• Jean Sorin, guide dans l'armée de l'Ouest....

                        

    Jean Sorin, guide dans l'armée de l'Ouest...

     

     

     

                                      

    Jean Sorin, guide dans l'armée de l'Ouest....Nous connaissons tous le rôle des ''Colonnes Infernales'' en Vendée, qui avaient pour mot d'ordre : vols, viols, pillages, incendies, noyades, meurtres, empalements, c'est à dire toute latitude d'exercer l'ensemble du répertoire des atrocités connues.

    Mais ce que nous connaissons moins, c'est la composition d'une Colonne, mis à part le nom des chefs, pour le reste, nous ne savons pas grand chose. Nous trouvons des gardes nationaux, des volontaires nationaux, de l'infanterie, des sapeurs, des gendarmes, des hussards, des dragons, etc...

    Et pour que la Vendée militaire devienne un immense charnier et brasier, il faut être efficace, savoir se diriger dans le bocage, et pour se diriger dans les chemins creux, les cartes ne suffisent pas ; certains commandants de Colonne ne savent même pas les exploiter... Ces officiers sont donc aidés dans leur besogne par des guides patriotes locaux, c'est à dire par des individus avides d'enrichissement rapide et adeptes de toutes les turpitudes générées par ces ''idées nouvelles'', sans freins.

    Comme il est demandé aux soldats de ne pas écrire ni de relater leurs actions, nous ne savons pratiquement rien sur les guides patriotes vendéens participant à la curée, ce qui rend difficile leur identification.

    Sauf que, au hasard d'une lecture, le nom d'un de ces traîtres apparaisse et c'est le cas pour Jean Sorin, guide dans l'armée de l'Ouest...

     

    L'acte de décès de Mathurin Douillard à Nantes, enregistré le premier Ventôse de l'an 4 (20 février 1796) résume à lui seul la situation de la Vendée à la fin de l'année 1793.

     

    Jean Sorin, guide dans l'armée de l'Ouest....

     

    « Le premier Ventôse, an quatre de la République une et indivisible, à neuf heures du matin, moi, Louis Ogier officier public, élu pour constater l'état civil des Citoyens, ai transcris littérallement le procès verbal dont la teneur suit :     

     

    '' Extrait des minutes du greffe du quatrième arrondissement de la commune de Nantes, ce jour 29 pluviôse an quatrième Républicain. - Devant moi, Nicolas Mulonière juge de paix du quatrième arrondissement de la commune de Nantes département de la Loire Inférieure, ayant avec moi le greffier ordinaire du canton, est comparu le Citoyen Pierre Douillard, tisserand de la commune de Clisson, réfugié à Nantes (donc patriote) y demeurant rue Montfaucon numéro cinq, lequel a dit qu'au mois de septembre mil sept cent quatre vingt treize (vieux style), son frère Mathurin Douillard, laboureur en la commune de Saint Hilaire du Bois, département de la Loire Inférieure, fils de Mathurin Douillard aussi laboureur au dit lieu, défunt et de Louise Thibaud ses père et mère, fut tué par les Républicains composant la collone commandée par le général Beysser ; qu'il importe à lui comparant et aux siens de procurer l'acte civil de son décès, qu'en conséquence il a fait assembler devant moi deux témoins dont il requiert que je reçoive les déclarations, lui en décerner acte et a déclaré ne savoir signer, de ce enquis'' – à l'endroit ont comparu les Citoyens Gabriel Brunet, maréchal, demeurant à la Bruffière district de Montaigu département de la Vendée, Jean Sorin, boucher, demeurant à Saint Philbert et réfugié à Nantes (Patriote), guide de l' Armée de l'Ouëst, les quels témoins m'ont dit et déclaré que le dix huit septembre mille sept cent quatre vingt treize (vieux style) étant à Remouillé lors de la déroute qu'éprouva le général Beysser*, le Citoyen Mathurin Douillard susnommé qu'ils connaissaient, fut pris par les Républicains et fusillé sur le champ, qu'avant de mourir il réclama son frère qui était patriote, mais que le trouble de la déroute ne pouvait laisser le tems d'un éclaircissement, il n'en fut pas moins fusillé, et qu'ils l'ont vu mort ; ce qu'ils affirment sincère et véritable.'' Desquels comparutions, réquisitoire, dires et déclarations, j'ay, juge de paix susdit, ai fait et dressé le présent procès verbal que j'ai lue aux parties et qu'elles ont signé fors le Citoyen Gabriel Brunet qui a déclaré ne savoir signer de ce enquis ; fait et attesté en ma demeure à Nantes Isle Feydeau rue Dessiles, les jour mois et an que devant ; signé sur la minute Sorin, Nicolas Mulonnière juge de Paix et Péhan greffier, enregistré à Nantes le 29 Pluviôse an quatrième Républicain par Bertrand qui a reçu dix francs en assignats – Signé Péhan, greffier, en marge est écrit quatrième année républicaine vingt neuf Pluviôse. -

      Déclaration des témoins du décès de Mathurin Douillard – fait en la maison commune de Nantes sous mon seing les dits jour et an – un mot rayé nul. »

     

    signé Ogier.

     

    *Le 21 septembre Beysser  ''qui avait promené l'incendie aux environs de Montaigu'' reçoit  l'ordre de Canclaux de faire filer son artillerie et ses bagages sur Clisson et de porter sa colonne sur Boussay. Attaqué par Charette, il prend une belle ''déculottée''. Sa colonne est poursuivie par Charette qui s'empare de quatorze canons placés sur une éminence à une lieue de Montaigu... Desessarts tue cinq cents fuyards… ''Au pont de Remouillé où la foule s'est précipitée un très grand nombre reçoivent la mort, et sans les 79e et 109e régiments, le désastre des Bleus était complet.'' Ils furent poursuivis jusqu'à Aigrefeuille... (Abbé Deniau Histoire de la Guerre de la Vendée TOME II, pages 603,604). 

     

    Nota : L'affaire de Remouillé a eu lieu le samedi 21 septembre 1793 et non le mercredi 18.

     

       Un mot sur Jean Sorin, père, boucher à Saint-Philbert-de-Grandlieue.

           Jean Sorin est né le 2 janvier 1741 à Saint-Philbert et est décédé le 25 février 1803 (6 ventôse de l'an 11). Il est le fils de Pierre Sorin et de Louise Neveu. Il épouse Marie-Anne Bouanchaud, décédée le 17 novembre 1808). De cette union, parmi d'autres enfants, est issu :

     

    Jean Sorin, est né le 13 octobre 1772 à Saint-Philbert, son acte de décès le qualifie de pêcheur. Il épouse le 21 juin 1824 à Saint-Philbert, Agathe Forcheteau (vue n°7/17 année 1824). Il est veuf de Jeanne Boyard, décédée le 30 septembre 1819 à la Cour du Prieuré à St Philbert, née à ''Boué'' (Bouaye). Jean Sorin est décédé le 14 août 1828 à St Philbert. (vue n°12/15 année 1828).

     

    C'est donc l'un de ces deux personnages qui fut guide des colonnes républicaines...

     

    Sources : Archives municipales de la ville de Nantes - décès an 4, section Union et Scevola, pages 117,118/159 - Archives Départementales de la Loire-Atlantique, tous droits réservés- registres de l'état civil de Saint-Philbert-de-Granlieue. Abbé Deniau – Histoire de la Guerre de la Vendée, Tome II -p603,604 - Photo de l'auteur.

                                                  

     

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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