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    René Mérand, dit ''le balafré'' de la paroisse de Roussay, 

    - Mutilé à coups de sabres - 

    Chevalier de l'Ordre Royal de la Légion d'Honneur.

     

     

     

     

    René Mérand....René Mérand est né et a été baptisé le 3 juin 1769 à Montigné-sur-Moine. Il est le fils de Mathurin Mérand, laboureur et de Jacquette Barraud ; mariés le 19 mai 1761 à Torfou et domicilié à Montigné. Le parrain a été René Fonteneau et la marraine Mathurine Guittet.

    Il se marie le 29 septembre 1819 à Roussay avec Jeanne Drouet, née le 22 juillet 1795 à Vallet, fille de Michel Drouet et de  Perrine Bondu. De cette union sont issus :

     

    1° Henri Mérand, né le 25 juillet 1820 à Roussay.

    2° Jean, René Mérand, né le 26 septembre 1822 à Roussay.

    3° François, Auguste Mérand, né le 5 décembre 1827 à Roussay.

    4° Eugène Mérand, né le 20 juillet 1831 à Roussay.

    5° Jeanne, Henriette Mérand, née le 20 décembre 1833 † le 1er septembre 1837 à Roussay.

     

    Son père, Mathurin Mérand a été massacré à Montigné par les Républicains en 1793 ou 1794 ainsi qu'un de ses frères...

    Le 14 mai 1825 il exerce la profession de journalier et dépose une demande de pension à la Mairie de Roussay.

     

     

    A Roussay le 14 mai 1825.

     

    « René Mérand, journallier au bourg de Roussay, à Messieurs les Commissaires de la distribution des bienfaits de sa Majesté par son ordonnance du 29 décembre 1824 ;

     

    Messieurs,

    La position a laquelle je me trouve me force a vous la mettre devant vos yeux, ainsi que les évènemens pendant la durée de la guerre. Dès les premiers jours de la Révolution, je fus un des premiers à me montrez, toujours guidez par l'amour de mon Roy. Je ne craignais ny feux ny flamme; j'ai marché, je peut le dire a la connaissance de tous; en brave, fait marcher bien d'autres; toujours en tête de l'armée, rien ne m'épouvantoit, marchant à l'ennemy a pas de géant; je n'entre pas dans les détails des grands événements, ny des grandes affaires où je me suis trouvé; je craindrais d'être ennuyeux a vos yeux; Messieurs, je vais vous parlez de l'événement le plus dur qui m'a arrivé; au moment où cette armée de mayence arrivoit sur notre commune; je me décide comme à l'ordinaire à regroupez cet ennemy autant que possible avec plusieurs autres; nous pouvons nous flatter en avoir salué un grand nombre comme il faut à coup de fusil ; enfin je tombe malheureusement en leurs mains, c'est là qu'il a fallu payer bien cher ce que je leur avait avancé.

    Je reste sur la place, me croyant mort dans un désert inconnu; le corps couppé, la tête tranchée; je reste dans cette position pendant quatre jours, sans que personne n'en eût connaissance au bout des quatre jours ; je fus trouvé, nageant dans mon sang, sans mouvement ny connaissance. 

    Enfin me voilà après tous les soins, revenus, il faut vous déclarez que j'en ai bien tirez vengeance depuis, car au lieu de m'avoir ralenty  a la haine contre cet ennemy, cela n'a faît que redoubler mon courage ; car depuis je n'ai pas manquez une affaire ny une campagne.

    Dans le passage ce ne fut pas tour mon malheur, à la première connaissance, ce fut le massacre de mon pauvre père, un de mes frères, braves comme moi qu'on m'aprit; notre métairie que nous tenions à ferme toute incendiée, tout nos bestiaux et moutons emmenez et brûlez tout notre pauvre mobilier en cendre.

    Dans ma pauvre situation resté bien désolé de voir tout cela, mais enfin après tout me voilà encore en vie et debout, avec le corps et la tête bien marqué de coups de sabre, aussi on m'appelle souvent ''Goulle de sabre''.

    Pour tous ces sacrifices, je suis au droit d'une pension de 80frs ; d'un secours de 50frs, voilà toutes mes ressources sans autres revenus ny moyens, ayant tant reçu de coups sur mon pauvre corps.

    Vous devez bien vous pénétrez Messieurs que c'est bien pour m'empêchez de travaillez, n'ayant aucun état pour y gagner ma vie à la tête de deux enfants en bas âge ; je me trouve dans la plus grande indigence ; Soyez attentifs à mon humble demande, rendez moi participant des bienfaits de notre auguste monarque, vous obligerez votre tout dévoué serviteur».

     

     Signé : René Mérand.

    René Mérand....

     

    Donc René Mérand ''a été mutilé le 14 octobre 1793 par l'armée républicaine qui venait assiéger Cholet''.

    Voici un extrait du certificat des chirurgiens Houdet de Montfaucon-sur-Moine :

     

    ''Ces blessures ont été faites à coups d'armes à feu, d'armes blanches et coups de bayonnettes'' (vue n°5 – datée du 24 mai 1825)

    « Trois cicatrices à  la tête : Dont une à la figure, transversale, et une à la gorge.

    Au bras droit quatre cicatrices.

    La cuisse droite fracturée complètement; une cicatrice à la même partie antérieure, la balle se fait sentir à la partie postérieure.

    Au bras gauche deux fortes cicatrices, à l'abdomen deux cicatrices... »

     

    René Mérand a été nommé Chevalier de l'Ordre Royal de la Légion d'Honneur le 30 octobre 1829 et son brevet a été signé à Paris le 27 mars 1830. 

    René Mérand....

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    René Mérand est dit closier, il s'est éteint le 25 avril 1855 au bourg de Roussay à l'âge de 85 ans, époux de Jeanne Drouet, fileuse.

     

     

    Sources:  Archives Départementales de Maine et Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens: René Mérand n°2 dossier 1M9/262 - Registres d'Etat civil de la commune de Montigné-sur-Moine et Roussay – Archives Nationales base Leonor – Dossier de la Légion d'Honneur – Dossier LH/1829/55 -  Photo de l'auteur.

     

     

    Xavier. Paquereau pour Chemins Secrets. 


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    Vincent Bousseau, capitaine de cavalerie de l'armée du Centre, 

    proposé pour un sabre de récompense.

     

     

             

     Vincent Bousseau.... Vincent Bousseau est né et a été baptisé à la Gaubretière le 14 janvier 1768. Il est le fils de Vincent Bousseau, farinier au Drillais et de Jeanne Goineau. Le parrain a été Jean Goineau et la marraine Catherine Loiseau.

     

     

    Vincent Bousseau....

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    En 1793 il rejoint l'armée du Centre comme cavalier et participe aux campagnes de 1793, 1794, 1795 et 1799 en qualité de capitaine de cavalerie. Le 21 octobre 1794 il épouse à la Gaubretière, Magdeleine Migné, fille de Pierre Migné et de Marie Evelin, mariés le 28 janvier 1772 paroisse de l'Herbergement. De cette union sont issus :

     

    1° François Bousseau, né en 1798 ou 1799 aux Landes-Génusson.

    2° Pierre Bousseau, né en 1801 ou 1802, Les Landes Génusson ?, Le Longeron  ?

    3° Alexis, Constant Bousseau, né le 26 Pluviose an 12 (16.2.1804), Le Longeron.

    4° Clément, Marie, François Bousseau, né le 14 août 1806 Le Longeron.

    5° Jean, Baptiste Bousseau, né le 6 février 1809 Le Longeron.

    6° Magdeleine Bousseau,née le 7 janvier 1812, Le Longeron.

    7° Baptiste, Donatien Bousseau, né le 8 juin 1815 Le Longeron.

    8° Marie Bousseau, née le 5 octobre 1818, Le Longeron.

     

      Le 21 avril 1824, Vincent Bousseau dépose une demande de pension à la mairie du Longeron.

     

    « A son Excellence le ministre de la Guerre à son Hôtel a Paris.

    Monseigneur,

      Le Sieur Vincent Bousseau, journallier domicilié en cette commune, à l'honneur de vous exposer, qu'il a eu l'honneur de faire partie de l'armée Royalle du Centre, et parconséquant, il a fait les campagnes de 1793, 1794, 1795 et 1799 ; et ce en qualité de capitaine de cavallerie, qu'étant né sans fortune, il est réduit a une affreuse misère, n'ayant pour tout bien que sept enfants avec la profession de journaillier ; cette position critique Monseigneur, qui attendrira autant votre Excellence que les campagnes glorieuses d'un serviteur fidelle au Trône des lis lui fait espérer que vous voudrez bien lui accorder sur les fonds disponible une pension qui puisse le tirer de l'indigence en la quelle il se trouve réduit.

      En cette attente, il a l'honneur d'être Monseigneur, de votre Excellence le très humble et très obéissant serviteur .

      L'exposant a déclaré ne savoir signer. »

    Vincent Bousseau....

     

      Le 21 janvier 1824, se présentent à la mairie du Longeron devant Monsieur le maire de la Gaubretière, Jacques, André Duchesne :

     

    1° René Brin, âgé de soixante neuf ans, laboureur.

    2° Joseph Poirier, voiturier, âgé de soixante ans, de la Gaubretière.

    3°Jacques Groleau, âgé de soixante ans, laboureur des Landes-Génusson qui déclarent :

     

      « Vincent Bousseau, né en cette commune le 14 janvier 1768 et demeurant commune du Longeron a fait en qualité de capitaine de cavalerie les campagnes de 1793, 1794, 1795 et 1799 dans l'armée du Centre et s'est toujours conduit avec la plus grande bravoure et un dévouement sans bornes pour la cause du Trône et de l'Autel ». (vue n°4)

     

      Le 24 février 1824 il fait valider ses services devant le Juge de Paix Charles Clémot Lahaye du canton de Montfaucon en présentant les témoins suivants :

     

    1° Charles Soulard, marchand.

    2° Jacques Simonneau, sabotier.

    3° Mathurin Poirier, marchand du Longeron. (vue n°5).

     

    Vincent Bousseau est décédé le 16 juin 1837 au Longeron.

    Proposition pour un sabre d'honneur :

    Vincent Bousseau....

     

    Sources: Archives Départementales de Maine et Loire tous droits réservés - Dossiers Vendéens:  Vincent Bousseau 1M9/79 - vue n° 2/8 - Registres d'état civil de la commune du Longeron- Le moulin du Drillais cadastre de 1839 La Gaubretière, vue n°1/1- Proposition pour un sabre de récompense SHD XU.16-21, vue n°8 Archives de Vincennes via Archives de la Vendée tous droits réservés. Archives de la commune de l'Herbergement - Photos de l'auteur. 

                                                                  

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets. 


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    Pierre Méchineau de la paroisse de Boussay, 

    écrasé par la cavalerie de Westermann à la bataille de Châtillon

     

                            

     Pierre Méchineau....

    Pierre Méchineau ou Méchinaud est né le 8 février 1777 à Boussay et a été baptisé le lendemain. Il est le fils de  Pierre Méchinaud et de Marie Morillon mariés à Boussay le 18 octobre 1774. Le parrain a été  Gabriel Morillon, oncle et la marraine Perrine Pacaud.

     

      Bien jeune en 1793 (16 ans), il incorpore l'Armée Catholique et Royale. Bien que mineur, il suit ses curateurs soldats dans une compagnie de la paroisse de Gétigné près de Clisson. Puis il sert dans une compagnie de la paroisse de Montigné-sur-Moine. Le 11 octobre 1793 à la deuxième bataille de Châtillon, Westermann lance sa cavalerie de nuit à travers la ville... Pierre Méchineau est renversé par les chevaux, toute la cavalerie républicaine lui passe sur le corps et lui écrase les jambes. Le matin il est ramassé par des camarades et emmené sur un cheval. Il guérit de ses blessures. Il ne passe pas la Loire car il arrive trop tard et les voies de communications sont coupées par les Républicains. Il rejoint l'armée de Monsieur de Charette puis celle du général Stofflet et participe aux batailles de Gesté, Cholet, Vezins Challans etc....

     

      Il se marie le 25 septembre 1802 à Montigné-sur-Moine avec Renée Brin, née le 26 juin 1781 à Montigné, fille de René Augustin Brin et de Marie Grimaud. De cette union sont issus :

     

    1° Marie Méchineau, née le 8 août 1803 à Montigné.

    2° Pierre Méchineau, né le 15 septembre 1806 à Montigné.

    3° Marie Méchineau, née le 27 février 1808 à Montigné.

    4° François Méchineau, né le 16 juin 1809 à Montigné.

    5° Annie Méchineau, née le 16 juin 1809,  idem.

    6° François Méchineau, né le 18 juillet 1811, idem.

    7° Mathurin Méchineau, né le 2 février 1813, idem.

    8° Jeanne Méchineau, née le 30 octobre 1814, idem

    9° Jean Méchineau, né le 6 mai 1816, idem.

     

      Pierre Méchineau est décédé le 17 juin 1857 à Boussay à l'âge de 80 ans, il était veuf en première noce de Renée Brin, décédée le premier mars 1824 à Montigné et époux en deuxième noce de Marie Richard, charcutière au bourg de Boussay ; sa première épouse, Renée Brin étant décédée le  premier mars 1824 à Montigné.

     

      Le 13 mars 1825, il dépose une demande de pension à la mairie de Montigné-sur-Moine.

      «   Pierre Méchineau, âgé de quarante huit ans, sabottier, demeurant au bourg de la commune de Montigné canton de Montfaucon, département de Maine et Loire.

      Expose à Messieurs les Membres composant la commission nommée à Beaupréau à l'effet de connaître les individus qui ont servit et faits des pertes dans les Armées Royales de l'Ouest conformément à l'Ordonnance du 3 mars dernier.

      Qu'il était jeune à la vérité lorsque le 10 mars 1793 les habitants du Pays prirent les armes pour la défense du trône et de l'autel ; que mineur alors ; il suivit l'armée Royaliste de ses curateurs, soldats dans une compagnie faisant partie de la 1ère Division de (l'Armée d'Anjou et de Haut Poitou) ; qu'il concourru 1° à la bataille de Châtillon en 1793 et dans la soirée après une victoire complète, une cavalerie républicaine entra dans la ville, culbuta l'infanterie, qu'il se trouvait dans les rues dont il fut du nombre  et lui écrasèrent les jambes et le matin il fut ramassé par ses camarades et emmené sur un cheval. Sa jeunesse, lui donna avec l'aide des soins une guérison et redoubla son courage à combattre de nouveaux jusqu'au passage de la Loire où il fut trop tard à arriver par les communications interceptées par l'armée de Mayence ; mais son zèle pour son Roi le fit pénettrer dans l'armée du Général Charrette – et au retour du gal Stofflet dans la Vendée il rentra dans sa paroisse et combatti aux batailles de Gesté, Chollet, Vezins, Challans ets...

      Demande et par la situation indigente, une famille et trois enfants à élever, son état de sabottier peu lucratif, toutes ces considérations doivent faire l'attention de Messieurs les Membres de la Commission pour qu'il participe et reçoive une solde due à ses services et a sa position malheureuse.

      Les pièces justificatives exigées par l'arrêté de Mr le Préfet sont à l'appui de la présente.

     

    C'est justice, Vive le Roi.

     

    À Montigné le 13 mars 1825. Le pétitionnaire ne signe – A Montigné le 28 mai 1825 – signé : Baudry Maire.

     

    Pierre Méchineau....

     

     

    Sources: Archives Départementales de Maine et Loire  tous droits réservés – Dossiers Vendéens : Pierre Méchineau 1M9/259 - Pièce n°4 du dossier - Registres d'état civil de la commune de Montigné-sur-Moine – Archives Départementales de Loire-Atlantique tous droits réservés - commune de Boussay - Photo de l'auteur. 

                                                                 

     

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets. 


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    Joseph Suteau de la Paroisse de Saint-Crespin-sur-Moine 

    rescapé de ''Galerne'', sa maison incendiée, sa famille massacrée...

     

     

                            

     Joseph Suteau.... Joseph Suteau est né et a été baptisé le 31 juillet 1770 à Saint-Crespin-sur-Moine. Il est le fils de Jacques Suteau, né le 20 mars 1724 à St-Crespin et de Marie Meneux née le 29 octobre 1731 dans cette même paroisse, mariés le 3 octobre 1766 à Saint-Crespin. Le parrain a été Laurent Meneux, oncle de l'enfant et la marraine Marie Bondu, sa cousine.

      Dès le 10 mars 1793 il rejoint les rassemblements qui constitueront l'armée Catholique et Royale. Il devient porte drapeau d'une Division des Armées Royales Vendéennes, d'Anjou et Haut Poitou. Il participe à la ''Virée de Galerne'' et est blessé d'un coup de sabre à la main à la bataille de Dol et d'un coup de sabre à la tête à la bataille de Châtillon-sur-Sèvre. Sa maison est incendiée et sa famille massacrée par l'Armée Infernale. (Ses parents et peut-être des frères et soeurs).

     

      Joseph Suteau épouse vers 1796 Honorée Durand, née le 23 novembre 1771 à Gétigné, fille de Pierre Durand cabaretier aux Felandières et de Françoise Mathurine Crabil. A cette époque Joseph Suteau exerce la profession de menuisier au bourg de Saint-Crespin.

     

    De ce mariage sont issus :

    1° Marie Suteau née vers 1797 à Saint-Crespin.

    2° Joseph Suteau, né le 20 avril 1800 à Saint-Crespin

    3° Jean Suteau, né le 29 avril 1802 † le 1 janvier 1803 à Saint-Crespin.

    4° Pierre Suteau, né le 2 octobre 1803 à Saint-Crespin.

    5° Céleste Suteau, née le 4 mars 1806 à Saint-Crespin.

    6° Célestin Suteau, né le 17 février 1811 à Saint-Crespin.

     

      Le 30 juin 1824 Joseph Suteau dépose une demande de pension à la mairie de Saint-Crespin.

     

      « Joseph Suteau, menuisier, demeurant au bourg, commune de Saint Crespin, canton de Montfaucon, département de Maine et Loire.

     

    A son Excellence Monseigneur le Ministre de la Guerre.

      Monseigneur,

    Joseph Suteau, ancien soldat porte drapeau d'une Division des Armées Royales Vendéennes d'Anjou et Haut Poitou, à l'honneur d'exposer à votre Excellence, ses états de services dans les dites armées depuis le 10 mars 1793 jusqu'à 1815. Il a toujours servi la cause Légitime des Bourbons avec honneur et sans reproches.

      Deux blessures honorables, l'une reçue à la bataille de Dol, outre-Loire et l'autre à la bataille de Châtillon. Sa famille massacrée par l'armée infernale républicaine et sa chaumière incendiée. Son âge de cinquante cinq ans et dans l'indigence. Toutes ces considérations, Monseigneur mérittent votre attention. Demande qu'il soit du nombre de ceux que sa majesté veut récompenser comme fidèles sujets de la Vendée pour qu'il obtienne une gratification due à ses blessures et à son grade, tel que porte l'Ordonnance du 3 décembre dernier et les pièces qu'elle en exige sont à l'appui de la présente.

    C'est Justice.»

     

    A Saint Crespin le 30 juin 1824 – vu par le maire le 1er juillet – signé Desmelliers.

     

      Les blessures...

     

      «     Nous soussigné Charles,Maurille, Pierre Houdet patenté sous le n°48 et Charles, Jean, René Houdet, patenté sous le n° 118 Officiers de santé de l'hospice civil de Montfaucon chef lieu de canton département de Maine et Loire ; certifions que le nommé Joseph Suteau menuisier à Saint Crespin porte une cicatrice à la partie postérieure un peu interne de l'occiput près la protubérance occipitale de la longueur de 2 pouces, de la largeur de 2 lignes avec excroissance de l'os suite d'un coup d'arme tranchante, une autre cicatrice à la partie postérieure au pouce gauche à la seconde phalange demi circulaire de la longueur d'un pouce environ et suite aussi d'un coup d'arme tranchante.

      Les dites blessures ayant été reçues dans les armées Royales vendéennes dans les combats de Châtillon et de Dole ; ont occasionné au dit Suteau, la première une surdité qui va toujours croissante avec douleurs considérables dans la blessure et tout le côté gauche de la tête postérieurement.

     

    Délivré le présent certificat comme sincère et véritable, à Montfaucon le 29 janvier 1824   ».

     

    signé   : Houdet. et Maurille Pierre Houdet officiers de santé.

     

      Joseph Suteau est décédé le 11 novembre 1840 à Saint-Crespin-sur-Moine.

      Honorée Durand est décédée le 26 février 1857 à Saint-Crespin.

     

    Joseph Suteau....

     

    Sources: Archives Départementales de Maine et Loire et de la Loire Atlantique tous droits réservés – Dossiers Vendéens: Joseph Suteau 1M9/335 -  Vue n°7, le certificat d'indigence de Joseph Suteau. Registres d'état civil de la commune de Saint-Crespin-sur-Moine, Gétigné-  Photo de l'auteur. 

                                                                

     

     

     Xavier Paquereau pour Chemins Secrets. 


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    Louis Levêque de la Paroisse de Tillières, rescapé de ''Galerne'', 

    sa maison de Gétigné est incendiée et pillée...

     

                          

     

     

     Louis Levêque.... Louis Levêque est né et a été baptisé le 3 janvier 1774 à Tillières. Il est le fils de Pierre Levêque, sabotier et de Françoise Retaillaud-Retailleau (mariés le 31 janvier 1757 à Tillières). Le parrain a été Pierre Levêque son frère et la marraine Renée Retaillaud sa cousine germaine.

      Dès le 10 mars 1793 il rejoint les rassemblements qui constitueront l'armée Catholique et Royale et s'oppose aux patriotes de Monnières, de Château-Thébault puis le même jour met en fuite à la baïonnette, avec ses camarades, les patriotes dans le bourg de Saint-Fiacre. Dès le lendemain il est à la prise de Montaigu. Puis il participe à la formation du camp de la Louée près de Nantes.

      Il est présent aux combats de Chantonnay, Châtillon, Doué, Les Ponts-de-Cé, Brissac et à d'autres combats assez connus. Il est à Torfou, passe la Loire, puis ce sont les batailles de Laval, Dol, Pontorson, Granville etc.... Il repasse la Loire avec les généraux Stofflet et de La Rochejaquelein à Ancenis. Puis c'est la ''glorieuse'' victoire de Gesté, Beaupréau, Jallais, Cholet, Vezins, Coron, Yzernay, Challans, Chaudron, Liré, et autres combats assez connus... jusqu'à la pacification. En 1799, il est sous les ordres du Général d'Autichamp, c'est le combat des Aubiers.... jusqu'à la paix....

     Pendant son absence, sa maison de Gétigné est incendiée et pillée de tous ses effets ; si bien qu'il fut obligé de ''sortir'' du bourg de Gétigné et que ''son indigence ne put faire rétablir sa chaumière que par le secours d'amis obligeants''.

      Louis Levêque épouse le 5 novembre 1805 à Tillières, Marie Brunet, née le 22 mars 1780 à la ''Guiltière'' dans cette paroisse ; fille de Pierre Brunet, vigneron et de Marie Biotteau. A cette époque il exerce la profession de sabotier. Marie Brunet est décédée à l'âge de 28 ans, dans sa maison au ''Coing'' à Tillières, le 26 octobre 1809.

     

    De ce premier mariage est issue :

     

    1° Jeanne Levêque-Levesque, née le 18 mars 1809.

      Il épouse en seconde noce, le 15 septembre 1810 à Tillières, Perrine Chiron, née le 30 octobre 1781 à la ''Guiltière'', fille de Jean Chiron, cultivateur, et de Perrine Chiron.

      De ce second mariage est issue, entre autres enfants :

     

    2° Françoise Levêque, née le 12 juin 1812 à Tillières.

      Le 22 mai 1825 il dépose une demande de pension à la mairie de Tillières ;

      « Louis Levêque âgé de cinquante et un ans, sabottier, demeurant au village de la Guiltière commune de Tillière canton de Montfaucon, Dépt de Maine et Loire.

     

      A l'honneur d'exposer à Messieurs les Membres de la Commission nommée à Beaupréau à l'effet d'examiner les états de services et pertes faites par les individus qui ont servis dans les armées royales de l'Ouest conformément à l'Ordonnance du 3 mars dernier et de la correspondance de Mr le Préfet a cette égard.

      Qu'il a servis en qualité de soldat dans une compagnie qui se forma dès le 10 mars 1793, pour concourrir au rassemblement qui eu lieu à la dite époque du 10 mars et assista et combatti : 1° au désarmement des ennemis de l'Autel et du Trône de la paroisse de Monnière – Château-Thébaud. Puis dans la même journée, les patriotes réunis pour s'opposer à notre dévouement pour notre religion et notre Roi- Dans le bourg de Saint-Fiacre furent enlevés à la bayonnette et dela le lendemain, à la prise de Montaigu. Puis à la formation du camp de la Louée près Nantes. Et rentra dans sa famille et alla à la bataille de Chantonnai, à Châtillon, Chollet, à Doué, au Ponts de Cé, à Brissac et autres assez connues sous les généraux M.M Delbée, de Bonchamps, de La Rochejaquelein et à la bataille de Torfou ; jusqu'au passage de la Loire, que suivit les généraux, combatti à Laval, Dol, Pontorson, Granville jusqu'au jour que l'armée passa une partie à Ancenis- rentra avec les deux généraux le marquis de La Rochejaquelein et Stofflet et à l'organisation de l'armée d'Anjou et Haut-Poitou 1794 – et fit partie de la 1Ere Division, contribua à la glorieuse bataille de Gesté – Beaupréau, Jallais, Chollet, Vezins, Courron, Hyzernai, Challans, Chaudron, Liré et autres assez connues. Sous le général Stofflet jusqu'à la pacification et en 1799 repris les armes sous le commandement du Gal en chef comte d'Autichamp, fut à l'affaire des Aubiers jusqu'à la paix.

      Sont les états de services que le soussigné soumet aux Membres de la Commission chargés de remplir les intentions bienfaisantes de sa Majesté Charles X. L'incendie de sa maison dans le bourg de Gestigné, le pillage de ses effets furent une cause qu'il fut obligé de sortir du bourg de Gestigné et son indigence ne pu faire rétablir sa chaumière que par le secours d'amis obligeants, dont l'estimation n'en a pas été faite jusqu'à ce moment.

      Demande que les réclamations justes des états de services pertes soyent prises en considération pour qu'il obtienne un secours annuelle sur le fond spécial accordée au département de Maine et Loire, n'ayant reçu ni secours, ni pension sur les fons de l'Etat jusqu'à cette époque.

      C'est justice, Vive le Roi  ».

     

      Tilliers le 22 mai 1825. signé : Desmelliers, Chevalier de Saint Louis Cdt la 2e subdivision de Montfaucon - Barbot capitaine – Guilbaud, capitaine.

     

    Louis Levêque....

      

    Sources: Archives Départementales de Maine et Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens: Louis Levêque-1M9/243 n°1- Registres d'état civil de la commune de Tillières- Certificat de Services vue n°5 - Photo de l'auteur. 

                                                                

     

     Xavier Paquereau pour Chemins Secrets. 


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