• Jean Richard....

     

    Jean Richard de Saint-Georges-de-Montaigu, 

    mort en prison des suites de ses blessures...

     

     

     

    Jean Richard....Le 15 février 1817, Marie-Madelaine Chagneau est enregistrée comme veuve d'un combattant royaliste et est proposée pour une pension de cinquante francs.

    « N° 20 - Chagneau Marie-Madelaine, née aux Essarts en 1767, veuve de Jean Richard – mort en prison par suite de blessures – indigente – domiciliée aux Essarts – cinq enfants – proposée pour une pension de cinquante francs. » (SHD XU 39-5 - vue n°3/41).

     

    La mort de Jean Richard restera un mystère. Il n'est pas mort pendant les guerres de Vendée, mais en 1809, avec trois dates de décès différentes et une déclaration du décès déposée en mairie le ''12 feuvrier'', un mois après les faits...

    Jean Richard est décédé le 11 janvier 1809 dans le registre des successions (vue n°4/76 des tables de Montaigu, enregistré sous le n°14).

    Décédé le 12 janvier 1809, dans le registre d'état civil de Saint-Georges-de-Montaigu, (vues 293,294/370).

    Décédé le 13 janvier 1809, dans le (registre des successions-table 1806-1811 année 1809 vue n°120/131). « Richard Jean, tailleurs de pierres - les Essarts, décédé le 13 janvier 1809, âgé de 47 ans héritière : Marie Chagneau sa veuve. »

     

    Chaque année, de 1805 à 1807, le Sénat vote une levée de 80 000 hommes, ce qui engendre un mécontentement général en France et particulièrement en Vendée Militaire. L'année 1808 marque le début de l'accroissement des levées. Après l'habituelle levée des 80 000 hommes pour la classe 1809 on lève, la même année et par anticipation, les 80 000 hommes de la classe 1810.

    Cet état de fait engendre une augmentation des mariages, afin d'éviter d'aller combattre, c'est aussi l'époque où les conscrits deviennent réfractaires et commencent à ''s'évanouir'' dans le bocage...

     

    Jean Richard....

    Alors, que s'est-il passé ? Jean Richard a-t-il tenu des propos hostiles à l'Empereur ? A-t-il caché des réfractaires ? S'est-il opposé par la force aux gendarmes en empêchant leur départ ? Il me semble que cette dernière supposition soit la bonne, car il est mort de ses blessures en prison, dans les prisons de Montaigu ? Les délibérations municipales de Montaigu, de Saint-Georges et des Essarts ne signalent aucun trouble à cette époque, elles restent muettes sur le sujet, quand elles ne sont pas tout simplement absentes.

    Cet ancien soldat de 1793 a certainement été rendu à sa famille proche, avant ou juste après son décès, car il meurt chez son frère Pierre Richard à la Bodinière à Saint-Georges-de-Montaigu, alors qu'il est domicilié au bourg des Essarts où il exerce la profession de tailleur de pierres.

    Jean Richard....

     

    Voici l'acte de décès :

    « L'an mil huit cent neuf, le douze feuvrier (février), sur les onze heures du matin par devant nous Jude Bordron, maire et officier public de l'état civil de la commune de Saint Georges arrondissement communal de Montaigu département de la Vendée. (4 lignes rayées nulles) Sont comparu Pierre Richard âgé de cinquante sept ans cultivateur demeurant au village de la Bodinière en cette commune a dit être frère du décédé et Alexis Drouin, âgé de quarante quatre ans cultivateur demeurant au dit village de la Bodinière en cette commune ami du décédé. Les quels nous ont déclaré que le douze janvier mil huit cent neuf sur les quatre heures du matin est décédé au village de la Bodinière en cette commune Jean Richard, âgé de quarante sept ans, tailleur en pierres, fils de feu Pierre Richard et de Marie Chevaillé demeurant pendant leur vivant en cette commune, le premier thémoin a déclaré savoir signé le segon thémoin a déclaré ne le savoir après que par nous lecture leur a été faite, vingt six mots rayé nul.

     

    signé   : Pierre Richard et Jude Bordron, maire » 

    (vue n°293,294/370 état civil année 1809 St-Georges).

     

    Jean Richard....

     

    Jean Richard est né à Saint-Georges de Montaigu le 15 décembre 1761 et non pas le 12 novembre 1763 comme stipulé dans son acte de mariage. Il est le fils de Pierre Richard et de Marie Chevalier de Saint-Georges. Il se marie le 26 avril 1796 à St Georges (mariage religieux), puis le 11 frimaire an 11 (8 décembre 1802) à la mairie... avec Marie-Madelaine Chagniau, née à St Georges le 12 avril 1770, fille de Jacques Chagniau et de Marie Girardeau. Ils déclarent que «  depuis leur union il y a sept ans, il leur est né trois enfants :

     

    1° Jean, 6 ans.

    2° Benjamin, Marie, Joseph, 4 ans.

    3° Placide, Zacharie 22 mois.  »

    Et après le mariage civil :

    4° Charles-Joseph Richard, né le 6 mars 1803 aux Essarts.

    5° Marie-Olympe Richard, née le 15 octobre 1806 aux Essarts.

    6° Henriette-Marie-Agathe Richard, née le 21 février 1809 (vue n°258/407),

         après le décès de son père.

     

    Lors du recensement de 1820, «  Marie Chagneau est veuve et domiciliée au bourg des Essarts avec quatre enfants à charge : Benjamin, Placide, Olimpe et Agathe. » (vue n°5/34).

     

    Sources : Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. Registres état civil des Essarts et de Saint-Georges-de-Montaigu. - Registres des absences et le recensement de l'année 1820, le bourg des Essarts, vue n°5/34 – Cadastre Napoléonien TA de 1818 - le village de la Bodinière, St-Georges - Gravure : le tirage au sort des conscrits au chef-lieu de canton, gravure coloriée de Janet (1815-1872) - Photo de l'auteur. 

                                                          

     

    Xavier Paquereau pour Chemins-Secrets 


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