• L'abbé Le Breton....

     

     Pierre Le Breton, vicaire de Vernoil-le-Fourrier

     

    prêtre réfractaire de la ''Petite Eglise''.

     

     

     

     

    L'abbé Le Breton.... Pierre Le Breton est né le 13 août 1760 et baptisé le 14 à Brains-sur-les-Marches aujourd'hui en Mayenne. Il est le fils de ''Honorable Homme'' Alexandre Le Breton marchand et de Marie Lange. Le parrain : ''Honorable Homme'' Pierre Girard, cousin et marraine ''Honorable Femme'' Julienne Lange, tante du baptisé.

     

     Le 17 septembre 1782, Pierre Le Breton est clerc à Brains-sur-les-Marches, sous-Diacre le 1 août 1784 et Diacre le 12 février 1785.

    Il est nommé Vicaire à Vernoil-le-Fourrier en Anjou le 25 septembre 1788, (A cette époque on signait indifféremment Vernoil ou Verné).

     

    En 1791 il refuse de prêter le serment Constitutionnel et signe son dernier acte le 26 avril 1791 et quitte sa paroisse. Il se retire à Gâtines (Mayenne) où il est le ''Précepteur des enfants de Monsieur Baudouin de ce bourg'' le 27 juillet 1791.

     

     A une date indéterminée, il devient le desservant de Saint-Michel-Mont-Mercure en Vendée, il assiste en cette qualité au synode du Poiré le 4 août 1795 ; on mentionne cependant qu'il était ''ancien vicaire de Verné''. Ce qui entraîna Barraud sur une fausse piste dans ''Le clergé Vendéen d'après la Révolution'' p111 où il le dit ancien curé de Verneuil dans la Sarthe. (Il n'y eu pas de curé de ce nom dans cette paroisse, selon les registres paroissiaux aux archives de la Sarthe).

     

     En février 1796 il signa un acte à Baugé (archives de la cure de Baugé). L'Abbé Angot dans son dictionnaire le signale en fonction à Saint-Martin-du-Limet de 1796 au Concordat. Suite à l'enquête de 1802 dans la Mayenne : «  Le Breton Pierre – 41 ans, né à Brains, demeurant à Laubrières – Non constitutionnel – insoumis – demandé par le Maire pour la commune – déporté et rentré depuis quelques mois, il refuse la cure de Laubrières (Angot II560 – III 639) ». Il est impossible de préciser les dates de son ministère à Saint-Martin-du-Limet et Laubrières car il n'existe pas de registre clandestin actuellement connus.

     

     L'état adressé par Merlet au Ministère de l'Intérieur le 5 fructidor de l'an IX (23 août 1801) le dit desservant de Clazay (A.N.F 19 -866).

     Dénoncé le 16 août par Laillon, à cette époque il desservait Saint-Pierre-du-Chemin comme opposant au Concordat.

     

    Condamné par contumace à trois ans de prison au début de 1819, il ne fut pas arrêté, il devient un responsable de la Petite-Eglise ; le pouvoir n'a jamais pu le neutraliser. Selon le Père Drochon ''La Petite Eglise'', Pierre Le Breton mourut au village des ''Rimbretières'' à Cirières en 1830. Il fut inhumé au cours de la nuit à ''Blanche Coudre'' à Breuil-Chaussée. Il n'existe pas d'acte de décès à Cirières. (Billaud ''La Petite Eglise'' table alphabétique).

    Il est à noter qu'il s'agit des "Hautes Rimbretières", les "basses" n'existaient pas à l'époque de Le Breton (NDLR). Ci-dessous, la maison où ce dernier rendit probablement son âme à Dieu dans la partie au premier plan.

     

    L'abbé Le Breton....

    L'abbé Le Breton....

     Le clergé pendant la Révolution à Vernoil-le-Fourrier : Le curé, Pierre Gaillard, prête serment et reste en fonction. Maintenu au Concordat, il meurt le 20 juillet 1816. Il fut maire de la commune en 1790.

     Louis-François Lecouvreur, vicaire assermenté quitte la paroisse le 30 avril 1791.

     

     De septembre 1792 à janvier 1801, date de sa rétractation et de son envoi à Dampierre, Louis Rattier ordonné clandestinement à Paris le 2 octobre 1791 accepte les pouvoirs de vicaires constitutionnel conféré par Hugues Pelletier. Il est assisté de 1792 à 1794 par François Biu, récollet retiré à Vernoil. Plusieurs autres prêtres passent la Révolution dans la commune. Jean-René de Bellère du Tronchay , curé de Vernantes , archiprêtre de Bourgueil et les deux frère Lavigne, Pierre-Nicolas jusqu'en 1799 et Jean-Baptiste, également Cordelier, au moins pendant l'année 1792.

     

     Le culte clandestin est célébré de 1796 à 1801 par Frédéric de Jousseaume Bénédictin de Sens, qui devint au Concordat desservant de Meigné-sous-Doué. En 1800 arrive à Vernoil Jean-Julien Chicoine, vicaire rétracté de Broc qui est maintenu par le Concordat et qui devient en 1803 desservant d'Ambillou.

     

      Voici maintenant deux anecdotes mettant en scène Monsieur l' Abbé Le Breton dans le Bressuirais.....

     

     '' Un incident scandaleux, survenu à Nueil-sous-les-Aubiers au début de novembre 1817 révéla au public étranger l'état des esprits dans ce coin des Deux-Sèvres.

     

    A Nueil, une femme de la Petite Eglise allait mourir. Elle fit venir le sieur Lebreton, prêtre dissident de Clazay, pour l'administrer. Lebreton franchit les vingt kilomètres de chemins qui séparent Clazay de Nueil et arriva chez la malade. Or, le desservant de Nueil fut averti. C'était l'abbé Braud, ancien curé de Rochefort-sur-Mer, dissident de la première heure, mais revenu à l'unité et nommé à Nueil en 1811. Il passait pour très sévère , exigeant que l'on accusât sept ou huit fois ses fautes avant d'en recevoir l'absolution. La contrée de Nueil autrefois fief du célèbre Barbarin, comptait bon nombre de dissidents, et les plus opiniâtres.

     

    Monsieur Braud se rendit avec l'adjoint de la commune, chez sa paroissienne pour en expulser Lebreton. Il ne l'y trouva point. Sous l'oeil hostile des gens de la maison, le desservant opéra une perquisition en règle. Soudain, il aperçu une valise, celle du dissident sans aucun doute, et voulu s'en emparer. A ce moment, une femme s'élança et s'agrippa à la mallette en criant . Mais Braud, fort en colère, criait plus fort encore :

     

    Donnez-moi cette valise

     

    Elle n'est pas à vous ! Répliquait la femme. Vous ne l'aurez pas.

     

    C'est ce que nous allons voir !

     

    Le prêtre tirait d'un côté, la femme de l'autre. Sous ces efforts conjugués, l'objet du litige finit par céder. La valise s'ouvrit brusquement ; un flacon s'en échappa, tomba sur le carreau de la pièce et se brisa.

     

    Il y eu dans la chambre des gémissements scandalisés.

     

    Oh ! Les saintes huiles !

     

    M. Braud n'insista pas et retourna à son presbytère. Le lendemain il apprit que Lebreton disait la messe dans une ferme nommée le Virolet. Il y courut, mais se heurta, sur le seuil, au sieur Aumont, propriétaire de la maison.

     

    Je vous défend de mettre les pieds ici, dit Aumont, l'air menaçant.

     

    Le desservant de Nueil, furieux, dut battre en retraite. Le jour suivant, il vit arriver à sa cure une dizaine de dissidents, dont Aumont.

     

    Que voulez-vous ? Leur demanda-t-il.

     

    Nous venons vous prévenir que si vous continuez encore à vous occuper de ce qui ne vous regarde pas, il vous arrivera malheur. Nous sommes libres d'exercer notre culte comme nous l'entendons. M. Lebreton vaut mieux que vous. Il n'a pas trahi la Religion, lui, comme vous. Vous avez causé un scandale public en profanant les saintes huiles. Vous allez réparer ce scandale en versant tout de suite, une amende pour les pauvres de la paroisse...

     M. Braud dont la patience n'était pas la vertu principale, s'emporta et ordonna aux dissidents de vider les lieux, séance tenante. On se sépara, des injures à la bouche. L'affaire fut portée au ministre de la Police qui, le 20 novembre, prescrivit une enquête au Préfet des Deux-Sèvres...... On ne sait qu'elle conclusion M. de Poyféré donna à l'enquête demandée...''.

     

     Ce qui est certain, c'est qu'en 1817, les esprits étaient loin d'être apaisés.

     Toujours est-il qu'en 1819, le préfet soutient les dissidents...

     

     '' L'affaire des clefs a mis le Bressuirais en liesse. Pour la troisième fois, en cinq ans, les prêtres dissidents ont reconquis leurs églises. Soutenus par le préfet, ils peuvent se croire désormais invincibles. Cette assurance présomptueuse va pousser l'un d'entre eux à une incartade, connue dans l'histoire locale, sous le nom de « scandale de Clazay ».

     

     Clazay, petite localité de 250 habitants, près de Bressuire, a, depuis une quinzaine d'années, comme desservant, un certain Lebreton. Ce prêtre, ancien moine du Mans, qu'on appelle '' le Brûlé '', à cause d'une large cicatrice qui le défigure, ne passe pas pour un aigle. Ses collègues eux-mêmes l'estiment peu ; et Texier de Courlay ne se gêne pas pour dire : « Quand on a bien fait dans son pays, on ne va pas chercher ailleurs ». L'air pieux cependant, «  il chantait, assure-t-on, avec âme et se montrait assez modéré dans ses instructions et conversations « . Cette modération n'ôte rien à son zèle. La population de Clazay, en majorité catholique à son arrivée, déjà à moitié dissidente en 1811, est passée dans sa quasi-totalité à la Petite Eglise en 1818.

     

    La « seule famille » restée en dehors du schisme est celle du notaire, Jean Girard. Ce Girard, maire sous l'Empire, est fort riche «  Outre 7000 francs de revenus en biens fonds disait « Dupin, en 1810, on lui croit au moins 60 000 francs sur la place. «  Sa fortune est très liquide, mais il n'en jouit pas et vit comme «  celui qui n'a que 300 francs de rentes »... « C'est un trembleur », ajoutait le préfet. Sans doute le modeste homme d'affaires, devenu bourgeois, jugeait-il prudent de ne pas éclabousser ses concitoyens par l'étalage d'une opulence, acquise sous la Révolution , à la suite de fructueuses tractations sur les domaines nationaux. Catholique pratiquant, Girard assistait à la messe de Lebreton, qui, moins fanatique que son voisin Perrière, tolérait, sans rien dire, sa présence aux offices. Cela dura jusqu'au début de novembre 1818.

     

     A cette époque, l'ancien notaire, âgé de 65 ans, tomba malade. La famille appelle un prêtre catholique, probablement M.Proust, desservant de Terves et chargé du double service à Clazay. Mais le vieillard infirme, ne vient pas vite. Cependant le temps presse. On avertit alors M.Lebreton. Celui-ci se présente ; il rencontre dans le vestibule le fils du moribond et lui dit :

     

     Vous me faites venir pour votre père, je dois vous prévenir : je ne peux lui donner l'absolution s'il ne renonce, d'abord par acte notarié, à ses biens mal acquis.

     Dans ce cas réplique le jeune homme, il est inutile que vous alliez plus loin. Mon père ne veux pas rendre ces biens.

     

    Lebreton, sans mot dire, salue et s'en va.

     Or le mal empire d'heure en heure ; le mourant se voit à l'extrémité. Sa femme affolée, envoie chercher le prêtre dissident. Lebreton revient. En présence de plusieurs témoins, il commence par déclarer :

     Je consens à vous donner les derniers sacrements. Mais il faut qu'auparavant vous rendiez à leurs propriétaires les terres que vous avez achetées sous la Révolution.

     

    Le moribond proteste :

     

    Ces terres sont à moi ; le Concordat a reconnu les ventes.

     Le Concordat, riposte Lebreton ne vaut rien. Vous allez mourir. Vous avez le choix : ou rendre ces biens et recevoir l'absolution, ou les garder et tomber dans l'enfer.

     Je ne peux pas dépouiller mes enfants.

     

    A votre aise Monsieur. Je n'ai plus qu'à me retirer. Bien entendu continue Lebreton, en s'adressant à Mme Girard, il ne sera pas question de sépulture religieuse.

     

     La pauvre femme, éplorée, ne répond pas. Elle envoie quelqu'un à Bressuire. Deux heures après, le Supérieur de Petit Séminaire arrivait. Il administrait au mourant les derniers sacrements. Presque aussitôt, Girard rendait en paix son âme à Dieu.

     Restait à l'enterrer. Le sous-préfet, prévenu de l'incident, écrit aussitôt au maire de Clazay pour lui enjoindre de veiller à ce qu'on accordât au défunt les honneurs de la sépulture ecclésiastique avec un piquet de gendarmerie..... ».

     

     Ces incidents montrent bien que le pouvoir n 'a jamais pu neutraliser l'abbé Pierre Lebreton.

     

     Maintenant, je vous invite à marcher sur les pas de Monsieur l'Abbé Le Breton, à l'époque où il était vicaire, avec un petit reportage photos à Vernoil-le-Fourrier, en ce 7 décembre 2015, par une belle journée ensoleillée.

     

     

     

    Sources : Archives Départementales de Maine et Loire et de la Mayenne - tous droits réservés – Archives diocésaines – Billaud ''La Petite Eglise '' - Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine et Loire – Photos de l'auteur.

     

    Xavier Paquereau pour Chemins secrets

     

     L'église est dédiée à Saint Vincent, c'est un très remarquable édifice, le clocher est de la seconde moitié du XIIe, sa flèche de pierre fort élevée peut-être ébranlée par le tremblement de terre du 2 octobre 1711 s'écroula au cours d'une tempête le 6 décembre suivant.

     

    L'abbé Le Breton....

    L'abbé Le Breton....

     

    Le presbytère, ancien prieuré-cure date du XVe comporte une tour à pans coupés et une porte à accolade fleuronnée. Au rez de chaussée existe une poutre peinte du XVIe avec médaillon à l'antique et initiales D.B.

    L'abbé Le Breton....

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    L'abbé Le Breton....

    L'abbé Le Breton....

    L'abbé Le Breton....

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    L'abbé Le Breton....

    L'abbé Le Breton....

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