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    Année 1797 à Précigné, département de la Sarthe. 

    Cacher un prêtre réfractaire peut coûter très cher... 

                   

               

     

    La famille Arouet....Dans ce blog nous parlons très peu de la chouannerie étant, pour la plupart, descendants de Vendéens, nous faisons une ''fixette'' sur le Sud Loire. La chouannerie en Sarthe et en Mayenne n'est pas animée, non plus, par beaucoup de passionnés du clavier, il faut bien le dire.

     

    L'histoire de la famille Arouet-Harrouët exploitant la closerie de Monplaisir, commune de Précigné dans le département de la Sarthe va nous donner une idée de ce qui se passait au Nord de la Loire en 1797. Pour avoir caché un prêtre réfractaire, la famille entière va être jetée en prison et la maison mise au pillage par la racaille républicaine locale.

    En effet, ces braves gens cachent Monsieur l'Abbé Glatier, vicaire de Précigné qui a refusé le serment, ils seront dénoncés par les collabos de l'époque... l'abbé Glatier sera guillotiné à Tours le 24 mars 1798.

    La famille Arouet....

    Nous laisserons donc la parole à Guillaume-François Arouet, âgé de 16 ans au moment des faits. Il fera lui-même une demande de pension comme ancien combattant royaliste pour la période de 1815 ; un certificat de service lui sera d'ailleurs délivré le 27 août 1815 par le chef de la Légion de Beaumont.

     

     

    Canton de Sablé, le 25 mai 1825 – acte de notoriété constatant les services militaires et les pertes de Arouet Guillaume-François.

     

    « L'an mil huit cent vingt cinq, le vingt cinq mai. 

     

    Devant nous Joseph-Louis Bouvet juge de paix du canton de Sablé, arrondissement de la Flèche, département de la Sarthe ; sont comparus les sieurs : 

     

    1°Julien Brichet, garde champêtre de la commune de Précigné, ancien capitaine de la compagnie de Précigné. 

    2° François Daillère, ancien capitaine cdt la compagnie de Notre-Dame-du-Pé. 

    3° Pierre Piou, maire de la commune de Notre Dame du Pé, ancien soldat royaliste. 

     

    Lesquels ont attesté comme chose de notoriété publique et qui est à leur connaissance particulière qu'en 1797, Monsieur Glattier prêtre non assermenté ayant été découvert dans une cache au lieu de Monplaisir commune de Précigné, tous les meubles, effets, bestiaux furent livrés au pillage et emmenés à Sablé ainsi que Guillaume Arouet et ses enfants qui faisaient valoir le dit lieu de Monplaisir ; conduit de prisons en prisons jusqu'à l'Ille de Rhé, ramené dans celles du Mans pour y être jugé militairement et enfin délivré au commencement de 1800 par le corps d'armée Royale commandé par Mr le comte de Bourmont  ; 

    Que Arouet Guillaume-François fils du dit « Julien », ici présent et qu'ils déclarent bien connaître né à la Chapelle-d'Aligné le vingt six août mil sept cent quatre vingt a lui-même servi la cause Royale dans les Cent-Jours de dix huit cent quinze ; qu'il était soldat dans la compagnie de Morannes, capitaine Le Brun et qu'enfin la perte résultant du pillage qui eut lieu à Monplaisir peut être évaluée sans exagération à mille francs ; les attestants ajoutant qu'à raison de l'éloignement des temps, ils ne peuvent faire le détail des meubles, effets et bestiaux perdus. 

    De quoi nous avons à la réquisition du dit Arouet Guillaume-François, rédigé le présent acte de notoriété conformément à l'Ordonnance du Roi du 29 décembre 1824, et ont les attestants signés avec nous. 

    Fait à notre domicile à Sablé les dits jour et an.   

    Ont signé : Julien Brichet, ancien capitaine – Daillère, ancien capitaine – Piou – Bouvet, juge de paix. » 

    La famille Arouet....

     

    Voici la composition de la famille Arouet jetée sans ménagement en prison en 1797 et délivrée par les armées Royales au Mans en 1800 :

    Guillaume Arouet, fils de Guillaume Arouet, closier et de Catherine Manceau épouse le 27 juin 1768 à Précigné, Renée Pontillon, fille de Michel Pontillon, closier et de Renée Berrué (vue n°95/462 – Précigné 1761-1791). De cette union sont issus :

     

    1° Catherine Arouet, née le 13 septembre 1769 à Précigné.

    2° Jeanne Arouet, née le 12 novembre 1771 à Précigné

    3° Marie-Perrine Arouet, née le 6 septembre 1775 à Précigné.

    4° Perrine-Marie Arouet, née le 12 mai 1777 à Précigné.

    5° Guillaume-François Arouet, né le 26 août 1780 à Précigné. 

     

    Guillaume-François Arouet épouse le 21 Brumaire de l'an 14 (16 novembre 1805) à Morannes dans le Maine-et-Loire, Anne Guilleux, née à Cheffes le 5 octobre 1772, fille de François Guilleux, laboureur et de Anne Touchet (vue n°172/334, Morannes).

     

             De cette union sont issus :

    1° François-Julien-René Arrouet, né le 30 septembre 1806 à Morannes.

    2° Jean Arrouet, né le 16 janvier 1809 à Morannes.

    3° Louis Arrouet, né le 4 janvier 1814 à Morannes.

     

    Guillaume Arouet père décède le 3 novembre 1805, à l'âge de 62 ans, au lieu-dit de la Villaine à Morannes.

     

    Sources:   

    Archives Départementales de la Sarthe et du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens : Arouet Guillaume - dossier 1M9/-26. - copie du certificat de services - pièce n°8/8. 

    Registres d'Etat civil de la commune de Précigné et de la Chapelle-d'Aligné. Signature de l'Abbé Glatier en 1791, vue n°276/279 Précigné. 

    Photo: de l'auteur. 

                                                         

     

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Joseph Ogereau de la Roche Malard, paroisse de Melay, 

    ses trois frères sont tués au combat. 

                   

                   

     

    Joseph Ogereau....Joseph Ogereau-Augereau est né le 13 décembre 1761 à Melay près de Chemillé et a été baptisé le 14 décembre. Il est le fils de Joseph Ogereau, métayer à la Roche-Malard et de Marie Martineau.

    En 1825 le maire de Melay nous informe que trois de ses frères ont été tués au service du Roi ainsi que trois frères de son épouse, la famille Bidet de Saint-Georges-du-Puy-de-la-Garde.

    Afin d'identifier les tués de 93, nous avons reconstitué la famille telle qu'elle se présentait au moment de la Révolution.

    Joseph Ogereau père, épouse à Melay, le 27 novembre 1752, Françoise Morin qui décède le 9 mai 1756 à l'âge de 31ans. De cette union sont issus :

     

    1° Louis Ogereau, né le 10 octobre 1753 à Melay.

    2° Louise-Françoise Ogereau, née le 6 mai 1756 à Melay. Le 5 juillet 1757, il se remarie à Melay avec Marie-Angélique Martineau âgée de 24 ans, d'où :

     

    1° Jacques Ogereau, né le 3 septembre 1758 à Melay - tué.

    2° Marie Ogereau, née 10 février 1760 à Melay.

    Joseph Ogereau, né le 13 décembre 1761 à Melay.

    4° Jean Ogereau, né le 13 décembre 1761, † 20 février 1762 à Melay

    5° Mathurine Ogereau, née le 3 novembre 1763 à Melay.

    6° Louise Ogereau, née le 9 décembre1765 à Melay.

    7° René-Marie Ogereau, né le 8 février 1768 à Melay - tué.

    8° François Ogereau, né le 16 avril 1770 à Melay - tué.

    9° Jean Ogereau, né le 16 avril 1770 à Melay, frère jumeau. †17.12.1811 Saumur.

     

    Il est donc très vraisemblable que Jacques, René-Marie et François Ogereau furent tués dans les combats de 1793 et 1794, Louis Ogereau, le demi-frère, aîné de la famille, âgé de 40 ans en 1793, me semblant trop avancé en âge pour prendre les armes.

    En 1793, Joseph Ogereau participe à toutes les prises et reprises d'armes jusqu'à la pacification et est blessé à plusieurs reprises, la première blessure ayant été reçue au côté droit, entre le Bois Grolleau et Vezins.

    Au moment de la pacification, le 5 Ventôse de l'an VI, (23 février 1798), il en profite pour épouser à Melay, Jeanne Bidet, née le 20 mai 1773 à Saint-Georges-du-Puy-de-la-Garde, fille de Jean Bidet, métayer, et de Perrine Caillault (vue n°15/124 – mariages an V-1814 Melay) d'où sont issus six enfants :

     

    1° Jeanne Ogereau, née le 26 Ventôse de l'an VI... (16 mars 1798) à Melay.

    2° Françoise Ogereau, née le 9 Ventôse de l'an 10 (28 février 1802) idem.

    3° Marie Ogereau, née le 4 Ventôse an 12 (24 février 1804)  idem.

    4° Renée-Michelle Ogereau, née le 29 Frimaire an 14 (20 décembre 1805).

    5° Jeanne-Florence Ogereau, née le 27 février 1809 à Melay.

    6° Jean Ogereau, né le 26 octobre 1811 à Melay.

     

     

    Le 20 mars 1824 il dépose une demande de pension en ces termes :

     

    « A son Excellence le Ministre de la Guerre, 

     

    Monseigneur,

     

    Le Nommé Augereau Joseph, métayer, né à Melay canton de Chemillé (Maine et Loire) et y domicilié, à l'honneur de vous exposer qu'il a servi avec honneur et bravoure dans les armées de l'Ouest dites de la Vendée à toutes prises et reprises d'armes depuis 1793 jusqu'à la Restauration ; étant père de famille de six enfants, il a recours à votre Excellence Monseigneur, il vous supplie de le comprendre dans les dons accordés par sa Majesté eu égard à ses blessures. 

    Ce qu'octroyant, vous ferez justice à un père de famille qui en sera éternellement reconnaissant. 

    A Melay, le 20 mars 1824, le dit Augereau a déclaré ne savoir signer 

    signé Aug de la Béraudière, maire. » 

     

    Nota  : 

     

    « Le dit Augereau Joseph a perdu trois de ses frères en combattant dans les rangs de l' Armée Royale de la Vendée et sa femme a perdu trois de ses propres frères qui combattaient pour la même cause, ce que nous certifions, nous maire de la commune de Melay. 

     

    Signé Aug de la Béraudière Maire – le 2 mai 1824.» 

     

    Certificat de notoriété :

    «  Le 29 avril 1824  

     

        Devant nous Jacques-Charles Thibault juge de paix du canton de Chemillé arrondissement de Beaupréau, département de Maine et Loire assisté du Sieur Paul Pousset notre greffier, sont comparus Messieurs :

     

    1° Joseph Lambert, tisserand âgé de quarante six ans 

    2° Jacques Dixneuf métayer âgé de cinquante six ans. 

    3° Pierre Rompillon métayer, âgé de cinquante ans. 

     

    Lesquels nous ont déclaré et certifié que le sieur Ogereau, métayer demeurant de la commune de Melay a servi dans l'Armée Royale Vendéenne à toutes les prises et reprises d'armes et qu'il a reçu une blessure au côté gauche entre le Bois Grolleau et Vezins et une autre blessure au doigt majeur de la main droite ; qu'il s'est toujours très bien comporté en brave soldat vendéen. 

    Ce qu'ils nous affirment sincère et véritable et ont les dits témoins signé avec nous et notre greffier après lecture, fort le dit Rompillon qui a déclaré ne le savoir faire, de ce enquis.  

    signé Lambert – Jacques Dixneuf – Thibault – Pousset, greffier. » 

    Joseph Ogereau....

     

    Joseph Ogereau est décédé le 16 octobre 1839 à Melay. 

    Jeanne Bidet, son épouse, est décédée le 28 mars 1849 à Melay. 

     

    Sources:   

    Archives Départementales de Maine et Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens : Joseph Ogereau-Augereau - dossier 1M9/-29. - copie du certificat de notoriété - pièce n°2/7. 

    Registres d'Etat civil de la commune de Melay et généanet.  

    Photo tirée de « Secrets de chemins n°4 » - Juillet-Août 2008, d’après l’affiche du film « Jean Chouan », 1926. 

                                                         

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Jean Barbot du Fief-Sauvin, 

    caporal au régiment de Cambrésis... 

                   

                   

     

    Jean Barbot....     Jean Barbot est né et a été baptisé le 16 mars 1760 à Villeneuve-Fief-Sauvin. Il est le fils de Gabriel Barbot, maréchal ferrant et de Jeanne Clémot.

    En 1780, à l'âge de 20 ans il entre au service du Roi Louis XVI dans le régiment de Cambrésis. Il sert douze années dans ce corps où il est nommé caporal en 1784.

    Le régiment d'infanterie de Cambrésis a été créé le 25 mars 1776 et en 1788 il est commandé par Charles-Louis Ségondat baron de Montesquieu.

    A peine libéré du service Jean Barbot est entraîné dans la guerre de La Vendée où il sert avec courage et intrépidité. Monsieur de Bonchamps le nomme immédiatement capitaine de la garde de Saint-Florent forte de 400 hommes. Il est blessé à plusieurs reprises et au retour d'outre-Loire, le général Stofflet le nomme capitaine de ses chasseurs.

    Au début de l'Empire, il est marchand-fileur de laine et épouse Louise Courtais, née le 19 juillet 1764 à Saint-Lézin, fille de Joseph Courtais, graveur, et de Jeanne Chetoul.

    De cette union est issu un fils qui décédera en bas âge.

     

    1° - Honoré-Amable Barbot, né le 13 novembre 1807 à Jallais. (vue 8/119,

           naissances Jallais). 

      

    Jean Barbot est décédé à Jallais le 26 avril 1840 (vue n°98/164).

    Louise Courtais est décédée à Jallais le 3 septembre 1836, (vue n°59/164)

     

    Le 28 mai 1825, Jean Barbot dépose une demande de pension à Jallais en ces termes :

     

    « A son Excellence Monseigneur le Ministre de la Guerre  

     

    Monseigneur, 

     

    à l'honneur de vous exposer le Sieur Barbot Jean, demeurant à Jallais, canton de Beaupréau, département de Maine et Loire, âgé de soixante quatre ans, qu'il entra au service de sa Majesté Louis Seize en 1781 dans le régiment de Cambrésis commandé par Mr de Montesquieu ; où il resta douze ans en qualité de caporal et qu'au moment de la révolution, il fut un des premiers à prendre les armes, Monsieur de Bonchamps le nomma capitaine de la garde de Saint-Florent forte de 400 hommes ; qu'il fit la campagne d'Outre-Loire en cette qualité et qu'au retour Stofflet le nomma capitaine de ses Chasseurs. En 1815 il servit avec zèle et commanda une des compagnies de Jallais. 

     

    Le pétitionnaire a reçu il y a quelques années un secours de deux cents francs qui n'est point proportionné au grade qu'il a occupé et aux services qu'il a rendu, son âge avancé et ses nombreuses blessures ne peuvent qu'augmenter ses besoins et militer en sa faveur. 

     

    Pourquoi Monseigneur, il vous supplie d'ordonner que son faible secours soit converti en une pension qui le tire de l'extrême besoin où il se trouve. De votre Excellence, Monseigneur, le très humble et très obéissant serviteur.» 

     

    Jean Barbot....

     

    Certificat des chirurgiens.

     

    « Nous soussignés Ardré et Daviers, chirurgiens à la résidence de Jallais, arrondissement de Beaupréau, département de Maine et Loire. 

    Certifions avoir visité le nommé Jean Barbot âgé de soixante quatre ans ayant le grade de capitaine des Chasseurs dans les armées Royales de la Vendée, domicillié de la commune de Jallais ; Examen fait de ses blessures, nous avons reconnu plusieurs cicatrices, la première à la partie interne et supérieure de la cuisse du côté droit, la seconde à la partie postérieure et supérieure de la même cuisse du côté droit, la troisième à la partie intérieure et supérieure du sternome, la quatrième sur l'articulation de la dernière phalange du doigt du milieu, la cinquième sur la première phalange du doigt auriculaire, les dittes cicatrices nous ont parus être occasionnées par les armes à feux, cause qui l'empêche de travailler utillement , nous a dit avoir été blessé à la bataille de Nantes et à celle de Fontenai, en fois de quoi nous lui avons délivré le présent rapport pour valoir et servir. 

    A Jallais vingt cinq may mil huit cent vingt cinq.  

    Signé Ardré et Daviers » 

     

    En réalité, a reçu un coup de baïonnette à Fontenay et deux autres blessures à Nantes.

     

     

    Sources:   

    Archives Départementales de Maine et Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens: Jean Barbot - dossier 1M9/35.

    Registres d'Etat civil de la commune de Jallais, de Villeneuve – Fief-Sauvin – copie des états de service pièce n°4/6 

    Photos de l'auteur.  

                                                         

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Pierre Brochard, de la paroisse de Saint-André-de-la Marche, 

    tambour dans la compagnie des Chasseurs de Beaupréau. 

                 

                            

      

    Pierre Brochard...En 1793, Pierre Brochard est âgé de 12 ans... tambour, il accompagne son père dans les combats, ce dernier sera tué outre-Loire à la suite de la bataille de Savenay et fusillé à Nantes.

    Pierre Brochard est né le 1er juillet 1781 à Saint-André-de-la-Marche. Il est le fils de Pierre Brochard - fusillé à Nantes - tisserand et de Jeanne Goujon. En octobre 1793 il traverse la Loire avec la Grande Armée Catholique et Royale et fait toute la campagne. Rescapé de la bataille de Savenay, il traverse le fleuve et rentre en Vendée où il trouve sa maison pillée et dévastée. Il continue le combat dans l'armée de Monsieur Lhuillier comme tambour et est présent à presque toutes les affaires. Le 24 janvier 1803 (4 Pluviôse an 11) – (vue n°77/161) il épouse à Saint-André Renée Dabin, née le 17 mars 1774 à Saint-Macaire, fille de Jacques Dabin tisserand et de Jeanne Bretaudeau. De cette union sont issus, entre autres enfants :

     

    1° Renée-Marguerite Brochard, née le 20 septembre 1804 à St André (3 complémentaire an 13).

    Marie Brochard, née le 29 mars 1810 à St André.

    3° Jean-Baptiste Brochard, né le 7 décembre 1811 à St André.

    4° René Brochard, né le 24 mars 1815 à St André.

     

    Devenu veuf le 20 octobre 1833, il épouse le 26 mai 1834 à St André, Marie Morillion née le 19 mai 1800 à Saint-Germain-sur-Moine, fille de René Morillion, tisserand et de Marie Bégaud (vue n°84/184 -1829-1839 - St André), de ce deuxième mariage sont issus des jumeaux :

     

    1° Pierre Brochard, né le 28 août 1840 à St André- † le 9 septembre 1840.

    2° Rose Brochard, née le 28 août 1840 idem.

     

    Le 24 mai 1825, il dépose une demande de pension en ces termes :

     

    « Brochard Pierre, tisserand au bourg de St André de la Marche âgé de 44 ans

     A Messieurs,

     

    Les Commissaires chargés de proposer à son Excellence Monseigneur le Ministre de la Guerre la distribution des fonds accordés en vertu de l'ordonnance de sa Majesté du 29 décembre 1824. 

    J'ai l'honneur de mettre devant vos yeux les services que j'ai rendu pendant la durée de la guerre de la Vendée. Au commencement de la guerre, j'étois encore jeune mais dévoué pour le soutien de la juste cause. Je me suis trouvé en toutes les grandes affaires qui ont eu lieu. J'ai été tambour dans l'armée de Monsieur Lhuillier chef de Division de Beaupréau dans la compagnie des Chasseurs. J'ai toujours soutenu le poste tant dans la Vendée que dans la Bretagne. Le poste était très fatiguant mais je l'ai toujours soutenu tout de même avec courage. 

    Dans la grande Bretagne j'ai perdu mon père qui fut pris après l'affaire de Savenay et sacrifié à Nantes, il était un brave soldat. 

    Je rentre en la Vendée après la défaite de l'armée à Savenay, je trouve notre pauvre maison toute pillée et dévastée à mon arrivé à Saint André, me voilà dans le plus pitoyable état, ayant perdu mon père, tout ce que nous avions. 

    Resté sans secours, fatigué de tant de traverses que j'avais essuyé que je puis vous aparé que ma santé n'en a pas été meilleure depuis, à toutes ces peines et misères ; j'espère que vous y serez attentifs. Vous n'abandonnerez pas un pauvre malheureux qui a tant souffert et tant fait pour la guerre. Vous verrez la perte de son père, la perte de toute sa fortune, être réduit à la plus grande indigence, n'ayant que mon pauvre métier de tisserand pour gagner ma vie et celle de ma famille, que cela vous touchera, vous me rendré participant auprès de son Excellence la Ministre de la Guerre des bienfaits de sa Majesté. 

     

    Vous obligeré Messieurs, votre très humble et très obéissant serviteur.   

    ne sait signer. - A St André le 24 mai 1825. » 

     

    Certificat des Officiers : 

     

    « Nous soussignés, anciens chefs des armées Royales de l'Ouest certifions que nous avons parfaite connaissance que Pierre Brochard, tisserand à Sainte André de la Marche, marcha sous notre commandement dès le commencement de la guerre, qu'il a assisté à presque toutes les affaires en qualité de soldat tambour et qu'il a toujours servi avec honneur et distinction en foi de quoi nous lui avons délivré le présent certificat pour lui servir et valoir ce que de raison, son père mort à l'armée. 

    A St André de la Marche le 24 mai 1825. 

     

    Signé  : 

    Pierre Hulin- chef de Batallion – Tinguy ancien capitaine – Lhuillier Colonel chevalier de StLouis – Soyer – Le Marquis de la Bretesche- chef de Division. » 

     

    Pierre Brochard...

    Sources:  

    Archives Départementales de Maine et Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens: Pierre Brochard - dossier 1M9/88 - copie du certificat des officiers. 

    Registres d'Etat civil de la commune de Saint-André-de-la-Marche.

    Photo de la figurine d'un tambour Vendéen de l’Atelier Barthélémy extraite de "Vendéens et Chouans".

     

                                                          

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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                    Jean Beaufreton de la paroisse du May-sur-Evre,

              sauve le général Henri Forestier à Cirières en Poitou...

               

                          

     

    Jean Beaufreton....Avant de passer à l'action héroïque de Jean Beaufreton, il est bon de rappeler que le vainqueur écrit toujours l'histoire. Le vaincu, lui, il ne le peut pas, en général il est à moitié nu dans les ruines de sa maison incendiée et ça été le cas pour le Vendéen.

    Ecrire ses mémoires n'était pas l'urgence du moment... 

    Beaucoup d'officiers et de généraux royalistes qui auraient pu écrire ont disparu au combat où ont été fusillés. Une chape de plomb s'est abattue sur toute la Vendée Militaire.

    Les Républicains ont maquillé à leur avantage les événements qui se sont déroulés avant, pendant et après leur prise du pouvoir et vous savez bien que les vaincus n'ont jamais raison. C'est pourquoi les faits d'armes de nos glorieux ancêtres ont  toujours été occultés, dénaturés et criminalisés. Les ''Bleus'' ont voulu vaincre jusqu'à la mémoire de leurs ennemis. Les ''Blancs'' et leurs descendants ont dû affronter le discours officiel jusqu'à aujourd'hui et c'est à ses risques et périls que l'historien honnête doit lutter contre la doxa bien en cour. Demandez donc à Monsieur Reynald Sécher...

     

    C'est donc grâce à ces demandes de pensions vendéennes et par le dépouillement des écrits républicains aux archives, que nous commençons à entrevoir la vérité et à découvrir la formidable escroquerie des ''Droits de l'Homme'', ou  plus clairement des ''Droits de l'Exploitation Banquière'' et pour être encore plus précis : de l'accaparement du pouvoir, des richesses et de ''l'information'' par une bourgeoisie ''maçonnisée'', sous influence et sans Dieu!

    Je pourrais être encore plus explicite... Mais voyez-vous, la République est une dictature, une forme très élaborée de discrimination, nous ne sommes libres qu'à l'intérieur de ce qu'elle propose... Si nous essayons seulement de vivre et de penser autrement, nous nous heurtons rapidement aux barreaux...

    Il est bon de temps en temps de remettre les pendules à l'heure ''royale'', pour ceux qui n'auraient pas encore compris.

     

    Jean-Joseph Beaufreton est né et a été baptisé le 2 avril 1781 au May-sur-Evre. Il est le fils de Jean Beaufreton, maçon au bourg du May et de de Marie Brunelière. Son père, capitaine de paroisse en 1793 est tué à l'assaut de la ville de Thouars. Sa mère, en octobre 1793 traverse la Loire avec ses cinq enfants ; (quatre garçons et une fille), lui seul survivra, sauvé par un officier. Le nom d'un de ses frères, disparu outre-Loire : Pierre-Vincent Beaufreton, 10 ans, né le 22 janvier 1784 au May... Un de ses oncles Brunelière fut un intrépide cavalier vendéen tué au combat.

    Il se marie le 23 Brumaire de l'an XII (15 novembre 1803) avec Marie Oger, fille de Jean Oger et de Charlotte Blot, née le 13 mars 1776 au May (vue n°40/227).

    De cette union naîtront cinq enfants.

     

    Le 7 septembre 1799, dans un petit chemin ''sur Cerisay'' le général Forestier est grièvement blessé, Jean Beaufreton, par son courage, empêche les Républicains de le sabrer et exfiltre, avec deux camarades, son général vers le château du Soulier à Combrand...

     

      Le 28 mai 1825, Jean Beaufreton dépose une demande de pension au May en ces termes :

     

    « Jean Beaufreton né et domicilié commune du May, ancien soldat des Armées Royales de l'Ouest,

    A Messieurs,

    Messieurs les membres de la Commission formée en exécution de l'Ordonnance Royale du Roi du 29 décembre 1824 ;

    J'ai l'honneur de vous exposer que feu mon père, a été un des premiers à prendre les armes en qualité de capitaine de la commune du May pour le rétablissement de l'autel et du trône, qu'il a combattu avec honneur et distinction les ennemis de l'auguste famille des Bourbons jusqu'au gros combat de Thouars où il mourut au champ d'honneur à la tête de sa compagnie, ou il laissa ma mère veuve avec 5 enfants.

    Au mois d'octobre lorsque l'armée Royale a passé la Loire, ma mère sachant bien qu'elle était dénoncée a suivi l'armée Royale avec ses 5 enfants dont j'étais du nombre, qui tous ont péris, dont je ne dois la vie qu'à un officier qui m'a sauvé de la mort, ou j'ai resté seul de ma famille.

    De retour dans la Vendée, j'ai été un des premiers à prendre les armes suivant l'exemple de mon père. En 1799 dès qu'il fut question des premiers rassemblements. Je fus nommé sergent dans une compagnie de Jallais où j'ai assisté à tous les combats qui ont eu lieu dans cette campagne, notamment celui de Cirière en Poitou le sept septembre, ou nous avons poursuivi les troupes républicaines sur Cerisai ou le fils de Monsieur Beauvollier fut tué et le général Forestier poursuivant avec rapidité l'ennemi à la tête de son armée dont je faisais partie ; une compagnie de républicains se détacha de la colonne, et Mr Forestier à leur trousse et mêlé parmi eux, le blessèrent grièvement et revenaient sur leurs pas pour le sabrer – dont j'ai arrivé le premier que j'ai retînt la colonne en criant à moi camarades, le premier qui est venu à mon secours ce fut le Sieur Brion qui faisait partie de la compagnie de Cholet et le capitaine Barbot de Jallais qui arrivé le second, ou nous l'avons enlevé au milieu du combat et mis en lieu de sûreté.

      Malgré toutes les peines et fatigue que j'ai éprouvé outre-Loire et la campagne de 1799 que j'ai fait sans désemparé. Mon amour pour le Roi n'a pas diminué, j'ai été un des premiers à prendre les armes en 1815 pour la cause royale quoique je fusses père de 5 enfants en bas âge. J'ai donné l'exemple du courage à mes frères d'armes et dans la compagnie où j'étais sergent. Je n'ai quitté l'armée que par ordres de nos généraux. J'ai fait la campagne sans désemparé.

    C'est pourquoi, je prie Messieurs les Membres de la Commission de prendre en considération mes malheurs de la perte de mon père, de ma mère et de 3 frères et une sœur et d'un oncle nommé Brunelière qui était un fameux cavalier estimé de tous ses chefs, et de mon entier dévouement et services rendus à l'Armée Royale et de mes pertes ayant resté orphelin : à me faire participer dans les bienfaits de sa Majesté en m'accordant une pension sur les fonds de l'Etat.

    Ce que faisant vous rendrez justice et aurez droit à mon éternelle reconnaissance.  

    L'exposant ne sait signer et a fait sa croix ordinaire  X

    A la mairie du May ce 28 mai 1825.

    Signé Brion-Sachet. »

     

    Certificat de Brion – présent au combat de Cirières et adjoint du maire du May.

     

    «   Commune du May, Je soussigné adjoint au maire de la commune du May ;

    Certifie que Jean Beaufreton, maçon né et domicilié de cette commune a suivi le premier Mr Forestier à la bataille du 7 septembre 1799 à Cirière en Poitou par le petit chemin où il poursuivait rapidement les troupes républicaines, qui le blessère et revenaient sur leurs pas voyant qu'il était presque seul si avancé, ou ils auraient sabré sans le secours du dit Beaufreton qui le premier arrive a lui et moi le second et le capitaine Barbaut de Jallais le troisième. Là assemblé tous les trois nous avons tenu le coup à 20 à 30 hommes, ce qui a donné le tems à notre troupe d'arriver à nous, et nous avons sauvé le général et le porté au château des Souliers commune de Combran en vie.

     

    Jean Beaufreton....

    Certifie le présent certificat sincère et véritable, ji étais présent 

    A la mairie du May, ce 28 mai 1829.

    Signé Brion-Sachet. »

     

    Jean Beaufreton est décédé au May-sur-Evre le 2 août 1848 (acte n°59 -1848)

     

    Jean Beaufreton....

     

    Sources : Archives Départementales de Maine et Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens: Jean Beaufreton - dossier 1M9/41- Registres d'Etat civil de la commune du May-sur-Evre – copie de la pièce n°5/6.

    Photos de l'auteur et de R. Lueil.

                                                         

    X. Paquereau pour Chemins Secrets

     

     

     

     

    NDLR : Michel Chatry avait publié une longue étude sur le combat de Cirières dans le N° 209, décembre 1999, de la Revue du Souvenir Vendéen.


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