• La Baïonnette Royale n° 2

     

     

    La Baïonnette royale N° 2, Jean Bourdet, de Cugand...La famille Bourdet est originaire de la paroisse de Cugand département de la Vendée.

     

    Jean Bourdet : est le fils de Jacques Bourdet et de Jeanne Joguet métayers au « Pin » paroisse de Cugand, Il est né le 27 septembre 1742 et est l'aîné d'une famille de neuf enfants. En 1794 il est métayer au Pin, Le « Pin Sauvage », situé en Haute-Marche commune appartient donc à la paroisse de Cugand qui relevait, pour le temporel des seigneuries de Clisson et de Tiffauges, à la manière des marches communes de Bretagne et Poitou, Les seigneurs du « Pin Sauvage » ou du « Grand Pin » appartenaient à la fin du XVIIe aux familles Prévost et de Vieux.

     

    Lorsque le manoir fût incendié en 1794, il était habité par la famille de Vieux, Un cadet de ce nom ayant épousé Mlle de Lignes, eut de ce mariage plusieurs enfants dont deux garçons et une fille vivaient à l'époque de la Révolution. L'aîné de ces enfants garde du corps du Roi émigra, revint en Poitou combattre dans les rangs de l' armée royale et mourut sur l 'échafaud à Angers. Son frère, dit le chevalier de Vieux, également officier dans l'armée royale, fut fusillé après la bataille du Mans, Leur sœur, au cours de la guerre, épousa M. Douillard de la Tréfavière*, qui commanda la division royaliste de Clisson, A ce sujet nous savons que les 15 et 17 mai 1797, des royalistes s'assemblent en comité à la « Gohardière » en Gorges, chez Monsieur de la Tribouille, et sont dénoncés, Il s'agit de MM Douillard de Clisson, notaire ; Massicot de la Bérengerie, Bureau-Robinière, Boutillier de la Porte, Cornu, Monsieur de Vieux, émigré rentré était l'âme de ces réunions et se déguisait en meunier pour échapper aux recherches, De même, tous les agents municipaux des paroisses voisines étaient tous royalistes. Hors Clisson «  vous chercheriez en vain un seul ami du Gouvernement ».

     

    En décembre de la même année des royalistes sont encore dénoncés, il s'agit entre autre de François Gogué, chirurgien à Boussay, dit « tocsin ambulant », ancien sous divisionnaire royaliste , et son frère Jean-Baptiste Gogué « ex-Bénédictin retiré à la Bruffière, aussi très dangereux ; Alphonse, officier de santé, Boutillier de la Porte, du Landais (en Gorges) ; Paquereau dit de « la Botte Fleurie », tigre altéré de sang ; Douillard de la Brie (en Gorges), ex-divisionnaire royaliste, beau-frère de de Vieux émigré ; Renaudin, près Saint Hilaire de Clisson, notaire à la Goguerie (en Gétigné) ; Paviot aîné, notaire à la Robinière en Gétigné etc,,,,,, pratiquement tous anciens sous-divionnaires de Monsieur de Charette.

     

    En 1794, le manoir est un petit logis fort élégant, légèrement fortifié, avec des parties du XVIe et un pavillon carré du XVIIe. Sa porte de style renaissance est surveillée par une ouverture carrée pratiquée à côté et au-dessus par une petite échauguette à mâchicoulis dont les consoles ont été tirées d'un bâtiment plus ancien, Contre l'un des angles du manoir est appliquée une tourelle ronde en tuffeau, plus large à la base qu'au sommet, Ses murs sont percés de plusieurs trous ronds disposés irrégulièrement pour y passer des canons d'arquebuses ou de fusils, Il est possible que ces trous aient été pratiqués en 1793... Au fond du vallon, à quelques pas au Nord du « Pin Sauvage », coule le ruisseau qui sépare la Bretagne des Marches de Bretagne et Poitou.... Voilà pour le décor et la petite histoire des lieux.

     

    Nous sommes donc le 6 mars 1794, la Colonne Infernale de Cordellier en provenance de Montaigu progresse par le chemin de Montaigu à Clisson en passant par les paroisses de Saint Hilaire de Loulay, la Bernardière, Cugand afin de rejoindre le pays du Loroux par Clisson, Mouzillon et Vallet, où « ils feront danser une carmagnole complète aux habitants ».

     

    Le manoir du « Pin » se situe près du village de la Marche traversé par le chemin de Clisson à la Bernardière. Surpris par la Colonne, le métayer Jean Bourdet, 52 ans, époux de Françoise Mouillé, 46 ans est massacré ; son frère, Pierre Bourdet, 31 ans, époux de Marie Bahuaud est également « liquidé » au « Petit Pin » nous dit le Recteur Le Bastard dans son registre clandestin.

     

    Nous apprenons par le registre clandestin de la Bernardière, que Jeanne Lefort, 36 ans, épouse de Jacques Bourdet, frère des précédents, métayers à la « Grange » à Cugand, également mes ancêtres, puisqu'il y aura un mariage entre cousins, est morte au village de « l'Oulerie » et inhumée le 2 juin 1794 à la Bernardière. Nous ignorons les causes de son décès... Elle se trouvait à dix kilomètres de la métairie de la « Grange » ?

     

     

    *A Montfaucon, fut abrité sous des fagots par son fermier pendant la perquisition opérée par les révolutionnaires et sa femme fut emmenée à Cholet pour y être guillotinée, mais prise de malaises en route, fut abandonnée dans un fossé où elle a accouché de sa fille Marie-Anne, étant recueillie par les gens du pays, Il a été général des Vendéens au QG de Rocheservières, C'est chez lui que fut signé en 1800 le traité de paix de Montfaucon qui pacifia la Vendée. En 1815, le général Travot qui occupait Montfaucon le condamna à être fusillé le lendemain matin, mais dans la nuit Travot reçu la nouvelle du désastre de Waterloo, Il ouvrit alors la porte de la chambre où il avait fait enfermer son prisonnier en disant : « Monsieur vous êtes libre ! ». (histoire familiale et archives Thenaisie),,, Guy-Michel Douillard de la Tréfavière, dit Pique Balle, écuyer, seigneur du Grand Pin près de Clisson, né le 20 avril 1765 à Clisson, décédé à Clisson le 31 octobre 1837 et inhumé le 14 novembre suivant, capitaine de division de l'Armée Catholique et Royale pour le pays de Retz, aide de camp de d'Elbée, de Cathelineau puis de Charette, chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis le 29 octobre 1828, présent à plus de 160 combats de 1795 à 1815, quatre fois blessé ; présent aux côtés de la Duchesse de Berry en Vendée en 1828 (selon F, du Fou)...... Clisson était complètement restauré et rajeuni et comptait un bon nombre d'habitants quand la Duchesse de Berry y passa en 1828. Cette princesse, au cours de son voyage dans l'Ouest, arriva de Torfou à Clisson, le 6 juillet 1828, à deux heures de l'après midi et y trouva une réception magnifique, Une troupe de vieux soldats Vendéens, débris des grandes guerres, conduit par leur général, M. Douillard, l'attendait près de Toute Joie, Madame commença par aller voir les pauvres malades de l'hôpital, puis entra dans la garenne où une fête champêtre avait été préparée, Des couples de bergers et de bergères, habillés de vert et de blanc, vinrent la saluer et lui servirent d'escorte dans les allées de ce beau parc, Madame fit alors une petite promenade en bateau sur la Sèvre et visita le château. Un portier en costume du moyen-âge lui présenta sur un plat d'argent, les clefs de la forteresse ; dans la cour décorée de guirlandes et d'une profusion de banderoles variées, des personnages habillés à l'ancienne mode formaient des groupes pittoresques : on y remarquait un Olivier de Clisson, sa grande épée à la main, La princesse parcourut toutes les ruines, donna un souvenir ému aux victimes du grand puits, et de là, se rendit chez M. et Mme Du Boueix, à la maison Peloutier, où une superbe collation l'attendait. Elle n'accepta que quelques fruits, et se montra vivement frappée de la beauté des rives de la Sèvre, en cet endroit. Enfin, après avoir gracieusement témoigné sa reconnaissance aux Clissonnais, et les laissant ravis du charme de sa personne, elle monta en voiture le soir même, pour gagner Beaupréau. Clisson s'était distingué parmi les villes qui eurent la joie de recevoir Madame : nulle part fête plus galante ni mieux réussie ne fut offerte à la princesse, pendant sa triomphale pérégrination de 1828.

     

    Sources : Archives Départementales de la Vendée – Archives familiales -Clisson et ses monuments de Paul Bertou 1910 – Recherches de Madame Odile Halbert 2007. Généanet – généalogie d'Emmanuel Neuville.

     

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets.

     

     

     

     


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  • La Baïonnette royale N°1, Louis Baron, de Tillières.... Baïonnette Royale n°1

     

     

    La famille Baron est originaire du village de la « Guiltière » , paroisse de Tillières dans le Maine et Loire.

     

    Louis Baron est né le 18 novembre 1777 à Tillières, il est le fils de Jean Baron et de Marie Bouët, originaires du Village du « Coin » et de la « Guiltière » de cette même paroisse. Il est âgé de 16 ans lorsqu'il prend les armes en mars 1793 et est accompagné dans sa révolte contre la République par un oncle, Louis Bouët, de Saint-Germain sur Moine, qui fera lui aussi une demande de pension au Roi en 1825.

     

      Il prend les armes dès le 10 mars 1793 pour la défense du trône et de l'autel et sert dans l'Armée Catholique et Royale sous les commandements des généraux d'Elbée, de Bonchamps, de Larochejacquelein, d'Autichamp et de Stofflet jusqu'au passage de la Loire. Il est présent en 1794 aux combats de Luçon, Coron, Cholet, Yzernay, les Aubiers, Saint Fulgent, Châtillon, Beaupréau et autres assez connus.

     

    En 1799, il reprend les armes sous le général Comte d'Autichamp et sert jusqu'à la paix, En 1815, il fait toute la campagne.

     

    Le 29 mai 1825, il fait une demande pension au Roi Charles X afin qu'il reçoive un secours annuel dû à ses services, à sa situation indigente et aux pertes subies, n'ayant reçu ni secours, ni pension sur les fonds de l'Etat. Le capitaine Barbot qui signe la demande ajoute : « C'est Justice, Vive le Roi ! ».

     

     

    Les états de services de Louis Baron :

     

    • Années de service : 1793, 1794, 1795, 1796, 1797, 1798, 1799 et 1815.

      - Blessure : A reçu un coup de baïonnette au bras droit, près de la main.

    • « Il a montré beaucoup de bravoure dans les combats et d'attachement à l'autel et à la légitimité du trône des Bourbons ».

    Louis Baron s'est marié le 20 nivôse an 12 (11 janvier 1804) à Tillières avec Marie Bretaudeau née le 7 décembre 1772 à Saint Germain sur Moine, fille d'André Bretaudeau et de Jeanne Martin,

     

     

    Situation de l'intéressé en 1825 :

     

    Il est vigneron, journalier, indigent ayant son épouse, trois enfants à charge dont l'un est incapable de gagner sa vie, âgé de 21 ans.

     

    Louis Baron décède le 4 février 1852 chez un de ses fils laboureur à la métairie de « Mocrat », à Clisson, département de la Loire Inférieure.

     

     

    Sources : Archives familiales, archives Départementales du Maine et Loire. Photo d'une collection particulière.

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets.

     

    Certificat de service de Louis Baron (collection particulière)

     

    La Baïonnette royale N°1, Louis Baron, de Tillières....

     

     

     


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