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    Louis-Nicolas Talbot, déserteur républicain et capitaine 

    dans les Armées Catholiques et Royales. 

                

     

    Louis-Nicolas Talbot....Louis-Nicolas Talbot est né le 12 novembre 1772 dans la paroisse de Sassetot-le-Malgardé en Normandie. Il est le fils de Jacques-Nicolas Talbot, laboureur, et de Marie-Anne Pesquet. Son parrain fut Louis Hébert, fils d’Isaac, régisseur de Monsieur Lebret, Seigneur de Bretteville et sa marraine, Marie Glatigni, fille de Jean Glatigni, fabricant.

    En 1793, il est enrôlé dans « les bandes républicaines », envoyé en Vendée en 1794, « il foule aux pieds la cocarde tricolore » et passe chez les royalistes.

    Par sa bravoure, ses frères d’armes le proclament capitaine d’une compagnie de la commune de La Chaussaire dans le Maine-et-Loire. Il participe à une centaine de combats et est blessé à la Regrippière près de Vallet, de plusieurs coups de crosses de fusils à la cuisse gauche, lui laissant un « ulcère atonique causé par une arme déchirante et contondante »

     

    A la pacification, pour se soustraire à la persécution, il reste à la Chaussaire où il exerce la profession d’aubergiste-cabaretier. Il s’y marie le 7 Brumaire an 13 (29 octobre 1804) avec Perrine Merlaud, âgée de 24 ans, fille de Jean Merlaud, laboureur, et de Perrine Petiteau. De cette union sont issus quatre enfants.

    1° Talbot Louis, né le 14 août 1807 † 17 août 1807 La Chaussaire.

    2° Talbot Louis, né le 5 septembre 1810 à La Chaussaire.

    3° Talbot Marie, née le 19 février 1814 à La Chaussaire.

    4° Talbot Julie, née le 26 mai 1816 à La Chaussaire.

     

    Le 18 juillet 1824 Louis-Nicolas Talbot dépose une demande de pension où il nous explique sa désertion et son élection au grade de capitaine.

     

    « Louis Talbot, du bourg de la Chaussaire Département de Maine et Loire, 

    A son Excellence Monseigneur le Ministre de la Guerre. 

     

    Monseigneur, 

     

      Contraint par la force des choses de marcher avec les bandes républicaines, le hazard me dirige vers le sol de la Vendée. Là, je foule aux pieds la cocarde tricolore, je me range sous la bannière des lys. Je suis reçu dans les rangs de ces nobles enfants de la gloire, de ces bons et loyaux et fidèles Vendéens.  

    Je m’y fait distinguer, mes frères d’armes me proclament capitaine. Et orgueilli d’un grade auquel je ne pouvait aspirer, je vole de nouveau au champ d’honneur, je m’expose dans cent combats divers, toujours la mort me respecte, je ne devais pas succomber. 

    La pacification arrive, pour me soustraire à la persécution, je reste parmi les braves habitants qui m’avaient accueilli. 

    Maintenant j’y suis attaché et par la reconnaissance et par les liens du mariage. 

    Mais Monseigneur, je suis sans fortune, sans état, ni aucun moyen d’existence, ayant trois enfants en bas âge, accablé de douleurs, seul héritage de mes fatigues, oserais-je dans ce moment où sa Majesté daigne récompenser la fidélité et le courage et le dévouement, supplier votre Excellence de me faire participer aux bontés du monarque chéri, surtout au déclin de mon âge, à l’hyver de ma vie ; quoique encore tremblant, je lui offre avec coeur, mon bras, mon sang. 

    Je suis avec le plus profond respect Monseigneur de votre Excellence, 

    Le très humble et très obéissant et très fidèle serviteur.  

     

    signé Talbot. » 

     

    Les signataires certifiant la valeur de Louis-Nicolas Talbot. : 

     

    1- Le Lieutenant Colonel du Doré, Chevalier de Saint-Louis – chef de division de l’armée royale d’Anjou. 

    2- Tristan Martin, Chevalier de Saint-Louis, colonel en retraite. 

    3- Recommandé au Ministre de la Guerre par Le Maréchal de Camps de Saint-Hubert. 

    4- de Sapinaud - Lt Général. 

    5- Lhuillier, colonel, Chevalier de Saint-Louis- chef de la division de Beaupréau. 

     

    Louis-Nicolas Talbot....

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de Vendée tous droits réservés  – Dossiers Vendéens – Louis-Nicolas Talbot - clas 1M9/335. 

    . Registres paroissiaux et d’état civil de la commune de la Chaussaire. 

    Pièce n°9 du dossier – certificat médical. 

    . Photo : de l’auteur.                                                              

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Jacques Fourey, déserteur républicain… 

     

      

     

    Jacques Fourey....Jacques Fourey est né à Saint-Clair-de-Halouze (Orne) le 9 décembre 1773. Il est le fils de François Fourey et de Françoise Maunoury.

    On le força de s’enrôler pour aller combattre les Vendéens et on l’incorpora dans le 2ème bataillon de la 50e demi-Brigade, de la Division du Sud (Armée des Côtes de l’Océan).

    Il saisit une occasion favorable et déserte pour rejoindre l’Armée Catholique et Royale.

     

    Dans sa demande de pension il nous explique sa désertion.

     

    « Fourey Jacques, charpentier, âgé de cinquante deux ans, domicilié commune de Chanzeaux, canton de Thouarcé, arrondissement d’Angers, préfecture de Maine et Loire. 

    A l’honneur de vous exposer : 

    Qu’en 1793, habitant la commune de Saint Clair de Halouze, département de l’Orne on le força de s’enrôler pour venir combattre les Vendéens. On l’incorpora dans le 2ème bataillon de la 50 .demie Brigade de la Division du Sud (Armée des Côtes de l’Océan.) 

    Combattant à regret des hommes pour lesquels il faisait des vœux de succès, il saisit avec joie une occasion favorable pour rejoindre les Vendéens, il quitta les drapeaux de la République pour laquelle on l’avait forcé de se battre et gagna les environs de Cholet. Se jetta de là dans le centre du pays insurgé, combattit alors pour la cause royale, avec le plus parfait dévouement. 

    Lorsque la guerre fut terminée, il vint habiter la commune de Chanzeaux, fut toujours aux ordres des chefs Vendéens, prêt à marcher et à leur obéir, il reprit les armes en 1799, et fit la campagne de cette année. 

    Dans les Cent Jours, il fût des premiers à partir, et se signala par son zèle et son activité. 

    Pour prix des sacrifices qu’il a fait, et des services qu’il a rendu à la cause royale, le réclamant ose vous supplier, Monsieur le Préfet, de vouloir bien prendre sa demande en considération, et à le faire participer au bienfait de l’ordonnance royale du 29 décembre 1824, en daignant obtenir pour lui une pension des bontés de sa Majesté. 

    Le réclamant est avec le plus profond respect, 

    Monsieur le Préfet 

    Votre très humble et très obéissant serviteur. 

     

    Signé : Jacques Fouré. 

     

    Nous soussignés officiers de l’Armée Royale d’Anjou, affirmons l’exactitude des faits contenus en la présente demande ; certifions la bonne conduite et le zèle du réclamant, attestant qu’il est digne d’obtenir une récompense de ses services.

    Ce 18 mai 1825. 

    Signé : Soyer Colonel, Chevalier de Saint Louis. Lhuillier, Colonel, Chevalier de Saint Louis ancien cdt en chef de la Division de Beaupréau. de la Sorinière Chv de St Louis – chef de la division de Chemillé.

    A de Cacqueray Chv de St-Louis – chef de la division de Chemillé. »

     

    Blessures :

     

    « -Main Gauche – pouce -instrument tranchant a divisé le muscle et détruit les mouvements. 

    - Cicatrice genou gauche – la rotule a été divisée et les mouvements de progression sont devenus difficiles. 

    - Cicatrice située à la partie inférieure et interne de la jambe gauche longue de 2 pouces, cette blessure entraîne les mêmes accidents que celle de la rotule. » 

     

     

    Jacques-Marie Fourey épouse le 20 Brumaire de l’an VII (10 novembre 1798) à Chanzeaux, Marie Bodiau, fille de Jean Bodiau et de Marie-Jeanne Massoneau.

    Il est qualifié de propriétaire, domicilié à Chanzeaux. De cette union sont issues deux filles décédées en bas âge et un fils, Jacques-Marie Fouré, instituteur à Seiches-sur-le-Loir, marié à Chalonnes, le 1er septembre 1835, avec Joséphine Dupont propriétaire à Chalonnes.

     

    Sources : 

     

    . Archives du Département du Maine et Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens – Jacques Fourey – class 1M9/163.  

    . Etat civil de Chanzeaux, de Chalonnes et de Seiches-sur-le-Loir. 

    . Photo : de l’auteur.              

                                                                 

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Marin Fautras, 24 ans de services chez les dragons… 

     

     

     

    Marin Fautras....Marin Fautras est né à Craon vers 1758. Il est le fils de Jean Fautras et de Mathurine Chesneau originaires de la Chapelle-Craonnaise.

      A 15 ans 1/2 il s’engage au régiment de Beauffremont Dragons* où il sert 12 ans, 5 ans sous le colonel Montclair-Montecler, puis 7 ans au Régiment Provence.

    Il se marie à Saint-Michel du Tertre à Angers, le 31 janvier 1785 avec Perrine Destais-Détais originaire de Saint-Pierre-des-Landes, fille de René Destais et de Françoise Monterguin.

    Au moment de la Révolution, il exerce le métier de portefaix à Angers et fait passer, en compagnie de son fils, de la poudre et des balles aux Royalistes. A la Restauration, tombé dans la misère, il demande du pain au Roi.

     

    * «Le régiment de Beauffremont Dragons, issu du renommage du régiment de Listenois Dragons le 1er mai 1710 – est renommé régiment de Listenois Dragons le 2 juin 1744, puis régiment de Beauffremont Dragons le 5 mai 1747, puis régiment de Lorraine Dragons le 3 mars 1773. 

      Il existait une compagnie Montecler au régiment de Beauffremont Dragons dont on trouve la trace dans les registres de contrôle des troupes en 1716, 1722, 1729, 1737, 1747,1749, 1756, et 1763.  

    En 1746 le contrôle fait à Verdun où le régiment était en garnison, mentionne l’existence d’une compagnie Montecler.»  

     

    Un pistolet modèle 1733 porte le nom de ce régiment ainsi que Montecler Cie sur la contre-platine.

    A l’époque où Marin Fautras est présent dans ce régiment, le capitaine commandant la compagnie Montecler est devenu Colonel.

     

    Voici la supplique de Marin Fautras :

     

      « Marin Fautras 

     

    A sa Majesté Louis dix-huit Roi de France et de Navarre.» 

     

    Sire,

     

    « C’est dans le sein paternel de votre Majesté, que j’ai l’honneur de déposer mon indigence, en lui exposant mes services qui sans doute, porterons votre Majesté à étendre sur moi ses bienfaits. 

    Je suis né à Craon arrondissement de Châteaugontier dpt de la Mayenne. A l’âge de 15 ans 3 mois, je pris partis dans le régiment de Beaufremont dragons où j’ai servi 12 ans, vint le colonel Montclair sous qui j’ai servi 5 ans, devenu Provence, j’ai été assez heureux pour avoir l’honneur d’y servir pendant 7 ans sous les ordres de votre auguste Majesté. Je compte donc 24 ans de services sans avoir sorti du même corps n’en ayant été réformé que pour cause de surdité, infirmité qui n’a fait que s’accroître. 

    Je n’ai jamais cessé d’êtres entièrement dévoué à la juste et noble cause des grands et illustres Bourbons. Dans les tems malheureux de révolution et de calamités je n’ai jamais cessé de servir les armées royales de nuit comme de jour, aux risques de perdre la vie, et j’eusse été content de verser jusqu’à la dernière goutte de mon sang pour le service de votre Majesté ; et malgré mon grand âge et ma caducité je serait encore prêt à le sacrifier, s’il était nécessaire pour le service de mon auguste et légitime souverain ; tels sont mes sentiments qui m’animerons jusqu’à mon dernier soupirs ; mon Dieu et mon Roi. Voilà ma seule et unique devise, cependant hors d’état maintenant de faire aucun travail, je suis réduit à réclamer la charité publique pour exister avec mon épouse. Tel est mon sort, après avoir eut l’honneur de porter les armes sous sa majesté Louis XV, Louis XVI, Louis XVII et Louis XVIII. Mais j’ose supplier votre majesté d’avoir la bonté de jetter un regard favorable sur un de ses plus anciens et plus fidèles serviteurs, et de m’accorder seulement du pain, c’est tout ce que j’implore de sa bonté paternelle et j’espère qu’elle ne refusera pas de m’accorder cette grace, c’est dans cette espérance que j’adresse au ciel les vœux les plus ardens et les plus sincères pour la propérité et la conservation des précieux jours de votre majesté et de ceux de toute l’auguste dinastie des grands et illustres Bourbons. 

    J’ai l’honneur d’être avec le plus profond respect Sire. 

    De votre Majesté, le très obéissant serviteur et fidèle sujet. 

    Signé : Marin Fautras âgé de 75 ans. » 

     

    P.S « J’ai l’honneur d’observer à votre Majesté que mon fils, l’aîné a également risqué sa vie pour passer des munitions de guerre aux armées royales de la Vendée et de la galerne dès l’âge de 9 ans. Il est père de famille de 4 enfants et réduit à l’indigence, il implore ainsi que moi la bienfaisance de votre auguste Majesté. » 

     

    « Je certifie que le pétitionnaire mérite les secours qu’il sollicite. A Angers le 25 juin 1821. Signé : Le Baron de La Haye Chef d’Escadron de Gendarmerie Royale. » 

     

    Suivent plusieurs signatures d’officiers Chouans sous les ordres de Mr Bernard de la Frégéolière, ils certifient aussi que le dépôt de poudre et de cartouches que Fautras passait aux royalistes était à la Basse-Chaîne d’Angers.

     

    Marin Fautras est décédé à l’âge de 88 ans, le 8 septembre 1832, à l’Hôpital Saint-Nicolas – 3ème arrondissement, veuf de Catherine Rousseau.

     

    Marin Fautras....

    Sources : 

     

    . Archives du Département du Maine et Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens - Marin Fautras – class 1M9/158. Copie d’un extrait de la demande – vue n°4/7. 

    . Registres paroissiaux de la paroisse Saint-Michel-du-Tertre et d’état civil  d’Angers – vue 51/188, mariages 1785 – Décès 1832 – 3ème arrondissement, vue n°174/226 – Angers. 

    . Revue -Tradition Magazine armes-uniformes-figurines n°9 - d’octobre 1987- page 35. 

    . Photo : de l’auteur.              

                                                              

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 

     

     


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    Mathurin Emeriau, fusillé à Savenay... 

     

     

    Mathurin Emerieau....Quand on voit ce mépris de la mort, si jeune, il est tentant de reprendre une citation de cet officier de Légion, le colonel Charton, héros de la guerre d’Indochine, qui, excédé, s’exclama un jour :

    « Il y a la Légion et puis il n’y a rien, ou du moins il y a le reste, et le reste c’est de la merde. » 

     

    Quand je réalise ce que fut la Virée de Galerne au niveau des combats, des fatigues, des privations endurées et des massacres : j’affirme au sujet de Mathurin Emeriau, de ses camarades et de toute l’Armée Catholique et Royale :

    « Il y a effectivement les Royalistes et puis il n’y a rien, ou du moins il y a le reste et le reste c’est ce que vous voudrez… sauf du bon...».

     

    La république, donneuse de leçons aux autres peuples en matière de génocides, va bientôt disparaître sans avoir reconnu le génocide Vendéen. Elle n’a même pas abrogé ses honteuses lois génocidaires, c’est dire toute la perversité de ce système.

    Âgé de 19 ans, blessé d’un coup de sabre à Laval, ivre de fatigue, fait prisonnier à Savenay, il est entraîné avec ses camarades de combat vers les lieux de fusillades de masse, Mathurin Emeriau est épargné par les balles, il s’échappe ; à nouveau fait prisonnier par des grenadiers saoulés de tueries, il est sauvé. Il nous raconte : « A Savenay, étant excédé de fatigue, je suis fait prisonnier avec nombre de mes camarades. On nous fusille, mes camarades tombent, sont tués et moi le plomb me respecte, je cours et me sauve ; quelques heures après je trouve des grenadiers ennemis qui me font encore prisonnier. Lassés de verser le sang me conduisent à Nantes. Là, je suis réclamé ; ma jeunesse inspire de la pitié, on me donne la liberté. 

    En 1815 j’ai repris les armes, j’étois à Roche Servière, je suis sans fortune, aucune ressource m’appui. J’ai deux enfants dont un ne pourra jamais gagner sa vie. Une forte surdité lui ôte l’usage des facultés intellectuelles, le rend impropre a toute espèce de travail. Par suite de la première guerre, je suis accablé de douleur, parfois je ne puis travailler. Arrivé au déclin de l’âge je me vois aux portes de la misère... » 

    « Enumération des noms des batailles, combats et sièges où a assisté et figuré Mathurin Emeriau, journalier, âgé de 50 ans de la commune du Puiset Doré, au cours de la guerre de la Vendée dans les année 1793, 1794 et 1815, comme simple soldat dans les armées Royales de l’Ouest, savoir :

     

    1°   A Beaupréau. 

    2°   A Chantonnay, où il a contribué à la prise d’un canon. 

    3°   A Saumur, Doué et Montreuil. 

    4°   A Nantes. 

    5°   A Luçon. 

    6°   A Château Gontier où il s’est battu pendant six heures de chemin. 

    7°   A Château Briand. 

    8°   A Laval. (où il reçoit un coup de sabre). 

    9°   A Fougères. 

    10° A Avranche. 

    11° A Granville. 

    12° A Angers. 

    13° A La Flèche. 

    14° Au Mans. 

    15° A Ancenis. 

    16° A Nord. 

    17° A Savenay où il a été fait prisonnier et s’est échappé de la fusillade. 

    18° A divers autres petits combats. 

    19° Enfin à Rocheservière en 1815. 

     

    Certifié par nous chef Vendéens le 18 mai 1825. 

     

    Martin Baudinière - Chv de St Louis – ancien colonel  

    B;Du Doré – Chv de St Louis – ancien chef de division. 

    Tristan Martin – Chv de St Louis – ancien adjudant général Vendéen. 

     

    Mathurin Emeriau est né au Fief-Sauvin le 19 janvier 1775, il est le fils de Mathurin Emeriau et de Marie Roullier. Il se marie le 29 Pluviôse an VIII (18 février 1800) au Puiset-Doré avec Julienne Foulonneau, âgée de 26 ans, du Puiset-Doré, fille de Louis Foullonneau et de feue Julienne Libeau. De cette union sont issus :

    1° Mathurin Emeriau, né le 5 frimaire an IX au village des Gastines.

    2° Pierre Emeriau, né le 25 pluviôse an X.

    3° Jean Emeriau, né le 26 brumaire an XIII.

    4° Alexis Emeriau, né le 8 juin 1807.

     

    Laboureur-closier, Mathurin Emeriau décède au village des Gastines, le 24 avril 1841.

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales du Maine-et-Loire tous droits réservés – registres paroissiaux et d’état civil de la commune du Puiset-Doré. Mariage, vue n°56/87. 

    . Demandes de pensions des combattants Vendéens – dossier 1M9/156.- dossier Mathurin Emeriau. 

    . Dessin : Le génocide Vendéen de Le Honzec. 

                                                                        

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Un Chouan en Vendée Militaire… 

     

       

     

       Pierre Boismartel....Pierre-Gilles Boismartel est né à la Ribassais, paroisse du Chatellier en Bretagne et a été baptisé à la chapelle du presbytère de ce lieu, le 3 mai 1777. Il est le fils de François Boismartel et de Marie Noël, originaires de Montours.

    Il se marie le 8 février 1799 à Saint-Georges de Reintembault en Ille-et-Vilaine avec Georgine Langlois-Langlais, née le 18 décembre 1769 à Poilley et décédée le 5 mai 1836 la Jumellière ; fille de Julien Langlois et de Gilette Louvet. De cette union seront issus huit enfants dont six vivants en 1825.

     

    Dès 1793 il sert dans l’Armée Royale de Bretagne, dans la région de Fougères sous les ordres de : Armand-Charles Tuffin marquis de la Rouerie et de Aimé-Casimir Picquet de Boisguy de Fougères. Il combat chez les royalistes en 1793, 94, 95, 96, 99 et 1800 en qualité de soldat et a montré une très grande bravoure, prouvée par un certificat établi à Fougères le 28 mars 1817. Les blessures qu’il a reçues l’empêchent de travailler.

     

    Le 11 août 1795 il participe à la bataille de la Ribassais :

     

    « Le 11 août 1795, Aimé Picquet du Boisguy se trouve presque seul au village de la Bataillère, les troupes de sa colonne Centre étant alors dispersées à proximité de ce lieu et dans la paroisse de Parigné. Une colonne de soldats républicains entre à ce moment dans le village, Boisguy surpris, prend la fuite. Rapidement les chouans se rassemblent, Michel Larchers-Louvières réunit plusieurs compagnies qui déploient pour la première fois, un drapeau lors de ce combat, porté par Pierre Boismartel. Les chouans repoussent les poursuivants puis se portent au village de la Ribassais, commune de le Châtellier, dans lequel les républicains se sont ralliés. Le combat dure longtemps indécis, puis des renforts arrivent aux chouans qui attaquent les républicains sur leurs deux flancs, tout en demeurant embusqués. Les républicains, massés sur la grande route commencent à plier, lorsque du Boisguy mène une charge qui en vient rapidement à bout. Les républicains, démoralisés, prennent la fuite et sont poursuivis jusqu’à Fougères. » 

     

    Le 28 novembre 1795, c’est la bataille de La Vieuville il défend le Rocher des Bouliers :

    « Chez les républicains, Joré charge alors le capitaine Hagré, commandant des grenadiers, de s’emparer du Rocher des Bouliers, excellente position, située sur le flanc gauche des républicains. Hagré et ses grenadiers lancent l’attaque mais ils sont repoussés par les deux compagnies du capitaine François Poirier, dit Sans-Chagrin. Au même moment, une fusillade éclate sur les arrières des carabiniers, ces derniers sont pris à revers par la compagnie du capitaine Boismartel dit Joli-Coeur. Joré constate qu’il est sur le point d’être encerclé, il donne l’ordre d’abandonner la grande route et prend position sur le plateau, près du Rocher des Bouliers. Les grenadiers de Hagré le rejoignent et les républicains se mettent en formation carrée. Dans une position un peu plus favorable, ils parviennent à tenir les chouans à distance et ces derniers se mettent à couvert. Boisguy réunit alors ses meilleurs troupes et s’avance à l’abri d’un fossé qui se prolonge jusqu’au plateau. De là, les chouans lancent une charge à courte distance sur le carré des républicains. Un combat acharné à la baïonnette s’engage mais les chouans finissent par pénétrer dans le carré. Joré tente alors une ultime percée sur la route de Fougères, elle réussit mais les républicains, poursuivis, ne peuvent opérer la retraite en bon ordre et sont mis en déroute. Ils sont secourus aux Buttes de Houlette par un renfort de 400 hommes venus de Fougères qui couvrent leur retraite. Les républicains se rallient et regagnent Fougères dans la soirée. Selon Pontbriand, la bataille a duré 7 heures.»  

     

    En 1819, il est dit : « capitaine aux anciennes armées Royales ». Il quitte la région de Fougères vers 1818 pour s’installer à la Jumellière, nous ne connaissons pas les raisons et les circonstances de ce changement de résidence.

     

      Au mois de mai 1824 il dépose à la Jumellière une demande de pension et son certificat de service est attesté par trois témoins.

    1° François Blanvillain, tailleur d’habits âgé de 53 ans de la Jumellière, capitaine.

    2° Mathurin Misandeau, métayer, âgé de 56 ans, de la Jumellière, capitaine.

    3° René-Joseph Bondu, Chevalier de la Légion d’Honneur, âgé de 53 ans, demeurant à Chemillé (Ancien capitaine des Armées Royales, Gendarme à cheval à Chemillé, voir billet Chemins Secrets du 5 septembre 2016).

    « Lesquels certifient que Pierre Boismartel, journalier au bourg de la Jumellière, âgé de 48 ans a servi avec honneur dans les rangs des Armées Royales de l’Ouest et qu’ils fut blessé plusieurs fois ». 

     

    Pierre Boismartel....

      Pierre-Gilles Boismartel est décédé à l’hospice d’Angers le 18 avril 1853.

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales du Maine et Loire tous droits réservés – Dossiers Vendéens – Dossier de Pierre-Gilles Boismartel - class 1M9/64. 

    . Copie des campagnes de Pierre-Gilles Boismartel – vue n°9/15  du dossier. 

    . Wikipédia : Le Châtellier – Ille-et-Vilaine. 

    . Registres d’état civil de la Jumellière et de la ville d’Angers -décès 1853, 3ème arrondissement, vue n°43/132, acte n°174. 

    . Généanet – famille Boismartel de la Jumellière. 

     

    . Photos : de l’auteur. 

     


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