• Guillaume Garnier et François Bouin, coupés en morceaux....

                        

    Guillaume Garnier et François Bouin, 

    du village de la Porterie à Nantes, coupés en morceaux.....

     

     

                                      

    Guillaume Garnier et François Bouin, coupés en morceaux....Après mes découvertes concernant les assassins des Lucs-sur-Boulogne, mon incompréhension est grande face à la férocité des acteurs, face à l'absence de sentiments de la part de ces républicains, se comportant en véritables bêtes fauves envers leurs ennemis ; en les massacrant avec un acharnement tel, qu'ils ne laissent après leurs passages que des tas de chairs informes se consumant dans les incendies. Ce sont de véritables démons ! On dit que les yeux sont le miroir de l'âme, mais le regard de ces gens là est vide d'âme.

     

    Je vais reprendre un passage de l'ouvrage de Philippe de Cathelineau et de Thérèse Flavigny ''Requiem pour la Vendée'' pour tenter d'expliquer de tels comportements.

    « Les totalitarismes ont en commun de ne tolérer aucune résistance et de susciter chez les zélotes une émulation dans l'horreur, dont les colonnes infernales fournissent d'effarants exemples. Chaque patriote souhaitait se faire valoir de son crime civique. Aussi, toutes les colonnes – y compris celles de Haxo et les garnisons stationnées alentour venant complaisamment leur prêter main forte – rivalisaient de malice et de cruautés. Le mot d'ordre était donné à Paris. Tous les bons révolutionnaires le chantaient en chœur : ''Qu'un sang impur abreuve nos sillons !'' Il s'agissait alors de ''régénérer le sang impur'', d'en ''purger le sol'' et d'''écraser l'infâme'', à savoir le christianisme, comme le recommandaient les philosophes. »

     

    Le 16 Fructidor de l'an 3 (Mercredi 2 septembre 1795), à cinq heures du matin, Guillaume Garnier et François Bouin partent acheter du fourrage pour leurs bestiaux. Sur le chemin de Nantes à Châteaubriant ils rencontrent des soldats républicains qui, sans raison, les coupent en morceaux. La famille dépêchée sur les lieux est obligée de procéder à l'inhumation sur les lieux mêmes en raison de l'état des corps, intransportables...

     

    « Le vingt quatre fructidor an trois de la République une et indivisible, à neuf heures du matin, moi, Jean-Baptiste Coutremoulin aîné, officier public, élu pour constater l'état civil des citoyens, j'ai transcrit litérallement, le présent procès verbal de juge de paix dont la teneur suit :

     

    '' L'an trois de la République française une, indivisible, le dix neuf ''fructidor au matin, devant nous Antoine Pelé aîné, Juge de paix des ''sections quatre, cinq et six formant le deuxième arrondissement de la ''commune de Nantes, et Olivier Foucaud greffier, étant au greffe rue ''Sully numéro deux ; A comparu Marie Garnier, fille majeure, demeurant ''au village de la Portrie (Porterie), laquelle nous a déclaré que le seize de ce moi, environ cinq heures du matin, les Volontaires passant sur le ''grand chemin de Chateaubriand à Nantes, firent rencontre des ''nommés Guillaume Garnier, son frère, âgé de trente ans et de ''François Bouin, âgé de vingt cinq ans, les deux cultivateurs, monté ''sur chaque leur cheval, et demeurant audit village de Portrie, qui ''avaient partis de leurs demeures pour aller acheter du foin pour ''leurs bestiaux ; qu'étant au moment de traverser le grand chemin de Nantes à Châteaubriand ; les mêmes volontaires, les arrêtèrent les ''prenant pour des chouans et leurs ôtèrent la vie, tant à coups de '' fusils, bayonnettes que sabres ; Les laissèrent exposés sur le grand chemin, pour ainsi dire en morceaux et emmenèrent leurs chevaux ; ''Que ne pouvant et étant hors d'état d'être transportés, on a été forcé de priyer des voisins de les enlever sur le lieu où ils étaient exposés, ce ''qu'ils ont fait sur le champ dans la crainte qu'ils eussent été mangés ''par les chiens ou autres animaux voraces. Désirant néantmoins faire ''constater leurs décès et le faire enregistrer au bureau des actes civils de ''cette commune ; pourquoi elle offre de faire comparaître devant nous : ''Thomas Veillet et Jean Bourget, cultivateurs, demeurant séparément au ''village de Portrie ; Les quels le serment pris, ayant la main droite levée ''ont jurés et affirmés de dire la vérité – lesquels nous ont déclaré, qu'étant ''au moment de se mettre en devoir de battre leurs grains ; ils furent ''requis ''de la part d'Etienne Bouin, père du décédé, de se transporter sur ''l'endroit où étaient les deux cadavres, pour les enterrer, ce qu'ils firent sur ''le champ et après les avoir examinés et reconnus  pour être les nommés ''Guillaume Garnier et François Bouin ; leurs voisins, ils nous ont déclaré '' qu'ils étaient : criblés de coups de sabres et pour ainsi dire coupés en ''morceaux, qu'ils avaient même reçus des coups de fusils ou pistolets, ''qu'étant impossible de les transporter ; ils ont été forcés de les ''enterrer sur l'endroit, dans la crainte qu'ils avaient – qu'ils eussent ''été mangés par des chiens – Telles sont leurs déclarations, desquelles ''lecture leur faite, ont dit qu'elles sont sincères et véritables, y persiste et ''ont déclaré ne savoir signer de ce enquis.''

    Desquelles comparutions, réquisitions et déclarations, nous juge de paix susdit avons rapporté acte, pour valoir et servir à qui de droit ; arrêté sous notre seing et celui du greffier. Lesdits jour et an, signé sur la minute, Pelé aîné et Foucaud. Signé l'expédition, Foucaud. Fait en la maison commune de Nantes sous mon seing lesdits jour et an. »

    Signé Coutremoulin aîné.

    Guillaume Garnier et François Bouin, coupés en morceaux....

     

    Que dire ? Sinon que ces deux jeunes hommes ont été massacrés sans raison, pour le plaisir de tuer.

    Guillaume Garnier et François Bouin, coupés en morceaux....

     

    Guillaume Garnier, fils de Jean Garnier et de Emerance Jouteau, né le 27 décembre 1764 à Saint Donatien de Nantes venait de se marier (le 5 mars 1794 section Liberté et Challier, vue n°18/77) avec Françoise Audrain, jardinière, âgée de 26 ans.

    Que le ''citoyen'' Etienne Bouin, laboureur au village de la Porterie a été reconnaître le cadavre de son fils déchiqueté par des déments, voilà la triste réalité.

     

    Sources : Archives de la ville de Nantes – décès an 3, Section Liberté et la Paix, cote 1E85, pages 139 et 140/142 - Requiem pour la Vendée, Des héros de vitrail au siècle des Lumières de Philippe de Cathelineau et Thérèse Flavigny - Editions Hérault, 2016 page 146 - Cadastre de Nantes 1834 F2 section Porterie (Village de la Porterie) - Photo : de l'auteur.

                                                 

     

     Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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