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    Les Sables-d'Olonne, le premier Germinal de l'an II...

     

     

     

    4 exécutions au Sables en mars 1794....La guillotine se trouve sur la plage et lorsqu'elle fonctionne mal à cause des embruns, on fusille les condamnés à côté...   

       

    ''La Commission Militaire siégeait dans une maison de Pierre Vaugiraud de Rosnay, cette maison existe toujours et se trouve à l'angle de la rue Béhic et de la rue du Maréchal Leclerc.

    Les séances de la Commission Militaire étaient publiques et se tenaient dans l'ancien salon du comte de Vaugiraud. Les prisonniers étaient conduits après le jugement dans la prison du Minage, dont la sortie donnait sur la route menant à la guillotine, située sur la plage.'' (A.D de la Vendée Noms commençant par Gu-L1590 vue 275/300). 

     

    « Le premier Germinal  de l'an deux de la République Française, devant Charles Sané, Officier Public de cette commune canton et district des Sables, département de la Vendée, nommé en exécution de la loi, étant au lieu des séances de la commune, s'est présenté le citoyen Tireau, secrétaire de la Commission Militaire établie en cette commune, lequel nous a déclaré que le vingt sept Ventôse à midy, 

    Louis Méchine dit de Gravières, chirurgien, de la commune de Coex, de ce district des Sables, âgé de cinquante cinq ans a été exécuté, condamné à mort par jugement de la dite Commission. » 

     

    Louis Méchine des Gravières est né le 8 février 1742 à Restigné près de Bourgueil (vue n°4/17 année 1742 - Restigné). Il est le fils de Henri-René-Martin Méchine des Gravières, bourgeois et de Françoise Madeleine Bénuseau-Benuzeau.

    Il est venu exercer son métier de chirurgien en Vendée où il épouse en premières noces, à Beaulieu-sous-la-Roche, le 18 juillet 1769 Marie-Aimée Ferré (vue n°313/317- année 1769). Devenu veuf, il épouse le 3 novembre 1789 à La Chapelle-Hermier, Henriette-Rose Poux (vue n°139/140 – année 1789)

     

    « Que le vingt huit de Ventôse à midy :

     

    Pierre Guilloton, laboureur, de la commune d'Aizenay, district de la Roche-sur-Yon, âgé de soixante dix ans, a été exécuté, condamné à mort par jugement de la dite Commission. » 

     

    Pierre Guilloton est né le 8 novembre 1731 à Beaulieu-sous-la-Roche et a été baptisé le lendemain à Aizenay, il est le fils de Pierre Guilloton et de Marie Tallier (Aizenay BMS 1737-1753 vue 586/88). Il se marie le 17 janvier 1753 à Aizenay. Avec Jeanne Guilbaud, fille d'Etienne Guilbaud et de Suzanne Piquart (vue n°316/331 Aizenay).

    Il a été condamné à mort pour avoir nourri et logé pendant une nuit Jean-Baptiste Joly, commandant de la Division des Sables, avoir pillé du vin et avoir voulu mettre en prison un patriote. La Commission a prononcé la confiscation de ses biens au profit de la République.

     

    « Que le vingt huit ventôse à midy : 

     

    Jacques Vrignon, tisserand et procureur de la commune de la Chapelle Achard, âgé de cinquante huit ans a été exécuté, condamné à mort par jugement de la dite Commission.» 

     

    Jacques Vrignon est né le 24 mars 1738 à Grosbreuil (vue 204/251). Il est le fils de Jacques Vrignon tisserand et de Jacquette Rouleau. Il épouse le 22 juin 1762 (vue n°35/304) à Grosbreuil, Marie Garsaud, fille de François Garsaud-Garceau et de Marguerite Geay.  

     

    « Que ce jour à midy,  

     

    Louis-Charles Gazeau dit Boissière, ci-devant noble et Brigadier des Armées du ci-devant Roy, demeurant à la Blatonière, commune de Grosbreuil de ce district des Sables, âgé de plus de quatre vingt ans, a été exécuté, condamné à mort par jugement de la dite Commission. 

    Desquelles exécutions, nous avons rédigé acte en présence dudit citoyen Tireau, qui a dit n'avoir aucun autre renseignement sur les dits décédés et a signé. 

     

    Signé Fané Officier Public et Tireau. » 

     

    Louis-Charles Gazeau de la Boissière – Chevalier, Marquis de la Boissière, seigneur de Grosbreuil... On a traîné ce vénérable vieillard paralysé, dans un fauteuil, avant de le fusiller, et là, je vous oriente vers l'excellent article de la Maraîchine Normande du 18 novembre 2016.

    4 exécutions au Sables en mars 1794....

     

     

    Sources :   

     

    Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés – Les documents consultés ont été référencé dans le billet.  

    Acte de décès : (vue 86/97 les Sables d'Olonne – 16 germinal de l'an 2). 

    Archives départementales d'Indre et Loire, tous droits réservés, état civil de la commune de Restigné. 

    Louis-Charles Gazeau de la Boissière – la Maraîchine Normande du 18 novembre 2016. 

    Registres d'état civil des Sables-d'Olonne. 

    Photo: guillotine aux enchères à Nantes – Le Parisien du 25 mars 2014. 

                                                           

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Jean Caillet de Treize-Septiers, chef d'escadron de cavalerie, 

    puis maréchal des logis de Gendarmerie... 

                  

     

    Jean Caillet....Il est très difficile de reconstituer les exploits des combattants du département de la Vendée, car les demandes de pensions n'ont pas été  conservées.

    Nous ne pouvons que consulter les registres dans lesquels ils ont été enregistrés et avec très peu de renseignements les concernant. C'est un véritable jeu de piste, très chronophage...

     

    Du dossier classé SHD XU 33-2 16 mai 1816  des archives de la Vendée, contenant les noms de 533 anciens combattants, nous avons extrait le n° 2 :

     

    Jean Caillé 44 ans – domicilié à Bourbon-Vendéemarchand – 8 enfants – chef d'escadron. 

    « Coup de feu sur la malléole interne droite et un coup de bayonnette sur la côte de l'os des isles à droite. Il se précipita au milieu des retranchements ennemis à la tête de 200 hommes de cavalerie, fit le général Caillava* prisonnier et décida de la victoire, à une autre affaire il fit prisonnier un détachement de 50 hommes.

    Proposé le 18 janvier pour une pension de trois cents francs. »

     

    Jean Caillet....

    *Le général Caillava n'est pas répertorié dans la garnison de Mortagne et n'apparaît pas dans les officiers ayant servi en Vendée.

     

    Sa demande est reportée sur l'état nominatif des officiers, (vue n°14/21 classée SHD XU 16-25 du 15.9.1815).

    Elle nous informe qu'il n'est pas chef d'escadron, mais capitaine, qu'il est originaire de Beaurepaire, est âgé de 42 ans, est domicilié à Bourbon-Vendée et appartient à la Division Saint Paul. 

     

    Jean Caillet....

    « Ayant fait les campagnes de 1793 comme porte guidon – celle de 1794-1795 comme adjudant de cavalerie passé à l'Armée du Centre, comme capitaine de chasseurs, en 1799-1800... A fait celle de 1815 toute entière comme capitaine de cavalerie. 

    Père d'une nombreuse famille, sans fortune, ayant laissé son état, désire et mérite à tous égards une pension de retraite qui le mette à même d'élever ses enfants. » 

     

    Jean Caillet....

    Nous aurions pu en rester là, mais un petit sondage dans les archives de la Roche-sur-Yon s'imposait pour en savoir plus sur le personnage.

    Le 28 juin 1847 décède à Bourbon-Vendée Jean Caillet, maréchal des Logis de Gendarmerie, époux de Mathurine-Françoise Garnier. (Successions-class 2Q10312 vue 47/199) ; âgé de 79 ans (né en 1768) – Voici notre homme !

     

    L'acte de décès nous informe que Jean Caillé-Caillet est né à Treize-Septiers, qu'il est Maréchal des Logis de Gendarmerie en retraite, domicilié rue Mollière à Bourbon-Vendée, fils de Pierre Caillet, farinier, originaire de Saint-Hilaire-de-Loulay et de Renée Gouraud, veuf en première noce de Marie Marchand (vue 306/360 décès la Roche-sur-Yon).

    Il ne reste plus qu'à dérouler le fil d'Ariane...

     

    Jean Caillé-Caillet est né et a été baptisé le 17 avril 1768 à Treize-Septiers. Il est le fils de Pierre Caillet, farinier et de Renée Gouraud. Le parrain a été Ambroise Caillet, son frère et marraine Marie Caillet, sa sœur, (vue n°22/290 -13 Septiers 1768). Il exerce la profession de marchand à la Bruffière au moment du soulèvement et sert dans la cavalerie de l'Armée du Centre comme officier.

    Le 12 fructidor de l'an 5 (29.8.1797, vue n°68/266)), il épouse une jeune fille de 18 ans originaire du Poiroux : Marie-Rose-Véronique Marchand, fille de Pierre Marchand, boulanger, et de Marie Guittonneau. De cette union sont issus huit enfants, seulement sept ont été découverts, nés au Poiroux, aux Sables et à Bourbon-Vendée.

     

    1° Caillé Pierre, né le 24 ventôse an VII au Poiroux.

    2° Caillé Marie-Anne-Cécile, née le 1er nivôse an 12 aux Sables.

    3° Caillé Louis, né le 15 février 1808, idem.

    4° Caillé Jean-André, né le 5 février 1808, idem.

    5° Caillé Eugénie Ludivine, née le 9 décembre 1809, idem.

    6° Caillé Auguste, né le 29 septembre 1812, idem.

    7° Caillé Victorine-louise, née le 18 octobre 1814 Bourbon-Vendée.

     

    De 1806 à 1812, Jean Caillé est marchand de poissons aux Sables (rue des Jardins et rue de la Paix), puis marchand voiturier à Bourbon Vendée (rue Mollière).

    A la Restauration, il devient maréchal des logis de Gendarmerie à cheval à titre de récompense. 

     

    Marie-Rose-Véronique Marchand décède à Bourbon-Vendée le 26 mars 1835 (vue n°255/310).

    Le 16 mai 1838, Jean Caillé épouse Mathurine-Françoise Garnier, domestique, née le 14 mars 1798 à Gausson près de Loudéac dans les Côtes-du Nord, fille de Etienne Garnier de Luzel et de Félicité Gloux (vue 215/370 mariages).

     

     

    Sources:   

     

    Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés – Les documents consultés ont été référencé dans le billet. 

    Registres d'état civil de la Roche-sur-Yon, Treize-Septiers, le Poiroux 

    Photo: de l'auteur et peinture de Eugène Leliepvre peintre officiel aux Armées. 

                                                          

     

                                                           

     

     X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Monsieur Deligron, percepteur à Vivy, 

    demande la Légion-d'Honneur...

     

     

                

    « La Légion d'Honneur? A partir d'un certain âge, il faut disposer d'un sacré piston pour ne pas l'avoir. »  Frédéric Dard (1921-2000) 

     

     

    Monsieur Deligron....Est-ce sous l'effet de la canicule ou par maladresse, que ce 20 août 1825, Monsieur Deligron, percepteur à Vivy, près de Saumur, entreprend une telle démarche auprès du Préfet de Maine-et-Loire ?

    Il demande tout simplement que pour les services qu'il a rendus dans la première guerre de Vendée, en tant que capitaine, il envisagerait comme récompense la Légion d'Honneur. Il profite même de l'occasion pour prier Monsieur le Préfet d'aller rendre visite à ses enfants au collège pour leur dire de vive voix s'il a l'espoir de recevoir cette décoration qu'il estime avoir méritée...  ''Il faut en avoir'' pour donner des ordres à Monsieur Le Préfet !

     

    A priori, Monsieur Deligron n'a pas reçu cette récompense tant convoitée... et pour cause...

    En effet, je n'ai pas trouvé son dossier dans la base LEONORE aux archives de la Légion d'Honneur.

    Voici la demande dans son intégralité :

     

    « Monsieur le Préfet,

     

    Il y a environ trois mois j'ai eu l'honneur de vous présenter une pétition consernant les services que j'ai fait pour le Roi en qualité de capitaine dans la première guerre de Vendée. 

    La demande que j'ai fait à sa M. pour récompenser mes services des pertes et malheurs que j'ai éprouvé serait la décoration de la Légion d'Honneur ; je profite de l'occasion de mes deux enfants qui se trouvent au collège pour vous prier, Monsieur le Préfet de leurs dire de vive voix si j'ai un peu d'espoir à cette récompense que j'ai mérité d'après les titres que j'ai joins à la pétition. 

    Agréez le respect avec lequel j'ai l'honneur d'être, Monsieur le Préfet, votre très humble et très obéissant serviteur. 

    Le percepteur de Vivy – A Vivy le 20 août 1825. signé : Deligron. » 

     

    Monsieur Deligron....

     

    J'ignore la réaction de Monsieur le Préfet à la lecture de cette demande... il a certainement dû s'étrangler... Pourquoi la Légion d'Honneur ? Pourquoi pas l'Ordre Royal et Militaire de Saint Louis ? Il a dû penser, comme Jules Renard (1864-1910) :

     

    « Qu'en France, le deuil de ses convictions se portait en rouge et à la boutonnière ».

     

    Après un sondage dans les registres d'état civil de Vivy, je n'ai pas découvert de Monsieur Deligron. Opérant un ''carottage'' dans ceux de la ville de Saumur, j'ai trouvé l'acte de naissance de Henri Ogeron-Deligron, né le 27 messidor de l'an 13 à Saumur, fils de Henri-Joseph Ogeron Deligron de la commune de VIVI. (Vivy), et de Adélaïde Cordier. (vue n°44/130). En mention marginale de cet acte :

     

    « Par jugement rendu par le tribunal civil de Saumur le 23 août mil huit cent soixante ; l'acte de naissance ci-contre a été certifié en ce sens que le nom de Ligron doit être écrit en deux mots avec la particule de séparée du nom Ligron. À Saumur le 23 août 1860. » 

     

    Henry-Joseph Ogeron de Ligron est né le 7 avril 1771 en la paroisse de Saint Médard de Thouars (vue n°34/131). Il est le fils de Henry-Michel-Christophe Ogeron, bourgeois, dit aussi Seigneur de Ligron, et de Dame Suzanne Lamoureux, fille d'un receveur des Tailles.

    Il se marie à Saumur le 24 Floréal de l'an 12 (14 mai 1804), propriétaire à Sainte Radegonde canton de Ligron ; il épouse Adélaïde Cordier, née à Saumur le 1er novembre1771 en la paroisse Saint Pierre, fille de François Cordier et de Anne Gasnier (mariage : vue n°65/180).

     

    De cette union sont issus :

     

    1° Henri Ogeron de Ligron, né le 16 juillet 1805 à Saumur, qui sera magistrat à Conlie, dans la Sarthe, et qui obtiendra la Légion d'Honneur. Il épousera à Poitiers Marie-Victorine-Caroline Girard de Pindray. (vue n°15/132 - mariages Poitiers- année 1845).

    2° Joseph Ogeron de Ligron, né le 17 août 1807 à Saumur. (Chanoine).

    3° Adélaïde Ogeron de Ligron, née le 5 juillet 1810 à Saumur (vue n°83/106),décédée à Loudun le 23 novembre 1871 (vue n°78/116 – décès Loudun), qui épousera René Frédéric de Béchillon, Receveur entreposeur des contributions indirectes à Loudun, domicilié porte de Mirebeau.

     

    En ce qui concerne les faits d'armes de Henry-Joseph Ogeron de Ligron en Vendée, nous savons qu'il a servi dans l'Armée Vendéenne de l'Ouest dans la Division de Cerizay. Qu'il a été sous les armes de 1793 jusqu'en 1795, seulement trois ans, et enregistré sous les prénoms de Henry-Jacques au lieu de Henry-Joseph (Archives Départementales de la Vendée -SHD XU 16-23 – tableau de 742 officiers – vue n°36/137).

       

     

    Sources :   

     

    Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens : Deligron - dossier 1M9/139. Copie de la demande. Archives de la ville de Saumur. 

    Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés. 

    Archives départementales des Deux-Sèvres tous droits réservés. Communes de Thouars et Saint Radegonde. 

    Archives départementales de la Vienne, tous droits réservés – villes de Poitiers et Loudun. 

    Photo : Légion d'Honneur de la Restauration extraite de : "Noblesse et Royautés du 15 octobre 2015.

     

                                                          

     

     X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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     Monsieur de Beaufort demande une pension...

     

                

    Monsieur de Beaufort demande une pension....Dans certaines circonstances, il m'arrive de citer Montesquieu, (Mes pensées) :

     

    « Quand il s'agit d'obtenir les honneurs, on rame avec le mérite personnel et on vogue à pleine voiles avec la naissance. » 

     

    En effet, certaines demandes de pensions sont assez surprenantes, elles proviennent d'émigrés arrivés en Vendée ''à la fumée des cierges'', ayant servi ''in-extremis'' en 1815 et obtenu immédiatement une pension de 600 francs... et dès 1819 redemandant un autre secours...

    Ces demandes n'ont-elles été déposées, que pour pallier à des revers de fortunes ? On peut se poser la question.

    En général, ces émigrés demandeurs ne sont pas des personnages aux corps criblés de blessures, devenus infirmes par les privations et les durs combats menés dans les chemins creux du bocage vendéen... Non, ils sont tout simplement désargentés. Le capitaine de paroisse est aussi sans le sou,  il vit dans sa métairie en ruine avec le souvenir de sa famille massacrée ; comme le soldat, il ne touchera rien ou pas grand chose, seulement un bout de papier lui rappelant ses hauts faits d'armes !

     

    « Nos cicatrices ont le mérite de nous rappeler que le passé n'a pas été un rêve.» 

     

    L'adage : ''A chacun selon son mérite'' n'est pas toujours vrai, la fuite et l'exil sont parfois mieux récompensés que le combat...

     

    Voici la demande de pension :

     

    « Ministère de la maison du Roi, 

    Paris, le 23 juillet 1819. 

     

    Le conseiller d'Etat, Commissaire délégué pour instruire les demandes de secours ou pensions sur la liste civile.    

    A Monsieur le Préfet du département de Maine et Loire. 

    Monsieur le Préfet, 

    Mr le Chevalier de Beaufort, capitaine de la légion de la Dordogne (1) en garnison à Angers demande une pension sur la liste civile. 

    Il expose qu'il a émigré et n'est rentré en France qu'en 1815, époque à laquelle il a servi dans la Vendée  : qu'il avait obtenu une pension de 600 francs (2) sur la liste civile mais qu'il l'a perdue lorsqu'il a été placé dans la légion de la Dordogne, que ses pères et mères fixés à Périgueux ont également émigrés, qu'ils ont perdu toute leur fortune, qu'il ne peut rien espérer d'eux : qu'il reste marié et que sa femme, qu'on croit être Anglaise est également sans fortune. Il ne dit point s'il a des enfants. 

    Mr de Beaufort ne donnant aucun détail qui puissent m'éclairer sur sa fratrie et la fortune de sa femme et si elle est étrangère, il n'y aurait qu'une attestation vérifiée et visée par Mr l'ambassadeur de France qui put fixer le Ministre du Roi. 

    J'ai l'honneur d'être avec ma considération très distinguée. 

    Monsieur le Préfet votre très humble et très obéissant serviteur. 

    signé Rochefort. »

     

    (1) Unité d'Infanterie équivalente à un régiment sous la Restauration (22ème légion) 13 régiment d'infanterie de ligne en 1820. 

    (2) Il ne précise pas qu'il a servi dans l'Armée des émigrés, ce qui pourrait expliquer la pension de 600 francs, mais simplement en 1815 en Vendée. 

     

    Le 30 août 1819, réponse du Préfet :

     

    « Angers, le 30 août 1819, à Monsieur le secrétaire d'Etat chargé des demandes de pensions sur la liste civile. 

     

    Monsieur le Comte, 

     

    Par votre lettre du 23 juillet dernier, vous me demandez des renseignements sur Monsieur le Chevalier de Beaufort, lequel demande une pension sur la liste civile : 

    Cet officier n'est pas en ce moment à Angers mais bien à Périgueux où il a dit rester comme commandant d'une des compagnies du dépôt de la légion de la Dordogne, mais j'ai quelque connaissance de sa position : 

    Ce qu'il avance de l'émigration et du peu de faculté de ses père et mère est vrai, lui-même en est réduit à ses seuls appointements et a du même contracter des dettes pour son premier équipement. Sa femme est effectivement Anglaise ; et sans nulle fortune. Le dénuement était tel qu'en 1816 lorsque la légion de la Dordogne fait tenir garnison à Angers, que cette femme qui est très délicate entreprit le voyage à pied et le continua ainsi malgré des pluies qui survinrent, jusqu'à ce que le colonel de ce corps la voyant dans un état de détresse absolu la fit monter pour quelques journées dans sa voiture. 

    Depuis elle a vécu ici dans une retraite absolue jusqu'au moment de son départ en 1817 ou 1818 pour Périgueux. 

    Je puis donc vous assurer que Mr le Chevalier de Beaufort a réellement besoin des bienfaits de sa Majesté.   

      Avec ma respectueuse considération …. signé illisible. » 

     

    De Jay de Beaufort Claude-Henry-Raymond est né le 20 février 1778 à Périgueux, il est le fils d'un maréchal de Camp : Jacques de Jay de Beaufort et de Béatrix de Paty. Il émigre avec ses parents, son père est décédé à Périgueux le 7 novembre 1824.

    En 1802 on le rencontre à Londres en Angleterre où il se marie le 20 septembre à Saint Pancras avec une Anglaise, Elisabeth-Guillelmine-Rosalie Greigh Archdeacon. De cette union sont issus :

     

    1° de Jai de Beaufort Henry-Michel, né à Londres le 16 mai 1809.

     « Baptême : de l'ancienne chapelle française de London Street, déposés à la chapelle royale de France King Street Portman Square Londres, fils de Messire Claude Henry Raymond de Jai de Beaufort, natif de la paroisse de Saint Front ville et diocèse de Périgueux et de Dame Elizabeth Guillelmine Rosalie Greigh Archeacon, native de la paroisse de Saint Folien ville d'Aix la Chapelle diocèse de Liège. Marraine : Rosalie Malvinghen, grand mère maternelle de l'enfant... » 

     

    2° de Jai de Beaufort Elisabeth née en 1814.

     

    Claude-Henry-Raymond de Jai de Beaufort est décédé à Dax le 12 octobre 1845 (vue n°141/145 décès Dax année 1845).

     

    Sources:   

     

    Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens : Beaufort de - dossier 1M9/41.  

    Base LEONORE – Dossier Légion d'Honneur – cote LH/154/67. Henry-Michel de Jai de Beaufort, né le 16 mai 1809 à Londres. 

    Généanet : famille de Jai de Beaufort. 

    Photo: crédit photo MPF. 

     

                                                         

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Pierre-Etienne Lethon, de la Poitevinière, 

    lardé de 12 coups de baïonnettes au combat de Piedeau, 

    le vendredi 26 Pluviôse de l'an II... Ordre du Lys...

     

                

       
         Pierre-Etienne Lethon....Quand flambait le bocage... quand flambait le bocage !... Février 1794, la Grande Armée Catholique et Royale n'existe plus, exterminée à Savenay. Il ne reste plus que quelques milliers d'hommes éparpillés sur tout le territoire de la Vendée Militaire qui étrillent les Colonnes Infernales.

    Ce sont de petites armées d'irréductibles, des hommes de fer, n'ayant plus rien à perdre et qui résisteront jusqu'à la mort héroïque de leurs derniers généraux.

     

    Le mardi 11 février 1794 (23 Pluviôse de l'an 2), l'armée Bleue de Cordellier est à Vihiers avec 800 hommes...

     

    « Mais n'y rencontrant aucun ennemi, il partit le lendemain pour Chemillé. N'y trouvant point Stofflet, il y mit le feu et se dirigea ensuite sur Jallais. Stofflet, dans le moment, revenait de Montrevault vers le Fief-Sauvin pour livrer bataille aux Républicains sur les coteaux de l'Evre. Les avant-postes des deux petites armées se rencontrèrent, le 14, et commencèrent le feu près du château de Piedeau (Pieddouault), vers neuf heures du matin.

    Le 74ème de ligne, composé en grande partie de Mayençais, refoule les Royalistes jusqu'au parc de Beaupréau et pénètre dans la ville, quand Stofflet avec son aile droite qui n'a pas donné, arrive par la Chapelle-du-Genêt, et attaque en flanc les soldats de Cordellier. Une vive fusillade s'engage des deux côté ; elle se prolonge pendant plusieurs heures, et laisse la victoire indécise. Enfin, les Mayençais par une mesure qui fait honneur à Cordellier se cachent derrière les haies et s'éparpillent en tirailleurs. Cette manœuvre trompe les Vendéens qui croyant nombreuse l'armée des Bleus ne donnent que faiblement et se retirent bientôt sur les bords de l'Evre. Plusieurs paysans s'y noient en voulant la franchir ; les autres sont poursuivis avec acharnement jusqu'à la Chaussaire où quelques uns encore perdent la vie dans les eaux de la Sanguèse. »

     

    (Abbé Deniau – Tome IV p264 – Histoire de la Guerre de la Vendée.) 

     

    C'est dans cette affaire que Pierre-Etienne Lethon est laissé pour mort sur le champ de bataille près du château de Piedeau, avec un coup de sabre à la tête, lui occasionnant une large blessure à l'os frontal, un autre coup de sabre au poignet gauche et le corps lardé de ''10 à 12 coups de baïonnettes dans les reins et les cuisses''. Heureusement pour lui, le moulin de Deureux* qu'il exploite, se trouve à proximité du château...

     

    *Le moulin Deureux se situe sur le ruisseau du Rez Profond, proche du pont Piedeau, séparant les communes de Jallais et de la Poitevinière. 

     

      Pierre-Etienne est un soldat intrépide, se portant toujours en avant, en entraînant ses camarades au combat. Il passe la Loire en Octobre 1793 et fait partie des rares survivants d'Outre-Loire. Ayant une grande expérience du combat, le Roi le décore de l'Ordre du Lys et lui fait présent d'une lettre d'honneur le 17 mars 1821. 

     

    Depuis un certain temps, les Colonnes de Turreau prennent ''plumées sur plumées'' et c'est avec un grand soulagement, que ce criminel de guerre se réjouit de cette petite victoire en écrivant au Représentant du Peuple Francastel...

    Voici l'extrait d'une lettre de Turreau, général en chef de l'armée de l'Ouest : au Citoyen Francastel représentant du Peuple (Les Affiches d'Angers – Février 1794 n°26 du décadi – 30 Pluviôse de l'an 2 – vue n°18/30).

     

    Citoyen Représentant,

     

    « Les ordres que j'ai donnés aux divers chefs de Colonnes : chargés de poursuivre sans relâche le reste des brigands, s'exécutent chaque jour avec plus d'activité : près de quinze cents de ces scélérats viennent de tomber sous les coups de la brave division commandée par le général Cordelier il les a fait repentir d'avoir attaqué Beaupréau où il étoit alors, comme il l'a fait d'être, entrés dans Cholet. 

    A peine les avant-postes du général Cordelier furent-ils attaqués, que bientôt tous les soldats de sa division se répandant en tirailleurs dans la campagne voisine, mirent ces brigands dans la plus complète déroute ; ils jettoient leur armes afin de mieux battre en retraite ; tu dois concevoir combien on en a tué pendant une fusillade qui a duré sans discontinuer depuis neuf heures du matin jusqu'à quatre heures après midi ; les brigands étoient tellement serrés que plus de cent cinquante ont tombé dans la rivière l'Evre, et une grande quantité dans celle de la Sanguaise . 

    Cordelier ne s'est point borné à cette victoire, le tiers de la division qui s'étoit porté du côté de la Poitevinière, a tué plus de sept cents rebelles. 

    Le 26 du mois, ces coquins ont voulu encore se mesurer avec lui, mais il es a si bien frottés que le corps qu'il avoit à combattre, se trouve réduit à près de 500 hommes mal armés. 

    On ne saurait donner trop d'éloges à l'intrépidité des soldats du soixante quatorzième régiment ; il mérite le titre de Républicain, c'est tout dire. » 

     

    Pierre-Etienne Lethon....

    Pierre-Etienne Lethon-Leton est né et a été baptisé le 16 juin 1772 à la Poitevinière, il est le fils de Pierre Lethon, meunier au moulin Deureux et de Marie Viau.

    Il épouse Renée Rousse, née le 5 décembre 1775 à St Quentin, et décédée le 20 janvier 1824, de cette union sont issus entre autres enfants :

     

    1°Marie Lethon, née le 9 vendémiaire an 9. 1er octobre 1800. la Poitevinière.

    2°Pierre-Etienne Lethon, né le 14 vendémiaire an 10 – idem.

    3°Jean Lethon, né le 2 Messidor an 12, idem.

    4°Renée Perrine Lethon, née le 1er août 1806, idem.

    5°Pierre Lethon, né le 8 juillet 1808, idem.

    6°Augustin Lethon, né le 8 juillet 1818, idem.

    7°Joseph Lethon, né le 14 janvier 1811, idem

     

    Devenu veuf, il épouse le 8 février 1825 à Jallais Jeanne Godineau, née le 7 juin 1787 à Jallais ; d'où :

    8°Jeanne Lethon, née le 12 mai 1826 à la Poitevinière.

     

    Le 25 mars 1824, à la Poitevinière, il dépose une demande de secours.

     

    « Lethon Pierre-Etienne, indigent, soldat de l' Armée Vendéenne demeurant à la Poitevinière, 

    A son Excellence le Ministre de la Guerre. 

    Monseigneur, 

    J'ai l'honneur de vous exposer que j'ai pris les armes pour le rétablissement du trône aussitôt que la guerre à commencé en 1793. 

    J'ai constamment servi avec bravoure et honneur. J'ai été cruellement blessé : à une des affaires, qui ont eut lieu à Piedeau en la commune de Jallais en 1794. 

    J'éprouve par mes blessures de grandes douleurs, mes forces sont tellement épuisées, je ne puis plus rien faire qu'avec beaucoup de peine. Je suis dans l'indigence et père de cinq enfants. 

    J'ai le plus grand besoin des secours accordés par l'Ordonnance du Roi, du trois décembre 1823, auxquels j'ai les droits les mieux fondés en raison de mes blessures dans les armées royales de mes blessures et de ma misère. 

    J'ose vous prier Monseigneur de vouloir bien proposer à sa Majesté de m'accorder une pension.   

    Je suis avec respect, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur. » 

     

    Pierre-Etienne Lethon....

    Pierre-Etienne Lethon est décédé à la Poitevinière le 29 janvier 1837. 

     

    Sources :   

     

    Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens : Lethon-Leton Pierre-Etienne - dossier 1M9/-243. Certificat de services, vue n°3/9. 

    Les Affiches d'Angers n°26 – du décadi 30 pluviôse de l'an 2 – vue n° 18/30. 

    Registres d'état civil de la Poitevinière, Jallais. 

    Histoire de la guerre de la Vendée – Abbé Deniau – Tome IV – p264.  

    Photo: de l'auteur 

     

     

                                        X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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