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    Pierre Robichon de Coron, 

    Ordre du Lys.

     

           

                   

      

    Pierre Robichon est né le 20 septembre 1769 à Coron. Il est le fils d’ André Robichon, bordager à la Rimbretière et de Marie Guindon. Il fait partie des rares rescapés de la Virée de Galerne et est autorisé à porter l'Ordre du Lys par le comte d'Autichamp lors du passage du Duc d'Angoulême à Beaupréau.

    Il prend les armes dès le début de la guerre et sert sous Cathelineau, d'Elbée, La Rochejacquelein, Stoffflet et d'Autichamp et assiste aux batailles de : Coron, Beaupréau, Argenton-Château, Thouars, la Châtaigneraie, Vihiers, Doué, Montreuil, Cholet, Saint-Florent.

    Il traverse la Loire en octobre 1793 avec la Grande Armée et fait toute la campagne : Laval, Fougères, Dol, Château-Gontier, Avranches, Pontorson, Entrammes, Granville, le Mans, Savenay.

     

    Il est blessé à plusieurs reprises :

    1° Blessé au Mans d'une balle à l'épaule droite.

    2° Dans une affaire à Cholet, a reçu un coup de sabre sur un doigt, qui la estropié.

    3° Blessé au côté gauche à Montreuil par une balle.

    4° Blessé à la tête d'un coup de sabre à l'affaire de Savenay...

     

    « Il a tué un chef de cavalerie de l'armée ennemie et a pris le cheval de ce chef. »

    Son père, André Robichon, est mort en combattant. Ce brave a été autorisé à porter l'ordre du Lys.

     

    Sous le Consulat, le 15 décembre 1801, (24 Frimaire an 10), il épouse à Coron  : Marie, Martine, Louise Lahaye, fille de Pierre Lahaye et de Martine Besson de Coron. Il semble que ce mariage soit resté sans postérité (vue N°158/174 – mariages Coron).

     

    En juin 1824, il dépose une demande de pension :

     

    « A son Excellence Monseigneur le secrétaire d'état au département de la Guerre.

    Monseigneur,

    A l'honneur de vous exposer Robichon Pierre, né et demeurant à Coron, canton de Vihiers arrondissement de Saumur département de Maine et Loire, qu'il s'est constamment montré avec zèle et dévouement dans la cause sacrée du trône et de l'autel pendant la durée de la guerre tant dans le pays que dans les campagnes d'Outre Loire ; qu'il a reçu trois blessures qui le gênent considérablement et l'empêchent de vaquer à ses travaux ordinaires.

    Ce considéré, Monseigneur, il supplie votre Excellence de daigner le faire jouir des bienfaits accordés par sa Majesté, par son Ordonnance du 23 décembre dernier aux vrais Vendéens et surtout aux blessés et indigents. Ce qu'octroyant ayant égard à ses blessures et à son indigence ferez justice. Le suppliant prend la liberté d'assurer de ses sentiments respectueux – Votre Excellence de se dire, Monseigneur votre très humble et très obéissant serviteur et de notre auguste Monarque, le fidèle sujet. 

    signé Robichon Pierre. »

     

    Pierre Robichon, cultivateur, est décédé à Beaulieu, commune de Coron le 28 mai 1833.

            Marie Lahaye est décédée à Coron le 11 avril 1825.

     

    Pierre Robichon....

     

    Sources:   

    Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens : Robichon Pierre - dossier 1M9/317.  

    Registres d'état civil de Coron. 

    Photo : Ordre du Lys extrait du Guide des ordres et décorations et médailles militaires 1814-1963 de André Souyris-Rolland - édition 5.1.1979.   

                            

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Louis-Auguste de Mondion, 

    Chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis.

     

     

                

    Louis-Auguste de Mondion....Nous commencerons par les courriers échangés entre le Ministère du Roi et les autorités locales afin de réunir les éléments qui nous permettrons d'identifier Monsieur ''Demondion''.

    Le 26 mars 1827 le Duc de Doudeauville transmet un courrier à Monsieur le Préfet de Maine et Loire.

     

    « Monsieur le Préfet,

    Je vous prie de vouloir bien prendre confidentiellement et me transmettre le plus tôt possible les renseignements très circonstanciés sur les ressources, les charges la conduite, les services et les causes d'infortunes de Mr le Chevalier Demondion  qui a demeuré à Angers et qui habite Parthenay.

    Il sollicite une pension et des secours des bontés du Roi ; mais avant de statuer sur sa demande, je désire savoir positivement si le pétitionnaire a des titres aux bienfaits de sa Majesté, s'il en est digne et s'ils lui sont indispensables.

    Je voudrais enfin savoir, si cette personne a des indemnités a réclamer et quelle en serait la quotité.

    Recevez je vous prie Monsieur le Préfet, tous mes remerciements et l'assurance de ma considération distinguée.   

     

    Le Ministre secrétaire d'état au Dpt de la Maison du Roi

    signé : Duc Doudeauville. »

     

     

    Lettre de la Mairie d'Angers du 29 mars 1827.

     

    « Monsieur le Préfet,

      En réponse à votre lettre confidentielle du 28 de ce mois (bureau particulier n°69), j'ai l'honneur de vous informer qu'il a existé à Angers pendant quelques années un Monsieur Demondion qui est sans doute le même que celui à l'égard duquel vous me demandez des renseignements.

    Etranger à ce pays-ci Mr Demondion vint se fixer à Angers avec sa Dame et 2 enfants, il y a 15 à 18 ans, et travailla pendant quelque tems dans les bureaux de la Préfecture, ensuite obtint un bureau de lotterie qui est encore dans le nom de Madame Demondion. 

    Lors de la réorganition de l'armée en 1816, il fut nommé capitaine dans une légion, et je crois qu'il a quitté le service avec le grade de  chef de bataillon. 

    Pendant le temps qu'il a demeuré à Angers, il a jouit de l'estime et de la considération due à un homme d'honneur et appartenant à une famille distinguée ; ses ressources alors se bornaient au produit des différents emplois qui lui avaient été accordés : j'ignore quelle est sa position actuelle et il me serait impossible de vous donner aucun renseignement sur la nature et la durée de ses services.   

    J'ai l'honneur d'être avec respect Monsieur le Préfet, votre très humble et obéissant serviteur.

    Le maire de la ville d'Angers.

    Signé : le Cte de Terves Mre Adjt. » 

     

    Il s'agit donc de Louis-Auguste de Mondion décédé à Parthenay le 24 octobre 1829. « Ancien chef de bataillon d'infanterie de ligne, entreposeur des tabacs, Chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, né à Ceaux-en-Loudun département de la Vienne. » (Vue n°152/262 Parthenay).

    Louis-Auguste de Mondion....

    Louis-Auguste de Mondion est né le 10 avril 1768 au château d'Artigny à Ceaux-en-Loudun. Il est le fils de Louis-Joseph-Vincent de Mondion, comte de Mondion d'Artigny, lieutenant des Maréchaux de France pour l'Election de Richelieu et le Haut-Poitou - Chevalier de Saint-Louis et de Marie Henriette de Bournizeaux.

    En 1784 il est sous-lieutenant au régiment de Brie Infanterie, lieutenant au même régiment le 25 octobre 1785. Il émigre le 3 septembre 1791.

     

    « Au début de septembre 1791 il est à Lille et sort de France vers Bruxelles. En fait, deux Mondion ont émigré en 1791 Louis-Auguste et Charles-Emery-Marie, l'un Lieutenant et l'autre sous-lieutenant dans le même régiment. 

    On trouve aussi qu'un de Mondion prit part à la guerre de Vendée et vînt, d'après Crétineau-Joly, rejoindre l'armée vendéenne à Thouars en mai 1793. On le retrouve le 17 octobre à la bataille de Cholet sous Bonchamps, d'Elbée et la Rochejacquelein, à Savenay, le 23 décembre, où il a protégé la retraite avec Donissan et Desessarts : ils se réfugièrent tous les trois dans la forêt du Gâvre. Ils rassemblent ensuite deux ou trois cents paysans se portent sur Ancenis, pour passer la Loire. Ils sont pris et envoyés à la Commission Militaire d'Angers, ses compagnons sont fusillés, mais on ne parle pas de lui. 

    Enfin en décembre 1816, un Chevalier de Mondion est nommé capitaine, dans l'armée Royale, comme ancien chef vendéen. Le cahier dont j'ai parlé tout à l'heure est assurément du Chevalier Louis-Auguste, il le dit lui-même, dans son récit, en s'intitulant lieutenant dans le régiment de Brie. Son frère Charles-Emery vint le rejoindre en Allemagne, comme on le verra aux dernières pages de cet opuscule. 

    D'après le certificat d'amnistie du 8 janvier 1803, ce que raconte Crétineau-Joly, et le brevet de décembre 1816 qui qualifie de Chevalier et d'ancien chef vendéen, le Mondion qui en fut qualifié, il paraît tout probable que ces trois pièces concernent le même personnage et, par conséquent, c'est à Louis-Auguste qu'il faut les attribuer. » 

     

    Louis-Auguste de Mondion est capitaine de la légion du Maine-et-Loire le 5 avril 1816, chef de bataillon de la Seine-Inférieure le 12 février 1817, réformé le 2 juin 1819 et Chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis le 31 janvier 1816.

    Monsieur de Mondion « a de l'instruction, une très forte moralité et de très bons principes. Il a peu de fortune, marié, deux enfants, un physique passable. (rapport du 29 octobre 1816). »

    Il s'est marié le 21 août 1798 à Karlsruhe dans le Bade Wurtemberg avec Elizabeth Hummel, fille de Georg-Friedrich Hummel et de Justine-Elizabeth Jäeger, décédée à Poitiers le 24 août 1835 sous le nom de Houlme Elisabeth, (acte n°369-vue 81/147 Poitiers). De cette union sont issus :

     

    1° Amélie de Mondion, née le 21 août 1799 à Karlsruhe, décédée le 31 janvier 1800 à Karlsruhe.

    2° Victor de Mondion, né le 2 janvier 1801 à Ceaux-en-Loudun. décédé à Ceaux-en-Loudun le 7 janvier 1801.

    3° Louis-Auguste-Eugène de Mondion, né le 17 avril 1803 à Karlsruhe.**

    4° Eugène-Frédérique-Guillaume de Mondion, né le 17 avril 1803 à Karlsruhe, décédé au château de Parthenay le 8 mai 1823 (20 ans).

     

    Nota : Louis-Auguste de Mondion est un des descendants de César de Mondion, Chevalier, mousquetaire et gendarme de la garde du Roi, né le 20 juin 1673 à Velue – Nueil-sous-Faye (86). 

     

    **Entra le 15 juin 1820 au service étranger dans le Grand Duché de Bade. Promu lieutenant au 3ème régiment d'infanterie de Steckhom en garnison à Mannheim en 1822, puis lieutenant en 1832. 

     

     

    Sources:   

     

    Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens: de Mondion - dossier 1M9/268. 

    Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés – BIB PC 16/27 ''Cahier de route d'un émigré depuis le 1er septembre 1791'', jusqu'au mois de janvier 1793'' éditions Georges Loquet 1909. Accès thématique aux notices des inventaires et catalogues en ligne des archives départementales de la Vendée. 

    Généanet – Base collaborative Pierfit.

    Registres d'état civil de la Vienne et des Deux-Sèvres, tous droits réservés.

    Etat civil de Parthenay, 1827-1831 2MI788 collection communale.

    Etat civil de Poitiers. 

    Photos : de l'auteur.

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Marie-Antoinette-Dorothée de Lonlay,

    veuve de Russon, demande une pension.

     

     

                

     

    Marie-Antoinette-Dorothée de Lonlay....Epouse d'un capitaine de cavalerie ayant servi dans l'armée de Condé, Madame de Russon se trouve dans une situation difficile depuis le décès de son mari.

    Marie-Antoinette-Dorothée de Lonlay de la Tirardière du Breuil est née au château des Belles-Ruries paroisse de Monnaie en Touraine, le 9 juin 1773 et a été baptisée le 10 du même mois. Elle est la fille de Messire Antoine-François de Lonlay, chevalier, seigneur de la chatellenie de Monnoye, des Belles-Ruries, Chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis et de Marie-Catherine-Andrée  Roy de Courpon de la Venade (Vue n°12/25 Monnaie).

    Les Lonlay sont originaires de Normandie et de Bretagne, ils font partie de la vieille noblesse. C'est une famille d'écuyers de pères en fils depuis 1553.

    Le 10 février 1767 Antoine-François de Lonlay, ancien capitaine du régiment Royal de la Marine, épouse donc Marie-Catherine Roy de Courpon originaire d'une famille de notaires de la Martinique et de Saint Domingue.

      Cette famille et ses domaines réussissent à passer les années troubles de la Révolution sans trop de dommage car Monsieur de Lonlay n'émigre pas. L'épouse  d'Antoine-François est même choisie comme marraine du drapeau de la Garde Nationale lorsqu'il reçoit sa bénédiction à l'église...

    Le 26 juin 1770, Antoine-François avaient acheté les Belles-Ruries pour 94000 livres, château qu'il réussira à conserver. Un petit ''couac'' quand même, le 14 juillet, lorsqu'il s'agit de prêter le serment fédératif ; Antoine-François s'abstient, puis s'exécute en insultant au passage les citoyens qui avaient douté de son patriotisme...

     

    Marie-Antoinette-Dorothée de Lonlay épouse à Monnaie, le 26 avril 1808, René de Russon d'une famille de la noblesse de robe peu fortunée (vue n°165/359 Monnaie).

     

    René de Russon est né le 16 décembre 1770 à Thouarcé (vue n°128/176 Thouarcé). Il est le fils de Claude-René de Russon, Ecuyer, seigneur de Bonnezeaux* et de Marie Jeanne de Poilpré. Il est le beau-frère d'Alexandre Gérard de la Calvinière qui avait épousé Marie de Russon en 1802, (personnage qui a fait l'objet d'un billet dans ce blog). C'est un ancien capitaine de cavalerie, qui a émigré et servi dans l'armée de Condé.

    Il a été fait Chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis le 7 mars 1815. Propriétaire, il décède le 3 septembre 1826 à Thouarcé (vue n°100/174).

     

    * Le château de Bonnezeaux domine la vallée du Layon. Le logis actuel date de la fin du XVIIe ou du début du XVIIIe et est toujours habité par la descendance. 

     

    Devenue veuve et dans la gêne, Madame de Russon dépose une demande de pension au début de l'année 1827. 

     

    « Paris, le 24 mars 1827. 

    Ministère de la Maison du Roi – pensions et secours. 

     

    Monsieur le sous-préfet, je vous prie de vouloir bien prendre confidentiellement et me transmettre le plus tôt possible des renseignements très circonstanciés sur les ressources, les charges, la conduite, les services et les causes d'infortunes de Madame de Russon née de Lonlay demeurant à Thouarcé. 

    Elle sollicite une pension et des secours des bontés du Roi, mais avant de statuer sur sa demande, je désire savoir positivement si la pétitionnaire a des titres aux bienfaits de sa Majesté, si elle en est digne et s'ils lui sont indispensables. 

    Je voudrais enfin savoir si cette personne a des indemnités à réclamer et qu'elle en serait la quotité. 

    Recevez, je vous prie, Monsieur le sous-Préfet tous mes remerciements et l'assurance de ma considération distinguée. 

    Le Ministre Secrétaire d'Etat au Département de la maison du Roi. 

    signé le Duc de Doudeauville. » 

     

    Lettre de Monsieur de Cambourg, Maire de Thouarcé.

     

    « Thouarcé le 5 mai 1827 – n°93 

    Le maire de la commune de Thouarcé à Monsieur le Préfet de Maine et Loire. 

     

    Monsieur le Préfet, 

    D'après la demande que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser le 21 avril dernier, sur la position de Madame veuve de Russon, née de Lonlay ; j'ai l'honneur de vous dire que la fortune de feu Mr de Russon, Chevalier de l'Ordre de Saint-Louis, a été entièrement absorbée par les dettes qui existaient lors de sa mort, et les reprises de sa veuve de manière que les enfants au nombre de trois, n'ont rien à espérer de la fortune de leur père. » 

     

    1° René-Adien,de Russon, né le 16 juin 1810 à Monnaie.

    2° Marie-Dorothée de Russon, née le 28 janvier 1813 à Thouarcé.

    3° René-Raphaël de Russon, né le 20 juillet 1818 à Angers.

     

    « Ces trois enfants, deux garçons, une fille sont au collège ou en pension, ce qui occasionne par conséquence une forte dépense et cependant nécessaire pour l'éducation que doivent recevoir des enfants nés dans le rang qu'occupait dans la société, Mr de Russon. 

    Monsieur de Russon avait émigré et servi par continuité dans l'armée de Condé jusque vers le milieu de 1797, sa conduite a toujours été bonne. 

    Madame de Russon n'étant point née dans ce département, je ne peux dire sa fortune actuelle, mais elle vit de la manière la plus économique et la plus retirée. 

    Elle espère une pension d'indemnité de St Domingue, mais je crois que ce ne sera qu'une faible pension. 

    J'ai l'honneur d'être avec respect, Monsieur le Préfet, votre très humble et obéissant serviteur.   

    Signé : de Cambourg, Maire. » 

     

     

    Sources:   

     

    Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens : de Lonlay - dossier 1M9/246. Vues n°1,4 et 5/7 - Etat civil de la commune de Thouarcé et Angers. 

    Registres d'état civil de Monnaie, archives départementales d'Indre et Loire, tous droits réservés. 

    Photo : de l'auteur et crédit photos de la Touraine insolite – château des Belles-Rurie.                                     

     X. Paquereau pour Chemins Secrets 

     

    Marie-Antoinette-Dorothée de Lonlay....

    Marie-Antoinette-Dorothée de Lonlay....

      


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    Alexandre Gérard de la Calvinière, 

    Chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis.

     

     

                

    Gérard de la Calvinière....Avant d'entrer dans le vif du sujet, il m'a semblé intéressant d'aborder une brève généalogie de la famille Gérard.

    Vers 1743, le grand père d'Alexandre Gérard : Jean-Baptiste Gérard, écuyer, est employé à la Ferme d' Angers comme directeur des Aides*.

     

    * En effet, depuis 1680, la Ferme Générale est chargée de la perception des Aides. Il s'agit d'impôts indirects liés à la consommation et qui portent principalement sur les boissons alcoolisées, principalement le vin, mais aussi le bois, le bétail etc... 

     

    Veuf, Messire Jean-Baptiste Gérard, 45 ans, chevalier, seigneur de la Rivière* et de la Feveray épouse le 10 mai 1735 à Baugé, Demoiselle Anne-Marguerite Luciot, 25 ans, fille de Pierre Luciot, Conseiller du Roi, substitut et avocat à la Sénéchaussée de Baugé et de Renée-Anne-Françoise Gohory (d'une famille d'avocats de Baugé) (vue n°46/344 Baugé St Laurent).

     

    * Il doit s'agir du manoir de la Rivière à Auverse, manoir avec tourelle transformé en ferme et proche du château de la Calvinière. 

     

    De cette union est né le 23 décembre 1739 à Baugé, Jacques-Michel Gérard (vue n°196/344-Baugé).

    Jacques-Michel Gérard, Chevalier, Seigneur de la Calvinière épouse le 18 septembre 1770 à Saint Evroult d'Angers : Demoiselle Françoise-Jacquine Cuissard de Mareil, née  le 5 juillet 1753 au Fief-Sauvin ; fille de feu Messire François de Cuissard, Chevalier, Seigneur de Mareil et de Dame Françoise-Louise-Perrine Denais Dame de Fontenelle, de la paroisse de Saint Evroult (vues 11 et 12/105 St Evroult).

    Jacques-Michel Gérard décède à Somloire le 5 mars 1808, veuf de Françoise-Jacquine de Cuissard (vue n°114/183 Somloire).

    Françoise-Jacquine Cuissard de Mareil décède à Baugé le 30 Frimaire de l'an 4 (21 décembre 1795), à l'âge de 41 ans, complètement ruinée par la Révolution. En effet, nous apprenons qu'elle est décédée « le 30 Brumaire de l'an 4 à neuf heures du soir dans la maison de Louise Monboussin, veuve de Jean Cosnard, rue de la Patrie à Baugé » (vue 308/328 Baugé).

     

    De cette union sont nés au Château de la Calvinière à Auverse :

     

    1° Gérard Gérard de la Calvinière, né le 27 juin 1771 à Auverse.

    2° Alexandre Gérard de la Calvinière, né le 11 août 1773 à Auverse(vues n° 70 et 91/337 – Auverse).

     

    Alexandre Gérard de la Calvinière émigre en 1791 et fait toutes les campagnes de l'Armée de Condé, il rentre en France et rejoint l'Armée Catholique et Royale. Il sert de nouveau en 1815 dans l'armée d'Anjou. Tous ses biens situés dans le département de Maine et Loire ont été vendus (volés) par la République à l'exception de trois portions de terre qui ont été données à l'hospice de Baugé.

    Il a servi comme Lieutenant de cavalerie – sous brigadier au régiment noble à cheval d'Angoulême. En 1802, il est propriétaire et épouse le 8 Ventôse de l'an X (27 février 1802) à Angers, Marie de Russon, née à Thouarcé le 11 avril 1780, fille de Claude-René de Russon et de Marie-Jeanne Poilpré.

     

    De cette union sont issus :

     

    1° Alexandrine-Coralie Gérard de la Calvinière, née le 9 janvier 1803 à Angers.

    2° Eugène-Alexandre Gérard de la Calvinière, né le 1er mars 1807 à Joué-

        Etiau (Officier).

     

    Alexandre-Gérard de la Calvinière est décédé le 23 septembre 1835 à Presles et Thierry dans l'Aisne (vue n°227/260 Presles). En 1817, il était chef de bataillon de la 47ème Légion de Maine et Loire ; à son décès il était chef de bataillon en solde de congé et Chevalier des ordres suivants :

     

    Chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis.

    Chevalier de la Légion d'Honneur.

    Chevalier de l'Ordre Royal de Saint Ferdinand d'Espagne*.

     

    * Créé le 31 août 1811 par Ferdinand VI d'Espagne, cet Ordre est destiné à honorer le courage héroïque et le plus extrême, ainsi que les qualités telles que l'abnégation qui conduisent à accomplir des actions exceptionnelles ou extraordinaires, individuelles ou collectives, au service et au bénéfice de l'Espagne. 

     

    Son épouse, Marie de Russon est décédée à l'âge de 36 ans d'une cruelle maladie, à Angers, dans le deuxième arrondissement (Saint Laud), le 30 janvier 1817 (vue n°3/223).

     

    Monsieur de la Calvinière demande une pension à titre civil et le Ministère de la Maison du Roi contacte le Préfet du Maine et Loire...

    A Paris, le 9 août 1819, le ministre de la Maison du Roi transmet un courrier à Monsieur le Préfet du département du Maine et Loire en ces termes :

     

    « Monsieur le Préfet,

     

    Mr le Vicomte de la Calvinière (Gérard Alexandre), chevalier de Saint Louis, chef de bataillon dans la Légion de Maine et Loire demande une pension sur la liste civile. 

    Il expose qu'il a émigré en 1791 : qu'il a fait toutes les campagnes de l'armée de Condé, que rentré en France il a rejoint l'armée Royale et Catholique : qu'il a servi de nouveau dans l'armée d'Anjou en 1815 : que tous ses biens situés dans le département de Maine et Loire ont été vendus par suite de son émigration, à l'exception de trois portions de terre qui ont été données à l'Hospice de Baugé : qu'il est veuf, ayant un fils et une fille à sa charge et n'a pas d'autre ressource que ses appointements. 

    Je vous serai obligé, Monsieur le Préfet de vouloir bien prendre sur cette demande les renseignements indiqués par l'instruction du 15 juillet 1818. 

    J'ai l'honneur d'être avec ma considération distinguée Monsieur le Préfet, votre très humble et très obéissant serviteur.       

    signé Rochefort. » 

     

    Monsieur le Vicomte de la Calvinière a été pratiquement ruiné par la République, ses revenus ne proviennent que de ses appointements. A la fin de l'année 1819, Monsieur le Comte de Terves écrit à Monsieur le Préfet...

     

    « Angers, le 29 septembre 1819.

     

    Monsieur le Préfet, Monsieur le Vte de la Calvinière sur lequel vous me demander des renseignements, par votre lettre du 22 de ce mois, a fait avec distinction toutes les campagnes de l'armée de Condé, rentré en France il a rejoint l'armée Catholique et Royale, il a de plus servi dans l'Armée d'Anjou en 1815 ; il a perdu ses père et mère qui jouissaient d'une assez grande fortune qu'on estime à environ 25000 f de rentes : la totalité de ses biens du côté de père et mère a été vendue pendant les troubles révolutionnaires, ou du moins ce qui en est resté est si peu de choses qu'on peut à peine l'évaluer à 1000 f de rentes d'après les rapports qui me sont parvenus, il a épousé depuis une Demoiselle de Russon qui lui en a peutêtre apporté autant, car cette famille de Russon est peu aisée ; le peu qu'il a conservé des débris de sa fortune du côté de son père et de sa mère depuis son mariage, l'acquisition de la terre d'Argonne, paroisse de Joué, qu'il a faite des deniers de sa femme, vient d'être vendue, pour couvrir les dépenses d'une longue et cruelle maladie qui a vu terminer la carrière de son épouse, et peut-être aussi pour couvrir d'autres dépenses occasionnées par l'espérance où il était de faire quelques transactions pour rentrer dans quelques unes de ses possessions vendues. 

    Il a deux enfants encore en bas âge et à ses charges ; enfin la perte de sa fortune est bien due à l'émigration, et la suite des lois révolutionnaires ; et il est avec ses deux enfants dans une position très gênée ; pourquoi, je crois que personne n'est plus dans le cas de Mr de la Calvinière de mériter les bontés de sa Majesté, et n'a plus de droit à ses bienfaits. 

    J'ai l'honneur d'être avec respect, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.  

     Signé le Cte P de Terves. » 

     

     

    La Calvinière ? Alexandre Gérard de la Calvinière a t-il fait des transactions afin de racheter ce joli manoir ?

    Toujours est-il que n'ayant pu résister au charme de l'endroit et en souvenir d'Alexandre, né dans ce petit coin d'Anjou le 11 août 1773 ; j'ai décidé de vous faire partager ces quelques photos.

     

     

    Sources:   

     

    Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens: Lacalvinière Alexandre - dossier 1M9/226. 

    Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés – SHDXU 16-20, contrôle général de 530 officiers vues 6 et 7 – SHDXU-16-19 vues12 et 13). 

    Archives Départementale de l'Aisne tous droits réservés - Presles et Thierry. 

    Dictionnaire Historique de Maine et loire – Célestin Port - Tome III page 440.

     

    Registres d'état civil de Baugé, Angers, Auverse, Somloire, Le Fief-Sauvin, Thouarcé – Joué-Etiau - archives Départementales de Maine- et - Loire, tous droits réservés. 

    Reportage photos de la Calvinière réalisé par l'auteur avec l'autorisation du régisseur chargé de l'entretien forestier de la propriété, qu'il en soit ici vivement remercié. 

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 

     

    Gérard de la Calvinière....

    Gérard de la Calvinière....

    Gérard de la Calvinière....

    Gérard de la Calvinière....

    Gérard de la Calvinière....

    Gérard de la Calvinière....

    Gérard de la Calvinière....

    Gérard de la Calvinière....

    Gérard de la Calvinière....

    Gérard de la Calvinière....

    Gérard de la Calvinière....

    Gérard de la Calvinière....

    Gérard de la Calvinière....

         Et au retour il a fallu emprunter à regret l'allée "Bagatelle"...

    Gérard de la Calvinière....

     


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    Madame de Vigier demande une pension...

     

                

     

    Madame de Vigier....Epouse d'un capitaine de vaisseau ayant servi le Roi Louis XVI dans la marine de guerre, Madame de Vigier, demeurant à Beaupréau, se trouve dans une situation difficile depuis le décès de son mari.

     

    Jacques-Bernard Vigier de la Pile est né et a été baptisé le 11 août 1763 à Amboise avec sa sœur jumelle Françoise-Victoire, à Saint-Florentin (vue n°6/10 Amboise 1763).

    Il est le fils de Messire Jacques-Bernard Vigier, Sieur de la Pile, né en 1729 à Angoulême, Ecuyer, licencié ès lois, contrôleur ambulant des Aides de la Généralité de Tours et domicilié à Amboise en 1762, puis à Thouars en 1768. Il avait épousé à Bléré, le 27 octobre 1762 au logis des Ouches, Dame Anne-Françoise Perceval (vue n°19/25 Bléré).

     

    Jacques-Bernard de Vigier à longuement servi dans la marine Royale comme capitaine de vaisseau et a été fait Chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis le 10 septembre 1814. Emigré en Italie, il épouse à Rome Dame Jeanne Alleguini – Romaine. Revenu en France, il est nommé Juge de Paix du canton de Beaupréau. Tous ses biens ont été vendus (volés) par la République.

    Madame de Vigier....

    Décédé le 27 mai 1821 à Beaupréau (vue n°91/186 décès Beaupréau.), son épouse se retrouve sans aucun moyen d'existence ; elle sollicite une demande de pension en raison de son extrême misère.

     

    « Paris le 20 février 1822. 

     

    Ministère de la Maison du Roi.

     

    Je vous prie, Monsieur, de vouloir bien faire prendre et me transmettre les renseignements que vous pourrez vous procurer sur la position, les moyens d'existence et les charges de Mme de Vigier, veuve d'un capitaine de vaisseau qui demeure à Beaupréau. Cette Dame sollicite une pension sur la liste civile, et elle annonce que par suite de son émigration son mari ayant perdu tous ses biens, il l'a laissée à sa mort dans la plus grande misère. 

    Je vous serai très obligé de me mettre en mesure de juger si sa demande est susceptible d'être accueillie. 

    Recevez d'avance je vous prie, Monsieur le Préfet, tous mes remerciements ainsi que l'assurance de ma considération très distinguée. Le Ministre secrétaire d'Etat de la Maison du Roi. 

    Signé illisible. » 

     

    Monsieur de Chantreau, Sous-Préfet de Beaupréau, au Préfet du Maine-et-Loire :

     

    « Beaupréau, le 13 mars 1822 

     

    Monsieur le Préfet,

     

    Rien n'est plus triste et plus digne d'intérêt que la position de Madame de Vigier, veuve d'un capitaine de vaisseau, au sujet de laquelle vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 28 du mois dernier, rien n'est plus vrai en même temps que la misère dans laquelle elle a annoncé qu'elle était entrée à la mort de son mari. 

    Cette Dame est née à Rome ; mais depuis l'époque déjà ancienne de son mariage elle appartient à la France, et son origine loin de diminuer l'intérêt que réclame sa situation actuelle, ne fait qu'y ajouter par l'isolement où elle se trouve. A son retour de l'émigration, Mr de Vigier ne retrouva aucun bien, et fut obligé de recourir à son industrie et aux ressources de son éducation pour subsister. Au retour du Roi, il obtint une pension de retraite et la place de Juge de Paix de Beaupréau, et sa femme et lui vivaient de cette double faveur du gouvernement, mais à sa mort, l'une et l'autre ont manqué à sa veuve qui ne possède aucune fortune personnelle et l'administration de l'enregistrement n'a trouvé d'autres biens pour asseoir le droit de succession qu'un mobilier estimé à 2000 francs. Non seulement Madame de Vigier n'a aucun moyen d'existence, mais son mari a laissé à ses héritiers une rente de deux à trois cents francs à payer, résultat des affaires industrielles qu'il avait entreprises. 

    La position de cette veuve est donc des plus affreuses : elle ne vit que des secours que lui tendent les parents de son mari qui sont loin d'elle, et peut-être de ceux que la compassion obtient de ses amis. 

    De plus, le sentiment de sa misère paraît avoir altéré tellement sa santé que l'on craint que la mort ne mette un terme prompt à son infortune. 

    Non seulement je crois, Mr le Préfet, que les bienfaits que le Roi daigne accorder à ses sujets malheureux ne sauraient être mieux placés, mais j'ose vous prier, de solliciter une favorable et prompte décision sur la demande de Madame de Vigier car elle est dans le besoin le plus pressant.   

     

    Je suis avec respect Mr le Préfet votre très humble et très obéissant serviteur. 

    Le Sous-Préfet de Beaupréau. 

    Signé Mr de Chantreau. » 

     

     

    Sources:   

     

    Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens: de Vigier - dossier 1M9/348.  

    Registres d'état civil de Bléré, Amboise, archives départementales d'Indre et Loire, tous droits réservés. 

    Registres d'état civil de Beaupréau, archives Départementales de Maine-et- Loire, tous droits réservés. 

    Photo: de l'auteur. 

     

                                                            

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 

     

     


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