• Jeanne Bondu, rescapée du massacre de Gesté....

                                          

    Le 5 février 1794, Jeanne Bondu, 7 ans, 

    est laissée pour morte au massacre de Gesté.

     

     

     

    Jeanne Bondu, rescapée du massacre de Gesté....Le mercredi 5 février 1794, « Dans l'après-midi, le général Cordellier surgit à l'improviste dans le bourg de Gesté. Il amène des prisonniers récoltés au cours de route depuis Montrevault. Il arrête les quelques personnes trouvées sur place à réparer leurs demeures. Dans la soirée, Cordellier ordonne de conduire les trois cents prisonniers au château du Plessis où le feu est mis. A la lueur de ce brasier, les prisonniers sont massacrés dans une allée du parc. Puis il poursuit son chemin vers Montfaucon-sur-Moine... »

     

    Jeanne Bondu est née le 20 décembre 1779 à Pont-Saint-Martin, elle est la fille de Jean Bondu, Tuilier et de Marie Bernard. Elle s'est mariée le 22 juin 1807 à Gesté avec Joseph Durand*, tisserand, né le 12 décembre 1772 à Gesté.

     

    *Combattant vendéen, grièvement blessé, fera l'objet du prochain billet. 

     

    Jeanne Bondu, rescapée du massacre de Gesté....

     

    Elle dépose une demande de pension le 28 juin 1825.

     

    « Jeanne Bondu, femme Durand, tisserand à Gesté – arrondissement de Beaupréau, âgée de 47 ans »

    A son Excellence, Monseigneur, Secrétaire d' Etat au département de la Guerre.

    Monseigneur,

     

    Au mois de février 1795 (février 1794), une colonne républicaine passant par Gesté, commit un massacre horrible sur les vieillards, les femmes et les enfants. Je fus du nombre de ces innocentes victimes, quoique dans un âge tendre, je n'avois que sept ans ; je fus, dis-je impitoyablement sabrée, mutilée et laissée pour morte sur le carreau. Les cicatrices qui couvrent mon corps atteste irréfragablement la véracité du fait.

    Par suite de mes blessures, je ressens souvent des douleurs les plus vives qui m'ôtent l'usage du travail.

    Je suis sans fortune ni aucune ressource ; j'ai cinq enfants tous en bas âge, et un autre que je porte dans mon sein, l'état de mon mari est loin de subvenir à nos premiers besoins ; il faut donc le dire, mes pauvres petits enfants sont réduis à implorer les secours humains d'âmes charitables ; ces petits malheureux vont aux portes, tendent la main et m'apportent le pain qui les nourrit ; dans cet état d'infortune aussi triste que déplorable ; qu'il me soit permis Monseigneur, de vous supplier de jeter un regard de pitié sur une misérable famille plongée dans la plus profonde indigence, et surtout de lui faire avoir de l'inépuisable bonté de notre Monarque bien aimé, les secours qu'elle a droit d'en attendre, ce sera une œuvre de charité qui accroitroit le nombre de vos bienfaits, oui Monseigneur votre cœur sensible, généreux, vous porte à soulager le malheur et adoucir le sort des victimes du sol vendéen.

    J'en suis une aussi ai-je des droits à votre sollicitude paternelle ; avec cette douce espérance je ne cesserai d'invoquer l'éternel pour la bénédiction de vos jours.

    Je suis avec un profond respect, Monseigneur de votre Excellence, la plus dévouée et la plus humble de vos servantes

           Gesté, le 28 juin 1825. » Ne signe.

     

    Certificat des officiers de santé :

     

    « Nous soussignés, officiers de santé à Gesté, arrondissement de Beaupréau, département de Maine-et-Loire, certifions que Jeanne Bondu, femme Durand de cette commune a sur la tête trois cicatrices dont une longue de trois pouces* et adhérante dans toute cette étendue à l'occipital, d'où la dite Durand nous a dit qu'il était sortie des fragments d'os et une autre cicatrice sur la partie postérieure du cou. »

     

    Gesté le 28 juin 1825 signé : les chirurgiens.

     

    *Environ 8cm de longueur.

     

    Nota   : Durand Pierre* de Saint Aubin est marqué pour avoir une pension, mérite, vue la gravité de ses blessures, plus de 50 francs. 

    J'ai vu ses blessures au pied, à la tête et au genou.

    *Joseph. 

     

    Jeanne Bondu, rescapée du massacre de Gesté....

    Sources:     

    - Archives Départementales du Maine et Loire tous droits réservés Dossiers Vendéens 1M9/67.- Etat civil de la commune de Gesté. 

    - Itinéraires de la Vendée Militaire- Journal de la Guerre des Géants 1793-1801 par P.Doré-Graslin – Editions Garnier 1979. 

    -Photo : Les charniers du Mans de Vendéens et Chouans. 

                                                            

     

     Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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