• L'abbé Fleurieau, noyé à Nantes....

                        

    Jean-Baptiste Fleurieau, Recteur de la Paroisse de Saint Jean, 

    noyé en Loire dans la nuit du 16 au 17 novembre 1793.

     

                       

                                     

    L'abbé Fleurieau, noyé à Nantes....Jean-Baptiste Fleuriau-Fleurieau est né le 1er décembre 1714 en la paroisse Sainte-Croix de Nantes, il est le fils de Jean Fleurieau, huissier à la Chambre des Comptes de Bretagne ''Prévost des Monnoyeurs'' et de Jacquette Baudouin, mariés à Nantes le 17 février 1714 à Sainte-Croix.

    Devenu prêtre, il est recteur de la paroisse Saint-Jean de 1767 à 1790. En 1792 il est emprisonné à la communauté des Carmélites, puis transféré aux Petits Capucins, conduit sur la galiote hollandaise et jeté en Loire avec quatre vingt neuf autres prêtres âgés.

     

    « Afin de manifester plus à l'aise sa rage sanguinaire, Carrier qui avait transporté son club, le 16 novembre (26 Brumaire), de l'église de Saint-Vincent à l'église Sainte-Croix, au centre de la ville, monte dans la chaire et s'écrie :          

    '' Citoyens montagnards, cette journée servirait encore, s'il en était besoin à dissiper les brouillards fétides du despotisme des prêtres et des rois. Mais la morale est vengée, et le peuple se rit des jongleries des uns, des ci-devant usurpations des autres. Citoyens, le trône des tyrans n'est plus, et les assemblées patriotiques remplacent ce troupeau d'imbéciles que conduisait la calotte.......'' 

    Dix jours auparavant, quatre vingt dix prêtres nantais environ qui n'avaient pas été déportés à cause de leur grand âge, furent condamnés à être noyés en Loire. Après leur avoir fait subir des mauvais traitements de tout genre à la communauté de Saint-Clément, à la maison des Carmélites et aux Petits Capucins où ils furent successivement incarcérés, on les transféra sur le navire hollandais La Gloire. Dans la nuit du 16 au 17 novembre (26 et 27 brumaire), Fouquet, Lamberty, conformément aux ordres de Carrier, se rendent à bord de la Gloire, ancrée entre la Sécherie et Trentemoult, et la dirigent sur Chantenay. Le canonnier Wailly qui est en faction sur la Samaritaine veut s'opposer à sa sortie du port. Fouquet et Lamberty le menacent de le couper en morceaux et lui montrent l'écrit suivant :

    ''Permis au citoyens Fouquet et Lamberty de laisser passer partout où besoin sera avec un gabareau chargé de Brigands, sans que personne puisse les interrompre ni troubler dans ce transport'' signé Carrier. Certifié véritable ; David-Vaugeois. 

    Rendus à l'île de Cheviré, et au moment où les malheureux prêtres s'y attendaient le moins, Fouquet et Lamberty les font jeter à l'eau...     » 

     

    L'abbé Fleurieau, noyé à Nantes....

     

    Le 22 Prairial de l'an 8, (11 juin 1800), le décès de l'abbé Fleuriau est légalisé.

    « Le vingt deux prairial an huit de la République française une et indivisible à dix heures du matin, moi, Jean-Adrien Barbier, officier public ai transcrit littérallement le procès-verbal dont la teneur suit :

     

    ''L'an huit de la République française une et indivisible, ce jour quatre Floréal, devant nous Claude-Charles Lemer le juge de paix du troisième arrondissement de la commune de Nantes, ayant avec nous, Jean-Baptiste-Augustin Herbert notre greffier étant au greffe, est comparu le citoyen Pierre-Marie-Georges Legouais, rentier, demeurant en cette commune place du Pilory, numéro trois, lequel a dit que Jean-Baptiste Fleurieau ex-recteur de la ci-devant paroisse de Saint-Jean, en Saint Pierre de cette ville, son oncle par alliance a été du nombre des prêtres qui ont été noyés à Nantes au mois de novembre 1793 (vieux stile), qu'il a intérêt de faire constater le fait pour suppléer à l'acte de décès du dit Fleurieau qui ne fut point formalisé, non plus que celui des autres victimes à cet époque où la fureur révolutionnaire ne connaissait ni loi, ni principes, en conséquence m'a amené devant nous quatre témoins dont il nous requiert de recevoir les déclarations, pour en dresser acte de notoriété à l'endroit sont comparus les citoyens Claude-Séraphin Hochon, âgé de cinquante quatre ans, marchand droguiste demeurant Haute Grande Rue numéro cinquante cinq – Louis Davy dit des Châteaux, âgé de cinquante cinq ans, anciens tailleur d'habits, demeurant place du Pilory numéro trois, Pierre-Jean-Claire Cox aîné marchand fripier, âgé de quarante huit ans, demeurant rue des Chapeliers numéro trois, et Nicolas Mayracq âgé de quarante neuf ans, marchand de toile, demeurant place du Change, desquels ayant pris serment de dire vérité, ce qu'ils ont promis et juré chacun la main droite levée, séparément ; ils nous ont déclaré et affirmé avoir parfaitement connu le dit Jean-Baptiste Fleurieau, qu'ils ont pleine connaissance qu'en l'an mil sept cent quatre vingt douze, il fut détenu avec d'autres prêtres à la communauté des Carmélites de cette ville, qu'il fut transféré quelque temps après avec ses confrères au couvent des Petites Capucines de l'Hermitage près Nantes, d'où il fut conduit sur la fatale galliote hollandaise ; on le fit périr dans les flots avec ses compagnons d'infortune, au commencement du mois de novembre mil sept cent quatre vingt treize (vieux stile). Ce qui est un fait de notoriété publique, qu'il était âgé d'environ quatre vingt ans, de tout quoi, nous juge de paix susdit avons rapporté le présent acte de notoriété pour valoir et servir de ce que de raison, arrêté sous les seings de tous les comparants, celui de notre greffier et le nôtre lesdits jour et an la minute est signée Legouais, N Meyracq, Cox aîné, Hochon, Davy, Lemerle juge de paix et Herbert Greffier.''

      Enregistré à Nantes le quatre Floréal an huit, reçu un franc dix centimes, folio cent trente trois, verso signé – Bertrand et à l'expédition Herbert greffier.

    Fait en la maison commune de Nantes, sous mon seing, les dits jour et an.   »

    Signé Barbier.

     

    Sources:     

    -Archives de la ville de Nantes – tous droits réservés- décès an 8, 1ère  

     Section, cote 1E236 – vue n°17/24 

    -Archives de Nantes, paroisse Sainte-Croix, baptêmes, mariages. 

    -Histoire de la Guerre de la Vendée Abbé Deniau, tome III, pages 

     478,479,480 – Siraudeau-Editeur. 

    -Crédit Photo:  Patrimoine Maritime fluvial – Gabare la Montjeannaise.- Wikipédia, Jean-Baptiste Carrier, portrait pris sur le vif lors de son procès de Vivant Delon, coll.parti.

                                                 

     

     Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :