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    Pierre-Etienne Lethon, de la Poitevinière, 

    lardé de 12 coups de baïonnettes au combat de Piedeau, 

    le vendredi 26 Pluviôse de l'an II... Ordre du Lys...

     

                

       
         Pierre-Etienne Lethon....Quand flambait le bocage... quand flambait le bocage !... Février 1794, la Grande Armée Catholique et Royale n'existe plus, exterminée à Savenay. Il ne reste plus que quelques milliers d'hommes éparpillés sur tout le territoire de la Vendée Militaire qui étrillent les Colonnes Infernales.

    Ce sont de petites armées d'irréductibles, des hommes de fer, n'ayant plus rien à perdre et qui résisteront jusqu'à la mort héroïque de leurs derniers généraux.

     

    Le mardi 11 février 1794 (23 Pluviôse de l'an 2), l'armée Bleue de Cordellier est à Vihiers avec 800 hommes...

     

    « Mais n'y rencontrant aucun ennemi, il partit le lendemain pour Chemillé. N'y trouvant point Stofflet, il y mit le feu et se dirigea ensuite sur Jallais. Stofflet, dans le moment, revenait de Montrevault vers le Fief-Sauvin pour livrer bataille aux Républicains sur les coteaux de l'Evre. Les avant-postes des deux petites armées se rencontrèrent, le 14, et commencèrent le feu près du château de Piedeau (Pieddouault), vers neuf heures du matin.

    Le 74ème de ligne, composé en grande partie de Mayençais, refoule les Royalistes jusqu'au parc de Beaupréau et pénètre dans la ville, quand Stofflet avec son aile droite qui n'a pas donné, arrive par la Chapelle-du-Genêt, et attaque en flanc les soldats de Cordellier. Une vive fusillade s'engage des deux côté ; elle se prolonge pendant plusieurs heures, et laisse la victoire indécise. Enfin, les Mayençais par une mesure qui fait honneur à Cordellier se cachent derrière les haies et s'éparpillent en tirailleurs. Cette manœuvre trompe les Vendéens qui croyant nombreuse l'armée des Bleus ne donnent que faiblement et se retirent bientôt sur les bords de l'Evre. Plusieurs paysans s'y noient en voulant la franchir ; les autres sont poursuivis avec acharnement jusqu'à la Chaussaire où quelques uns encore perdent la vie dans les eaux de la Sanguèse. »

     

    (Abbé Deniau – Tome IV p264 – Histoire de la Guerre de la Vendée.) 

     

    C'est dans cette affaire que Pierre-Etienne Lethon est laissé pour mort sur le champ de bataille près du château de Piedeau, avec un coup de sabre à la tête, lui occasionnant une large blessure à l'os frontal, un autre coup de sabre au poignet gauche et le corps lardé de ''10 à 12 coups de baïonnettes dans les reins et les cuisses''. Heureusement pour lui, le moulin de Deureux* qu'il exploite, se trouve à proximité du château...

     

    *Le moulin Deureux se situe sur le ruisseau du Rez Profond, proche du pont Piedeau, séparant les communes de Jallais et de la Poitevinière. 

     

      Pierre-Etienne est un soldat intrépide, se portant toujours en avant, en entraînant ses camarades au combat. Il passe la Loire en Octobre 1793 et fait partie des rares survivants d'Outre-Loire. Ayant une grande expérience du combat, le Roi le décore de l'Ordre du Lys et lui fait présent d'une lettre d'honneur le 17 mars 1821. 

     

    Depuis un certain temps, les Colonnes de Turreau prennent ''plumées sur plumées'' et c'est avec un grand soulagement, que ce criminel de guerre se réjouit de cette petite victoire en écrivant au Représentant du Peuple Francastel...

    Voici l'extrait d'une lettre de Turreau, général en chef de l'armée de l'Ouest : au Citoyen Francastel représentant du Peuple (Les Affiches d'Angers – Février 1794 n°26 du décadi – 30 Pluviôse de l'an 2 – vue n°18/30).

     

    Citoyen Représentant,

     

    « Les ordres que j'ai donnés aux divers chefs de Colonnes : chargés de poursuivre sans relâche le reste des brigands, s'exécutent chaque jour avec plus d'activité : près de quinze cents de ces scélérats viennent de tomber sous les coups de la brave division commandée par le général Cordelier il les a fait repentir d'avoir attaqué Beaupréau où il étoit alors, comme il l'a fait d'être, entrés dans Cholet. 

    A peine les avant-postes du général Cordelier furent-ils attaqués, que bientôt tous les soldats de sa division se répandant en tirailleurs dans la campagne voisine, mirent ces brigands dans la plus complète déroute ; ils jettoient leur armes afin de mieux battre en retraite ; tu dois concevoir combien on en a tué pendant une fusillade qui a duré sans discontinuer depuis neuf heures du matin jusqu'à quatre heures après midi ; les brigands étoient tellement serrés que plus de cent cinquante ont tombé dans la rivière l'Evre, et une grande quantité dans celle de la Sanguaise . 

    Cordelier ne s'est point borné à cette victoire, le tiers de la division qui s'étoit porté du côté de la Poitevinière, a tué plus de sept cents rebelles. 

    Le 26 du mois, ces coquins ont voulu encore se mesurer avec lui, mais il es a si bien frottés que le corps qu'il avoit à combattre, se trouve réduit à près de 500 hommes mal armés. 

    On ne saurait donner trop d'éloges à l'intrépidité des soldats du soixante quatorzième régiment ; il mérite le titre de Républicain, c'est tout dire. » 

     

    Pierre-Etienne Lethon....

    Pierre-Etienne Lethon-Leton est né et a été baptisé le 16 juin 1772 à la Poitevinière, il est le fils de Pierre Lethon, meunier au moulin Deureux et de Marie Viau.

    Il épouse Renée Rousse, née le 5 décembre 1775 à St Quentin, et décédée le 20 janvier 1824, de cette union sont issus entre autres enfants :

     

    1°Marie Lethon, née le 9 vendémiaire an 9. 1er octobre 1800. la Poitevinière.

    2°Pierre-Etienne Lethon, né le 14 vendémiaire an 10 – idem.

    3°Jean Lethon, né le 2 Messidor an 12, idem.

    4°Renée Perrine Lethon, née le 1er août 1806, idem.

    5°Pierre Lethon, né le 8 juillet 1808, idem.

    6°Augustin Lethon, né le 8 juillet 1818, idem.

    7°Joseph Lethon, né le 14 janvier 1811, idem

     

    Devenu veuf, il épouse le 8 février 1825 à Jallais Jeanne Godineau, née le 7 juin 1787 à Jallais ; d'où :

    8°Jeanne Lethon, née le 12 mai 1826 à la Poitevinière.

     

    Le 25 mars 1824, à la Poitevinière, il dépose une demande de secours.

     

    « Lethon Pierre-Etienne, indigent, soldat de l' Armée Vendéenne demeurant à la Poitevinière, 

    A son Excellence le Ministre de la Guerre. 

    Monseigneur, 

    J'ai l'honneur de vous exposer que j'ai pris les armes pour le rétablissement du trône aussitôt que la guerre à commencé en 1793. 

    J'ai constamment servi avec bravoure et honneur. J'ai été cruellement blessé : à une des affaires, qui ont eut lieu à Piedeau en la commune de Jallais en 1794. 

    J'éprouve par mes blessures de grandes douleurs, mes forces sont tellement épuisées, je ne puis plus rien faire qu'avec beaucoup de peine. Je suis dans l'indigence et père de cinq enfants. 

    J'ai le plus grand besoin des secours accordés par l'Ordonnance du Roi, du trois décembre 1823, auxquels j'ai les droits les mieux fondés en raison de mes blessures dans les armées royales de mes blessures et de ma misère. 

    J'ose vous prier Monseigneur de vouloir bien proposer à sa Majesté de m'accorder une pension.   

    Je suis avec respect, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur. » 

     

    Pierre-Etienne Lethon....

    Pierre-Etienne Lethon est décédé à la Poitevinière le 29 janvier 1837. 

     

    Sources :   

     

    Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens : Lethon-Leton Pierre-Etienne - dossier 1M9/-243. Certificat de services, vue n°3/9. 

    Les Affiches d'Angers n°26 – du décadi 30 pluviôse de l'an 2 – vue n° 18/30. 

    Registres d'état civil de la Poitevinière, Jallais. 

    Histoire de la guerre de la Vendée – Abbé Deniau – Tome IV – p264.  

    Photo: de l'auteur 

     

     

                                        X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Pierre Achard de la paroisse de Cossé, 

    tue trois hussards à la bataille de Fontenay – Ordre du Lys. 

        

                

       


    Pierre Achard.... C'est incroyable le nombre de hussards qui perdirent la vie en Vendée. Il est vrai que leur armement et leur harnachement faisaient d'eux une cible de choix.

      En effet, au moment de la Révolution, le hussard est équipé du mousqueton modèle 1767 et 1786, petite arme très maniable pour un cavalier, d'une paire de pistolets modèle 1763 et du superbe sabre modèle 1777-1783-1786, qui sera modifié en l'an IV. 

    Sur le document joint, vous apercevrez une tenue complète d'un cavalier du 1er escadron du 7ème régiment de hussards. Ces pièces exceptionnelles sont actuellement conservées au château de l'Empéri.

    Le 7ème régiment de hussards a combattu en Vendée et s'est signalé par ses exactions.

     

    Pierre Achard....

    Les états de services de Pierre Achard sont élogieux :

    - Blessé à la main droite d'un coup de sabre à l'affaire de Fontenay, y a tué trois hussards.

    - Blessé au village de Champ d'une balle à la jambe gauche.

    - Avec 30 hommes, fait 400 prisonniers à Vihiers.

    - Au Bois Grolleau, deux cents prisonniers.

    - Contribue à la prise de Chalonnes et à la déroute de l'ennemi à Chaudron.

     

    Il est présent sur les champs de bataille de Coron – Vezins – Cholet – Beaupréau – St Pierre de Chemillé – Vihiers – Thouars – Parthenay – La Chataigneraie – Fontenay – Doué – Montreuil – Saumur – Châtillon -  Chantonnay – Bressuire – Torfou – Moulin aux Chèvres - Cholet. En 1794 : Gesté – Saint-Florent – Jallais – les Aubiers et autres.... et la "campagne de 1814".

    Il a été breveté pour marque de son dévouement de la décoration du Lys. 

    ''Il s'est constamment montré à la tête des colonnes royalistes, que ses blessures sont honorables'' 

     

    Pierre Achard....

    Le 29 juin 1825, il dépose une demande de pension :

     

    «  A Messieurs les Membres composant la Commission Royale. 

     

    Messieurs,

     

    A l'honneur de vous exposer Achard Pierre cultivateur, demeurant commune de Cossé, canton de Chemillé, arrondissement de Beaupréau département de Maine et Loire : que depuis 1793, en may, il n'a cessé de se montrer à la tête des colonnes royalistes Vendéennes ; que ses blessures et les sacrifices tant pécuniaires que personnels ne lui ont rien coûté faisant avec résignation, tout ce qui pouvait contribuer au soutien de la cause sacrée du trône, comme il n'a jamais fait de réclamations pour ses longs et pénibles services, il prend la liberté de vous mettre aujourd'hui sous les yeux sa première demande, convaincu que d'après votre justice vous daignerez le compter au nombre de ceux à qui l'ordonnance de sa Majesté promet une récompense proportionnée à leur zèle et à leurs travaux, ce à quoi accédant, vous comblerez les vœux d'un brave et fidèle Vendéen qui n'a vécu que pour exposer sa vie et sa fortune pour son Dieu et pour son Roi. 

    À Cossé le 29 juin 1825. 

    signé P Achard. » 

     

    Pierre Achard, est né et a été baptisé le 3 décembre 1769 au Voide. Il est le

    fils de Pierre Achard, métayer à la Jourie et de Marie Houet. Il se marie le 11 septembre 1798 (25 fructidor de l'an 6) à Cossé (vue n°32/60 mariages Cossé),

    avec Jeanne Moreau, née le 1er janvier 1770 à Cossé, fille de Charles Moreau et de Jeanne Michelet. De cette union sont issus :

     

    1- Charles Achard, né le 5 pluviôse an 7 à Cossé.

    2- Jeanne Achard, née le 3 vendémiaire an 10 à Cossé.

    3- Joséphine Achard, née le 12 juin 1808, idem

    4- Marie Achard, née le 12 juin 1808, idem.

    5- Mathurin Achard, né le 25 germinal an 11, idem.

    6- Charles-Mathurin Achard, né le 25 germinal an 11, idem.

    7- Louise Achard, née le 24 septembre 1810, idem.

    8- Joséphine-Jeanne Achard, née le 14 mai 1812, idem.

     

    Pierre Achard est décédé le 31 décembre 1851 à Cossé.

    Jeanne moreau est décédée 8 décembre 1820 à Cossé.

     

    Sources :   

     

    Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens: Achard Pierre - dossier 1M9/22. Certificat de services, vue n°1/3. 

    Registres d'état civil de Cossé et du Voide. 

    Photo: de l'auteur et crédit photo de la Gazette des Armes – n°80 -de mars 1980 - page 25. 

                                                        

     

     X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Jean-Antoine Thouvenin de Toul, officier de Gendarmerie, 

    guillotiné à Nancy le 13 mai 1794. 

               

       

    Jean-Antoine Thouvenin....Jean-Antoine Thouvenin, lieutenant de Gendarmerie est guillotiné à Nancy le 13 mai 1794 (24 Floréal an 2).

    Jean-Antoine Thouvenin est né le 4 février 1759 à Toul. Il est le fils d'Antoine Thouvenin, Conseiller du Roi de la paroisse de Saint-Amand et de Marie-Josèphe Fangeot, fille du Sieur Jean Fangeot, ancien capitaine du corps des volontaires royaux reformé à la suite de cette place et de Dame Marie-Anne de Fockembert (Mariage vue n°464/961, 25 avril 1758).

     

    De 1792 à 1794 il est le commandant de la lieutenance de Toul et a épousé Marguerite Gérard.

    Il sera le seul Toulois victime de la Terreur et perdra sa tête sur la place de la Liberté (actuellement place Carnot) à Nancy, pour le crime ''d'embauche''.

     Jean-Antoine Thouvenin....

    Jean-Antoine Thouvenin....

    Son fils, Jean-Baptiste-Antoine Thouvenin, sous-lieutenant à l'Ecole de Cavalerie de Saumur, dépose une demande de pension en 1819. A cette époque, il est âgé de 27 ans et est officier au régiment des Chasseurs à cheval de l'Oise (15ème régiment de Chasseurs).

     

    «  Ministère de la Maison du Roi 

    Paris le 4 septembre 1819. 

    Le conseil d'Etat, Commissaire délégué pour instruire les demandes de pensions sur la liste civile. 

    A Monsieur le Préfet de Maine et loire, 

     

    Monsieur le préfet,

     

    Monsieur Thouvenin Jean, Baptiste, Antoine, né à Toul, âgé de 27 ans, sous-lieutenant des Chasseurs de l'Oise demeurant à l'Ecole Royale et Militaire de Saumur (Maine et Loire) demande une pension sur la liste civile. 

    Il expose que son père, officier de gendarmerie ayant perdu la vie sur l'échaffaud en 1793, tout son modique patrimoine a été confisqué ; qu'il est sous-lieutenant depuis 1813 et n'a pour exister que ses appointements, et qu'il lui est impossible de venir au secours de sa mère qui est aussi dans le besoin. 

    Je vous serai obligé, Monsieur, de me dire si le fait avancé par le réclamant quant au genre de mort et à la confiscation des biens de son père est exact : si ma mère est sans fortune, s'il a des frères et des sœurs : afin de m'éclairer sur sa position, les besoins qu'il peut avoir et sa conduite morale et politique. 

    J'ai l'honneur d'être avec ma considération très distinguée. 

    Monsieur le Préfet votre très humble et très obéissant serviteur. 

    signé Rochefort. » 

     

    Jean-Antoine Thouvenin....

     

    Le 20 septembre 1819 au S.P de Saumur. 

    Mr le S.P, 

    Mr le Conseiller d'Etat chargé d'instruire les demandes de secours et pensions sur la liste civile m'a invité à lui transmettre des renseignements concernant Mr Thouvenin (Jean Baptiste Antoine) né à Toul lieutenant des chasseurs de l'Oise à l'Ecole d'Instruction des troupes à cheval de Saumur. Comme mes informations doivent particulièrement porter sur la situation actuelle de la famille de cet officier, je vous serai obligé de savoir de lui et de me faire connaître si elle habite dans le département, et, dans le cas contraire le lieu de la résidence. 

    Vous voudrez bien joindre à ce renseignement quelques notes sur sa conduite morale et politique de Mr Thouvenin depuis qu'il est à Saumur.

     signé illisible. » 

     

     

    En décembre 1819, le Général commandant l'école donne les renseignements les plus favorables sur la conduite morale et politique de cet officier élève, et le cite comme étant l'un des élèves lui ayant donné le plus de satisfaction sous tous les rapports.

     

    Le 4 décembre 1819, 

    Mr le Conseiller d'état, 

     

    Par votre lettre du 4 septembre dernier, vous m'avez prié de vous donner des renseignements sur Mr Thouvenin Jean-Baptiste-Antoine,né à Toul, lieutenant des Chasseurs de l'Oise et élève à l'école royale de cavalerie de Saumur, ainsi que sur la résidence de sa famille. 

    Lorsque j'écrivis à Mr le Préfet de Saumur à ce sujet, le 20 septembre dernier ; cet officier venait de quitter l'école pour rejoindre son régiment*. Mr le général Cdt l'école, n'a pu fournir aucun détail sur la résidence et la situation de la famille de Mr Thouvenin ; il a seulement donné l'assurance qu'elle ne résidait pas dans le Maine et Loire. Mr le général a donné d'ailleurs les renseignements les plus favorables sur la conduite morale et politique de Mr Thouvenin, il le cite comme l'un des élèves qui lui a donné le plus de satisfaction sous tous les rapports. 

    Je regrette Mr le Conseiller d'Etat de ne pouvoir vous donner tous les détails que vous désirez obtenir.   

    J'ai l'honneur... signé illisible. » 

     

    * Il semblerait que la garnison du 15ème Chasseurs à Cheval soit Neuf-Brisach. 

     

     

    Sources :   

     

    Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens : Thouvenin Jean-Baptiste-Antoine - dossier 1M9/339. 

    Archives Départementales de la Meurthe-et-Moselle tous droits réservés - Paroisse St Amand de Toul. Signature de Jean-Antoine Thouvenin – Toul BMS 1737-1792, acte n°89, vue n°346/516, mariage de Marie-Josèphe Thouvenin.

    Journal des guillotinés – Thouvenin Jean-Antoine.

    Photos : guillotine aux enchères à Nantes – Le Parisien du 25 mars 2014. Pistolet modèle 1770, corrigé an IX de gendarmerie ayant appartenu à un gendarme du département de la Loire (Forez) sous le Consulat – daté AN XI-RF – boutons 1ère République. Miniature, capitaine du 15ème régiment de Chasseurs à Cheval de Therminiatures.com.

     

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    François Renou, de Rochefort-sur-Loire, 

    enveloppé par les hussards au combat de Chavagnes-les-Eaux... 

    Ordre du Lys... 

     

               

     


    François Renou....En ce 15 juillet 1793, il fait chaud, très chaud, beaucoup de Vendéens vont mourir d'avoir bu l'eau croupie des mares ; le général Lescure va passer pour mort après en avoir consommé.

    « L'armée républicaine s'avance jusqu'à Chavagnes-les-Eaux et Martigné-Briand, son avant garde prend la direction de Vihiers et ses éclaireurs atteignent Faye-d'Anjou.

    Réunies à Gonnord, les divisions de Bonchamps, de la Rochejacquelein, de Lescure, de Stofflet et Marigny essaient de s'opposer à Martigné-Briand durant neuf heures, à l'avance de cette armée. Bien qu'elles aient percé le centre et se soient emparées du quartier général ennemi, une manoeuvre de la cavalerie vendéenne jette le désarroi dans leurs rangs, c'est la défaite et le reflux vers Coron. Bonchamp est blessé par un biscaïen au coude au cours de cette bataille. » (p.61, Itinéraires de la Vendée Militaire par P. Doré-Graslin édition Garnier 1979).

    L'Abbé Deniau nous dit qu'en ce 15 juillet 1793, il fait une chaleur extrême et que dès le début de la bataille, le centre des Bleus est enfoncé et que le quartier général du château de Fline est investi. Le choc est rude, le général républicain Danican a son cheval tué sous lui et est jeté dans un fossé, il perd quarante hommes du 8ème hussards dans la fuite vers Vihiers.

    Malheureusement un mouvement de la cavalerie vendéenne fait croire à une charge de l'ennemi et les Vendéens se débandent. Les 8ème et 9ème hussards fondent sur la cavalerie de Marigny et se battent au corps à corps, Monsieur de Bonchamps est enveloppé par cinq hussards, il en tue un, en blesse un second, et quelques vendéens étant venus à son secours, il mit les trois autres en fuite. A ce moment il est blessé par un biscaïen au coude et est évacué.

    C'est peut-être au cours de cette action que François Renou tue un hussard d'un coup de crosse de fusil ?

     

    François Renou....

    Le 15 juillet au soir, au quartier général de Fline le général de Division La Barolière écrit au Ministre de la Guerre :

     

    «Au quartier général de Fline près Martigné, le 15 juillet au soir, La Barolière général de division au citoyen Ministre de la Guerre.   

     Citoyen Ministre, 

    J'ai l'honneur de vous rendre compte que l'ennemi nous a attaqué aujourd'hui par la droite et les derrières du camp, dans un moment où j'avais fait exécuter un mouvement en avant sur Vihiers par l'avant garde de l'armée, il a fallu la faire revenir, l'armée rebelle avait eu le temps de percer par notre centre et de s'emparer du quartier général, mais les troupes de la république ont été courageuses et nous les avons rechassés plus de deux lieues au delà de notre camp, nous pouvons avoir 150 blessés. J'ignore exactement notre perte en morts, je connais cinq officiers tués, tout ce qui compose l'état major de cette petite armée, s'est conduit avec valeur et intelligence, les hussards des 7ème et 8éme régiments ont chargé avec succès et courage et ont plus que personne contribué au succès du combat presque toutes nos troupes ont donné. 

    La charge a été battue pour se servir des bayonnettes, mais les ennemis n'en ont point attendu l'effet. 

    Je vois des éloges au Gal de Division Menou et à Bertier, Fabrefond et Barbazan généraux de brigade. Plusieurs bataillons de Paris ont montré la plus grande volonté et courage, enfin les troupes de la République ont soutenu valeureusement et ont montré qu'elles étaient dignes d'être les apôtres de la Liberté.       

    signé : la Barolière. » 

    François Renou....

     

    En parcourant les états de services de François Renou, nous remarquons qu'il a protégé la retraite de l'armée royale à Chavagnes-les Eaux, « en arrêtant avec un petit nombre, la charge des hussards républicains dont il en tua un avec la crosse de son fusil, n'ayant pu mettre la cartouche, étant confondu dans l'escadron Bleu. »

     

    Le 31 mai 1824, il dépose une demande de pension :

     

    « Renou François, soldat dans l'armée royale de la Vendée de la commune de Saint Aubin de Luigné conformément à l'Ordonnance du Roi du trois décembre dernier. 

    Jay l'honneur de vous présenter ma pétition affin d'obtenir le secours de la bien faisance du Roi qui accorde aux militaires des armées royales de la Vendée, qui ont été blessés dans les combats. 

    Jay joint mon acte de naissance, mon acte de notoriété qui constate que jay servi le Roi en qualité de soldat, dans la ditte armée, que jay été blessé* à l'affaire de Laval, un certificat de deux officiers de santé qui atteste ma blessure. 

    A Saint Aubin de Luigné le trente mai 1824 : ne sait signer.    » 

     

    * Une balle lui a traversé la cuisse droite et son frère a été tué à ses côtés. 

     

    François Renou est né le 12 septembre 1763 à Rochefort-sur-Loire, il est le fils de François Renou, métayer et de Jacquine Mercerolle originaire de la Jumellière. Il se marie le 26 septembre 1796 à Rochefort (5 Vendémiaire an 5) avec Anne Davy-David née le 2 avril 1775, fille de Jean Davy et d’ Anne Pineau. De cette union sont issus entre autres enfants :

     

    1° François Renou, né le 2 Prairial an 5 à St Aubin. Décédé le 28 Novembre 1799.

    2° Marie, Françoise Renou, née le 26 juin 1807 à St Aubin.

    3° Jacques Renous, né le  22 août 1809 à idem.

    4° Jeanne Renou, née le 3 juillet 1811 à St Aubin.

    5° Louise Renou, né e le 13 janvier 1814 à St Aubin.

    6° Jean Renou, né le 10 octobre 1815 à idem

    7° Pierre Renou, né le 13 août 1817 à idem.

    8° Louis Renou, né le 13 août 1817 à idem.

    9° Perrine Renou, né le 3 février 1820 à idem.

     

    François Renou est décédé le 15 octobre 1845 à Saint-Aubin.

    Anne David est décédée le 8 mai 1842 à Saint-Aubin.

     

    François Renou....

     

    Sources:   

     

    Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens: François Renou 2 - dossier 1M9/309, vue n° 2/11. Ordre du Lys. 

    Certificat de services vue n°9/11. 

    Archives Départementales de la Vendée (Archives de Vincennes), SHD B 5/5-100, 15 juillet 1793. Lettre de la Barolière, v. 9 et 10/11.

    Registres d'Etat civil de la commune de Rochefort-sur-Loire – Saint-Aubin-de-Luigné. 

    Histoire des Guerres de la Vendée – Abbé Deniau, Tome II – pages 331,332,333. 

    Itinéraires de la Vendée Militaire par Doré-Graslin, Edit Garnier 1979. p61. 

    Photo : de l'auteur et toile de Paul-Emile-Léon Perboyre, hussards chargeant, extrait de Vendée-Chouannerie. 

     

                                                        

     X. Paquereau pour Chemins Secrets

     

     

    NDLR : la marquise de La Rochejacquelein donne quelques détails de ce combat, op.cit. p. 228 et 229. 


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    Pierre-Louis-Sébastien Colzy, de Rémigny en Picardie, 

    soldat au régiment du Dauphin...

     

     

               

    Pierre-Louis-Sébastien Colzy....Louis-Sébastien Colzy est né et a été baptisé le 2 novembre 1771 à Remigny en Picardie. Il est le fils de Sébastien Colzy, charpentier et de Marie-Thérèse Lecomte.

    Avant l'âge de quinze ans, il s'engage au service du Roi Louis XVI dans le Régiment du Dauphin sous le commandement de Monsieur le Colonel La Roc* (*Jean Laroque de Cusson) et dans la compagnie de Monsieur le capitaine Ferré. Il sert dans ce régiment pendant huit années comme soldat.

    Il nous dit qu'après la retraite du général Dumouriez il ''s'en est venu'' en Vendée et qu'il a déserté avec armes et bagages devant le poste de Saint-Aubin-de-Luigné. Il s'est ensuite engagé dans les chasseurs du général Stofflet où il a servi courageusement pendant toute la durée de la guerre. Il est porteur de plusieurs blessures.

     

    Pierre-Louis-Sébastien Colzy....

    Pendant la guerre de Vendée, il s'installe à Saint-Lézin et épouse le 8 Messidor an 5 (26 juin 1797), en premières noces, Jeanne Plumejeau, née le 3 février 1761 à Saint-Lézin, fileuse, fille de François Plumejeau, bordier, et de Jeanne Pinier (acte naissance St Lézin 1761 vue n°81/94 - décédée le 21 juillet 1834 à Trémentines à l'âge de 75 ans – vue n°129/138 année 1834).

    De cette union est issu :

     

    1° René Colzy, né vers 1799 à Saint-Lézin, cabaretier à Chemillé et décédé à Chemillé le 16 juin 1871 (vue n° 19/214 Chemillé.)

     

    Devenu veuf, il épouse le 7 janvier 1835 à Trémentines, Anne Picherit, née au Fuilet, âgée de 30 ans, fille de Jacques Picherit, métayer et de Marie Bondu.

     

    En 1825, il fait une demande de pension et obtient un secours de 50 francs annuels.

    Le 28 avril 1827, il demande une augmentation de sa pension :

     

    « A son Excellence le Ministre de la Guerre, 

     

    Monseigneur, 

    Je viens réclamer des bontés de votre Excellence une augmentation à la pension que vous avez daigné m'accorder il y a quelques années. 

    Réduit à ne pouvoir presque travailler par suite de mes blessures, âgé de 56 ans, je n'ai rien autre chose pour exister avec ma famille que la jouissance d'une pension de 50 francs. 

    J'ai fait en entier la première guerre de la Vendée, puis celle des Cent Jours accompagné de mon fils alors âgé de quinze ans ; je me suis toujours conduit comme un brave et fidèle serviteur du Roi. 

    J'ose espérer Monseigneur que vous daignerez accueillir ma supplique et me faire participer de nouveau aux bienfaits de sa Majesté. 

    Je suis avec respect, Monseigneur- de votre Excellence, le très humble et très obéissant serviteur. 

     

    Signé : Colzi Pierre, Louis, Sébastien à Trémentines Maine et Loire. 

     

    - Le maire de la commune de Trémentines soussigné estime qu'il y a lieu de faire droit à la pétition du réclamant. C. de Grignon, maire. 

    - De la Sorinière – Chevalier de Saint-Louis, chef de la Division de Chemillé. 

    - Cesbron Chevalier de Saint-Louis, colonel de cavalerie. 

    - Le Tertre dit Mayence, ancien chef de Division -Chevalier de Saint-Louis et de la Légion d'Honneur. 

    - Soyer – Chevalier de Saint-Louis ancien chef de la Division de Cholet. 

    - Lhuillier, colonel- Chevalier de Saint-Louis - commandant de la Division de Beaupréau. 

    - du Bouchet – Chevalier de Saint-Louis – lieutenant colonel de cavalerie.  »

     

    Situation de Pierre Colzy en 1825 :

    Titre illisible -

     

    « Par Pierre, Louis, Sébastien Colzy, né en la commune de Remini (Remigny) en picardie département de l' Aisne et domicilié dans la commune de Trémentines âgé de cinquante trois ans ; Le dit Colzy s'est engagé premièrement pour le service de Louis Seize, dans le régiment du Dauphin, avant l'âge de quinze ans, sur le commandement de Monsieur le colonel La Roc ( Jean Laroque de Cusson), dans la compagnie de Monsieur le capitaine Ferré, et le dit Colzi a servi dans le régiment l'espace de huit ans et après la retraite de Monsieur le général Du Mourrier (Dumouriez), il s'en est venu dans la Vendée, ayant déserté armes et bagages au Poste de Saint-Aubin-de-Luigné. Ensuite, il s'est rendu dans les chasseurs du général Stofflet où il a servi courageusement dans tout le cours de la guerre royale et le dit Colzy s'est trouvé sous le commandement de Monsieur Cady en la compagnie du capitaine Barbot à l'affaire qui a eut lieu à Chalonnes sur Loire, qu'ils ont gagné sur les troupes républicaines et d'après le traité de paix qu'il a été fait caporal ce traité étant fait avec le général d'Autichamp avec le général Canclos républicain, et le dit Colzy par sa bonne conduite s'est établi à Saint-Lézin où il a resté depuis vingt et un ans et a toujours marché dans les armées royales quand ils ont eut lieu et il s'est trouvé sous les commandements de Monsieur Blouïn du Bouchet et il s'est trouvé il y a sept ans à l'affaire du château ''Priedeau'' (Piedouault) en la commune de Jallais, canton de Beaupréau, département de Maine et Loire, et que même en chargeant son armes, il a été blessé au bras droit, ce qui est cause qu'il est hors d'état de travailler et quatre mois après il s'est fait un fort rassemblement sous le commandement de Monsieur le Général d'Autichamp et de Monsieur Cady pour marcher sur les Aubiers ; et le dit Cozy si est trouvé quoi qu'il fut pas parfaitement guéri de sa blessure, et deux mois après il y a eu un traité de paix à la rentrée de l'usurpateur, le dit Colzy s'est muni des certificats convenables et s'est mis en route pour Paris, pour la défense de Louis dix huit, ainsi que la famille des Bourbons et arrêté en route lorsque la famille auguste des Bourbons à désemparé de Paris. 

      A la dernière campagne qui a eu lieu dans la Vendée, ledit Colzy a toujours marché courageusement en qualité de premier caporal dans la première compagnie du capitaine Coêffard de Saint Lézin et il s'est trouvé à l'affaire qui a eu lieu à Saint Lambert du Lattay, à la Grolle et La Rocheservière sous le commandement de Monsieur le général d'Autichamp, de Monsieur Cady, de Monsieur Caqueray et de Monsieur de la Sorinière ; et le fils du dit Colzy âgé de seize ans a fait également que son père, toute la dernière campagne qui a eu lieu dans la Vendée, le dit Colzy quoique jouissant d'une pension de 50 francs, étant hors d'état de travailler, il ose encore réclamer les bontés...... » suite manquante. 

     

    Pierre-Louis-Sébastien Colzy....

    Sources:   

    - Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens: Pierre-Louis-Sébastien Colzy - dossier 1M9/121. Copie de la pièce numéro 3. 

    - Registres d'état civil de Saint-Lézin, Chemillé, Trémentines. 

    - Archives départementales du département de l'Aisne, tous droits réservés, commune de Remigny. 

    - Photo : de l'auteur et miniature d'un officier du régiment du Dauphin vers 1775, extrait de portraits miniatures – souvenirs historiques de Le Moine-Bouchard Fine-Arts. 

     

                                                        

     

     X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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