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    André Dupont de Saint-Jean-de-Monts, 

    capitaine de paroisse, pris au combat des Rouchères et fusillé... 

     

     

     

    André Dupont....Le 15 février 1817, Jeanne Peigné est enregistrée comme veuve d'un capitaine des Armées Vendéennes et est proposée pour une pension de cent cinquante francs.

     

    " N° 608 – Peigné Jeanne, née à Saint-Jean-de-Monts en 1763, veuve de André Dupont – capitaine – pris au combat des Rouchères et fusillé – sans aucun moyen de subsistances – domiciliée à Saint-Jean-de-Monts – cinq enfants – proposée pour une pension de cent cinquante francs." 

    (SHD XU 39-5 - vue n°40/41).

     

    La mort d'André Dupont nous prouve que les Républicains fusillaient systématiquement leurs prisonniers, officiers ou soldats. A compter du mois de juin 1794, les Bleus entreprennent de ''nettoyer'' le marais de Monts. Les correspondances échangées entre les généraux Dutruy, Boussard et Vimeux pendant cette période nous donnent ''l'ambiance'' du moment.

     

    André Dupont....

     

    Une première lettre écrite de ''l'Isle de la Montagne'' (Noirmoutier), le 17 juin 1794 (29 prairial de l'an 2) :

     

    « Isle-de-la-Montagne – 17 juin, 29 Prairial an II – le Général de brigade Dutruy au Général Vimeux commandant en chef.

     

    L'expédition du Marais a eu lieu le 26 et le 27 (prairial), les colonnes ont battu l'ennemi sur tous les points, de manière que le pays est totalement purgé* de Brigands – On s'occupe sérieusement de l'enlèvement des grains – Le bocage sera fouillé incessament – Les dispositions à cet effet sont ordonnées – Le Général Boussard est de retour. » (Class SHD B 5/9-49- vue n° 14/15).

     

    *Purger : mot typiquement révolutionnaire, à consonance génocidaire ; épurer la société, dans la dictature républicaine, c'est éliminer physiquement les éléments jugés indésirables par la Loi... Loi du 1er août 1793 et Décret de la Convention Nationale du 1er octobre 1793 : - Eliminer «  la race impure qui souille le territoire de la République'' (les Vendéens). 

    Aujourd'hui on ne purge plus physiquement en France, la méthode est différente : on isole ceux qui pensent autrement ; le vocabulaire est beaucoup plus subtil mais tout aussi intolérant, violent et dangereux.  

    N'avons nous pas entendu en 2015 à la télévision politisée, la responsable du service politique de France 2, donneuse de leçons en matière de libertés, affirmer qu'il faut : « repérer et traiter (c'est à dire ficher) ceux qui ne sont pas ''charlie''. » ; propos qui fleurent bon le Comité de Salut Public et les hôpitaux psychiatriques soviétiques. La dictature est là, palpable, toujours aussi sournoise... 

     

    Une deuxième lettre :

     

    « Copie d'une lettre du général Boussard en datte de Challans du 6 Messidor an 2 de la République Française, Une Indivisible et Impérissable.

    24 juin 1794.

     

    Je t'apprends avec plaisir général, le succès que nos Républicains ont subies dans le marais, - d'après les ordre que j'ai donnés à Reboul, il a attaqué le poste des Rouchères, et il avait si bien pris ses mesures, et les braves volontaires les ont si bien secondées que quatre cent Brigands à ce que mande Reboul, ont mordu la poussière ; on a pris trois mille femmes et enfants, environ cent cinquante Brigands se sont rendus*, on a pris un drapeau aux Brigands que je ferai brûler demain à la parade. Un nommé Obvin âgé de seize ans ci-devant aide de camp de Charrette a été pris aussi. Je l'enverrai à Nantes. Je demande aux Représentant du Peuple BÔ ce qu'il veut que je fasse de cette immense quantité de femmes et d'enfans ; - L'extraction des grains va toujours son train – signé Général de Brigade Boussard. » Pour copie conforme le Gal en Chef Vimeux..

     

    (Class SHD B 5/9-58, vue n°2/17).

     

    * Il omet de préciser qu'il fusille sans pitié ses prisonniers, puisque le capitaine André Dupont est fusillé après sa capture. Que sont devenus les 150 Royalistes qui se sont rendus ? Que sont devenus les 3000 femmes et enfants ????

     

    On peut donc situer la mort par fusillade du capitaine André Dupont les 23 ou 24 juin 1794 aux Rouchères, commune de Saint-Jean-de-Monts et pas très loin de Notre-Dame-de-Monts.

    André Dupont....

     

    André Dupont est né le 18 avril 1763 à Saint-Jean-de-Monts. (vue n°232/286 BMS 1755;1764). Il est le fils d’André Dupont et de Marie Neau. Il est marchand-cultivateur à St Jean-de-Monts et épouse le 30 janvier 1781 dans cette paroisse, Jeanne-Louise Peigné, née le 11 septembre 1763 à Saint-Jean-de-Monts ; veuve de Jean Guittonneau, fille de Pierre Peigné et de Veronneau-Verneau Louise.

    Il est capitaine de paroisse et d'après Lionel Rousseau-Dumarcet, dans ''La Vendée Maraîchine'' (Thèse de Doctorat-1992), il aurait tiré le premier coup de feu des guerres de Vendée à Saint-Jean-de-Monts, le 9 avril 1791, en tuant le vicaire Laroche, prêtre assermenté de la paroisse.

     

      De cette union sont issus  :

    1° - Marie-Jeanne Dupont née le 17 mai 1782 à St-J-de Monts.

    2° - Jean Dupont, né le 1er janvier 1783, idem.

    3° - Mathurin-André Dupont, né le 24 mars 1784, idem.

    4° - Jean-Louis Dupont, né le 8 novembre 1790, idem.

    5° - Mathurin Dupont, né le 2 novembre 1794, idem.

     

    Sources : Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. Registres état civil de Saint-Jean-de-Monts. - Correspondances Armées de l'Ouest, Class SHDB5/9-49 - La Vendée-Maraîchine  Lionel Rousseau-Dumarcet – Dossiers de pensions des veuves (SHD XU 39-5 - vue n°40/41). Cadastre Napoléonien TA de 1831, Saint-Jean-de-Monts. - Photo de l'auteur. 

                                                         

    Xavier Paquereau pour Chemins-Secrets 

     

    André Dupont....


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    Jean Richard de Saint-Georges-de-Montaigu, 

    mort en prison des suites de ses blessures...

     

     

     

    Jean Richard....Le 15 février 1817, Marie-Madelaine Chagneau est enregistrée comme veuve d'un combattant royaliste et est proposée pour une pension de cinquante francs.

    « N° 20 - Chagneau Marie-Madelaine, née aux Essarts en 1767, veuve de Jean Richard – mort en prison par suite de blessures – indigente – domiciliée aux Essarts – cinq enfants – proposée pour une pension de cinquante francs. » (SHD XU 39-5 - vue n°3/41).

     

    La mort de Jean Richard restera un mystère. Il n'est pas mort pendant les guerres de Vendée, mais en 1809, avec trois dates de décès différentes et une déclaration du décès déposée en mairie le ''12 feuvrier'', un mois après les faits...

    Jean Richard est décédé le 11 janvier 1809 dans le registre des successions (vue n°4/76 des tables de Montaigu, enregistré sous le n°14).

    Décédé le 12 janvier 1809, dans le registre d'état civil de Saint-Georges-de-Montaigu, (vues 293,294/370).

    Décédé le 13 janvier 1809, dans le (registre des successions-table 1806-1811 année 1809 vue n°120/131). « Richard Jean, tailleurs de pierres - les Essarts, décédé le 13 janvier 1809, âgé de 47 ans héritière : Marie Chagneau sa veuve. »

     

    Chaque année, de 1805 à 1807, le Sénat vote une levée de 80 000 hommes, ce qui engendre un mécontentement général en France et particulièrement en Vendée Militaire. L'année 1808 marque le début de l'accroissement des levées. Après l'habituelle levée des 80 000 hommes pour la classe 1809 on lève, la même année et par anticipation, les 80 000 hommes de la classe 1810.

    Cet état de fait engendre une augmentation des mariages, afin d'éviter d'aller combattre, c'est aussi l'époque où les conscrits deviennent réfractaires et commencent à ''s'évanouir'' dans le bocage...

     

    Jean Richard....

    Alors, que s'est-il passé ? Jean Richard a-t-il tenu des propos hostiles à l'Empereur ? A-t-il caché des réfractaires ? S'est-il opposé par la force aux gendarmes en empêchant leur départ ? Il me semble que cette dernière supposition soit la bonne, car il est mort de ses blessures en prison, dans les prisons de Montaigu ? Les délibérations municipales de Montaigu, de Saint-Georges et des Essarts ne signalent aucun trouble à cette époque, elles restent muettes sur le sujet, quand elles ne sont pas tout simplement absentes.

    Cet ancien soldat de 1793 a certainement été rendu à sa famille proche, avant ou juste après son décès, car il meurt chez son frère Pierre Richard à la Bodinière à Saint-Georges-de-Montaigu, alors qu'il est domicilié au bourg des Essarts où il exerce la profession de tailleur de pierres.

    Jean Richard....

     

    Voici l'acte de décès :

    « L'an mil huit cent neuf, le douze feuvrier (février), sur les onze heures du matin par devant nous Jude Bordron, maire et officier public de l'état civil de la commune de Saint Georges arrondissement communal de Montaigu département de la Vendée. (4 lignes rayées nulles) Sont comparu Pierre Richard âgé de cinquante sept ans cultivateur demeurant au village de la Bodinière en cette commune a dit être frère du décédé et Alexis Drouin, âgé de quarante quatre ans cultivateur demeurant au dit village de la Bodinière en cette commune ami du décédé. Les quels nous ont déclaré que le douze janvier mil huit cent neuf sur les quatre heures du matin est décédé au village de la Bodinière en cette commune Jean Richard, âgé de quarante sept ans, tailleur en pierres, fils de feu Pierre Richard et de Marie Chevaillé demeurant pendant leur vivant en cette commune, le premier thémoin a déclaré savoir signé le segon thémoin a déclaré ne le savoir après que par nous lecture leur a été faite, vingt six mots rayé nul.

     

    signé   : Pierre Richard et Jude Bordron, maire » 

    (vue n°293,294/370 état civil année 1809 St-Georges).

     

    Jean Richard....

     

    Jean Richard est né à Saint-Georges de Montaigu le 15 décembre 1761 et non pas le 12 novembre 1763 comme stipulé dans son acte de mariage. Il est le fils de Pierre Richard et de Marie Chevalier de Saint-Georges. Il se marie le 26 avril 1796 à St Georges (mariage religieux), puis le 11 frimaire an 11 (8 décembre 1802) à la mairie... avec Marie-Madelaine Chagniau, née à St Georges le 12 avril 1770, fille de Jacques Chagniau et de Marie Girardeau. Ils déclarent que «  depuis leur union il y a sept ans, il leur est né trois enfants :

     

    1° Jean, 6 ans.

    2° Benjamin, Marie, Joseph, 4 ans.

    3° Placide, Zacharie 22 mois.  »

    Et après le mariage civil :

    4° Charles-Joseph Richard, né le 6 mars 1803 aux Essarts.

    5° Marie-Olympe Richard, née le 15 octobre 1806 aux Essarts.

    6° Henriette-Marie-Agathe Richard, née le 21 février 1809 (vue n°258/407),

         après le décès de son père.

     

    Lors du recensement de 1820, «  Marie Chagneau est veuve et domiciliée au bourg des Essarts avec quatre enfants à charge : Benjamin, Placide, Olimpe et Agathe. » (vue n°5/34).

     

    Sources : Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. Registres état civil des Essarts et de Saint-Georges-de-Montaigu. - Registres des absences et le recensement de l'année 1820, le bourg des Essarts, vue n°5/34 – Cadastre Napoléonien TA de 1818 - le village de la Bodinière, St-Georges - Gravure : le tirage au sort des conscrits au chef-lieu de canton, gravure coloriée de Janet (1815-1872) - Photo de l'auteur. 

                                                          

     

    Xavier Paquereau pour Chemins-Secrets 


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    Pierre Grassineau de la Chapelle-Palluau, 

    tué au combat des Clouzeaux en mars 1794...

     

     

     

     

    Pierre Grassineau....« Le jeudi 20 mars 1794, passant par Landeronde, Haxo attaque aux Clouzeaux la petite armée de Charette. Celui-ci la partage en quatre corps : la droite sous ses ordres ; le centre confié à Guérin ; la gauche à Joly et la réserve à Le Moëlle. Les Vendéens accueillent les Bleus par une vive fusillade, puis c'est un sanglant corps à corps. Les Bleus plient, Haxo les rallie. Mais, Charette avec sa cavalerie, sabre les dragons qui s'enfuient et entraînent avec eux le reste de l'armée, malgré le courage d'Haxo. Celui-ci se défend jusqu'au bout et est tué auprès du village de la Gautronnière.

    Passant près d'Aizenay, du Poiré-sur-Vie et des Lucs-sur-Boulogne, les vainqueurs campent le soir à la Bésilière. »

     

    C'est certainement à cette date et dans cette affaire que Pierre Grassineau est tué.

    En 1793, Pierre Grassineau exerce la profession de meunier et est domicilié au village de l'Anjourière à la Chapelle-Palluau. A cette époque, cinq moulins à vent sont en activité autour de ce village. En 1833, le moulin des Dimeries se situant à l'Est du village semble ruiné, au Nord nous trouvons : le Grand Moulin, le Moulin Neuf, le Petit Moulin et le Gros Moulin.

    Pierre Grassineau....

    Le moulin de la Dîmerie en ruine : 

    Pierre Grassineau....

     

    Aujourd'hui vous ne découvrirez aucun vestige de cet ensemble patrimonial.

    Il n'y a rien d'étonnant à cela, puisque le général républicain Haxo signale dans une lettre datée du 14 mars 1794, qu'il rassemble sa colonne de 2000 hommes à Palluau et informe Turreau qu'il a brûlé 200 moulins.

    (class SHD B 5/8-84, vue n°9/9). 

     

    Pierre Grassineau, farinier, est né le 12 mars 1755 à la Chapelle-Palluau, il est le fils de Vincent Grassineau et de Marie Reynard. Il se marie à la Chapelle-Palluau le 10 février 1784 (vue n°192/284) avec Marie-Jeanne Bossard, née le 10 septembre 1762 dans cette même paroisse ; fille de Jean Bossard et de Catherine Billet.

     

    De cette union sont issus :

    1° Pierre Grassineau, né le 26 décembre 1784 à la Chapelle-Palluau.

        (vue 200/284).

    2° Louis Grassineau, né le 16 octobre 1786 à la Chapelle-Palluau.

    3° Jean Grassineau, né le 6 mai 1788 à la Chapelle-Palluau.

    4° Marie Grassineau, né le 15Avril 1790 à la Chapelle Palluau, † ?

    5° Marie Grassineau, née le 28 septembre 1792 à la Chapelle-Palluau.

    (vue n°370/418 commune de St-Etienne-du-Bois-année 1811). 

     

    Le 31 janvier 1815, Marie-Jeanne Bossard, la veuve de Pierre Grassineau dépose une demande de pension :

     

    «N° 881 – Bossard Marie-Jeanne – née à La Chapelle-Palluau le 10 septembre 1762 -veuve de Grassineau Pierre – soldat des Armées Vendéennes – tué aux Clouzeaux en mars 1794 – journalière domiciliée à La Chapelle-Palluau – trois enfants – demande enregistrée le 14 juillet 1820 – proposée pour une pension de quarante cinq francs. »

    Pierre Grassineau....

    Pierre Grassineau....

    Marie-Jeanne Bossard est décédée à Sallertaine en 1811.

     

    Sources : Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. Les Noms de Vendée - Dossiers de pensions, SHD XU 39-10 du 14.7.1820 – vue n°2/5 -  Registres paroissiaux et Etat-Civil de la commune de la Chapelle-Palluau et de Saint-Etienne-du-Bois - Cadastre de 1833 de la Chapelle-Palluau, Section A1 de l'Anjourière, vue des cinq moulins - Photo de l'auteur. 

                                                         

     

    Xavier Paquereau pour Chemins-Secrets 


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    Jean-Gildas Mercière de Rocheservière, 

    blessé au combat du Bois-de-Céné, meurt à Pouzauges.

     

     

     

          Jean-Gildas Mercière....« Bouin, du point de vue tactique, n'est qu'un petit bourg au milieu des marais sur une île véritable desservie par quatre ponts. Les troupes bleues – plusieurs milliers d'hommes – avec d'excellents généraux, entourent donc cette île, bloquant les ponts en question. Du côté de la mer, aucune échappatoire n'est offerte : une rangée d'écueils ; et puis au large, les canonnières républicaines. Charette est pris « comme un rat, avec sa troupe, ses femmes, ses malades et ses blessés ».

    Nous sommes le vendredi 6 décembre 1793.

    « Au cours de la nuit, un espion stupéfait vient trouver Haxo lui-même :

     

    - Général, savez-vous ce que font les Vendéens ? Ils dansent !

    - Comment, ils dansent ?

    - Oui général. Et c'est Charette, comme toujours qui mène le branle !

    Haxo est à son tour éberlué. Il répond enfin :

    - Eh bien ! Puisqu'ils aiment danser, je les ferai danser demain au son du canon !....

    « Et ce n'est qu'au petit jour seulement que Charette et ses officiers ont rejoint leurs postes de combat. »

     

    En ce samedi 7 décembre 1793 :

     

    « Le brouillard alors se dissipe, et la lutte s'engage.... Les Vendéens font une dernière décharge à bout portant et s'enfuient vers Bouin. »

    Les Bleus entrent dans Bouin, plus personne ! Des femmes sont faites prisonnières dans le clocher de l'église...

    « Quant à Charette, où est-il ? Où est passée son armée ? La mer est fermée ; le marais encerclé ; «  Pas une souris ne passerait ! et cependant l' exécrable Charrette s'est échappé avec près de mille hommes. »

    Jean-Gildas Mercière, cavalier chez Monsieur de Charette, fait partie de cette troupe.

    Charette s'est tout simplement fait guider par un habitant du marais à travers le réseau des étiers vers une issue inconnue des Bleus, la seule qui ne soit pas gardée... 

    « Le village de Châteauneuf est désert. Charette s'empare de quelques Bleus en maraude, les fait parler, enrôle deux d'entre eux dans sa troupe, fusille les autres – et maintenant il sait qu'une colonne républicaine est cantonnée à trois quarts de lieue plus loin, au Bois-de-Céné.

    On prend à peine le temps de se sécher. Il faut bien aussi nettoyer les fusils, dont les canons sont remplis de boue. A ce moment un convoi bleu, revenant de Bouin, escorté par quelques centaines de soldats, passe à proximité. Décelant des présences sous les arbres, les Bleus crient :

    - Qui vive ?

    - Républicains ! Répondent les gens de Charette, qui se ruent sur le convoi, surprennent la troupe ennemie, fusillent et sabrent, saisissent armes et munitions dans les mains des morts et des blessés. D'autres Bleus arrivent à la rescousse ; fous de colère et de courage, les Vendéens s'emparent de lourds caissons.... on se massacre avec un épouvantable entrain.... L'ombre de plus en plus dense sépare les combattants – et la troupe du chevalier, aussitôt, se remet en route, orientée par les lignes de feux de bivouacs qu'allument de toutes parts les camps ennemis. L'avant garde des Blancs pousse jusqu'à Touvois, sans que personne d'autre n’ait arrêté de nouveau les diables boueux de Charette – ces hommes de fer qui ramènent des fourgons pleins de vivres et de munitions, avec une centaine de chevaux.... »

     

    Et c'est dans cette affaire du Bois-de-Céné, non loin de l'abbaye de L'Isle Chauvet*, que Jean-Gildas Mercière est blessé... 

     

    Jean-Gildas Mercière....

    Le 20 mai 1820, Marie-Anne Grandet, la veuve de Jean-Gildas Mercière, fait enregistrer une demande de pension comme veuve d'un soldat vendéen. Cette demande est enregistrée au nom de Jean Gildas.

     

    N° 783 – Grandet Marie-Anne – née le 4 août 1763 à Rocheservière – veuve de Jean Gildas – cavalier de l'Armée Vendéenne – tué à Pouzauges le 15 décembre 1793 – servante – indigente, domiciliée à Rocheservière – un enfant – décision du 18 janvier 1815 – proposée pour une pension de quarante francs. »

    Jean-Gildas Mercière....

    Jean-Gildas Mercière....

      Une erreur s'est glissée lors de la reconstitution d'actes de la commune de Rocheservière pour les années 1751-1794 (vue n°2/3), puisque l'on situe le combat du Bois-de-Céné le 15 décembre 1794, alors que ce combat a bien eu lieu en 1793.

     

    « Jean-Gildas Mercière, fils de Gildas Mercière et de Germaine Airiau* (*Berriau) demeurant alors à Rocheservière est décédé à Pouzauges par suite de blessure reçue au combat du Bois-de-Céné, le 15 décembre 1794 ainsi que l'on après serment requis et prêté attesté :

     

    1° - Marie-Anne Grandet, veuve du défunt, âgée de 56 ans demeurant à Rocheservière.

    2° - Jean Barteau, maçon, âgé de 61 ans.

    3° - Charles Piberneau, tonnelier, âgé de 54 ans, demeurant aussi à Rocheservière.

    Lesquels nous ont déclaré ne savoir signer de ce enquis excepté : Jean Barteau qui a signé avec nous et notre commis greffier, après lecture faite. »

     

    signé Jean Barteau – de Tinguy – et Guérin.

     

    Jean-Gildas Mercière, parfois orthographié Mercier est né vers 1763, il est le fils de Charles-Etienne-Gildas Mercier-Mercière, marchand au bourg de Rocheservière et de Germaine Berriau-Beriau. Il se marie le 10 janvier 1790 à Rocheservière avec Marie-Anne Grandet, née le 4 août 1763 à Rocheservière Saint-Sauveur (vue n°197/300), fille de François Grandet et de Catherine Saunier.

    Marie-Anne Grandet se remarie le 10 août 1795 à la Grolle avec Jean Guibert, (registre clandestin, vue n°14/24)

     

    Sources : Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. Les Noms de Vendée - Dossiers de pensions, SHD XU 39-9 du 20 mai 1820 – vue n°3/10 -  Monsieur de Charette, Chevalier de Roi de Michel de Saint-Pierre, La Table Ronde, 40 rue du Bac Paris-7- 1977- pages 212,213,214- Registres d'état civil de la commune de Rocheservière  et la Grolle – *La Maraîchine Normande, Abbaye de l'Ile Chauvet-Bois-de-Céné, du 13 septembre 2012 – Cadastre du Bois-de-Céné Abbaye de l'Isle-Chauvet.- Photo de l'auteur.

     

                                                        

     

     Xavier Paquereau pour Chemins-Secrets 


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    François Boudaud, de la paroisse de la Bernardière,

    tué par une Colonne Infernale le vendredi 7 mars 1794.

     

     

     


        François Boudaud....Le 6 mars 1794, la Colonne de Cordelier quitte les landes de Corpray près de Montaigu et remonte vers le Nord en direction de Clisson, Mouzillon, Vallet  et ravage le pays du Loroux...

    Le registre clandestin de N.Simon, Recteur de la Bernardière nous livre les noms des martyrs... et parmi ces noms : « François Boudaud, de la Petite Haye, laboureur, âgé de 28 ans, mari de Marie Tibaud est tué le 7 mars 1794 ». (source : La Bernardière – 1793-1794 – la Maraîchine Normande du 20.12.2015).

     

    En juillet 1819, la reconstitution d'actes (ND 1793-1805 – la Bernardière) nous donne un autre ''son de cloche'' : François Boudaud, âgé de 28 ans, demeurant à la Petite Haie (vue n°6/15) « a été tué par l'armée Républicaine au mois de mars 1794 sur la route de Montaigu à Clisson ainsi que l'ont, sur la demande de Jeanne Thibaud, son épouse demeurant au dit lieu de la Petite Haie ; déclaré et affirmé par Jean Plessis, propriétaire âgé de soixante et un ans demeurant à L'Oulerie ; Pierre Moreau, cultivateur âgé de cinquante ans, demeurant à L'Ogerie; Jean Baron, cultivateur, âgé de quarante six ans, demeurant à L'Emérière, François Méchineau, cultivateur, âgé de quarante neuf ans, demeurant à la Grande-Haie, tous de la commune de la Bernardière ; et ont déclaré ne savoir signer de ce requis fors Plessis et Baron qui ont signé avec nous et notre greffier.

     

    signé Jean Baron – Jean Plessis – Musset Juge de Paix – Garot greffier. »

     

     

    La demande de pension de Jeanne Thibaud, sa veuve, du 20 mai 1820, nous informe que François Boudaud a été tué à la Fuzelière à la Bernardière.

    Deux erreurs se sont glissées lors de l'enregistrement de cette demande : François Boudaud a été enregistré sous le nom de  François Beaurideau et il a été tué à la Fuzellerie et non pas à la Fuzelière.

     

    François Boudaud....

    François Boudaud est né le 31 mai 1767 à la Bernardière (vue n°230/322 la Bernardière). Il est le fils de d'Etienne Boudaud et de Marguerite Moreau. Il épouse le 6 mai 1792, à La Bernardière, Jeanne Thibaud-Tibaud, née le 16 janvier 1773 à la Bernardière, fille de François Thibaud et de Jeanne Baron (vue n°264/324). En 1793 il est laboureur à la Grande-Haye.

     

    Demande de pension : «  N°779- Thibaud Jeanne, née à la Bernardière le 16 janvier 1773 – veuve de Beaurideau François – Soldat des Armées Vendéennes – tué à la Fuzelière en février 1794 – cultivatrice – indigente – domiciliée à la Bernardière – deux enfants – proposée pour une pension de 35 francs  » (vue n°2/10 SHD XU 39.9).

     

    François Boudaud....

    François Boudaud....

     

    Jeanne Thibaud est décédée à l'âge de 69 ans à la Bernardière, le 23 janvier 1842, au village de la Haie, veuve en premier mariage de François Boudeau et en second de François Méchineau de Gétigné (vue 337/465 année 1842 – registre clandestin 1792-1804, vue n°18/29).

     

    Sources : Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. Les Noms de Vendée - Dossiers de pensions, SHD XU 39-9 du 27 mars 1820 – vue n°2/10 - Registres d'état civil de la commune de la Bernardière – La Bernardière – 1793-1794 – la Maraîchine Normande du 20.12.2015). - Cadastre, tableau assemblage 1814, la Fuzellerie à la Bernardière – Photo de l'auteur. 

     

                                                        

     Xavier Paquereau pour Chemins-Secrets 


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