans le vaste champ du père de famille. Mais on se sépara le cœur embaumé des plus doux et des plus fortifiants souvenirs, en se promettant bien pour l'année prochaine une réunion à laquelle personne ne manquera ».

     

      * En réalité, le moulin de ''la Colle'' se situe sur la paroisse de la Renaudière. De ce moulin à eau,il ne reste aujourd'hui qu'un pan de mur; et de celui à vent la tour ruinée (NDLR).

    Ci-dessous le cadastre de 1834

    La Baïonnette royale N° 20....

     

     

     

      Le ''Bon père Guillocheau'' a aussi caché dans son moulin l'épouse du général de Bonchamps née Scépeaux. A la Restauration elle revint au moulin de ''la Colle'' et remit en souvenir, à son fils Charles, une montre ayant appartenu à son mari. (Montre qui se trouve actuellement dans un musée).

     

    Un fils de ce meunier, Pierre Guillocheau né le 12 décembre 1767, époux de Jeanne Esseul, meunier au moulin Moine à Beaupréau était un beau-frère de Rose-Marie Cathelineau, fille du Généralissime Jacques Cathelineau. Il est cité comme ancien combattant royaliste par son frère Charles. Pierre Guillocheau est décédé le 2 novembre 1806.

     

      Voici un des descendants du « Bon père Guillocheau » l'un des participants à la réunion de la Poitevinière, M. l'abbé Jean Durand né le 5 février 1825 à la Séguinière, fils d'Alexis Durand et de Jeanne Maugeais, et descendant de Jean Durand et de Mathurine Guillocheau - Curé de la Varenne, décédé le 2 décembre 1899 au presbytère de la Varenne.

    La Baïonnette royale N° 20....

     

     

       L'engagement de la famille Guillocheau pour Dieu et le Roi a été total, tous les fils et gendres ont participé aux combats dans les rangs de l'Armée Catholique et Royale.

     

     

       Sources : Archives Départementales du Maine et Loire - tous droits réservés – Cadastre 1834 – La semaine religieuse du diocèse d'Angers du 30 août 1896- Photos et archives familiales.

     

      Xavier Paquereau pour Chemins secrets.

     

    Le moulin à eau de la Colle sur une vue ancienne des AD49....

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    ... Et l'entrée de la cachette de madame de Bonchamps

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